la mucoviscidose en Bretagne : des hommes et des gènes

La mucoviscidose en Bretagne : des hommes et des gènes

par Nadine Pellen

Docteure en sociologie, option démographie
Chargée d’études à la Fondation Ildys

CR pdf la mucoviscidose par Nadine Pellen 2017XI22

« La connaissance vaut mieux que l’ignorance »

Née dans une famille touchée par cette maladie, elle, la plouvornéenne, a été taraudée dès son enfance par plusieurs questions : Pourquoi sa famille ? Est-ce un hasard ? Et d’où vient cette pathologie ? Est-ce une coïncidence si, vivant à la pointe de Bretagne, on a tous dans son entourage, plus ou moins proche, une personne atteinte par cette maladie ? Et les descendants ont-ils des risques d’être malades ? Prédestination, dans le Finistère, à subir cet héritage génétique ? Lire la suite

La Mécanique du Vivant par Jean-Pierre HENRY

La Mécanique du Vivant

Jean-Pierre Henry

Directeur de Recherche Émérite CNRS
Université Paris Diderot

 

 

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont » Aristote.
Jean-Pierre HENRY, Biologiste

 

Faire connaître l’état de la science sur des grands questions que chacun se pose ou pourrait se poser est l’un des objectifs de la Mécanique du Vivant. Ont été abordés les thèmes suivants :

1) Comment fonctionne la cellule : cette « brique » du vivant possède tous les attributs de la vie ;
2) D’où tirons notre énergie : chaque cellule comporte de nombreux moteurs rotatifs tournant à vive allure (6000t/min) ;

3) Quels sont les mécanismes de l‘hérédité, permettant la transmission des caractères héréditaires ;
Lire la suite

L’architecture contemporaine et les musées par Sonia de Puineuf

Sonia de Puineuf
Sonia de Puineuf

L’architecture contemporaine et les musées

par Sonia de Puineuf

De création relativement récente, le musée ,l’un des instruments de diffusion de la connaissance est l’espace où s’exposent les chefs d’œuvre.Mais exposer dans quel type de bâtiment ? Un simple hangar ou un bâtiment de prestige ?

Dans les années 1920, des architectes comme Le Corbusier ,Mies van der Rohe remettent en cause les choix Lire la suite

la migration des anguilles par Philippe Sebert

Source : Le Télégramme

La migration des anguilles

par Philippe Sébert . spécialiste en Physiologie Comparée,

La migration des anguilles pose des problèmes de taille(s). L’intervention se propose de faire découvrir la démarche scientifique simplifiée qui tente de retracer cette migration.

A – GENERALITES SUR L’ANGUILLE

a1 ANGUILLA
Source : syndicats des ETANGS CREUSOIS

Ce poisson a connu une évolution de 40 millions d’années et est l’objet de spéculations depuis plus de 2 millénaires.
Particularité : il est recouvert d’un épais mucus et ne possède qu’une seule nageoire.
L’anguille d’Europe (Anguilla anguilla) est une espèce de poisson appartenant à la famille des Anguillidés, mesurant autour de 45cm pour les mâles et de 60cm à 150 cm pour les femelles. C’est  un migrateur amphihalin , thalassotoque et catadrome.

En Polynésie française, l’anguille est très étroitement liée à l’ homme dans la mythologie
et le folklore, au point d’être considérée non pas comme une ressource alimentaire, mais bien comme un trésor culturel. ( cf légende du cocotier/légende de Tahiti)

Sur la vingtaine de sous-espèces recensées, quatre principales se distinguent :
-Anguilla rostrata
-Anguilla anguilla
-Anguilla japonica
-Anguilla australis
L’intérêt pour l’anguille s’est fortement accru depuis les années 1990 marquées par un déclin prononcé de la population d’anguille ( vers une extinction de l’espèce?)

a 2 Cycle de vie de l’anguilla anguilla
Source : webseille
a3  quelques données économiques

La production française d’anguilles est composée de pêche de civelles en zones estuariennes (façade Atlantique, 34 tonnes en 2013) et de pêche d’anguilles jaunes et argentées en rivières, lagunes et zones estuariennes (Atlantique et Méditerranée, 1 300 tonnes en 2012). Elle est le fait de 650 professionnels dotés chacun d’une licence ou d’un droit de pêche. Les civelles sont vendues à l’export en quasi totalité, à destination de trois marchés :
•La consommation humaine directe (Espagne essentiellement).
•La mise en élevage (Pays-Bas, Danemark, Allemagne essentiellement, mais aussi Espagne, Grèce, Italie).
•Le relâcher en zones semi-fermées ou fermées (France, Europe du Nord et de l’Est,
essentiellement) à des fins de repeuplement ou d’ensemencement pour capture
ultérieure après grossissement.
La part des productions françaises dans le total européen est passée de 80 % dans les années 2000 à 65 % en 2013).

Un déclin : les stocks en 2004 sont estimés à 10% des stocks de 1990 ; plusieurs raisons sont invoquées pour l’expliquer :
-braconnage des alevins
-pollution
-pêche illégale
-obstacles aux migrations
-mauvaise qualité des reproducteurs (pesticides)
Le prix moyen des civelles en 1998 : 124€/kg, en 2008 : 320€/kg

La Chine et le Japon sont les plus importants consommateurs d’anguilles au monde. En 2012 au Japon, 56 000 tonnes d’anguilles ont été consommées .

Europe : L’évolution négative de la ressource a conduit l’UE à adopter un règlement (1100/2007) qui – sans les interdire – réglemente et oriente la pêche vers une restauration de la ressource, tout en appelant à s’attaquer aussi aux autres causes de la diminution des stocks .

B – MIGRATION DES ANGUILLES : réalité ou fiction

Jusqu’à ce jour, les scientifiques ne détiennent aucune preuve de cette migration vers la mer des Sargasses  : les anguilles partent, les alevins arrivent mais jamais une anguille n’a été pêchée en mer !

b1 Les arguments pour cette migration
source :pecheurdumorin..fr

-le cycle  des départs d’Europe des anguilles argentées et le prélèvement de leptocéphales en Atlantique
-les travaux de Schmidt en 1922 qui par des prélèvements de leptocéphales (positionnement des plus petits aux plus grands) démontraient qu’ils étaient en provenance de la Mer des Sargasses
-le trajet des balises greffées sur les anguilles sur le départ menait dans cette direction
-Dans le Pacifique,les recherches océanographiques approfondies menées ces dernières années par des spécialistes comme le professeur K. Tsukamoto Aoyama ont permis de localiser les aires de reproduction de l’anguille japonaise sur un mont sous-marin situé à l’extrémité sud de la fosse des Mariannes (donc migration mais sur un trajet de 1500 à 2000 km)

b2 Les conditions de la migration

Les anguilles argentées pour effectuer cette migration changent totalement de milieu et de conditions de vie :
eau douce/eau salée, pression atmosphérique/pression 40 fois supérieure / température clémente/température froide, sédentarité/trajet de 6000km, alimentation/jeûne, dépenses énergétiques faibles/dépenses énergétique fortes pour trajet et reproduction.

