Réflexions d’un été par M RIO

                                                           Réflexions d’un été

            Au moment de mettre sur le papier quelques réflexions qu’on est convenu de dire philosophiques , je crains de n’exprimer que des banalités. Les vrais philosophes ne semblent pas avoir ce souci ; ils savent introduire dans leur expression suffisamment d’abstraction pour obscurcir ce qui pourrait être trop clair. Je viens justement de lire le récent ouvrage de Luc Ferry : Apprendre à vivre. Il s’efforce d’y présenter l’évolution et l’état actuel de la philosophie sans jargon. On peut en retenir que la philosophie a renoncé à expliquer le monde, la vie et la pensée au profit des astronomes, des physiciens et des biologistes, plus qualifiés. Il reconnaît aussi qu’une loi morale « tombée du ciel » ou déduite de grands principes est de plus Lire la suite

LA SUBSTANCE DE L’ESPRIT par M RIO

                                  LA SUBSTANCE DE L’ESPRIT

 

 

            Dans son ouvrage « Comment Jésus est devenu dieu », Frédéric Lenoir raconte les longues querelles qui ont opposé les différents  fondateurs du christianisme. Pour tous, Jésus est homme mais aussi dieu. Comment concilier ses deux natures ? Est-il soumis à son père ou son égal ? Pour le Saint-Esprit, représenté par une colombe et non par une forme humaine, il a suscité beaucoup moins Lire la suite

OÙ ALLONS-NOUS ?

                                               OÙ ALLONS-NOUS ?

 

            L’électricité au XVII ème siècle, c’était un bâton de résine ou une baguette de verre qu’on frottait sur une peau de chat et qui attirait la poussière et des petits morceaux de papier. Versailles s’éclairait aux chandelles ; les médecins de Molière saignaient et purgeaient, les voyageurs et les nouvelles allaient à la vitesse des chevaux,  et personne ne  pouvait imaginer ce que seraient l’éclairage et la médecine, les transports et l’information plus de trois siècles plus tard. On peut se poser la question aujourd’hui : où en seront nos successeurs dans trois siècles.  Lire la suite

D’où venons-nous ? par M RIO

D’où venons-nous ?

Réflexions d’un soir de Noël.

 

S’il n’y avait rien, il n’y aurait personne pour le constater, mais il se trouve que nous sommes là, sur la Terre. Comment ? Pourquoi ? Les petits enfants ne cessent d’interpeller les grands avec des Pourquoi, mais ils ne sont pas exigeants sur les Parce que. Le moindre, le premier venu, peut faire l’affaire. D’où viennent les cadeaux ? c’est le Père Noël, qui est descendu par la cheminée, dans des millions de cheminées pour des millions d’enfants en même temps.
Lire la suite

SEULS DANS L’UNIVERS ? par M André RIO

 

M André RIO
M André RIO

SEULS DANS  L’UNIVERS ?

Sommes- nous seuls dans l’Univers, seuls êtres vivants, seuls êtres pensante ? Notre histoire nous apprend tous les aléas par lesquels nous sommes passés pour aboutir à notre situation actuelle.

La matière de la vie.

La première apparition de la matière qui constitue tout ce qui vit remonte à l’origine de l’Univers. Dans les minutes qui suivent le Big-Bang, il y a environ 13,7 milliards d’années, apparaissent l’hydrogène, puis le deutérium, l’hélium et un peu de lithium. Ensuite, il ne se crée plus rien pendant quelque 200 millions d’années, quand se forment Lire la suite

Les confessions du Grand Architecte par M André RIO

Les confessions du Grand Architecte

M RIO
M RIO

par André RIO

1) Les hommes et Moi.

