les lectures d’Annette du mois de Novembre 2017

« le linguiste était presque parfait« 

 

de David Carkeet

Genre : policier

Une crèche peu banale : « Nous nous intéressons à l’acquisition du langage, des premiers babillements jusqu’à une maîtrise plus aboutie de la langue ».

7linguistes dans cette crèche . L’un d’entre eux est assassiné. Qui a commis ce crime? Le livre ne m’a pas enthousiasmé, mais je le suis rarement par le genre (sauf Fred Vargas).

 

 

 

« Toute la lumière que nous pouvons voir« 

 

de Anthony Doerr

La 2nde guerre mondiale : de ses prémices à sa conclusion mais en ordre inverse

Dans la 1ère partie : les personnages dans Saint Malo   sous un déluge de bombes qui n’influe par sus l’issue. Comment est-on arrivé là? D’où viennent les protagonistes? qui sont-ils? Quel est leur rôle dans le conflit?

-Marie Laure, française, devenue aveugle par maladie dégénérative, avec son père dont elle est la raison de vivre, l’occupation permanente(sauf lorsqu’il travaille au muséum d’histoire naturelle)

Werner l’orphelin, allemand, génial en technique de communications, de transmissions, radio, etc…sans formation, autodidacte au départ. Bien sûr, les nazis sauront le récupérer, le former, le préserver, l’utiliser.Son école et ses horreurs, il ne sait, il n’ose réagir. Il a peur.Il essaie d’aider son ami mais comprend son incapacité en pensant à sœur Jutte plus courageuse que lui.

La loi du plus fort. La force prime sur l’intelligence. Quant aux valeurs morales!!!Hao sur le plus faible physiquement.

Atmosphère différente en passant du milieu nazi au milieu français.

J’ai été très surprise de retrouver mes impressions d’enfance lors de la guerre :

  • peur des allemands vécus comme des brutes sanguinaires
  • les bombardements
  • peur des collabos, délateurs, mafieux(marché noir) forts, sûrs d’eux, à l’aise dans cette ambiance glauque
  • chez soi, garder son quant à soi, débrouillardise pour survivre, méfiance.
  • mystères glauques.

Après toutes ce horreurs, la vie a repris tant bien que mal, la guerre terminée.

Plus difficiles pour les rescapés allemands que pour les rescapés français.

Facile à lire, vite lu, passionnément lu.

 

P.S. un diamant « Océan en flammes »

 

 

les lectures d’Annette d’Octobre 2017

VIVEMENT L’AVENIR 

de Marie-Sabine ROGER

Alex, jeune femme androgyne, qui se  veut libre de toute attache, travaille dans une petite ville de province. Elle loue une chambre chez Marlène et Bertrand.

Bertrand travaille,  Marlène pas.

A leurs cotés, vit le frère de Bertrand lourdement handicapé : Gérard.

Marlène, le type de la mégère non apprivoisée; Bertrand habitué laisse passer.

Dire que Marlène supporte mal la présence de ce frère est un doux euphémisme. On ne peut pas dire non plus qu’elle connaisse, ne serait-ce que le sens du mot « culture » en dehors « des champs de blé ».

Alex se prend d’affection pour Gérard et le promène dans un chariot fabriqué par ses soins. S’en suivent des promenades et donc des rencontres : Cédric et Olivier. Cédric toujours en chagrin d’amour, Olivier encombré par sa graisse. Sans travail ni l’un ni l’autre. Olivier obligé de travailler de temps à autre dans le magasin des parents. Cédric sans projet, sans but, sans espoir.

Quel sombre tableau. Mais survient un évènement : Olivier reçoit en cadeau une moto avec side-car et tout change.

Tout ce monde va trouver sa place …à la campagne. Epopée utopique et finalement réjouissante. L’amitié, l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

L’utopie a parfois du bon : une petite aide, un peu de réconfort, cela fait du bien…

 

αβγω

Lectures du mois d’Août 2017 d’Annette

Lectures du mois d’Août 2017

Hiver arctique d’Arnaldur Indridason

Un policier que j’ai aimé.

