les lectures de Janvier 2016

« La confrérie des chasseurs de livres »

de Raphaël Jerusalmy

conf chas têtes_Un roman d’espionnage au Moyen-Âge. Personnage principal : François Villon.
Raphaël Jerusalmy imagine la vie du poète après sa disparition. Son compagnon d’infortune, Colin, est à ses côtés.
Quelle truculence ! Quel style !
Beaucoup de descriptions ; elles créent une atmosphère : des geôles de l’Inquisition avec quelques descriptions de tortures ( toujours discrètes pour ne pas heurter nos sensibilités exacerbées d’humains du XXIème siècle) au Palais Royal.
Ce roman nous entraîne jusqu’à Jerusalem, y compris dans ses bas-fonds. Le personnage principal, ai-je dit est François Villon, plutôt le « livre » dans toutes les acceptions du terme, y compris en songeant à la Bible. François est conduit dans des prisons, des caves , des monastères, des déserts, accompagné de religieux de toutes croyances.
Il trouvera Aïcha, sa perle…
Vous ai-je suffisamment alléché ? Partagerez-vous la délectation qui fut la mienne à la lecture de ce livre ?
Humour, beauté de l’écriture, inventivité …et référence à François Villon.

« Sauvez Mozart : journal d’Otto Steiner »

de Raphaël Jerusalmy

(Juillet 1939-août 1940) Malade tuberculeux, O. Steiner séjourne dans un sanatorium. Il mourra des peu de temps.
save moz_C’est la période glorieuse d’A. Hitler, de l’extermination des juifs, etc…
Steiner, un juif ? Un peu, en tous cas très solitaire, politisé.
Un humour glaçant, grinçant parcourt le livre entier, en fait aussi l’intérêt.
Steiner n’aime que la musique. Hitler et ses sbires, des rustres, des assassins. Insupportable(s)..
Sa tentative d’assassinat, qu’il mène à bien, ne réussit pourtant pas : tout est truqué.
Mais il sauve tout de même Mozart.

Conseil :lisez ce livre-ci avant « la confrérie des chasseurs de livres » si vous avez le projet de lire les deux. J’ai fait le contraire et j’ai mis longtemps avant d’apprécier celui-ci à sa juste valeur.

les lectures d’Annette décembre 2015

La brigade du rire de Gérard Mordillat

brigade du rireUn prologue sur la victime : M Ramut bien dans sa peau, bien dans sa réussite.
Puis le livre s’ouvre sur les « bourreaux ». Rencontre pour fêter les 30 ans d’une victoire au Hand-ball de leur équipe du lycée.
Personnages très caractéristiques, ne se prenant pas au sérieux ; en tous cas les déboires n’ont manqué à aucun d’entre eux, à chacun sa réaction.
A l’issue des retrouvailles, ils mettent à exécution un canular.
Le « Ramut », économiste de droite, bien pensant , méprisant le monde du travail, mis à tâche par ces « collégiens dans l’âme » dans les mêmes conditions qu’il préconisait pour les masses ignorantes et viles.
Pendant ce temps, la vie continue avec ses aléas, ses bons moments aussi. Fin cocasse , inéluctable.
Ce livre nous plonge au cœur du monde actuel, de ses injustices, des luttes qui s’en suivent. La seule façon de survivre est d’en rire. Loufoque.

La Source d’ Anne Marie Garat

la source_L’histoire : une jeune femme arrive dans un village sans hôtel. Elle est hébergée par une vieille dame qui lui raconte la vie de ceux qui ont habité la maison dans laquelle elle finit ses jours. Recoupements pas tout à fait fortuits.
Style étonnant d’Anne Marie Garat : charmes de cette syntaxe organisée de manière singulière, syncopée. Ambiance particulière, beauté quelquefois envoûtante et qui oblige parfois à rechercher le sens.
Cela va comme un gant à ce conte de grand-mère où la vérité n’est pas toujours évidente, tant chacun se réfère à la sienne.

les lectures de novembre d’Annette

a  la croix et le croissantLa Croix et le Croissant de François Taillandier

En l’an 639, l’empereur de Constantinople, Héraclius, attend la mort, tandis que Dagobert, le franc agonise. Le problèmes des successions est récurrent à cette époque et engendre le chaos. Dans le Nord de l’Afrique, des cavaliers intrépides sillonnent le désert sous les ordres d’Omar, 2nd successeur de Mahomet. Karl, Charles Martel, reconquiert un territoire où tout se délite. Certes il est guerrier, vaillant, intrépide mais Frégédaire est là, le prêtre, le sage. Ils se parlent beaucoup. Frégédaire, lui, vit dans et par les livres. Petit à petit, Karl comprend l’importance de la réflexion, de la lecture.