Aussi longtemps qu’ils ont cru que la Terre était le centre du Monde, et qu’elle avait été aménagée spécialement pour eux, ils ont été persuadés qu’ils étaient mon principal souci et que je ne pouvais manquer d’intervenir constamment dans leurs affaires en aidant l’un, en abandonnant l’autre, en leur imposant des commandements et finalement en les jugeant. Il leur fallait bien constater qu’il n’y avait aucun semblant de cohérence dans les desseins qu’ils m’attribuaient et que mes voies étaient impénétrables.
Lire la suite

LA GUERRE SAINTE

LA GUERRE SAINTE

 

M RIO
M RIO

Il était une fois une très vieille entreprise qui fabriquait toutes sortes de remèdes, et elle était si ancienne et si respectable que presque tout le monde lui faisait confiance, tellement qu’on pouvait s’étonner qu’il y eut encore des malades incurables, tant ses panacées étaient efficaces et sans danger. Cependant, il arriva un jour que de nouvelles venues osèrent la concurrencer. Par modestie, elles ne prétendaient pas tout guérir, mais elles se vantaient d’utiliser des pratiques nouvelles et d’obtenir des substances plus pures.

Il est vrai que la vieille entreprise n’était pas très rigoureuse là dessus. Dans ses alambics et ses chaudrons elle savait fabriquer une quantité prodigieuse de mixtures diverses, souvent très compliquées, que ses nouvelles rivales étaient incapables de reproduire, mais elle n’était pas très experte dans l’art de les purifier, et, d’une fois à l’autre, selon le temps, l’humeur du moment, un rien, elle obtenait des mélanges où l’on pouvait trouver un peu plus de ceci, un peu moins de cela, ou même plus grand chose de bon. Lire la suite

Que sais-je ?

Que sais-je ?

 

M RIO
M RIO

Très tôt, j’ai répudié les mythes qu’on avait imposés à mon enfance, n’y trouvant que naïveté et incohérence, fétichisme et asservissement. J’attendais de la philosophie une révélation ; j’ai été déçu par sa suffisance et son verbiage obscur qui masque généralement son inanité, mais j’y ai trouvé le goût de l’analyse des idées et du sens des mots. J’étais surtout attiré par les sciences, qui, elles, ne m’ont pas déçu. A la fin de mon adolescence, les sciences de la vie étaient surtout descriptives : botanique et zoologie Lire la suite

La mémoire d’un philosophe.

La mémoire d’un philosophe.

 

 

M RIO
M RIO

Je reçois de temps en temps la revue d’un organisme universitaire où j’ai enseigné autrefois la chimie macromoléculaire, dans un institut qui formait des ingénieurs chimistes et physiciens. J’y ai connu des physiciens, des chimistes, des biologistes, des botanistes, des géologues, mais aussi des théologiens et des philosophes qui remplissent cette revue d’articles généralement à peu près illisibles à force d’abstraction. Cette fois, c’est un philosophe qui a entrepris de traiter de la mémoire et de l’oubli. D’un philosophe il ne fallait évidemment pas attendre un exposé technique sur le fonctionnement du cerveau, mais des considérations plus générales inspirées des connaissances actuelles.
Lire la suite

Les philosophes grecs et la science moderne.

Les philosophes grecs et la science moderne.

Le miracle grec, c’est l’apparition de la logique, de la pensée rationnelle inspirée par la géométrie. Les penseurs grecs, dont beaucoup étaient géomètres, ont tenté de l’appliquer au monde réel. Cependant, la réalité concrète n’est

M RIO
M RIO

pas rigoureusement définie comme le sont les objets mathématiques. Appliquant l’apparence d’un raisonnement rigoureux à des idées qui leur étaient chères, le beau, le bien, le juste, le vrai, qui ne se laissent pas traiter comme des cercles et des triangles, idées approximatives et souvent subjectives, c’était s’engager dans des discussions infinies où chacun défendait ses préférences personnelles. Ces discussions faisaient leurs délices.