Un meurtre et la recherche d’un meurtrier. Rien de plus banal. Pas de sang à tout va. Des études de mœurs à l’occasion de ce crime. Difficultés d’adaptation réciproques entre les islandais et les émigrés. De belles descriptions des sables mouvants dans lesquels tout disparaît (même un cheval), du vent aussi : « le vent s’avançait en hurlant à la mort et en sifflant entre les maisons ; il envahissait les rues désertées. »

Le 1er siècle après Béatrice d’Amin Maalouf

Que d’amour dans ce roman !

Amour qui se veut tranquille et pourtant absolu, partagé. Amour avec totale acceptation de l’autre tel qu’il est. Personnages, pour certains, idéalisés mais leur environnement nous plonge dans un univers d’horreur qu’ils essayent modestement et vainement de pallier. Conscients de leur si petite influence, ils vont résolument jusqu’au bout de leurs possibilités. L’horreur, c’est la diminution des naissances féminines et les conséquences désastreuses que cela engendre.

Livre de la féminité prônée par un libanais qui lui-même aura une fille (tant espérée) dont il assumera la paternité de manière exemplaire.

Diminution des naissances de sexe féminin pour répondre au désir des humains du Sud de la planète, mais aussi, dans une moindre mesure et plus sournoisement de ceux du Nord.

A l’origine, une poudre de fèves mystérieuses que les pharmacologues proposeront avec les bénéfices que l’on imagine. Bien sûr, des réactions, jusqu’aux plus hautes instances mais les grands colloques y déploient leur impuissance et la conscience qu’ils en ont.

3Le premier siècle après Béatrice » , la fille du narrateur commence encre plus mal que n’avait fini le siècle précédent, le 20 ème.

Comment ne pas rapprocher ce livre de nos tourments actuels, qu’ils soient d’ordre religieux, financiers ou de genre.

Et le règne de la paix recule encore et encore.

Article 353 du Code Pénal par Tanguy Viel

Le narrateur, c’est l’auteur du crime. : Martial Kermeur. Marin, il est parti pêcher avec Antoine Lazenec sur le bateau de ce dernier. Antoine Lazenec est promoteur immobilier. Martiel est revenu seul avec le bateau et se retrouve sans surprise devant le juge : il n’a manifesté aucune réistance. Il est conscient de son meurtre, prêt à en assumer les conséquences.

Le juge lui demande de raconter comment il en est arrivé là. Et Martial Kermeur raconte son aveuglement et celui de son entourage envers Lazene »c. Comment Lazenec a su profiter de leur naïveté, de l’appât du gain qui leur a fait miroiter, comment il les a ruiné, laminé la vie de ce village et de ses habitants. C’est de ses ruines qu’il vivait richement…

Un livre d’ici et de maintenant.

les lectures d’Annette du mois de Mai 2017

CE QUE DOIT LE JOUR A LA NUIT

de Yamina KHADRA

 

Algérie des années 1930 à aujourd’hui(sept.2014)

Le jeune Younès né  dans une famille dont le père  a le sens de la dignité, même s’il n’a pas les moyens. A la suite d’un revers, il confie son fils à son frère marié mais sans enfant. Ce fils est choyé chez son oncle et sa tante. Séparé des ses parents, de sa sœur handicapée, il ne cessera de penser à eux. Rencontre avec Emilie qui sera pour lui l’AMOUR, même s’il connaîtra d’autres amours et aura des enfants. Grosse partie du livre.