Ecoulement du temps, évolution lente des mentalités. Fresque historique vivante et dynamique.

Profession du père de Jorg Chalendon

a profession du pèreA l’enterrement du père : la femme et le fils.
Retour en arrière : 23 avril 1961 , le putsch.
Qui fut ce père pendant les 50 anénes écoulées ? Sa dictature familiale. Son ego immense qui s’impose à sa femme et à son fils. La femme ne cherche que sa relative tranquillité. Elle subit et ne dit rien.Le fils terrorisé par ce père l’admire et subit aussi.
Jusqu’au jour où lui aussi impose sa volonté à un autre où son père démontre sa lâcheté.
A 21 ans le fils est mis à la porte et sa vraie vie commence. Son exutoire : la peinture.
Une très belle fin, inattendue mais bienvenue.

a bon rétablissementBon rétablissement de Marie Sabine Roger

Un retraité qui cultive sa solitude (un seul ami) se retrouve à l’hôpital après un accident dont les circonstances mettront longtemps a remonter dans sa mémoire et dont il se remettra au pris d’une longue convalescence.
Veuf sans enfant, son frère lui rend visite ainsi qu’un policier qui l’a envoyé à l’hôpital et un jeune étudiant qui l’a sauvé : ils parviennent à l’étonner et à l’apprivoiser.
Le tout sur un ton de dérision. Il n’est tendre à l’égard de personne, et surtout à son propre égard.
«  pépé n’était qu’un acariâtre, un vieux râleur. Je suis pareil que lui, un constipé du cœur. »
« Mensonges, maladies, lardons adultérins planent dans le ciel des amours illégitimes pire que des vautours au-dessus d’un charnier »
Agréable à lire.

les lectures d’Octobre d’Annette

1 – Le retour du chasseur de James Grenier

le retour du chasseurGilbert Malétran passe sa thèse en histoire sur un point précis concernant le Moyen âge. Son oncle, son mentor, le réprimande parce qu’il veut écrire un roman policier, même s ‘il se passe au Moyen Âge.Une fois passée sa thèse, il aura tous les droits.
Gilbert vit à son époque, la nôtre, et écrit son polar sur le Moyen Âge.
Aux deux époques, une Frédé, dévergondées toutes deux et pareillement irrésistibles:Frédérique, sa femme qui s’en va, qui revient, Frédégonde, du Moyen Âge, royale putain.
Epoque décadente du Moyen Âge.
Toute notre belle civilisation !!! engloutie sous la fête du IIIème millénaire qui dégénère. Gilbert le sage méprisé mais Gilbert l’assassin écouté.
Cette sorte de comparaison, pas trop sérieuse en fin de compte m’a séduite par son originalité, sa fantaisie, sans compter la maîtrise de l’auteur.

2 – Gisèle ou la vie rebâtie d’Anne Guillou-Gisèle Rousseau

cvt_Gisele_ ou la vie rebâtieCe n’est pas un roman, c’est un récit vécu. La vie de Gisèle qui sombre dans l’alcoolisme, qui s’en sortira après bien des déboires avec la médecine et sa façon mécaniste de considérer le malade psychologique. Elle s’en sortira grâce à 10 ans de psychanalyse. Mais elle sait combien elle doit se surveiller sans relâche.
Elle comprend bien qu’elle n’a pas été le centre du monde mais elle aussi a besoin de vivre comme tout le monde.
Seul le malade détient la clef de sa guérison, encore faut-il qu’il s’en accorde la possibilité et qu’on l’aide en l’écoutant.
La psychanalyse lui a permis d’apprendre « la distance » : ne pas se laisser envahir, réfléchir.
J’ai aimé ce récit accessible qui invite à comprendre au lieu de juger.