Les diverses observations et expérimentations scientifiques ont démontré :
-une métamorphose d’une durée d’un mois de l’anguille jaune en anguille argentée modifiant son physique (croissance de la nageoire, atrophie du système digestif, adaptation de son système à l’eau salée…) et la rendant  apte à faire ces 6000km
-un échelonnement des départs entre mâles/femelles, un positionnement aval des mâles dans les cours d’eau, une vitesse supérieure par rapport à leur longueur corporelle des mâles, une aptitude à la nage en profondeur, une réserve en graisse permettant d’effectuer à jeun et le trajet et la reproduction
 Donc cette migration de 6 à 10 mois est  possible tout en respectant le calendrier de reproduction.

in : sciencesetavenir.fr

Mais l’anguille n’a pas encore livré tous ses mystères (ex: réversibilité de la métamorphose adulte, les raisons de la débauche d’énergie que représente un trajet de 6000km pour la reproduction, le signal déclenchant le départ simultané de la migration… ), loin s’en faut…

Réf : CY-J2017III30

 

Albert EINSTEIN par Pierre Berlivet

Albert EINSTEIN

2017 CR Enstein Albert par P Berlivet

par Pierre BERLIVET

«La logique vous mènera d’un point A à un point B, l‘imagination vous mènera absolument partout.»
«Seules deux choses sont infinies. L’univers et la stupidité de l’homme. Et encore, je ne suis pas certain de l’infinité de l’univers».
« Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça, la relativité. » Albert Einstein

1) Formation

Albert Einstein nait le 14 mars 1879 à Ulm, dans une famille juive non pratiquante.
Einstein présente un parcours scolaire atypique. Très tôt, le jeune homme s’insurge du pouvoir arbitraire exercé par les enseignants, et est dépeint par ces derniers comme un mauvais élément, très étourdi.

Il commence sa scolarité à Munich et en est renvoyé à l’âge de 15 ans pour indiscipline, malgré d’excellents résultats en mathématiques. Après un passage en Italie, la famille s’installe en Suisse.

En 1896, après avoir été une première fois recalé, il intègre l’École polytechnique fédérale de Zurich (sans avoir de bac) où il se lie d’amitié avec le mathématicien Marcel Grossmann, qui l’aidera plus tard en géométrie non euclidienne. Il y rencontre aussi Mileva Maric, sa première épouse. Il obtient de justesse son diplôme en 1900.

Au cours de cette période, il approfondit ses connaissances en autodidacte. Cette période de 1900 à 1902 est marquée par la précarité de sa situation. En 1901, il publie son premier article scientifique dans les Annalen der Physik dédié à ses recherches sur la capillarité, article qui le fait remarquer de Max Planck qui dirigeait le comité de lecture de ces annales.
En juin 1902, le père de son ami Grossman lui trouve un emploi au Bureau fédéral de la propriété intellectuelle à Berne, en tant qu’expert technique : travail qui lui permet de poursuivre ses activités de recherches scientifiques.
En 1903, il fonde l’Académie Olympia, cercle de discussion avec Conrad Habicht et Maurice Solovine, qui traduira plus tard ses œuvres en français.
En 1906, il passe son doctorat.

2) 1905 –  l’infiniment petit – théorie de la relativité restreinte

En 1905, il publie 4 articles, à quelques semaines d’intervalles, dans les Annales de Physique, articles qui vont révolutionner cette science :

2 postulats :

  1. Les lois de la physique ont la même forme dans tous les référentiels galiléens  
  2. La vitesse c (env 300 000 km/sec)de la lumière dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels galiléens
  • l’effet photoélectrique  désigne en premier lieu l’émission d’électrons par un matériau soumis à l’action de la lumière.Il propose une explication, en utilisant le concept de particule de lumière, appelé aujourd’hui photon, et celle du quantum d’énergie :ce phénomène est provoqué par l’absorption de photons, les quanta de lumière, lors de l’interaction du matériau avec la lumière.
     Cet article lui vaudra le Nobel en 1921.
  • le mouvement brownien.
    ce mouvement serait du aux molécules qui tireraient leur énergie cinétique de la chaleur. Cet article fournit une preuve théorique, vérifiée expérimentalement par Jean Perrin en 1912, de l’existence des atomes et des molécules.
  • l’électrodynamique des corps en mouvement
    Il s’attaque au postulat d’un espace et d’un temps absolus, à l’existence de l’éther, milieu interstellaire inerte qui devait soutenir la lumière comme l’eau ou l’air soutiennent les ondes sonores dans leurs déplacements.
    Einstein utilise des horloges, parfaitement synchronisées au début de l’expérience de pensée, pour comparer la dilatation du temps que subit un corps qui se déplace plus rapidement qu’un autre(ou la dilatation de l’espace entre un corps immobile et un corps en mouvement à très grande vitesse : schéma différence entre verticale et diagonale)

Deux conclusions : l’éther n’existe pas, et le temps et l’espace sont relatifs.

  • L’inertie d’un corps dépend-elle de son contenu en énergie ?
    Sa conclusion : la formule d’équivalence masse-énergie, E=mc2.
    En plus de l’énergie potentielle (chute des corps ex) et de l’énergie cinétique, il existe une énergie interne (au repos). Une faible perte de masse (uranium) permet de libérer une quantité très importante d’énergie. En découlera un vaste champ d’études et d’applications : physique nucléaire, mécanique céleste, et armes et centrales nucléaires,

3) 1915 – l’infiniment grand – la théorie de la relativité générale .

Les «équations du champ» sont la clé de voûte de cette théorie de la gravitation.
La relativité générale ajoute à la relativité restreinte que la présence de matière pouvait déformer localement l’espace-temps lui-même, de telle manière que des trajectoires dites géodésiques à travers l’espace-temps ont des propriétés de courbure dans l’espace et le temps.

Plus simplement,toute masse courbe l’espace autour d’elle, en formant des géodésiques. Plus la masse est grande, plus elle déforme l’espace, comme sur le schéma.

C’est de cette manière que les étoiles attirent les planètes autour d’elles, et que les planètes attirent des lunes.

Quand la masse est concentrée dans une région de l’espace suffisamment compacte, la relativité générale prédit la formation d’un trou noir – une région de l’espace dont l’attraction gravitationnelle est si forte que même la lumière ne peut s’en échapper.
Pour vérifier la relativité générale, une mesure de la déviation des rayons lumineux aux alentours d’une masse lors d’une éclipse solaire est envisagée. Prévue en 1915, Arthur Eddington réalise en 1919 cette mesure et annonce que les résultats sont conformes à la théorie d’Einstein.

4) Années de reconnaissance à partir de 1910

En 1909, Albert Einstein est reconnu par ses pairs, en particulier Planck et Nernst, qui souhaitent l’inviter à l’université de Berlin. Les offres d’emplois se multiplient. En 1911, il est invité au premier Congrès Solvay, en Belgique, qui rassemble les scientifiques les plus connus, rencontrant entre autres Marie Curie, Max Planck et Paul Langevin.

Son ancien condisciple Marcel Grossmann l’aide dans ses travaux en lui apportant ses connaissances en géométrie différentielle : ils publient un article sur les tenseurs de Ricci et de Riemann-Christoffel en 1913.
En 1913, Albert est nommé à l’Académie des sciences de Prusse.
En 1914 toujours, il devient membre de l’Académie royale des sciences et des lettres de Berlin.
En octobre 1914, Einstein publie un article sur la géométrie différentielle, et en juin 1915, il donne des conférences à l’université Göttingen.

La théorie de la relativité générale publiée donc en 1915, Einstein recommence à travailler sur la physique des quanta et introduit en 1916 la notion d’émission stimulée qui lui permet de retrouver la loi de Planck à partir d’hypothèses purement quantiques sur la façon dont les quanta de lumière (photons) sont absorbés et émis par les atomes.
En 1916 toujours, Einstein montre qu’il convient d’associer une quantité de mouvement au quantum de lumière ; hypothèse qui sera validée par l’expérience en 1923 grâce aux travaux d’Arthur Compton. La démonstration que la lumière est formée de particules associées à des ondes donne naissance à la physique quantique dont le principe probabiliste sera contesté par Einstein(controverse Einstein – Bohr :au  «Dieu ne joue pas aux dés.” de l’un réponse de l’autre «Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ?”
Autre polémique : des travaux d’Einstein l’abbé Lemaître démontre que l’univers est en constante expansion. En raisonnant à rebours, l’univers serait donc parti d’un atome primitif : naissance de la théorie dite du «big bang». La Pape Pie XII saisit l’occasion de reparler de Genèse, de Bible et de «FiatLux» …
En 1921, il est nommé au Nobel de Physique

En 1925, il est lauréat de la médaille Copley,

5) Einstein, l’homme

À la fin de l’année 1902, naît le premier des enfants d’Albert Einstein, Lieser dont existence a longtemps été ignorée. Albert et Mileva se marient en 1903. En 1904, le couple donne naissance à Hans-Albert, puis en 1910 naît Eduard Einstein.