Mais ce livre traverse la guerre d’Algérie. Younès, arabe, musulman discret mais respectueux des rites(pas d’alcool…) se retrouve par sa culture (pharmacien avec boutique, celle de son oncle) proche des colonisateurs. Position assez délicate dont il souffre; cependant son éducation rigoureuse moralement mais sans rigidité le préservera des excès. Il saura participer à la libération de l’Algérie sans prendre le fusil. Le FLN  utilisera ses compétences au service de la cause. Il accomplira sa tâche evec détermination et courage.

Beau livre où chacun est rendu à sa dignité( ou à son indignité). Que de belles descriptions !

Les difficultés de l’adolescent passant à l’âge adulte au prix de grandes souffrances sont si bien décrites.

L’indépendance de l’Algérie, la guerre, les malheurs des uns et des autres sont relatés dans un esprit d’humanité

La 7ème fonction du langage de Laurent Binet avril 2017

La 7ème fonction du langage de Laurent Binet

 

Point de départ : la mort de Roland Barthes renversé par une camionnette en 1980.Assassinat ?

Roman policier eu plutôt d’espionnage. Il est beaucoup question de linguistique. Quel est cette 7ème fonction du langage? Les 6 premières sont bien expliquées mais la dernière ?

Laurent BiNEt lâche la bride à son imagination pour notre plus grand étonnement…si on veut bien le suivre. Comme 500 pages demandent du temps… Vous vous retrouverez en compagnie de Giscard d’Estaing, de Mitterrand, d’intellectuels connus, de gens qui vivent de leurs charmes, de malfrats de tous poils, et j’en passe.  Vous verrez également comment un professeur de faculté de Saint Denis(ex Vincennes produit de Mai 68) assez coincé et de gauche peut arriver à s’épanouir aux côtés d’un policier de droite qui a de l’entregent. Et je ne dévoile pas tout.

N’allez pas penser que je me suis ennuyée . Laurent Binet possède un tel sens de l’humour, tout en nous réservant aussi des moments de suspense.

Etrange ! et contente de l’avoir lu.

A MANANT

 

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier Avril 2017

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

 

J’ai lu ce livre pour le 30 ème anniversaire du festival de musique ancienne de Lanvellec.

Griet, jeune fille engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer (Delft XVIIème siècle). Qu’il est difficile de trouver saplace entre l’épouse, la belle-mère, la gouvernante et la flopée d’enfants qui va croissante.

Quand le peintre accapare la jeune fille pour ses travaux personnels, cela n’arrange rien; mais Griet est tellement intéressée…par la peinture…par le peintre…

On est au XVIIème siècle : la vocation d’une domestique, ses sentiments , cela n’existe pas…

Bienheureuse encore quand un beau jeune homme simple, décidé, honnête est séduit par le charme de ses yeux.

A Manant

Les lectures d’Annette de février 2017

Titus n’aimait pas Bérénice

 

de Nathalie Azoulai

 

Titus quitte Bérénice. Horrible chagrin. Il faut qu’elle trouve le moyen de survivre. Elle se plonge dans les alexandrins de Raine qui est  » le supermarché du chagrin d’amour ». Bérénice veut le comprendre : elle décide de commencer par le commencement. Et voici la vie de Racine décrite par le narrateur. Il vit sous nos yeux : ses pensées, ses sentiments, son évolution, ses états d’âme nous sont contés. P 206 :Racine « déteste le temps parce qu’il use l’amour et le chagrin d’amour ».

Et le temps dans ce livre tient une grande place, même si parfois, et ce fut mon cas, il est difficile de s’y retrouver.

Cette lecture : une véritable délectation

les lectures d’Annette de Décembre 2016

Soudain j’ai entendu la voix de l’eau

 

de Hawakami Hironi
Ce livre aborde un sujet rare, du moins au cours de mes lectures. L’amour entre frère et sœur. Il est ici en dehors de toute diabolisation. J’aurais envie d’écrire : il coule de source, il est assumé.
Ils le vivent dans une sorte d’accomplissement, avec intensité, constance, bonheur. Le regard des autres ne semble pas les affecter profondément, même s’ils ont conscience de le subir.
L’attentat au gaz sarin a beaucoup marqué les personnages, bien qu’ils n’en aient pas été victimes directement.
Importance de la mère, du temps qui s’écoule. Nous passons constamment du présent à l’évocation des souvenirs.
Amour synonyme de profondeur et de secrets, d’incertitudes.
Discrétion, subtilité, beauté me semblent des mots clefs pour définir ce livre.

