Génération 1898 en littérature par Andrée PORTE

Generacion del 98, un  âge d’or en littérature

par Andrée Porté

pdf plan complet de la conférence Génération de 1898 d’Andrée Porté

Voir infra

pdf CR Generacion del 1898

Le siècle d’or en Espagne fait référence au XVIIème siècle qui a produit des Cervantès, Lope de Vega, Le Greco, Velasquez, Murillo,etc

A) le Contexte historique

Bataille navale de Manille 1898

Un XIXème siècle espagnol sous le signe d’une grande instabilité politique
1808 occupation de Madrid par Napoléon qui installe son frère comme roi
1812 guerre d’indépendance
1823 Louis XIII envoie la Sainte Alliance rétablir l’absolutisme en Espagne
1833 Guerres de succession pour le trône : guerres carlistes
1873 Proclamation de la 1ère République espagnole
1874 restauration des Bourbons dans une Monarchie constitutionnelle
1898 la guerre hispano-américaine , (« Desastre del 98 »), conflit armé d’avril à août 1898 entre les U.S.A.et l’Espagne, aboutit à l’indépendance de Cuba en 1901, et à la prise de contrôle d’anciennes colonies espagnoles dans les Caraïbes et l’océan Pacifique par les États-Unis. Les U.S.A. en cours d’accession au 1er rang mondial sur le plan économique, prenaient place dans le cercle étroit des grandes puissances politiques de la planète

Pour l’opinion publique espagnole, le choc est terrible . L’Espagne se rend  soudainement compte qu’elle n’est plus ce qu’elle fut…Elle est, à l’aube du XXème siècle un pays à la traine en Europe:

  • taux d’analphabétisme : 65%
  • 2/3 de la population dans le secteur primaire
  • des techniques agricoles primitives et inefficaces notamment en Andalousie, en Extrémadure et dans la Mancha
  • 50% des terres cultivables en friches (réserves de chasse, latifundisme)
  • une industrie balbutiante ( Catalogne  : textile et Pays Basque : sidérurgie)
  • une pauvreté endémique qui fat émigrer les espagnols vers le Nouveau Monde

B) La Génération de 1898 (les écrivains)

De ce choc émerge une nouvelle génération d’intellectuels déterminée à comprendre les racines de ce désastre national, et d’y apporter des solutions. Parmi ceux-ci : Pío Baroja, Antonio Machado, José Martínez Ruiz (Azorín) et surtout Miguel de Unamuno.
Sans faire partie d’un mouvement ou d’une école, ces auteurs qui n’ont pas eu conscience de faire partie d’une génération (le terme de generacion del 1898 viendra plus tard) partagent  certains traits communs . 
– ils sont pénétrés par le sentiment de déclin de l’Espagne et ils sont marqués par une profonde inquiétude quant à l’avenir de leur pays .

-Ils rejettent la société de la Restauration espagnole : médiocre, frivole et impuissante.
À cette société mondaine, ces auteurs préfèrent « l’Espagne réelle », austère et misérable, : la vieille Castille comme exemple
– ils ont été influencés par certains penseurs étrangers. Nietzsche pour Azorín et Unamuno. Bergson pour Antonio Machado.

UNAMUNO Miguel de (1864-1936), le plus célèbre penseur de la Génération 1898

Pour répondre à la décadence marquée de l’Espagne qu’il constate, , ses positions évoluent au fil de sa vie
Dans sa jeunesse, il partage la volonté d’une européanisation de l’Espagne en affichant des opinions rationalistes et favorables au socialisme.Puis de plus en plus critique vis-à-vis du monde moderne, Unamuno en vient finalement à défendre certaines valeurs traditionnelles de l’Espagne, en matière religieuse notamment, et à dénoncer les influences philosophiques et politiques extérieures .
son esprit, sa pensée : angoisse, solitude, vérité et pureté
son œuvre : « Vie de Don Quichotte et Sancho Pança » en 1905, « L’essence de l’Espagne » en 1918, « L’agonie du Christianisme »,  « Sentimientos Tragico de la vida »qui anticipe les réflexions et les thèmes basiques de l’existentialisme , « Paix dans la guerre » en 1902, « Abel Sanchez » en 1917