En 1914, il déménage en Allemagne et habite à Berlin de nombreuses années et d’emploi qu’il consacre tout entier à ses travaux de recherche. Mileva et Albert se séparent, et ce dernier fréquente une cousine berlinoise, Elsa.
À l’ouverture du conflit de la Première Guerre mondiale, il déclare ses opinions pacifistes. Albert Einstein fait construire une maison à Caputh, près du lac de Havelsee : l’endroit est calme et lui permet de faire fréquemment de la voile et du violon.
Durant l’entre-deux-guerres, il se rend en Palestine pour participer à la création de l’Université Hébraïque de Jérusalem.
Dès les années 1920 il subit en Allemagne des attaques visant ses origines juives et ses opinions pacifistes. En 1928 il est nommé président de la Ligue des Droits de l’homme.
Peu après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, au début de 1933, il apprend que sa maison de Caputh a été pillée par les nazis, et il décide de. s’installer aux États-Unis, où il travaille à l’Université de Princeton. Ses recherches visent à élaborer une théorie unifiant la gravitation et l’électromagnétisme, mais sans succès,
Le 2 août 1939, sous la pression de Leó Szilárd, physicien venu d’Allemagne, il rédige une lettre à Roosevelt, qui contribue à enclencher le projet Manhattan (projet de bombe A) auquel il ne participera pas. Comment aurait-il pu participer lui le pacifiste, l’anti-militariste, allemand de naissance, apatride (1896), suisse (1901) puis de double nationalité helvético-américaine (1940) ?

Approché pour être Président d’Israël, il déclinera la proposition.
Piètre mari, père inattentif, ce génie s’éteint le 18 avril 1955 d’une rupture d’anévrisme.

«Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l’objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l’expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste»

………………………………………………………………………………………………………………….

ref : CY-J2017OI26

L’étain en Bretagne par Pierre Reynard

L’étain en Bretagne

pierre reynardpar Pierre Reynard,ingénieur e.r.
Depuis 2013 Ministère de l’économie est sollicité pour l’octroi de permis exclusifs de recherches de mines (Perm) en Bretagne. La Presse s’en est fait écho à plusieurs reprises. L’étain est l’un des métaux recherchés. Que sait-on de la présence et de l’exploitation de ce métal en Bretagne?

2010_Carte_Mines_BRGM

1) Généralités sur l’étain

structure cassiterite
structure cassitérite

a) propriétés
l’étain est l’élément chimique de numéro atomique 50, de symbole Sn (du latin stannum). Il appartient au groupe des cristallogènes .Température de fusion : 232°C .Corps conducteur de l’électricité, et de la chaleur,
À température ambiante le corps simple étain est un solide métallique, à -50°C il devient pulvérulent. Il résiste à la corrosion par l’eau de mer et l’eau douce

b)usage actuel
Il est connu depuis l’antiquité où il servait à protéger la vaisselle de l’oxydation(peu toxique.) et pour préparer le bronze. : il en est fait mention dans l’Ancien Testament.
En 2015 , l’étain est utilisé:
-50% pour des soudures sur les pièces électriques et électroniques ( téléphone portable : 7 gr)
-15 % industrie chimique,( pigmentation…)
-en alliage pour obtenir du bronze
-dans la fabrication du verre
-15% fer blanc
-vaisselle

c) Minerai d’étain
cassiteriteL’étain est extrait essentiellement d’un minéral appelé cassitérite où il se trouve sous forme d’oxyde SnO2. La cassitérite se trouve dans les roches magmatiques acides (granites et pegmatites) et dans les filons liés. Elle est aussi exploitée dans des gîtes alluvionnaires.

L’étain est également extrait de la stannite qui est le sulfure d’étain commun(Cu2FeSnS4) . Elle se trouve dans des gîtes de haute température, elle a un éclat et une couleur acier, elle se présente en masses granulaires. Il s’agit d’assemblages de petits cristaux (30 mm) associés à différents minéraux, souvent de cuivre, d’arsenic ou de tungstène.

d) une utilisation
Dans l’Antiquité, vers -4.000 ans, les forgerons savaient qu’en chauffant par réduction, un mélange de malachite et de cassitérite ils obtenaient du bronze, d’autant que l’étain était facile à récupérer ( dans les alluvions). L’influence du bronze fut si grande qu’une période de l’histoire fut appelée « âge du bronze » en référence à cet alliage (d’environ 2000 à 800 av. J.-C.).

Métal de haute importance (fabrication des armes notamment), le contrôle de l’approvisionnement en étain était stratégique pour les puissances de l’époque : Les navires phéniciens ont franchi les colonnes d’Hercule et sont allés jusqu’en Bretagne et en Cornouaille (les mythiques « îles Cassitérides ») à la recherche des mines d’étain Plus tard, Jules César a décrit l’exploitation de minerais d’étain dans les mines de Cornouailles.
e) son degré d’importance au XXIème
Avec 300 000 tonnes produites par an , la production d’étain est loin du niveau de production d’autres métaux comme l’aluminium (50 Millions de T) ou encore du cuivre (20Millions de T)

world-tin-producersLes principaux fournisseurs sont à l’heure actuelle : la Chine, l’Indonésie et la Malaisie.
En France , un seul site est encore exploité : Eychassières dans l’Allier ( 60T/an de sous-produit du kaolin)
Les réserves mondiales connues sont estimées à 6 Millions de tonnes, soit 20 ans de production, sachant que 30% du métal sont à l’heure actuelle recyclés.
Le prix de la tonne sur le LME (London Metal Exchange) avoisinait en 2015 les 20 000USD (en 2003 : 6200$ et en 2007 : 16 000$)
Ces prix sont éloignés du prix de l’aluminium ( 2000 $/T) ou du cuivre (7000$/T )

f) métallogénie (mécanismes de formation des gisements métallifères )

Kassiterit
Kassiterit

L’étain est peu abondant sur la croute terrestre : 2ppm soit 2,5gr par tonne de roche ( contre 41 000 ppm pour le fer , 82 000 pour l’aluminium et 50 pour le cuivre)
Les gisements primaires ( 60%) sont situés pour la plupart soit au voisinage des masses granitiques soit au voisinage des volcans(teneur de 3 à 5% d’étain)
Les gîtes secondaires (40%) se retrouvent dans les rivières ou à l’embouchure d’un fleuve sous forme d’alluvions ( teneur : 0,1% d’étain).
g) méthodes de recherches
la battée ( instrument traditionnel)
le sondage par carottages
l’inventaire géochimique par analyse des composants du sol dans une région
des campagnes héliportée ou aéroportée pour analyser les variations des champs magnétiques au sol
h) exploitation des gisements
h1 les gisements alluvionnaires : pontons – dragline
h2 les gisements primaires : à ciel ouvert ou en souterrain
Les produits extraits sont ensuite lavés, concassés, séparés par granullométrie.
L’étain brut est obtenu par pyrométallurgie en présence de carbone et de chaux qui sert de fondant, dans des fours réverbères ou des fours électriques. Dans les fours réverbères, la réduction vers 1300-1400°C dure environ 15 heures. La plupart des impuretés se retrouvent dans les scories. L’étain brut est coulé en brames.
Principales firmes en production minière
-PT Timah (Indonésie) : 32 000 t en 2010
-Minsur (Pérou) 28 500T
-Yunnan Tin Group (Chine) 24 000 T
-Guangxi China Tin ( Chine ) 11 000 T
-Metal X (Australie) 8 000 t