Stevenson et Sylvain Tesson

L’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde de Stevenson

 

jekyllTrès court : 86 pages

Je ne l’avais pas encore lu; petit voyage dans le fantastique.

Le départ : un cauchemar de Stevenson.

Et le cauchemar revisité nous tient en haleine durant 86 pages. Construction, écriture parfaites sont bien sûr de mise. Il m’est difficile d’en dire plus sans le déflorer.

Si ces pages manquent à votre culture, réparez-vite cette erreur : il ne vous an coûtera que quelques heure et vous comprendrez son succès.

 

 

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

 

sur-les-chemins-noirsRécit à la 1ère personne. L’auteur nous fait participer à son voyage à travers la France. Le but de son périple : convalescence du corps après une chute de 8 mètres. Voyage pédestre. Pour lui, ce n’est pas le 1er, mais après avoir parcouru le monde, il parcours la France. Voyage tranquille mais pas sans douleurs.

Livre à lire quand se manifeste le besoin de se reposer de fatigues physiques ou psychologiques. On y prend un tel plaisir tant l’écriture est admirable. Extrait : « C’étaient les pleines vendanges, la terre suait sa folie. Les vignes rendraient bientôt en gaieté ce qu’elles avaient raflé en lumièreIl demeurait des chemins noirs (qui permettent d’éviter le goudron). De quoi se plaindre. »

Le son du silence

Le son du silence

de H.J. Lim

le-son-du-silenceUne enfance, une adolescence et l’orée de l’âge adulte résumées en un seul mot : le piano.

Elle ne pense, ne vit que pour son art. Douleurs, difficultés pour arriver au bonheur…En fin, un bonheur d’artiste. Elle arrive toujours à force de volonté, de courage. Elle refuse la facilité, le bien-être , antinomiques avec son art. Sa mère l’aide, la soutient indéfectiblement, même lorsque la distance s’interpose entre elles.

Beau livre. Merci à celle qui me l’a fait découvrir.

Pourquoi j’ai mangé mon père

Pourquoi j’ai mangé mon père

de Roy Lewis

pourquoi-jai-lange-mon-pere_Pendant le pléistocène(- 1 millions d’années avant J-C), Edouard, le père, le génial inventeur qui entre autres donne le feu à la famille : autoritaire et social
L’oncle Vania  est contre le progrès : il se réfugie toujours dans les arbres et est très remonté contre son frère Edouard.
Ernest, le fils est le narrateur. Il a 4 frères : Alexandre, Tobie, Oswald et le petit dernier William.
Les femmes : Mathilde, la mère, les filles , les tantes et Griselda, l’épouse d’Ernest.
Le livre joue sur l’anachronisme entre l’époque décrite et le langage à la précision scientifique du XXème siècle, ce qui provoque une sensation d’ambiance pleine d’humour.
La lutte de l’homme pour sa survie. Il vit de chasse mais les animaux aussi et l’homme ne sort toujours pas gagnant.
Les merveilleuses découvertes d’Edouard, les progrès qu’elles permettent ne sont pas toujours sans danger, mais il n’en a cure.Les fils sont plus circonspects. Allusion transparente à la puissance nucléaire, au « feu atomique  » qui a détruit Hiroshima, comme le précise Vercors dans sa préface.
Si le livre est drôle, il est néanmoins très documenté sur l’homme et ses origines. La postface  le présente comme un récit à trois dimensions :
– celle d’un roman d’aventures quasi picaresque
– celle d’un exposé documentaire
– celle d’une parabole en forme de fable allégorique.