2   MACHADO Antonio (1875-1939), poète né à Séville, professeur de littérature française

Campagnes de Castille (Campos de Castilla) regroupe des poèmes écrits entre 1907 et 1912 à Soria.
Ils célèbrent l’âpreté de la Castille, une région pauvre, au climat rude et aux habitants rustiques et sévères mais dont les paysages magnifiques sont de nature à inspirer le poète et à alimenter une vie spirituelle intense. Machado y souligne le contraste entre la réalité misérable de la Castille de son temps et son histoire glorieuse. La vieille province est ainsi très représentative du déclin espagnol et, à travers elle, le poète peut dénoncer certains problèmes sociaux de son époque.

Autres œuvres : « Nuevas canciones en 1904 »,« Solitudes » en 1907, « Chants du Haut Duero » en 1908 et « Poésie de la guerre » entre 1936 et 1939

3 AZORIN, José Martine Ruiz dit

œuvre : « Don Juan » en1922  « La route de Don Quichotte » en 1905 , « Espagne » en 1909

4 BAROJA Pio (1872-1957)

son œuvre se caractérise par un scepticisme critique, débarassé de toute rhétorique : « la lucha por la vida » en 1904, « Zalacaïn l’aventurier » , « La maison Aizgorri » en 1900

5 VALLE-INCLAN Ramon del (1869-1936)

Romancier
œuvre : « le marquis de Bradomin » , « Tirano Banderas » en 1926
Son œuvre a influencé Carpentier, Cortazar, Asturias, Garcia-Marquez, Vargas Llosa

6 ORTEGA y GASSET José (1883-1955)

Pilier du groupe 98, professeur à l’Université de Madrid, fondateur de la revue Occident, philosophe et essayiste
œUVRE / « méditation du Quichotte » en 1914, « l’Espagne invertébrée » en 1922, « la déshumanisation de l’AArt » , « L ‘Histoire comme système »

7 MADARIAGA Salvador de (1886-1978)

galicien, diplomate, professeur à Oxford
œuvre : « Don Juan y la Don Juana », « la girafe sacrée » e, 1924, « camarada And » en 1954, « Déclin de l’Empire espagnol d’Amérique »

8 MAETZU Ramiro de (1875-1936)

œuvre : « la crise de l’humanité » en 1919, « hacia una otra Espana » en 1889, « Don Quichotte, Don Juna et la Célestine » en 1926, « Défense de l’hispanité » en 1931

Malgré leurs différences, les auteurs de la génération de 98 ont permis à l’Espagne de connaître une renaissance intellectuelle au moment où elle semblait sombrer et de faire rayonner, de manière inattendue, leur patrie « castillane ».

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Réf : CY-J2017XII07 gen98

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Vous êtes tous suspendus à ce que je vais dire. Tous vous me connaissez, vous savez que je suis incapable de garder le silence. En soixante treize ans de vie, je n’ai pas appris à le faire. Et je ne veux pas l’apprendre aujourd’hui. Se taire équivaut parfois à mentir, car le silence peut s’interpréter comme un acquiescement. Je ne saurais survivre à un divorce entre ma parole et ma conscience qui ont toujours fait un excellent ménage. Je serai bref. La vérité est davantage vraie quand elle se manifeste sans ornements et sans périphrases inutiles. Je souhaite faire un commentaire au discours, pour lui donner un nom, du général Millan Astray, présent parmi nous. Laissons de côté l’injure personnelle d’une explosion d’invectives contre basques et catalans. Je suis né à