Qu’ont-ils apporté à la connaissance en dehors de la géométrie ? Sans doute, comme Aristote, ils savaient observer, mais les conclusions, les interprétations qu’ils en tiraient leur suffisaient, et ils n’éprouvaient pas le besoin de les confirmer par une expérimentation rigoureuse, d’autant qu’ils avaient un grand mépris pour les techniques et les pratiques manuelles. On leur doit toutefois la première estimation précise de la forme et des dimensions de la Terre.

La science moderne leur doit-elle aussi les notions d’élément et d’atome qu’ils ont apportés? Il n’en est rien ; seuls les mots ont été conservés. Leurs éléments n’étaient que le symbole des différents états de la matière, solide, liquide, peut-être gazeux, bien qu’ils n’aient sans doute pas eu une notion très nette de ce qu’était l’air, qui ne se manifestait à eux que par le souffle du vent ou de la respiration.

Pour nous, ni l’air, ni l’eau ni la terre ne sont plus des éléments, mais des mélanges ou des combinaisons d’éléments, le feu pas davantage, qui n’est que de la matière échauffée par la combustion, et nos éléments, plus d’une centaine, des associations , selon des règles très précises, de trois particules élémentaires, électron, proton et neutron.

Les atomes de Démocrite, d’Epicure et de Lucrèce ne sont qu’une spéculation, et ce n’est qu’au début du XIXème siècle qu’on aura de nos atomes la première approche expérimentale, et à celui du XXème une confirmation définitive.

Après les Grecs, il a fallu attendre longtemps avant que réapparaissent en Occident autant d’esprits aussi brillants et que des progrès décisifs soient possibles. C’est seulement au début du XVIIème siècle qu’est apparue la méthode expérimentale, base de la science moderne, dialogue permanent entre théorie et expérimentation. Elle ne s’est imposée que progressivement : lois de Kepler, étude de la chute des corps et du mouvement du pendule par Galilée, hydrostatique de Pascal, optique des miroirs et des lentilles. Elle a aussi des ratés : Descartes, grand mathématicien, prend souvent ses cogitations pour des réalités en physique et en biologie ; il s’affranchit bien vite des règles rigoureuses qu’il s’est imposées, et son disciple Spinoza démontre péremptoirement que les atomes ne peuvent pas exister. Le grand Newton lui même, qui domine de très loin ses contemporains, s’embourbe dans l’alchimie.

Il faudra la fin du XVIIIème siècle pour que la méthode expérimentale fonctionne pleinement. Des professionnels succèdent aux amateurs. L’électricité, le magnétisme, la chimie prennent forme, c’est le départ d’un extraordinaire développement des connaissances qui se poursuit et s’accélère encore aujourd’hui, tandis que la philosophie, qui englobait autrefois toutes les sciences, et qui a du leur céder leur autonomie, ne se réduit trop souvent qu’à un verbiage stérile.

Qu’en auraient pensé nos philosophes grecs ?

Modestes propositions pour une vie plus naturelle.

Modestes propositions pour une vie plus naturelle.

M RIO
M RIO

Les défenseurs de la nature se sont inquiétés récemment du projet d’abattre quelques loups dans les Alpes. Comment accepter en effet que la vie d’un loup , magnifique animal sauvage, soit mise en balance avec celle de quelques centaines ou quelques milliers de moutons, animaux dégénérés, presque des clones, création factice des bergers, organismes génétiquement modifiés, non pas sans doute par les abominables techniques récentes, mais par une sélection artificielle millénaire à peine plus recommandable, des bêtes qui ne saurait subsister à l’état sauvage.

Si le loup est actuellement protégé, il n’en a pas toujours été de même. Des siècles de persécutions barbares avaient fini par en venir à bout en France jusqu’à sa réapparition récente. Mais à côté des loups, que d’espèces menacées : si les animaux favoris du public comme les oiseaux, les mammifères marins et les poissons exotiques, excitent des sentiments favorables, que d’espèces sont juste tolérées ou franchement détestées. Qui s’inquiète pour les vipères, pourtant légalement protégées ; et les crapauds, les moustiques, les araignées, les mouches tsé-tsé, les scorpions, les sauterelles africaines, les puces et les poux. ?