Sa lecture est un vrai bonheur que vous avez peut-être déjà vécu(traduction française en 1990)

Je suis fatigué

Je suis fatigué

de Dany Laferrière (membre de l’Académie française)

je-suis-fatigueCe livre m’a été donné par mon libraire qui fait parie du réseau »Initiales »

Dany Laferrière déclarait, au grand dam de ses lecteurs, qu’il était fatigué et arrêtait du coup d’écrire des romans,
Sa vie par thèmes. Il est haïtien et s’est trouvé obligé de fuir après l’assassinat de son meilleur ami par les « tontons macoutes » de Papa Doc Duvalier, puis de son fils.
Port-au-prince, Montréal (New York), Miami. Ses galères, ses réussites. Dany en liberté, Dany en gloire.

J’ai aimé. Bien écrit. Plein d’humour. Une sorte d’autobiographie.

Bel Air de Lionel SALAÜN

Bel Air de Lionel SALAÜN

 

bel airUn quartier, un bistrot le Bel Air. Et l’histoire de Franck (ou Jacky) enfant d’un quartier pauvre et digne de banlieue. Il tient à sa liberté dont il ne sait que faire…

Comment s’appelle-t-il ? Franck bien sûr, mais aussi Jacky.

Qui va-t-il construire ? Qui va la construire ?

Son père, un vague souvenir. Sa mère toujours présente assure tout l’aspect matériel, affcetif même ; Elle est cependant incapable de l’aider à se définir un but. Un seul ami qui ne l’est plus. Il erre de travail minable en travail pénible. Son rayon de soleil : Cathy. Son amour partagé mais… La guerre d’Algérie qui pourrait l’anéantir, le tuer. Elle ne le tuera pas, certes mais l’anéantira. Il n’ira pas mais à cause de cette guerre, il perdra, non pas son amour mais elle-même malgré elle.

Quelle tristesse, quelle beauté. Le néant.

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

tout dort paisiblement_Régine, fiancée de Sören Kierkegaard . Ils s’aiment. Sören rompt les fiançailles. Grand chagrin de Régine, déstabilisation.

Elle comprendra que Kierkegaard a rompu non parce qu’il ne l’aimait plus, bien au contraire, mais parce qu’il se sentait incapable d’assumer une femme, puis une famille.

Régine se marie avec Frédérik. Tous deux liront les œuvres de Kierkegaard. L’auteur donne à découvrir la pensée du philosophe ainsi que sa vie. Régine restera la muse mais on ne se marie pas avec sa muse ?. Emouvant, agréable à lire.

Une certaine ambiance propre à Régine Pujade-Renaud.

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki MURAKAMI

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki Murakami

 

l'incolore tsurukiUn groupe de cinq jeunes lycéens très liés par l’amitié, très soudés.

Tsuruku expulsé du groupe sans en comprendre le motif. Il manque mourir de désespoir, arrive tout de même à se relever. Il en sortira transformé.

Bien des années plus tard, il trouve une femme, Sara, qui lui devient indispensable. Il comprend qu’il l’aime vraiment.

Elle lui conseille d’élucider le mystère de son adolescence, du moins d’aller voir ses anciens amis : cela lui pèse tant. Il comprend leur raison, se sent conforté dans son amour pour Sara. Il aimerait la garder mais il n’est pas seul à décider.

J’ai lu ce livre avec passion mais je dois dire que j’apprécie beaucoup cet auteur, que son livre « Kafka sur le rivage » m’avait tant enthousiasmé !

Beau roman d’apprentissage.

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

Si vous n’aimez pas les chats, s’abstenir.