2 l’étain en Bretagne

a) données chiffrées

La Bretagne (Massif Armoricain)est riche en étain : elle recèle de gîtes de taille modeste comparés à ceux de la Cornouaille anglaise où ont été extraites 200 000 tonnes d’étain.
Au total 10 000 tonnes auraient été extraites du sol breton dont 7 100 tonnes depuis le 19 ème siècle. Les réserves s’élèveraient à 25 000 tonnes

Le-monitor-en-actionb) localisation

1- Saint Renan
En 1957, des prospecteurs à la recherche d’uranium, redécouvrent (puisqu’on a alors retrouvé des traces d’exploitation antique) que les marais de Saint-Renan contiennent une importante concentration d’un minerai qui, après expertise, s’avéra être de la cassitérite d’une qualité exceptionnelle. Une campagne de sondage avec des carottages tous les 50 mètres permettra de déterminer une zone exploitable industriellement. Cette zone s’étendait sur 7 kilomètres de long sur une largeur maximale de 6oo mètres et une profondeur de 8 à 10 mètres entre Lannéon et Ty-Colo. Ces marais étaient constitués par les alluvions d’un ancien fleuve qui coulait dans la vallée bien avant l’Aber-Ildu
La Compagnie Minière de Saint-Renan (COMIREN) va être créée en 1960 sous la présidence de M. Charles Pavot, l’un des prospecteurs. L’extraction commença par la désagrégation du sol par abattage hydraulique consistant à

LA DRAGLINE
LA DRAGLINE

diriger un puissant jet d’eau sur le sol par l’intermédiaire d’une lance à grand débit appelée  » monitor ».

LaverieWb
laverie

Le sol est ainsi transformé en une boue semi-liquide aspirée par une pompe puissante et refoulée vers une station de lavage et de séparation. La boue passe par un système de tamis qui sépare d’un côté les matériaux inutilisables et de l’autre le sable lavé, le gravillon et le minerai.
Lorsque l’excavation creusée par le monitor est assez profonde une drague d’origine américaine va être mise en service avec une capacité d’aspiration et de refoulement de 2000 mètres cubes par 24 heures.
Saint-Renan prendra le surnom de capitale européenne de l’étain, mais le gisement dès 1975 sera épuisé, après l’extraction de l’équivalent de 4 000 t de métal pur pour 6 300 t de minerai exploitable. Les autres matériaux extraits, environ 700 000 m3 par an, ont été diversement utilisés, surtout pour les travaux publics (assainissement du fond de la vallée, routes,…)
De l’exploitation restent des lacs qui tapissent la vallée. Il s’agit des lacs nommés Comiren (exploitation abandonnée en 1964), Tréoualen (1965) ,Lannéon (1967) ,Poulinoc (1967), Ty Colo (1974) ,Pontavennec
À noter qu’outre l’Aber-Ildut à Saint-Renan, d’autres sites furent également exploités par la Comiren durant les années 1970, dont celle de l’affluent de l’Aber-Benoît qui arrose Bourg-Blanc, comme en témoignent la douzaine de lacs vestiges de l’exploitation: l’un d’entre eux constitue aujourd’hui le plan d’eau qui baigne le parc de loisirs La Récré des 3 Curés sur la commune de Milizac), deux autres sont le centre d’un parc aménagé par la commune de Bourg-Blanc.
La Comiren, qui a employé jusqu’à 150-180 personnes, avec le statut de mineur .Elle commercialisait 40 tonnes par mois à une société espagnole. La société s’arrêtera en 1977.

1 bis Lanmeur Plougasnou

Valorisation-sableWb
sable extrait

Le « district stannifère » de Plougasnou-Saint Jean du Doigt est lié au massif de granite rose de Lanmeur, recoupé par un faisceau de fractures presque verticales orientées NE-SW qui contiennent des filons quartzeux minéralisés en étain et en cuivre, à l’origine du gisement de cassitérite alluvionnaire en partie exploité par COMIREN.

Des prospections ont été effectuées par le BRGM à partir de fin 1962 et ont abouti dès 1967 à l’identification d’un gisement de cassitérite dans le vallon du ruisseau qui va de Kerprigent à l’anse du Diben. Des premiers indices filoniens ont aussi été mis en évidence ; des travaux importants de reconnaissance sur ces filons ont permis d’évaluer les réserves présentes à 5 500 t d’étain et 10 000 t de cuivre, mais ce n’était pas suffisamment rentable pour  lancer une exploitation des filons découverts.

Entre temps, la COMIREN a exploité la cassitérite dans le lit amont des ruisseaux venant de Guersaliou et de Kerprigent, en particulier le « flat » vers Mesquéau. Le minerai extrait jusqu’à 5m de profondeur subissait un premier lavage avant d’être transporté par camion sur le site de Saint Renan. Cependant l’exploitation s’est  arrêtée en 1973, après 1 ,5 année d’exploitation et après avoir extrait environ 200 t d’étain (+10 kg d’or), ceci en raison de l’opposition des riverains qui craignaient de perdre des terrains cultivables. Les zones exploitées ont ensuite fait l’objet d’une remise en état, soit en remblayant les parties excavées, soit en créant des étangs (par exemple à Mesquéau).

2 Le site minier d’Abbaretz

abbaretzancien
vue aérienne

Il se situe  dans le département de la Loire-Atlantique, à 50 kilomètres au nord de Nantes et 80 kilomètres au sud de Rennes.
Le gisement d’étain de la région d’Abbaretz a fait l’objet d’exploitations très anciennes dont on retrouve des vestiges de l’époque gallo-romaine sur plus de 6 kilomètres entre Nozay et Abbaretz.
Mise en sommeil quinze siècles durant, la mine d’étain d’Abbaretz entame une seconde vie en 1911, quand la Société Nantaise des minerais de l’Ouest (SNMO) entreprend des campagnes de recherches souterraines dans le secteur d’Abbaretz en fonçant plusieurs puits.
Le 12 août 1920, un décret attribue à la SNMO la concession de mines d’étain et de métaux connexes d’Abbaretz, établie sur une superficie de 9,38 km².
Parallèlement, la production s’enlise et la teneur en étain du minerai s’appauvrit : l’exploitation est stoppée en 1921 . La mine reste à l’abandon tout au long de l’entre-deux guerre.
Entre 1942 et 1944, plusieurs études de faisabilité mettent en évidence l’impossibilité matérielle et économique d’une exploitation en souterrain, mais concluent à la viabilité de l’exploitation à ciel ouvert du gisement dans sa partie altérée. L’exploitation à ciel ouvert démarre en 1952. Pendant six ans (1952-1957), la mine emploiera jusqu’à 350 mineurs.
L’exploitation prendra fin en novembre 1957 après avoir extrait près de 4 millions de m3 de matériaux dont   1 750 000 m3 de stérile et 2 millions de m3 de minerai à partir duquel auront été produites 3750 tonnes de concentrés de cassitérite (minerai d’étain) par traitement mécanique.
Quarante ans plus tard, en 1997, la SNMO renonce à la concession valant également Déclaration d’Arrêt Définitif des Travaux (DADT). En mars 2004, l’Etat hérite de la concession devenue orpheline.