Pire encore : qui défend des créatures encore plus modestes et discrètes, les bactéries et les virus ? Contre eux, aucun scrupule, c’est le génocide organisé. On a éradiqué le virus de la variole ; celui de la poliomyélite est gravement menacé, celui du sida traqué. Contre le bacille de Koch, celui de la lèpre et tant d’autres, c’est la guerre ouverte .

Et l’homme, qui mène ces combats, doit-il vivre aux dépens de toutes les autres espèces ? Sans doute, il peut se protéger, mais à condition de ne pas se considérer comme privilégié. Aucune épidémie ne l’a éradiqué ; il est donc en mesure de se défendre naturellement, et il doit donc laisser se rétablir un équilibre entre lui et toutes les autres formes de vie, et dans ce but revenir à une vie plus naturelle.

D’abord, ne pas chercher à subsister dans les régions où il ne peut survivre qu’à coups d’artifices : sans vêtements, il ne peut se maintenir dans les zones froides ou dans l’hiver des zones tempérées. Qu’il retourne là où il est apparu , dans les climats tropicaux et équatoriaux, et qu’il laisse les autres aux animaux à plumes ou à fourrures qui y vivent normalement. Qu’il renonce à toutes les techniques superflues qui n’ont pour résultat que de faire subsister des individus inadaptés aux dépens de l’environnement : plus d’ordinateurs ni de moulins à vent. Qu’il ne se nourrisse que de cueillette, en ne prélevant que le strict nécessaire à sa survie. Qu’il se serve de bâtons ou de pierres ramassées, soit, mais en se gardant bien de les tailler. Qu’il renonce au feu, sauf si un incendie spontané met à sa disposition des animaux surpris par les flammes et encore comestibles. Alors, et alors seulement, il pourra prétendre vivre de façon naturelle.

Quelles conséquences aurait pour l’humanité un retour à la nature ? Sans doute une réduction sensible des populations, mais leur expansion actuelle conduit irrémédiablement à une catastrophe écologique pire que tous les fléaux que les hommes ont connu jusqu’ici : guerres, famines, épidémies, fanatismes religieux, et maintenant déforestation, pollution, désertification, persécutions de toutes sortes, épuisement des ressources naturelles, perturbation du climat.

On peut objecter que le retour à une vie tout à fait naturelle ramènerait l’humanité au rang des bêtes sauvages. Il n’en est rien, car elle conserverait ce qui fait sa spécificité : un cerveau performant modelé par l’évolution. Mais à quoi lui servirait ce cerveau s’il s’interdit toute action perturbant si peu que ce soit la nature ? Plus de livres, plus d’instruments de musique, plus d’arts plastiques, plus de sciences expérimentales. Il lui resterait ce que spontanément il préfère : jouer, se battre, rêver, imaginer sans contraintes, inventer des rites, des idoles et des amulettes, des dieux, des esprits, des croyances, des pouvoirs imaginaires, proclamer des jugements sur toute chose, fondés sur son intime conviction.

Mais ne rêvons pas : les plus ardents défenseurs de la nature n’oseraient pas aller jusque là : trop heureux de leur confort, de leur santé préservée par des vaccins et des médicaments de synthèse, du pouvoir qu’ils ont de se faire entendre et approuver partout grâce aux techniques les plus récentes, cela vaut bien quelques accommodements. Mais si leurs programmes et leurs projets sont irréalisables, laissons leur, à eux aussi, le droit de rêver.

Quant à ceux qui ne se font pas une religion de défendre une nature idéalisée, mais qui s’en préoccupent cependant sérieusement et cherchent des solutions concrètes, ils doivent se contenter de compromis.