3 – La nuit de Walenhammes d’Alexis Jenni

En finissant ce livre, je pense à « 1984 » de George Orwell. Pas de vraie similitude mais…

Voilà la vie que nous menons et que nous allons mener. L’éphéméride de Larbi fait le point, il nous explique l’idéologie que sous-tend ce qui arrive.
Voilà le modernisme et ses nouvelle valeurs prônées par nos experts richement gratifiés.
Voilà ce que doit être, ce que va devenir le travail. Plus de place pour les opposants ou les embarrassants. Les Brabançons les liquident.
Charles, lui, écrit. Il ne sait fairla nuit de Walenhammer_e que cela.
Il arrive à Walenhammes pour écrire ce qui se passe dans cette ville du nord qui a perdu toutes ses usines.
Mais il rencontre Marie qui est maître-nageur, et qui n’aime que nager ; naît alors un amour simple, sûr , merveilleux sans aucune place au doute…
Des pages remarquables sur le travail, horribles sur l’école, délectables celles qui décrivent l’amour.
Elles éclairent ce livre angoissant d’autant qu’il est si proche de notre quotidien.

lectures d’été d’Annette n°4

Homesman de Glendon Swarthout

 

homesmanLes grandes plaines au cœur des USA au XIXème siècle. Cet année l’hiver a été si rude que 4 femmes de ce village près du Loup, la « ville » la plus proche(45km) ont sombré dans la folie. Le village décide de les renvoyer vers l’Est dans leurs familles respectives. Toutes les quatre mariées, trois ont des enfants. Mary Bee célibataire, femme forte , ancienne institutrice , qui a monté sa ferme et qui en vit se charge de les accompagner.
Malgré son courage, elle prend conscience qu’elle ne pourra mener à bien sa tâche seule. Elle engage un vagabond, un voleur pour la seconder . Elle le rétribuera à la fin du voyage.
Le convoi se met en route. Que de difficultés ! Mary Bee sent son énergie péricliter. Parviendra-t-elle au bout de son entreprise ? Quant à l’homme qui l’accompagne, que devient-il ? Comment évolue-t-il ? Sur quoi, sur qui compter ?
L’écriture est belle. Beauté des paysages, le printemps, les grands espaces. Rudesse de la vie, rudesse des humains et leur égoïsme.

Contes d’un matin de Jean Giraudoux

11 contes et un appendice
Contes fantaisistes racontés sur un ton sérieux révélant un humour aussi sérieux. Parfum d’autrefois. Pas de gaieté, plutôt fataliste mais extravagant.
Giraudoux fait appel à une logique qui semble, dès l’abord, rigoureux mais dérape au gré de son imagination.
L’appendice m’a semblé différent dans l’esprit plus éloigné de la réalité. Pour les 10 autres, j’ai envie de dire : c’est la vie ! En fin…peut-être.

Femmes d’Alger d’Assia Djebar

femems d alger_quelques nouvelles( quelques poèmes )
Les femmes d’Alger mutilées, englouties dans les coutumes, les interdits de la religion. Elles naissent, subissent, se taisent, enfantent et meurent. Les hommes, lointains que l’on attend, proches qui parfois torturent. Femmes infantilisées, qui travaillent toujours cachées, toujours à l’intérieur.
Beauté poétique de ce livre. Tragédie de la colonisation qui n’émancipe pas, mais resserre l’étau. Et aussi solitude,misère.

Eldorado de Laurent Gaudé

eldoradoL’émigration. Un commandant de bateau à la recherche des épaves sur la mer chargées d’émigrés, abandonnés dans leur épave à la dérive. Des émigrés qui rêvent de rejoindre l’Europe : leur Eldorado.
La misère des émigrés. Leurs tentatives de parvenir à leur but. Nombreux sont ceux qui meurent en route. Moins nombreux sont ceux qui arrivent. Histoire de Soleïman qui réussit grâce à son amitié avec Boubakar et réciproquement. Le commandant écœuré, désespéré, après avoir redonné de l’espoir, trouve enfin le bonheur dans la mort.
Lugubre et beau

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

americanah _En Afrique, Ifemelu et Obinze s’aiment intensément, profondément. Obinze rêve de partir étudier en Amérique mais n’obtient pas ce droit.
Ifémélu l’obtient et part. Les difficultés matérielles qu’elle éprouve en Amérique la mène à un compromis tel quelle n’ose pus entretenir ses relations avec Obinze, qui lui ne pourra partir que pour l’Angleterre d’où il reviendra piteusement.
De retour au pays, il trouve le moyen de s’enrichir. Ifémélu, études brillamment terminées rentre également au pays, trouve du travail et conquiert son indépendance.
Sauront-ils se retrouver ?
Bois II d ‘Elisabeth Filhol