3 Montbellieux
Sur ce site minier était principalement extrait du wolfram (minerai de tungstène) et de la cassitérite (minerai d’étain). De 1903 à 1906, la Société Minière de Montbelleux mène ses premières recherches qui aboutirent à un début d’exploitation en 1907. Fin 1908, les travaux sont interrompus en raison de la baisse des cours du wolfram ; la mine employait alors 204 ouvriers dont 118 au fond. En 1918, l’extraction moyenne est de 41 t par jour de minerai brut fournissant 221 kg de wolfram, Mais un incendie stoppe totalement l’exploitation.
Luitré_-_mine_Montbelleux_-_chevalementLe 12 juin 1937, la concession est remise en exploitation. En 1942, des travaux préparatoires sont entrepris avec la mise en place d’une ligne de chemin de fer qui relie la concession à la gare de La Selle-en-Luitré . Cette quatrième période d’exploitation prend fin en 1944 par un sabotage et le départ des Allemands. En 1948-50, le service local des Mines fait pression sur le concessionnaire pour que l’exploitation reprenne. La reprise est effective en 1954. En 1957, la Société des Mines de Montbelleux s’oriente vers une activité réduite en raison d’une production insuffisante et de la baisse du cours du wolfram.
Une remontée des cours permet de 1977 à 1980 une nouvelle phase d’exploration (dénoyage et remise en état de l’ancienne mine, nombreux sondages). En 1980, est creusée une descenderie routière qui dessert les niveaux 61 et 130 mètres. En raison de l’inadaptation de la méthode , la mine cesse son activité le 9 août 1983.
Production : 40 t de cassitérite et 230 tonnes de tungstène

4 La Villeder
La Villeder fait partie d’un ensemble de sites miniers répartis sur le massif armoricain. Le district stannifère de La Villeder représente 17 puits, 3kms de galeries et quelques travaux au jour… dont : la carrière de granulats de Quily !
Le champ filonien de La Villeder comprend 3 filons principaux, riches en minerai d’étain et de nombreux filons secondaires .
Le gisement a fourni de nombreux spécimens de cassitérite, associés au quartz, mais aussi et surtout à l’apatite et au béryl.
Historique : Des éléments archéologiques font penser que les premières exploitations furent romaines. En 1834, le gisement fut re-découvert par Blaise Maisonneuve, qui obtint, en 1846, une concession de 2 346 hectares, mais les fouilles ne furent pas concluantes.
En 1854, la Compagnie Minière du Morbihan dépose une demande de concession qui est approuvée par décret impérial. De 1846 à 1854, de nouvelles prospections ont lieu et conduisent à des débuts d’exploitation, de nombreux puits sont ouverts. Mais à partir de 1858, le travail à ciel ouvert est privilégié. Des difficultés financières vont conduire à une revente de la concession.
Une deuxième période d’exploitation débute en 1879, avec la Société anonyme de la mine d’étain de La Villeder. Cette société porte son attention sur la partie sud du site et compte sur le fonçage, à 256 mètres de profondeur du puits principal Saint-Michel, pour desservir un vaste réseau de galeries souterraines.
Mais le noyage du puits principal conduit à un arrêt de l’exploitation.En 1916 le décret met définitivement fin à la concession de La Villeder.Au total ce sont 160 tonnes d’étain métal qui auront été extraites.
5 Treguennec
Le filon d’aplite de Tréguennec (Finistère), activement exploité autrefois pour la construction locale, a fait l’objet d’un ré-échantillonnage dans le cadre des travaux de l’Inventaire minier
Les résultats obtenus permettent de conclure à l’existence d’un gîte de gros tonnage à faible teneur en Sn, Ta-Nb, Li, Be. (5000 t en sommeil)

carte_permis_expl_recherche_minier_JPEG6 des permis de recherches en Bretagne
La France et l’Europe cherchent à se dégager de la dépendance vis-à-vis de grands pays exportateurs de métaux que sont la Chine ou la Russie, assistant à une explosion de la demande en métaux ces dernières années, que ce soit pour les ordinateurs, les portables, l’automobile, et à une tendance haussière sur les prix en raison de la raréfaction du métal sur le LT .
La société Variscan Mines a déposé une demande pour un cinquième permis de recherche en Bretagne. Créée par trois anciens ingénieurs du BRGM, Variscan Mines est basée à Orléans. Ses capitaux sont essentiellement australiens. Depuis 2013,cette société a déposé des permis de recherche (PERM) SURMerleac (22) sur Beaulieu (44)  Loc-Envel (Une zone d’une superficie de 336 km², qui englobe 25 communes dans le 22, engagement financier à hauteur de 13 Millions €), Silfiac (Morbihan – engagement financier à hauteur de 10 millions €),et Dompierre du Chemin (Ille-et-Vilaine)
Son métier : la recherche de métaux de base (tungstène, molybdène, cuivre, plomb, zinc, étain) et métaux précieux (or et argent) dans le sous-sol du secteur et l’exploitation de gisements miniers de toute nature.
En conclusion, dans l’antiquité ,l’étain, métal stratégique a été exploité en Bretagne. Oublié pendant des siècles, sa production a redémarré au 19 ème pour s’arrêter à la fin du 20èME.
Avec de nouvelles techniques de recherches plus performantes, de nouveaux gisements seront peut-être découverts. Seront-ils exploités ? Si oui ils le seront en souterrain, environnementalement plus correct. Pour ce faire, les coûts d’extraction et de production devront se situer en-dessous du cours du métal dans une perspective à long terme.L’impact sur l’emploi ne pourrait qu’être positif, sur les finances locales également (sachant qu’une tonne d’étain extraite rapporte moins de 100€  de redevances à la commune).

bretagne-le-nouvel-eldorado-minie
source : le Télégramme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ref 1CYJmarzo6

Le réchauffement climatique par Laurent Labeyrie

Le réchauffement climatique

laurent labeyrie par Laurent Labeyrie, co-Président de l’association “Clim’actions Bretagne Sud”
1 le constat : le réchauffement climatique

a) généralités sur le climat

effetdeserre_naturelLe climat est d’abord une moyenne des paramètres météorologiques à un endroit donné, mais c’est aussi l’ensemble de tous les éléments terrestres qui participent, d’une manière ou d’une autre, à son équilibre énergétique d’ensemble : les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le rayonnement des sols (visible et infra rouge), le déplacement des océans, les surfaces englacées… Ces composantes influent les unes sur les autres, et toutes sur le climat, à différentes échelles de temps. C’est cela qui rend l’étude des changements climatiques (qu’ils soient passés, présents ou futurs) si complexe. A chaque variation du climat, la Terre a connu des changements du niveau de la mer et les crises environnementales se sont multipliées. L’évolution du vivant s’est construite sur ces crises.

b)des modifications liées à l’activité humaine ( l’industrialisation)

Au début du XXième siècle, la Température moyenne  globale était de +15°C, maintenant elle est voisine +16°C. Ce réchauffement ne se fait pas uniformément ( fortes disparités régionales) et s’ accompagne d’une montée du gaz carbonique dans l’atmosphère de 30% (de 280 à 400 ppm), et du niveau moyen des océans de plus de 30 cm. De plus en plus d’indices semblent montrer, en parallèle, une augmentation des fréquences (et peut-être de l’intensité) des évènements météorologiques extrêmes, l’augmentation des dégâts étant en grande partie liée à l’expansion humaine sur tous les territoires.

Tous les modèles montrent que le réchauffement et la fonte des glaces ne peuvent que s’accentuer dans le futur, avec la poursuite continue des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les climatosceptiques appuyés par les lobbies du pétrole et du charbon se font de plus en plus rares…

2 la prise de conscience par la communauté internationale

a) la création du GIEC

Conscients du problème, les pays membres des Nations Unis ont initié en premier lieu (1988) un suivi exhaustif des progrès scientifiques sur le sujet. C’est le rôle du GIEC (Groupe International des Experts sur le Climat), qui produit une synthèse des progrès les plus récents tous les 5 ans environ. Une « convention cadre sur le climat » a été créée à la suite (1992), convention qui se réunit chaque année (la Conférence des Parties : COP ) pour travailler sur la construction d’un accord mondial sur la modération des changements climatiques et de leurs conséquences, en particulier pour les pays pauvres.

b) les différents scenarii en fonction du niveau de ce réchauffement

Les travaux suscités par le GIEC ont montré qu’avec l’effort de tous le réchauffement global pourrait être limité à +2°C, soit le climat du dernier interglaciaire il y a 120 000 ans. Les conséquences sociales et économiques resteraient gérables.