LE CHAT MOUNEPour autant ne cherchez pas à imiter cette relation un peu particulière car vous devrez abandonner votre chat pendant que vous vous faites dorer au soleil des Baléares ou ailleurs puisque vous ne disposez pas forcément de voisins qui participent avec autant de vigilance.
Après toutes ces recommandations, vous pouvez lire sans retenue. Le livre est léger, les sentiments exprimés avec tant d’humour ne pèsent pas.

Sa majesté « Moune » indépendante et sympathique vous séduira comme elle m’a séduite et l’auteur qui s’amuse de lui-même nous fait passer un joli moment.

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

pas pleurer1936 et les années suivantes en Espagne
La guerre d’Espagne
Le récit par trois personnes

le côté droite politique honnête : Georges Bernanos qui a milité à l’Action Française mais qui ne peut plus cautionner les exactions des fascistes avec la bénédiction de l’Eglise.

La mère de la narratrice se rappelle ce que fut pour elle l’été 1936, ses merveilles : la ville (elle qui était campagnarde), la liberté jusque dans l’amour. Puis …les suites : la grossesse, le mariage avec résignation, l’exil. Elle était fille de paysans pauvres, donc côté gauche. Mas de ce côté également , il y avait des excès.
Donc des désespoirs des 2 cotés
La narratrice complète le récit lacunaire de la mère : « deux scènes d’une même histoire, deux expériences… »

Hérétiques de Leonardo PADURA

Hérétiques de Leonardo Padura

hérétiquesLe sujet : un tableau de Rembrandt, de sa création à sa redécouverte.(de 1643 à 2007 en passant par 1939)

Le récit se déroule en grande partie à La Havane. Pour le XVIIè siècle, nous nous retrouvons à Amsterdam.
Le martyre des juifs, à toutes les époques, leurs errances, leurs fuites mais aussi les contraintes qu’ils s’imposaient ou du moins qu’ils imposaient à ceux qui partageaient leur foi.
Les hérétiques sont ceux qui, tout étant juifs, n’en respectaient par obligatoirement toites les lois.
Le livre fint par « Tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartienT, c’est ta liberté de choix… »
Tout le livre découle de cette liberté de choix. Si tu veux être libre, alors il faut en accepter les conséquences, car, en fait, la liberté est une une longue suite de sacrifices délibérément choisis.
Une très belle fresque de 714 pages.
Surtout ne pas sauter une ligne, ce serait dommage. Bien repérer tous les personnages, cela facilitera la lecture. Votre patience sera récompensée.
L’écriture est très belle. L’histoire aussi même si elle est souvent cruelle. L’amour est présent avec ses beautés. Il faut savoir aimer pour créer les merveilles que j’y ai savourées. Courage, vous avez le temps , ce sont les vacances.
Peut-être pas à la plage mais chez soi, au frais…

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

 

madame perfectaLe narrateur conte l’histoire de Perfecta, l’espagnole venue l’aider dix-sept ans durant dans les taches quotidiennes.

Près de deux décennies ne se passent sans qu’une forme d’intimité ne s’instaure.

Ces deux portraits se déclinent avec discrétion, respect réciproques et donc l’affection qui en découle, subrepticement, insensiblement, (insidieusement?).

Madame Perfecta est un livre tout en nuances, en finesse, très riche et bien écrit.

La Chute des Princes de Robert Goolrick

La Chute des Princes

la chute des princes_L’Amérique et l’argent
Ces jeunes traders qui gagnent tant d’argent dans les banques : des princes, oui, mais des princes éphémères. Choisis sur un coup de poker,…puis la chance passe à d’autres.
Parce que l’argent et le travail d’abruti pour le gagner mènent aux fêtes, à la drogue, à l’alcool, au sexe pour décompresser , « Profiter » pour se faire valoir ? Et puis le Sida.
Beaucoup meurent ( suicide parfois) , d’autres se retrouvent d échus par un excès, parce qu’ils dépassent la mesure, ou simplement parce qu’ils ont fait leur temps.
Comment vivent-ils cette déchéance ?
Style sobre, précis , efficace.
La beauté et la force des sentiments trouvent aussi une place, d’autant plus émouvante dans ce monde froid et et cruel de l’argent.