Viva la muerte

Bilbao au milieu des bombardements de la seconde guerre carliste. Plus tard, j’ai épousé cette ville de Salamanque, tant aimée de moi, sans jamais oublier ma ville natale. L’évêque, qu’il le veuille ou non, est catalan, né à Barcelone. On a parlé de guerre internationale en défense de la civilisation chrétienne, il m’est arrivé jadis de m’exprimer de la sorte. Mais non, notre guerre n’est qu’une guerre incivile. Vaincre n’est pas convaincre, et il s’agit d’abord de convaincre ; or, la haine qui ne fait pas toute sa place à la compassion est incapable de convaincre…On a parlé également des basques et des catalans en les traitant d’anti-Espagne ; eh bien, ils peuvent avec autant de raison dire la même chose de nous. Et voici monseigneur l’évêque, un catalan, pour vous apprendre la doctrine chrétienne que vous refusez de connaître, et moi, un Basque, j’ai passé ma vie à vous enseigner l’espagnol que vous ignorez. (Premières interruptions, « Viva la muerte ! » etc)Je viens d’entendre le cri nécrophile « Vive la mort » qui sonne à mes oreilles comme «A mort la vie ! » Et moi qui ai passé ma vie à forger des paradoxes qui mécontentaient tous ceux qui ne les comprenaient pas, je dois vous dire avec toute l’autorité dont je jouis en la matière que je trouve répugnant ce paradoxe ridicule. Et puisqu’il s’adressait au dernier orateur avec la volonté de lui rendre hommage, je veux croire que ce paradoxe lui était destiné, certes de façon tortueuse et indirecte, témoignant ainsi qu’il est lui-même un symbole de la Mort. Une chose encore. Le généralMillan Astray est un invalide.
Inutile de baisser la voix pour le dire. Un invalide de guerre. Cervantès l’était aussi. Mais les extrêmes ne sauraient constituer la norme.Il y a aujourd’hui de plus en plus d’infirmes, hélas, et il y en aura de plus en plus si Dieu ne nous vient en aide. Je souffre à l’idée que le général Millan Astray puisse dicter les normes d’une psychologie des masses. Un invalide sans la grandeur spirituelle de Cervantès qui était un homme, non un surhomme, viril et complet malgré ses mutilations, un invalide dis-je, sans sa supériorité d’esprit, éprouve du soulagement en voyant augmenter autour de lui le nombre des mutilés. Le général Millan Astray ne fait pas partie des esprits éclairés, malgré son impopularité, ou peut-être, à cause justement de son impopularité.
Le général Millan Astray voudrait créer une nouvelle Espagne – une création négative sans doute- qui serait à son image. C’est pourquoi il la veut mutilée, ainsi qu’il le donne inconsciemment à entendre. (Nouvelles interruptions » A bas l’intelligence ! «etc.)Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. »

 propos de Miguel de UNAMUNO  relatés par Hugh Thomas, auteur de la Guerre d’Espagne

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UTL du Pays de Morlaix : Plan de Conférence par Andrée Porté

LE SIECLE D’OR

Repère historique : Fin de la dynastie des Habsbourg : Philippe III, Philippe IV, Charles II.
1700 : Philippe V (Bourbon)

I. LITTERATURE
1. Le Théâtre.
LOPE DE VEGA (1562-1635) : La « Comedia » différente du théâtre classique français, proche de Shakespeare. Prodigieuse fécondité « Font-aux-cabres » – l’auto sacramental.
CALDERON (1600-1681). Théâtre très construit. Honneur, foi, histoire, poétique, symbolique. « La vie est un songe » (drame philosophique- disponible en français)
TIRSO DE MOLINA (1584-1645) « El Burlador de Sévilla » : Don Juan. « Le trompeur de Séville ou l’invité de pierre » (disponible en français).
GUILLEN DE CASTRO (1569-1621) « La jeunesse du Cid »

2. Le Roman. Le picaro : antihéros débrouillard d’une société décadente.
CERVANTES (1547-1616) : Un des plus grands écrivains universels. « L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Mancha »(1605-1615) (Disponible en français) « Nouvelles exemplaires » dont le « Colloque des chiens » (disponible en français). Dramaturge et créateur du roman moderne

3. La Poésie
CONGORA (1561-1627) « Solitudes ». Baroque, cultéranisme.
QUEVEDO (1580-1645). « El Buscon ». baroque, conceptisme.

