La Bretagne s’est distinguée longtemps par une forte pratique religieuse. L’abandon progressif du rite dominical y a été plus tardif que dans les autres régions françaises. Désormais, l’état de la croyance et de la pratique en Bretagne s’aligne sur celui du reste de la France. La croyance, qui relève de la conviction et de l’intimité, mais qui se manifeste aussi socialement, peut-elle être ébranlée par des causes sociales ? Dans la décennie qui suit 1950, la sociologie religieuse, très active à cette époque, (de nombreuses statistiques) analyse le phénomène du déclin. Les chercheurs interrogent les décisions de Rome (Concile de Vatican II), l’élévation de l’instruction qui favorise un rapport rationnel au monde, des évènements socio-politiques comme Mai 68, mais aussi un processus d’autonomisation de l’individu, tous facteurs pouvant expliquer l’effacement de la foi et de la pratique.
Anne Guillou, sociologue et écrivaine