ADRESSE AUX LITTERAIRES PURS ET DURS

AUX LITTERAIRES PURS ET DURS

M RIO
M RIO

qui ne veulent pas entendre parler de sciences

Vous n’aimez pas les sciences, et vous êtes bien excusables, car vous avez gardé un mauvais souvenir de l’enseignement secondaire, qui donne les bases pour faire des scientifiques, mais en laisse aux autres une idée fausse et rébarbative, comme si en littérature on ne considérait dans un texte que l’orthographe et la grammaire.
Vous n’aimez pas les mathématiques, leur abstraction et leur rigueur impitoyable, et votre aversion s’étend naturellement aux formules de la physique et de la chimie, mais derrière ces formules il y a toujours des idées que vous pourrez comprendre si vous daignez vous les faire expliquer. Votre répugnance s’étend-t-elle aussi aux sciences de la vie, dont une bonne partie n’utilise pas de formules ?
Vous êtes cependant curieux de comprendre le monde, la vie et la pensée, et vous préférez les philosophes qui eux aussi s’y sont attachés, mais s’il n’y avait pas eu les scientifiques on croirait encore :
Aux 4 éléments d’Aristote, qui ne sont justement pas des éléments.
A la Terre immobile au centre du monde.
A Spinoza, qui a démontré de façon péremptoire que les atomes n’existent pas.
A la médecine d’Hippocrate et de Galien, avec ses humeurs, mais qui ignore la circulation du sang, les microbes, les antibiotiques et les médicaments de synthèse que vous utilisez.
Comme Heidegger, qui lui aussi n’aimait pas les sciences, vous croyez peut-être que la science ne pense pas. L’histoire des sciences prouve largement le contraire : non seulement les scientifiques pensent, et leur pensée est bien plus claire, cohérente et constructive que celle des philosophes, mais ils se font leur propre philosophie des sciences de leur domaine où les philosophes s’empêtrent, et leurs idées progressent avec le progrès des connaissances :
Connaissance de l’Univers, de son origine, de son histoire.
Exploration des planètes du système solaire et de leurs satellites
Compréhension des mécanismes fondamentaux de la vie avec le rôle des acides nucléiques, supports de l’hérédité, programme spécifique des espèces.
Exploration du cerveau et de son fonctionnement : un cerveau est une espèce d’ordinateur chimique, mais beaucoup plus souple qu’un ordinateur électronique, ce qui lui permet de reconnaître immédiatement un visage et de comprendre ce qu’il lit.
A côté de toutes ces découvertes, l’imagination est une pauvresse, y compris celle des auteurs de science-fiction.

La science est elle matérialiste ? Qu’en est-il de la matière et de l’esprit ? Par un curieux retournement des idées, la matière , étudiée dans ses ultimes constituants , n’est plus qu’une abstraction, une vibration du vide, alors que votre pensée la plus éthérée, vos émotions, sont l’effet de l’activité de vos neurones, des charges électriques et des neurotransmetteurs qu’ils renferment—des produits chimiques, quelle horreur !

Autant que les arts et les lettres, la science aussi est une culture, une activité de l’esprit. Comment l’avenir jugera-t-il le vingtième siècle ? Le dix septième a été l’apogée du classicisme, le dix huitième celui des lumières, le dix neuvième celui du romantisme, puis du réalisme, et le début d’une prodigieuse épopée scientifique.
Le vingtième se caractérise dans les arts par un affranchissement de toute règle, pour le meilleur ou pour le pire, mais dans les sciences c’est une extraordinaire explosion des connaissances qui se produit. Plus que les arts, plus que son histoire souvent atroce, c’est probablement ce qui le marquera le plus pour nos lointains successeurs.
Voulez-vous ignorer cet acquis ou le tenir pour négligeable, vous qui en utilisez tous les jours les retombées : les transports, l’électronique, la médecine ? Vous pouvez très bien laisser la technique aux techniciens, mais les idées et les connaissances fondamentales ?
Si vous ne voulez pas rester dans l’ignorance, essayez de surmonter votre répugnance, vous ne le regretterez sûrement pas, mais, si je ne vous ai pas convaincu, faites comme il vous plaira.