II. La PEINTURE
LE GRECO (1541-1616). Formes allongées et mouvantes ; couleurs basiques ; reflet de l’âme espagnole de son temps et très moderne. « Enterrement du comte d’Orgaz », « Saint Martin partageant son manteau », « Vue de Tolède ».
VELASQUEZ (1599-1660). Peintre majeur. « Les Ménines » (1656). Chef d’œuvre universel, un sommet. « La reddition de Breda », « Les fileuses ». Maître du rendu de l’espace, de la couleur ;portraitiste de la Cour et des Gueux. Œuvres « Philippe IV », « El Primo », « Le Christ en croix »…
RIBERA (1591-1652) : Le ténébrisme ; pas de crainte de la laideur. Vigueur et clarté. « Les martyres » (ex)
ZURBARAN (1598-1664). Réalisme religieux, mêlé de profane : « Les saintes », vigueur plastique.
MURILLO (1618-1682). Réalisme mais tendresse : « Le jeune mendiant », délicatesse. Pas de mièvrerie de ses « Immaculée Conception »

La génération de 98 en Littérature

UNAMUNO, Miguel de (1864-1936)

1. L’homme : Basque amoureux de la Castille – contre les dictateurs – sa protestation- sa mort.
2. Son esprit, sa pensée : angoisse, solitude, vérité et pureté « les Espagnes », le cœur : la Castille – le penseur.
3. Son œuvre : « Vie de Don Quichotte et Sancho Panza »(1905), « Le chevalier à la triste figure » (disponible en français). Après le commentateur, l’essayiste. « L’essence de l’Espagne » (1918) (le casticisme). « Andanza y visions espanolas » (1922) ; « Per tierras de Espana y Portugal » (1911). le pamphlétaire : « Contre ceci et cela », « L’agonie du Christianisme » : anecdote de l’Inquisition face au Christ. Le philosophe : « Le sentiment tragique de la vie », un existentialiste catholique ? L’espagnolité ou méthode espagnole pour retrouver l’universel dans le national. Le romancier : « Paix dans la guerre » (1902), « Abel Sanchez » (1917) (disponible en français), « Niebla »(avantgardiste-la nivola). Le poète : « Poésia », « sonnets ; « Le Christ de Vélasquez »(disponible en français). Le théâtre – le chroniqueur. L’homme intégral de la génération 98.
AZORIN, José Martinez Ruiz dit (1873-1967)
1. L’homme : Levantin d’où l’origine de son pseudonyme. Le chantre de la Castille. Sa vie : un réalisme élevé par l’esprit et la sensibilité- A Madrid- Le journalisme- l’érudit- une ligne politique incertaine.
2. L’écrivain : caractéristiques de son style détaillé et concis, langue pure.
3. Son œuvre : le romancier : des portraits et peu d’action. « Antonio Azorin » (1903) « Les confessions d’un petit philosophe » (1904), « Don Juan » (1922), « La volonté », « Dona Inès » (1925), « Surréalisme » (disponible en français), « Maria Fontan (1944) (disponible en français) ; L’homme de théâtre : sans succès. : L’essayiste : perfection de la langue, acuité du regard « la maximum dans le minimum » – son objet : la Castille – « Les villages » (1912) ; « La route de Don Quichotte » (1905) sur Cervantès – intérêt pour le Siècle d’Or. « Lectures espagnoles » (1911), « Clasicos y modernos », « clasicos redivivos » (ressuscités), « Clasiscos futuros », « Espagne » (1909 ; voit les problèmes de l’Espagne et son dynamisme latent.
Lecture en français puis espagnol d’une page de « Castilla ».
MACHADO, Antonio (1875-1939)
1. L’homme : C’est le poète, né à Séville ; docteur ès Lettres, professeur de Littérature française (1907-1936) presque entièrement en Castille dont il est tombé amoureux. Séjours à Paris – poésie profondément et authentiquement castillane – le Moncayo « Soria fria Soria pura » son second amour : sa femme. Il a pris parti pour la République ; 1939 : son exil, (lecture) ; sa mort à Collioure ; son « portrait par Antonio Otero Seco, ses frères Manuel et José.