Par contre, poursuivre la tendance actuelle conduirait à un réchauffement de 3 à 5°C, s’approchant dangereusement des températures moyennes que la Terre n’a pas connu depuis 70 millions d’année, ce qui serait une catastrophe pour l’ensemble des éléments naturels sur lesquels l’économie et les sociétés des hommes s’appuient.( désertification de zones entières de la planète, submersion de terres et de villes, migration des populations,etc)

c) l’implication de tous

Mais l’avenir ne dépend pas que de nos gouvernants et des accords internationaux. Ce sont les acteurs de la vie civile, les citoyens, nous tous, qui créeront notre avenir et l’avenir des générations futures. Nous devons agir, chacun, à titre personnel et collectif. Tant de choses sont possibles, tant du coté de l’énergie que de l’habitat, du transport, de l’agriculture, de la gestion de notre environnement, de la biosphère…

Jardin de mer et biotechnologies bleues : mythes et réalité

Jardin de Mer et Biotechs bleues : Mythes et réalité

patrick cormierbac_Roscoffle 08 octobre à Langolvas

par Patrick Cormier (Centre Marin biologique-Roscoff)

Souvent ignorés par le grand public, des organismes marins, comme les oursins ou la limace de mer, sont à l’origine de découvertes scientifiques majeures en santé humaine. Plusieurs prix Nobel sont l’aboutissement d’une recherche fondamentale initiée sur des invertébrés marins. Comment est-il possible de transférer à l’Homme les résultats obtenus à partir d’organismes apparemment si éloignés de nous-mêmes et souvent considérés, à tort, comme moins évolués ? La connaissance complète de leur génome nous a permis de poser un regard nouveau sur ces organismes et a fait progresser notre intelligence de la biologie humaine.

A côté de ces connaissances fondamentales, la mer et l’océan sont souvent présentés comme des ressources biologiques importantes pour l’innovation et les biotechnologies de demain. Mythes ou réalités, ces termes sont souvent repris dans les grands média. Cette présentation a pour ambition de permettre au grand public station-biologique-roscoff-spectrometrie-de-masse-2255d’appréhender, avec des exemples simples, les approches scientifiques les plus modernes sur lesquelles s’appuient certains projets d’innovation. Evocation ensuite de la faisabilité, voir de la réalité, de certains projets à la lumière de nos connaissances actuelles.

 

L’oursin n’a-t-il plus de secrets pour les chercheurs ?

Sur les 23 300 gènes révélés par le séquençage*, seuls 9 000 d’entre eux, c’est-à-dire 30 %, ont été annotés* manuellement. Les 86 gènes annotés par l’équipe de la station biologique font partie de ceux-là ! Mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes en train de changer d’ère et de passer à celle du « post- génome » .

L’oursin est un super outil pour les chercheurs, notamment parce qu’il produit des œufs en grand nombre, faciles à manipuler, mais aussi parce que c’est une espèce proche de l’Homme pour ce qui est des premières phases de développement de l’embryon. Or les résultats du séquençage confirment cette similitude : 70 % des gènes de l’oursin se retrouvent chez l’Homme ! Cela renforce l’idée selon laquelle l’évolution ne s’explique pas simplement par la l’apparition ou la disparition de gènes spécifiques. Tout le processus est orchestré par des régulations beaucoup plus fines que cela et le challenge, pour les biologistes, est maintenant de comprendre comment cette orchestration est effectuée dans le cadre de mécanismes cellulaires précis.

Comment ont débuté les travaux sur le génome de l’oursin ?
L’oursin est un modèle très utilisé dans les laboratoires et des équipes du monde entier travaillent dessus. Mais ce sont des Américains qui se sont lancés les premiers dans le séquençage de l’espèce Strongylocentrotus purpuratus. Cette opération en elle-même n’est pas compliquée, mais nécessite des fonds importants et un matériel sophistiqué. Elle est aujourd’hui totalement robotisée et informatisée. La phase suivante, l’annotation, est plus délicate. C’est à ce moment que les Américains ont sollicité d’autres laboratoires ; ils ont ouvert le projet à l’ensemble de la communauté des chercheurs travaillant sur les oursins, avec une volonté de transparence et de communication. Cette dynamique collective a d’ailleurs été relayée au niveau européen par le réseau d’excellence « Marine Genomics Europe ». Les gènes ont alors été répartis dans les différents laboratoires, en fonction de leur centre d’intérêt. À Roscoff, nous avons « hérité » principalement des gènes impliqués dans la régulation de la traduction*.

Le génome qui a été séquencé est celui de l’espèce Strongylocentrotus purpuratus , très courant sur les côtes américaines. Mais il est facile de transposer les données du génome de l’oursin américain à celui de l’oursin violet (Sphaerechinus granularis ), présent sur nos côtes et utilisé dans l’équipe Cycle cellulaire et développement.

Le fait de disposer du génome permet de mettre au point des outils moléculaires puissants. À Roscoff, nous travaillons par exemple sur la traduction : une grosse machinerie, qui implique au moins 120 partenaires différents. Avant, les biologistes pouvaient tâtonner plusieurs années avant de remonter jusqu’à la séquence codant pour une protéine. Aujourd’hui, le fait d’avoir accès à l’ensemble du génome rend cette recherche quasi instantanée.

La confirmation de la similitude avec le génome humain nous conforte par ailleurs dans la valorisation de nos recherches vers le domaine médical, en étudiant en effet les mécanismes de régulation de la traduction qui contrôlent les mécanismes de la division et de la mort cellulaire, pour voir s’ils sont impliqués dans certaines pathologies humaines. .

* Lexique

– Le séquençage consiste à identifier une à une les unités de base qui constituent l’ADN, support du patrimoine génétique.

– Le but de l’annotation est d’identifier les gènes, en essayant de leur attribuer une fonction.

– Chaque gène code pour une protéine. Ce passage s’effectue en plusieurs temps, dont deux grandes réactions : la transcription (passage de l’ADN à l’ARN) et la traduction (passage de l’ARN messager à la protéine).

La Station Biologique de Roscoff

En 1872, Henri de Lacaze Duthiers, professeur à la Sorbonne, fonde à Roscoff le «laboratoire de zoologie expérimentale». Ses objectifs : la recherche, l’enseignement et l’accueil.

 

REPORTAGE SEMINAIRE 2014
2014

Le choix de Roscoff s’explique par la grande biodiversité végétale et animale, l’accessibilité du site à marée basse avec des horaires de marées favorables, une luminosité permanente même l’hiver . Après la seconde guerre mondiale, le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) implante le Centre d’étude d’océanographie et de biologie marine. En 1985, la station biologique de Roscoff devient l’école interne n°37 de l’Université Pierre et Marie-Curie (UPMC), et acquiert le statut d’observatoire océanologique de l’Institut national des sciences de l’univers (INSU).
350 personnes environ travaillent aujourd’hui à la station, chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, doctorants et post-doctorants.