Une usine qui va fermer, comme tant d’autres de nos jours. Une usine déclarée « non rentable » après diverses ventes ; les salariés au chômage.
Dernière entrevue , longuement préparée par les travailleurs avec le directeur pour fixer les indemnités.
Un directeur « réquisitionné »
Son endurance, son mépris, son inflexibilité, son indifférence.
Les ouvriers, leurs affres, leur détermination, leur peur. Cette discussion longuement préparée mais l’inégalité entre les deux adversaires….
Pendant tout cela, la vie autour de l’usine, les paysages, l’histoire et aussi les problèmes du chômage qui ne se résument pas au manque d’argent.

lectures d’été d’Annette n°3

Truismes de Marie Darrieussecq

truismes_« Je sais à quel point cette histoire pourra semer de trouble et d’angoisse, à quel point elle perturbera de gens ».
C’est la première phrase de ce livre. Le style, l’écriture n’en sont pas le principal intérêt. Le narrateur est le personnage du livre. Il cherche un travail. Celui qu’il (elle) trouve dans une parfumerie lui convient très bien.

 

Vous avez vite compris qu’il s’agit d’une parfumerie… spéciale. Personnes pudiques s’abstenir. Cependant pas de vulgarité : un chat est un chat. Ce livre aurait pu porter un sous-titre : loufoque ( cf vers la fin du livre).

 

Amusement de l’auteur ? Humour ? Bizarre assurément.
Ne pas s’imaginer ce livre sans intérêt, sans rapport avec la vie actuelle. En vacances, on peut tout se permettre.
P.S. : Marie Darrieussecq est romancière et psychanalyste.

Timimoun de Rachid Boudgedra

timimounLe personnage principal raconte son histoire durant un périple au cœur du Sahara. Il conduit un vieux car qu’il a acheté très bon marché. Sa carcasse, vieille, s’avère très solide mais passée de mode. Il refait le moteur à neuf lui-même. Il a 40 ans, n’a jamais été amoureux. Voilà que, durant ce voyage où il guide un groupe de touristes, il est attiré par Sarah. Il connait pour la première fois les affres de l’amour, lui, si grand, si laid, alcoolique de surcroît.

Les descriptions de ce désert tiennent une grande place. C’est un personnage important, avec ses dangers, ses beautés fabuleuses, ses changements selon l’heure du jour et de la nuit, au gré des vents. Importance du car et aussi de ses deux amis. Il se remémore son frère aîné écrasé par un tramway, sa vie passée. Il décrit sa peur récurrente, ses angoisses.
Tout cela dans une ambiance d’attentats terroristes horribles, lus dans les journaux, entendus à la radio, seulement énoncés sous forme de communiqués.
Pour moi, c’est un très beau livre.

lectures d’été d’Annette n°2

Clair de femme      de Romain Gary

calir de femme rgrrrr

 

Chant d’Amour, chant de Couple ( mais pas de place pour l’égoïsme).

 

Des morts…. mas la Vie Continue, donc l’Amour, donc le Couple.

 

Que dire de plus? Pas forcément facile. Il faut se laisser porter par l’étrange et une certaine forme de beauté.

 

 

Héloïse   de Philippe Beaussant

héloïseNon pas Héloïse d’Abélard, mais celle de Jean Jacques Rousseau.

Née fin du XVIII ème siècle, quelques années avant la mort de JJ Rousseau(1878), baptisée Héloïse en souvenir du roman , son père intendant, sa mère dame de compagnie au château. Les seigneurs du château ont appelé leur fils Jean Jacques. Les deux enfants furent élevés ensemble. Ils n’ont pas appris, dès leur jeune âge, les distances sociales. Toujours ensemble, éduqués selon les préceptes du philosophe, ils se sont aimés tout naturellement. A l’adolescence, la vie réelle fait surface, les distances sociales surgissent alors. Jean Jacques les refuse : ils s’aiment envers et contre tout et tous. Ils seront ( quelques jours) mari et femme sans sacrement.