Nuits tranquilles à Belem de Gilles Lapouge

Nuits tranquilles à Belem

Au Brésil, à Belem, un historien voyageur a rendez-vous avec un autre historien à propos d’un géographe : Blaise de Pagan
nuits tranquilels à belem_Surgit un gamin qui lui crie : «  tu es revenu papa, tu es revenu » et il lui saute au cou.
L’historien délaisse son r-d-v et suit l’enfant. Il sera père de cet enfant. Comment il doit tout apprendre de sa nouvelle vie, qui il était, qui il est . Il s’accommode d’ailleurs assez bien de « sa femme » mais ce n’est pas forcément réciproque. Etre un autre dont on ignore tout et cependant rester soi-même par la force des choses. Fiare son trou dans la vie de l’autre jusqu’à devenir l’autre ?
Il y bien des limites ?

Petit Piment d’Alain Mabanckou

Petit Piment

petit pimentUn orphelinat près de Pointe Noire. Aussitôt né, Piment est déposé à la porte de l’orphelinat. Il s’y fait un ami Bonaventure Kolsolo qui, lui, attend que s amère vienne le chercher.
Vie d’un orphelinat avec les élèves dominants qui exercent leur autorité sur les condisciples ; le directeur cruel et caméléon.
Eclate la révolution socialiste qui bouleverse la vie. Le personnel ancien quitte l’établissement et arrivent les nouveaux : le directeur se sent remis en question en haut lieu.
L’enfant Petit Piment s’enfuit avec d’autres mais laisse son ami…
Après bien des vicissitudes, il se trouve une maman, mère maquerelle : maman Fiat 500 et ses dix « filles ». Dix ans de vie heureuse et équilibrée ( mais oui!) pour Petit Piment. Malheureusement, tout a une fin.
Description de la vie africaine, de ses spécificités, domination blanche, misère des enfants, des jeunes.
Le ton n’est pas misérabiliste mais humoristique, le constat lugubre.
L’humour, léger, grinçant ; lucidité, descriptions « en toute naïveté » où la cruauté est mise en évidence

les lectures de mars d’Annette

La carte de Mendelssohn de Diane Meur

la carte des MendelssohnLa base du livre : le grand-père de Félix Mendelssohn, Moses Mendelssohn, le philosophe.

A partir de ce personnage, l’auteur fera des recherches sur toute la famille, les descendants jusqu’à nos jours. Elle arrivera à une généalogie complexe, comptant plus de 200 noms avec les pièces rapportées, les mariages consanguins. Nous participons à ses recherches, ses enthousiasmes, ses lassitudes.Félix et Fanny sortent à peine de la multitude. Un embryon de la carte nous aide. Nous avançons dans le livre en même temps qu’elle. Peut-être?  les amateurs de généalogie y trouveront-ils plus de plaisir que moi.

 

 

2084, la fin du monde de Boualem Sansal

Bien sûr ce titre fait penser à 1984 de George Orwell : l’auteur y compte bien.

L’Abistan, pays au peuple soumis à une religion autoritaire, unique, éternelle. La liberté, mot inconnu des habitants. Le vocabulaire de leur langue, très pauvre, n’incite pas à la pensée autonome ( euphémisme…). Les Abistanais ne 2084 la fin du monde_connaissent ni l’histoire, ni la géographie, ni la science, ni aucune culture.Ils sont confinés dans leur quartier sans pouvoir soupçonner un ailleurs différent. L’ailleurs connu est répréhensible, maudit.