L’HOMME,UN ANIMAL RAISONNABLE ?

M RIO
M RIO

L’HOMME,UN ANIMAL RAISONNABLE ?

L’homme est- il un animal raisonnable ? Un animal, sans doute, héritier par son corps, ses organes, son cerveau, de toutes les espèces qui l’ont précédé depuis l’origine de la vie. Il voit, il entend, il sent, il marche et il court, mais ses performances sont assez modestes, d’autres animaux font beaucoup mieux. S’il sait nager, il ne peut pas rester très longtemps dans l’eau, et il peine à grimper aux arbres.
Cependant, il a appris depuis longtemps à semer et à récolter, à domestiquer des animaux rendus dociles. Il a édifié des temples, des palais, construit des navires. Plus récemment, il a fabriqué des machines volantes, il a inventé l’électronique et l’informatique. Il est allé sur la Lune et au fond des océans et a déchiffré les mécanismes fondamentaux de la vie. Tout cela grâce à la raison ? Est-il raisonnable ou raisonneur ?
Les auteurs anciens ont sous-estimé l’importance du cerveau considéré comme un organe subalterne. Ils étaient persuadés que la pensée, la conscience, étaient des phénomènes immatériels, que si l’âme est rattachée au corps elle peut s’en dégager et avoir une vie autonome plus heureuse, qu’elle seule réfléchit, décide, est douée de raison, c’est à dire qu’elle sait déduire les conséquences logiques de données préalables. Malheureusement, on peut raisonnes juste sur des idées fausses. C’est ainsi que sont nées des sciences aujourd’hui caduques : les astronomes n’ont que faire de l’astrologie, les chimistes de l’alchimie, les physiciens de la métaphysique, et les théologies ne reposent que sur des mythes. Comment la raison s’est elle ainsi égarée ?
Au départ, il y a donc eu des idées fausses ou trop simplistes : la Terre immobile au centre du Monde, le ciel tout près, immatériel, et l’homme but ultime de la création. Des notions floues, subjectives, comme le vrai, le beau, le bien, le juste et leurs contraires- le bien de l’un peut être le mal de l’autre- l’ignorance du monde microscopique qui conditionne le monde visible, l’intime conviction considérée comme source de la connaissance, et une apparence de logique conduisant à l’erreur.
Peut-on cependant raisonner juste ? oui sans doute dans des domaines où tout est parfaitement défini comme en géométrie. Dans les choses concrètes, le raisonnement est beaucoup moins créatif et moins efficace que l’intuition et l’imagination , si elles ont sévèrement contrôlées. Le contact avec la réalité matérielle est plus enrichissant que de vaines spéculations : les sciences expérimentales sont bâties sur des grandeurs mesurables : masse, longueur, temps …ce qui leur confère toute leur efficacité.
Dans le même temps où les philosophes du passé accumulaient erreurs et non-sens, les hommes de métier créaient et perfectionnaient des techniques de plus en plus efficaces, avant même que les sciences expérimentales bouleversent les connaissances. Ils créaient des merveilles d’architecture, de peinture, de sculpture pour glorifier des mythes, mai aussi des armes pour tuer et faire des guerres où personne ne gagnait.
Vrai et faux s’entremêlent. Nous vivons dans un océan d’idées fausses et de préjugés, les uns anciens, d’autres apparus en opposition aux nouvelles conditions d’existence, produits nouveaux, techniques nouvelles mœurs nouvelles. Sont-ils indéracinables ? Le cerveau est programmé pour la survie de l’individu et de l’espèce. Avant d’agir, il tient compte de la situation et réfléchit, mais pas toujours. Les animaux aussi ont du bon sens. Ils n’ont pas inventé la machine à vapeur, fierté du dix neuvième siècle, mais ce ne sont pas des automates et ils agissent selon les circonstances.
Où est l’animal raisonnable quand un seul coup de pied dans un ballon soulève l’enthousiasme d’une foule en délire et plonge les autres dans un profond désespoir ?