 

 

 

station-biologique-roscoff-roscoff-2880

Les cœlacanthes

sciences.la-recherche-du-mysterieux-coelacanthe-par-100-m-de-fond« L’évolution, la biologie et le comportement des cœlacanthes »

par Gaël Clément , Professeur en Paléontologie au Muséum national d’Histoire Naturelle

 

 

Les cœlacanthes ne furent longtemps connus que comme un groupe de spécimens fossiles largement représentés dans les alluvions du Dévonien au Crétacé, avec une apparente extinction à la fin de l’ère secondaire. La découverte des premiers fossiles fut l’œuvre de l’ichtyologue Louis Agassiz, en 1832. Dès 1829, il projeta de publier ses conclusions dans « Recherches sur les poissons fossiles » (paru en cinq volumes entre 1833 et 1843), où les cœlacanthérés sont mentionnés pour la 1ère fois.
Les premiers cœlacanthes connus datent de –410 millions d’années, Ils évoluaient dans de nombreux milieux aquatiques très différents (marin, d’eau douce, euryhalin, et lacustre). C’est au Trias que les paléontologues ont répertorié la plus grande diversité d’espèces.Ils se développèrent jusqu’à atteindre des longueurs de 3 mètres au Crétacé avant de décliner vers la fin de cette période (70 à 60 Ma)

coelacanthe3Surprise en 1938 : l’ornithologue sud-africaine Marjorie Courtenay-Latimer annonçe la découverte d’un cœlacanthe vivant. Le 22 décembre 1938, elle avait reçu un appel téléphonique lui indiquant qu’un pêcheur actif dans l’estuaire   de la Chalumna River venait de remonter dans ses filets un poisson de type inconnu. Elle fit naturaliser l’animal et contacta l’ichthyologue James L. Brierley-Smith (1897-1968) qui y vit un cœlacanthe. L’espèce est depuis baptisée Latimeria chalumnæ en l’honneur de Marjorie Courtenay-Latimer et des eaux dans lesquelles elle a été retrouvée. Il faudra attendre 1952 pour qu’un nouveau spécimen soit découvert.
Le cœlacanthe actuel,présente de nombreux traits remarquables sur le plan anatomique :
1 nageoires charnues
Ces appendices sont un caractère propre aux poissons sarcoptérygiens, dont sont issus les tétra
podes (lignée des vertébrés terrestres). Très similaires à celles de Latimeria, les nageoires charnues de la lignée des tétrapodomorphes – les sarcoptérygiens, à l’origine des tétrapodes – étaient les organes à l’origine de nos membres.
La nageoire pectorale de Latimeria contient une série d’os gainée par des muscles, au bout de laquelle s’étirent les rayons soutenant les nageoires, qui sont caractéristiques des sarcoptérygiens. La nageoire pectorale (ou pelvienne) est articulée au reste du corps via un os unique, qui est l’homologue de l’humérus (ou du fémur).
2 joint intercrânien
Cette articulation est une particularité présente chez tous les poissons sarcoptérygiens fossiles, mais que les dipneustes (des poissons à poumons) et les tétrapodes ont perdue.
Elle articule les parties antérieure et postérieure du crâne lorsque l’animal ouvre la gueule. La biomécanique de cette articulation et son éventuel rôle dans la prise alimentaire restent mal connus.
photo coelacanthe 23 organe rostral
Cet organe se trouve dans une cavité située dans le museau. Latimeria serait doté du même genre d’électroperception que les squales.
4 poumon vestigial
Le poumon consiste en un court diverticule issu de l’œsophage, entouré d’un manchon graisseux s’étirant dans la cavité abdominale. Non alvéolé, ce poumon n’est pas fonctionnel chez Latimeria
Toutefois, de nombreux cœlacanthes fossiles, en particulier les formes datant du Mésozoïque ( de 252 à 66millions d’années), sont dotés d’un sac ossifié, allongé et fortement vascularisé. L’étude de cette structure chez un cœlacanthe du Crétacé, indique qu’il s’agissait d’un poumon fonctionnel.
5 encéphale
Le cerveau occupe environ un pour cent du volume de la cavité endocrânienne chez l’adulte, le reste étant rempli d’un tissu graisseux dans lequel s’étirent les nerfs crâniens et les vaisseaux sanguins.
6 ovoviviparité
Le cœlacanthe est ovovivipare, c’est-à-dire que les œufs se développent et éclosent à l’intérieur de la femelle. Les embryons ont une morphologie très semblable à celle des adultes et se développent grâce un sac rempli de réserves nutritives (sac vitellin). Les femelles peuvent porter jusqu’à 26 embryons dont la taille atteint parfois 30 centimètres.

L’un des traits anatomiques remarquable de Latimeria chalumnae est sa curieuse nageoire caudale secondaire.

Depuis 1952, on a capturé près de 200 spécimens. Malgré la protection dont il fait l’objet, sa pêche intensive le mène à l’extinction. Sa population n’excède pas 300 à 600 individus dans l’Océan Indien. Cette espèce est répertoriée comme « en danger extrême ».
Le coelacanthe actuel mesure 1,50 m de long en moyenne pour environ 65 kg. Cependant, il peut atteindre 1,80 m et peser 95 kg.
Latimeria chalumnae nage entre 100 et 400 mètres de profondeur dans les eaux côtières près de l’archipel des Comores.
C’est un poisson qui chasse plutôt à l’affût et se précipite sur toutes les proies qui passent à sa portée. Son régime est carnivore et il se nourrit notamment de poissons.
photo coelacanthe 1Des photographies du cœlacanthe prisent en 2010 par le biologiste et plongeur Laurent Ballesta vont entrainer l’expédition scientifique nommée « Projet Gombessa »,dans les grottes du Jesser Canyon par – 120m , au large de l’Afrique du Sud .avec pour objectif d’étudier notamment les membres articulés du « dinosaure marin ». Pour ce faire, les chercheurs ont mis au point un nouveau système de caméra qui décompose ses mouvements , permettant d’analyser ses nageoires en trois dimensions.

Le but est de savoir si la nage du cœlacanthe peut nous renseigner sur les toutes premières tentatives de marche terrestre. L’objectif de l’équipe dirigée par Laurent Ballesta est multiple :

–  enregistrer le son pour comprendre la communication des cœlacanthes,
– établir un volet génétique de son ADN en prenant des échantillons de son mucus,
– placer une balise sur l’un des individus pour suivre son déplacement, et tout cela en quatre semaines.

 

Pour comprendre son environnement,au cours d’une dernière expédition, les plongeurs ont réussi à équiper un cœlacanthe de 1m30 d’une balise capable d’enregistrer la température mais aussi la pression ambiante, qui permet de retracer les déplacements de l’animal marin et comprendre son milieu naturel. Les informations collectés ont été récupérées par satellite à la remontée de la balise à la surface, 9 mois après sa fixation sur l’animal .

Les précieux renseignements ont permis de constater les résultats suivants : le coelacanthe vit dans des eaux dont la température se situe entre 18 et 22°C, il peut descendre à plus de 380 mètres de profondeur et sort toutes les nuits de sa grotte afin de chasser,
La modélisation de ses mouvements en 3D, du fait de sa nage très complexe, demande elle, encore un certain nombre de temps avant d’avoir des résultats visuels exploitables.

la comète Chury et la sonde Philae

La Sonde PHILAE et la Comète CHURY

SAUZ1dans le cadre de la Semaine de la Science à Morlaix ,

par Olivier Sauzereau, Dr ès Sciences – astrophotographe

Le 12 Novembre 2014 , le robot laboratoire Philae se pose sur la Comète Tchourioumov-Guérassimenko, une « patate » grisâtre congelée : un nouveau pas est franchi dans l’exploration de l’espace..

SAUZ 2Quel est l’intérêt de ce grand saut dans l’espace ?

Les comètes dans l’univers

a) généralités

Une galaxie est un assemblage d’étoiles, de gaz, de poussières et de matière noire, contenant parfois un trou noir supermassif en son centre. La Galaxie : La Voie lactée, dans laquelle se trouve le Système solaire, compte quelques centaines de milliards d »étoiles.