Ati, tuberculeux, a pû connaître autre chose. Il a été guéri, chose rare,et  est revenu parmi les bien portants. Mais il a vu autre chose. De « mauvaises pensées » l’habitent . La description de cet univers clos  ainsi que la vie qui s’y déroule est étouffante, angoissante. La religion, l’obéissance ou la mort. J’ai bien dit la religion et non pas une religion particulièrement. Parodie qui nous parle directement si l’on se réfère aux évènements actuels. Et c’est bien le but de l’auteur.

La liberté, elle n’est pas donnée, elle se conquiert, parfois au prix fort, elle se cultive, elle est un combat de tous les instants.

 

les lectures de Février

Par une nuit obscure , je sortis de ma maison tranquille

de Peter Handke

par une nuit obscureLe pharmacien de Taxham raconte au narrateur son voyage.
Fâché avec son fils qu’il a chassé ? Pour avoir commis un vol, séparé de sa femme mais vivant sous le même toit.
Sa femme est partie pour l’été, alors « par une nuit obscure, je sortis de ma maison tranquille ».Il part en voyage et conte ses péripéties de manière très onirique. Minutie des descriptions. Reflets des états d’âme. Période de mutisme, puis vers la fin, il prend le chemin de retour pour reprendre sa pharmacie, et le métier exercé de père en fils(ou en fille). Un vrai clan de pharmaciens.
Atmosphère lourde, même dans une fête. A mon avis, ce livre se rapproche de ce qui est appelé  «nouveau roman » avec tout ce que cela comporte de « statisme », d’obsession…

Surtout prendre son temps pour livre ce livre sans se fixer sur ce qui peut déranger. Cela fait partie des aléas de la lecture sans donner à cela un aspect négatif. Ne pas lire pour le plaisir de l’action car ce livre a une aspect très statique.

Mais quelle écriture ! Elle m’a donné le plaisir de la lecture.

les lectures de Janvier 2016

« La confrérie des chasseurs de livres »

de Raphaël Jerusalmy

conf chas têtes_Un roman d’espionnage au Moyen-Âge. Personnage principal : François Villon.
Raphaël Jerusalmy imagine la vie du poète après sa disparition. Son compagnon d’infortune, Colin, est à ses côtés.
Quelle truculence ! Quel style !
Beaucoup de descriptions ; elles créent une atmosphère : des geôles de l’Inquisition avec quelques descriptions de tortures ( toujours discrètes pour ne pas heurter nos sensibilités exacerbées d’humains du XXIème siècle) au Palais Royal.
Ce roman nous entraîne jusqu’à Jerusalem, y compris dans ses bas-fonds. Le personnage principal, ai-je dit est François Villon, plutôt le « livre » dans toutes les acceptions du terme, y compris en songeant à la Bible. François est conduit dans des prisons, des caves , des monastères, des déserts, accompagné de religieux de toutes croyances.
Il trouvera Aïcha, sa perle…
Vous ai-je suffisamment alléché ? Partagerez-vous la délectation qui fut la mienne à la lecture de ce livre ?
Humour, beauté de l’écriture, inventivité …et référence à François Villon.

« Sauvez Mozart : journal d’Otto Steiner »

de Raphaël Jerusalmy

(Juillet 1939-août 1940) Malade tuberculeux, O. Steiner séjourne dans un sanatorium. Il mourra des peu de temps.
save moz_C’est la période glorieuse d’A. Hitler, de l’extermination des juifs, etc…
Steiner, un juif ? Un peu, en tous cas très solitaire, politisé.
Un humour glaçant, grinçant parcourt le livre entier, en fait aussi l’intérêt.
Steiner n’aime que la musique. Hitler et ses sbires, des rustres, des assassins. Insupportable(s)..
Sa tentative d’assassinat, qu’il mène à bien, ne réussit pourtant pas : tout est truqué.
Mais il sauve tout de même Mozart.

Conseil :lisez ce livre-ci avant « la confrérie des chasseurs de livres » si vous avez le projet de lire les deux. J’ai fait le contraire et j’ai mis longtemps avant d’apprécier celui-ci à sa juste valeur.