Puis la vie les sépare définitivement.

C’est l’histoire qu’Héloïse raconte à un monsieur venu en visite alors qu’elle est déjà bien vieille, avec son vocabulaire, ses phrases, ses pensées surannées.

Joliment désuet ( ou se veut comme tel)

 

– La place     d’Annie Ernaux

la place_Elle a étudié. Ses parents sont très modestes :ils tiennent une épicerie de campagne qui va disparaître après eux.

Son père , fier d’elle, certes mais se sent petit à petit de plus en plus loin de sa fille. Annie, le temps passant, ressent et vit mal cette distance qui s’instaure à regret mais inéluctablement. Pas de sensiblerie,des faits, de la pudeur.

« Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre »… « Il me conduisait de la maison à l’école sur son vélo.Passeur entre deux rives, sous la pluie et le soleil ».

 

les lectures d’été d’Annette M.

leon l'africain« Léon l’Africain » d’Amin Maalouf

Cette histoire se passe entre 1488 et 1527 entre Grenade et l’Afrique ; elle nous entraîne même à Rome.
Sous forme d’autobiographie, nous voilà emmenés dans les différents exils du héros. Entre de grandes peurs et de grands bonheurs, entre la pauvreté extrême et la richesse , nous le suivons dans ses divers voyages, voyage de jeune homme accompagnant son oncle, voyages de commerçant, voyages de diplomate, voyages de fuite….Cet homme connaît une vie mouvementée où les dangers ne lui sont pas épargnés, pas même la prison.
Bien sûr, l’amour participe à, ou même cause ses aventures . Le tout avec une vision du musulman de la Renaissance, musulman instruit, très cultivé, poète, qui sait exprimer la beauté, que ce soit celle d’un paysage, d’un corps, ou d’une œuvre d’art.
Beau voyage dans le temps et l’espace pour les vacances.
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« L’énigme du retour » de Deny Laferrière

l'enigme« Mon père vient de mourir ». L’auteur, parle, raconte à la première personne. Le narrateur retourne au pays : Haïti. Pourtant, il s’est installé et mène une vie d’écrivain depuis 30 ans qu’il est parti.
Son père, un exilé politique lui aussi, Sous les dictatures de Papa Doc et de Bébé Doc.
La femme, la mère subissent la solitude dans laquelle les laissent ces exils successifs. Le fils revient mais 30 ans d’exil ne s’effaceront pas pour des raisons de militantisme. Le neveu, il l’emmènera das ses différents périples au sein de l’île et cependant il ne revient pas vivre dans la maison des siens.
Il donnera à voir au neveu jamais sorti de sa ville les artistes, les jeunes filles mais aussi la misère, la faim au long de son parcours sur les traces de son père.
Ton grave, doux , rêveur, plein de charme, de mélancolie.
Forme : long poème en prose avec des strophes parfois.
On se laisse guider avec bonheur ( celui du lecteur) et hargne (celle de l’observateur de la société haïtienne et de ses malheurs).
Ce parcours, ce retour mènera document le personnage vers la mort.
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« Le héron de Guernica » d’Antoine Choplin

le héronBasilio est à Paris . C’est un peintre autodidacte. A Guernica, il avait peint un héron, puis le même blessé lors du terrible bombardement qui a anéanti le village. Le père Eusébio a admiré son œuvre, lui a conseillé d’aller à Paris voir l’œuvre de Picasso : Guernica. Peut-être pourrait-il rencontrer Picasso ? Qui sait? Peut-être que Picasso lui-même voudrait jeter un oeil sur ses toiles? Car peindre l’horreur de la guerre, représenter avec autant de force ce bombardement sans l’avoir vu de ses propres yeux, c’est ce qui interpelle Basilio au moment même où il vient à la rencontre du maître pour lui montrer ses propres peintures.

Basilio à Paris puis à Guernica. D’abord la vie , y compris Basilio peignant le héron le matin pour Célestine, puis la mort de Guernica rasé par le bombardement,… après toute cette mort, Basilio et le héron blessé, le sang du héron sur la toile ;
De magnifiques descriptions d’atmosphères, de paysages, des êtres vivants, puis de la mort répandue, des décombres, de l’horreur.
Pas d’épanchement. Des descriptions, des faits : l’horreur
L’art témoin. Touchant. Humain. Très beau.