Le système solaire est un système planétaire composé d’une étoile , le Soleil et des objets célestes gravitant autour de lui : 8 planètes et leurs 175 satellites naturels, 5 planètes naines, et des milliards de petits corps ( astéroïdes, objets glacés, comètes, poussière interplanétaire…)

Schématiquement, le Système solaire est ainsi organisé :

SAUZ3le Soleil , au centre

4 planètes telluriques internes (ex la Terre)

une ceinture d’astéroïdes

4 planètes géantes externes ( 2 gazeuses et 2 glacées) ex : Jupiter

une 2nde ceinture appelée ceinture de Kuiper, composée d’objets glacés (ex : Pluton)

l’héliopause, limite magnétique du Système solaire

b) les comètes

-les comètes sont de petits corps célestes du Système solaire, généralement de quelques kilomètres de diamètre, principalement SAUZ4composé de glaces volatiles. Elles possèdent des orbites hautement excentriques, avec un périhélie souvent situé dans le Système solaire interne et un aphélie au-delà de Pluton. Lorsqu’une comète entre dans le Système solaire interne, la proximité du Soleil provoque la sublimation et l’ionisation de sa surface, créant une queue : une longue traînée de gaz et de poussière .

-une comète se compose de 3 parties :

le noyau et la chevelure constituent la tête de la comète.Le diamètre du noyau est estimé entre quelques centaines de mètres et quelques dizaines de kilomètres ; la période de rotation va de 5 à 70 heures, La chevelure est constituée d’atomes, de gaz et de poussières issus du noyau ,libérés sous forme de jets , avec un diamètre compris entre 50 000 et 250 000 kilomètres.

Un comète importante possède en général 2 queues :

une queue constituée de plasma rectiligne ,se maintenant à l’opposé du Soleil

une queue plus large constituée de poussières et incurvée dans le plan de l’orbite

les comètes et l’astronomie

SAUZ5-l’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, ainsi que leurs propriétés physiques et chimiques. Les origines de l’astronomie remontent au-delà de l’Antiquité dans les pratiques religieuses préhistoriques. La Grèce antique fut la 1ère civilisation à détacher la pratique de l’astronomie des préoccupations de calendrier, de divination ou de culte religieux, avec la volonté de trouver une explication théorique globale des phénomènes astronomiques.

A la Renaissance, Copernic propose un modèle héliocentrique du Système solaire. Un siècle plus tard, Galilée et Kepler reprennent cette idée, en l’étendant et en la corrigeant.

Galilée imagine une lunette astronomique pour améliorer ses observations. Kepler, en s’appuyant sur les observations de Tycho Brahe, imagine un système de lois régissant les détails du mouvement des planètes. Isaac Newton, en décrivant la gravitation par ses lois du mouvement donne une explication théorique du mouvement des planètes.

l’observation des comètes

Depuis l’Antiquité, les comètes ont toujours suscité la terreur, car leur apparition, avec leur changement d’aspect et leur trajectoire imprévisible était imprévue et supposée maléfique .

En 1705, Edmond Halley publie un livre indiquant que les comètes apparues dans le ciel en 1531,1607 et 1682 étaient une seule et même comète prédisant son retour en 1758, après une révolution de 76 ans sur une orbite elliptique.

SAUZ6En 1757, Lalande et Nicole-Reine Lepaute calculent les déviations de la comète dues aux grosses planètes et prédisent son retour pour 1759. La comète est au rendez-vous… la mécanique newtionnienne a triomphé, reléguant aux oubliettes de l’Histoire la théorie des tourbillons de Descartes.

Après ces découvertes scientifiques ,les comètes ont toutefois continué à inspirer des écrivains, tel que Jules Verne. En 1877 il publie Hector Servadac un roman d’aventures, où l’auteur extrapole à partir d’une hypothèse la rencontre de la Terre avec une comète, les conséquences à la fois les plus inattendues et les plus rigoureusement logiques de la situation créée.

C’est l’un des ouvrages les plus drôles et hallucinés de Jules Verne. Les « Galliens » (Terriens temporairement expatriés sur la comète Gallia, nom donné par son inventeur, le Professeur Palmyrin Rosette) subissent une diminution de l’attraction terrestre, voient un satellite s’accrocher à leur planète ou encore les journées raccourcir (de 24 à 6 heures), les années se modifier, le calendrier « gallien » supplanter le grégorien, etc.

2) LA Comète Tchoury   –l’orbiteur Rosetta – le robot laboratoire Philae

La planète surnommée Tchoury ou Chury est une planète périodique découverte par Klim Tchouriounov et Svetlana Guérassimenko SAUZ7, après observation sur leurs plaques photographiques en 1969.

a) les raisons du voyage interplanétaire de Rosetta

Les comètes sont les objets les plus primitifs du système solaire ; elles ont vécu l’immense majorité de leur vie très loin du soleil et de ce fait leur matériau n’a pas chauffé et n’a pas été modifié , et ce depuis quelques 4,56 milliards d’années.Dans le système solaire, elles sont les objets les plus riches en gaz divers congelés, l’eau étant l’un d’eux et le plus abondant : elles pourraient avoir contribué à apporter de l’eau sur Terre, il y a 3,9 milliards d’années , et à ensemencer les océans avec des molécules organiques complexes. Les mesures effectuées par la sonde pourraient contribuer à mieux comprendre les processus qui ont permis de passer de la chimie du carbone à la biologie.

b) un long voyage de 10 ans

Envoyer une sonde par tir direct de la Terre vers la comète permettait un voyage de courte durée, mais les techniques de propulsion actuelles ne permettent pas le choix de cette option.

Lancés en 2004 par Ariane V à Kourou, , Rosetta et Philae bénéficient , pour relever progressivement leur apogée d’une 1ère assistance gravitationnelle de la Terre en mars 2005, suivie en Février 2007 par une assistance gravitationnelle de Mars , survolent en 2008 l’astéroïde Steins, bénéficie d’une seconde « catapulte » gravitationnelle de la Terre en 2009. En Janvier 2014, la sonde est réactivée, elle se met sur orbite autour de la comète de 6 août 2014 . Philae se pose sur la comète le 12 Novembre 2014.

En 10 ans , l’ensemble aura parcouru 6,5 milliards de kilomètres pour une distance de 510 millions de km entre la Terre et Chury.

c) l’orbiteur ROSETTA et le robot PHILAE

SAUZ8La sonde Rosetta est constituée de deux parties : un orbiteur Rosetta, qui s’est placé en orbite autour de la comète Chury et qui est chargé d’étudier et de cartographier celle-ci, de recueillir des données sur les astéroïdes rencontrés au cours de son parcours et de transmettre les résultats à la Terre et le petit atterrisseur Philae, monté sur un des côtés de la sonde,

L’orbiteur Rosetta a la forme d’un parallélépipède de 2,8 mètres par 2,1 mètres par 2 mètres (environ 10 mètres cubes) pour une masse totale de 2 970 kilogrammes (1 300 kg sans le carburant). Il a été conçu par EADS Astrium et Alcatel Alenia Space , pour le compte de l’Agence spatiale européenne. La charge utile de l’orbiteur seul comprend 11 instruments scientifiques.

L’atterrisseur Philae se présente sous la forme d’un cylindre polygonal d’un mètre de diamètre pour 80 cm de haut et d’une masse totale de 97,9 kg dont 26,7 kg d’instrumentation scientifique(10 instruments scientifiques)

un atterrissage difficile

SAUZ10Le 12 novembre , le petit robot laboratoire Philae qui ne pèse que l’équivalent d’ 1 g sur la Comète est largué à 20 km de la surface de la comète à très faible vitesse ( 3,5 km/h)pour se fixer à la comète dans une zone préétablie.L’opération, délicate,ne se déroule exactement comme prévu ( rebond de l’appareil)

Les 1ères images arrivent néanmoins dès le 13 novembre sur la Terre….Des observations scientifiques devraient suivre….La fin de la mission est programmée pour 2015.

d) coût de l’opération

La mission Rosetta est évaluée à 1,3 milliards d’euros et a mobilisé 2 000 personnes depuis 20 ans. Elle prendra fin en 2015 et est d’ores et déjà revendiquée comme un succès par l’ESA (Agence Spatiale Européenne ).