2. Son œuvre : « Solitudes » (1907) « Galeries et autres poèmes »- « Champs de Castille » (1912) (disponible en français et anthologie dont « Campos de Sonia » et « la Terre d’Alvorgonzaloz »- « Nuevas Canciones (1904) ; « Chants du Haut Duero »(1938) – « Poésies de la guerre » (1936-1939) ; en prose : Maicena » (1936.
Lecture de « Palacio mon ami » notions de versification – «le lendemain éphémère »Caminante, no hay camino, andando se hace el camino )
BAROJA Pio (1872-1957),
1. Né à San-Sebastien a vécu, surtout, à Madrid (1936-1940) : réfugié en France, s’est frotté aux étrangers (lectures-voyages). Œuvre très abondante : c’est le narrateur.
2. Que partage-t-il avec les autres 98 ? un scepticisme critique ; non à la rhétorique, aux lieux communs. Il s’interroge sur l’Espagne et les espagnols – désir d’ouverture sur l’Europe – les classiques. ‘Peu ami de la grammaire’ un réalisme à la Dickens, c’est l’aventurier.
3. Son œuvre : « La lucha por la vida » (1904) « Zalacain l’aventurier » (disponibles en français) ; « La maison Aizgorri » (1900), « Sylvestre Parador », « Chemin de perfection », les bas-fonds de Madrid –
(Lecture)
VALLE-INCLAN Ramon Del (1869-1936)
Galicien – a voyagé (France-Mexique…) surtout romancier. D’abord l’Art pour l’Art puis le réalisme. Quatre sonates (une par saison). « Le marquis de Bradomin » (disponible en français), son double. « La guerre carliste » (1907) « Tirano Banderas » (1926). Théâtre : « Les comédies Barbares » ; l’Esperpento ; castillan pur et fort. Son réalisme poétique a influencé Carpentier, Cortazar, Asturias, Garcia-Marquez, Vargas Llosa.
MAETZU Ramiro de (1875-1936),
Né à Victoria, basque par son père, de ùère anglaise. Guerre à Cuba – quinze ans à Londres. Son œuvre : « La crise de l’humanité » (1919) « Hacia otra Espana « (1889) s’y montrait le défenseur de la génération 98. « Don Quichotte, Don Juan et la Célestine » (1926) l’éloigne de ses premières convictions ; Il prend le contre-pied « Défense de l’hispanité » (1931) Idées : fondement de l’idéologie phalangiste, base du franquisme – Victime des révolutionnaires, a-t-on dit..
ORTEGA Y GASSET José (1883-1955),
Né et mort à Madrid – pilier du groupe 98 – professeur à l’Université de Madrid – fondateur de la revue de l’Occident – philosophe et essayiste – critique érudit – influence de Kant – cinq ans en Allemagne – fin analyste de la psychologie espagnole « Méditation du Quichotte » ‘1914) « L’Espagne invertébrée » (1922) « La déshumanisation de l’Art » (disponibles en français) ; thèmes de notre temps sur le vitalisme, « la révolte des Masses », « L’histoire comme système ». Républicain exilé (1936-1945) – figure majeure, toujours admiré.
MADARIAGA Salvador de (1886-1978),
Galicien de la Corogne, diplomate en Grande-Bretagne, professeur à Oxford. Ecrivain trilingue : anglais, français et espagnol. Pour dégager la caractéristique de ses compatriotes, sens critique. Il s’est intéressé aussi à la Russie, à l’histoire, aux classiques « Don Juan y la Don Juana », « Seis Don Juanes y Una Dama ». Libéral, En exil, il séjourna longtemps à Locarno où il mourut. Romans utopiques : « La girafe sacrée » (1924), « Camarada Ana » (1954), critique du communisme. Sur l’Amérique Hispanique : « Cœur de pierre verte », « Cortès » ; « Déclin de l’Empire espagnol d’Amérique » (disponible en français) – essais philosophiques.

NB : 1881 : Mort de Goya à Bordeaux,naissance de Picasso à Malaga.

Le 19ème SIECLE ESPAGNOL

Ce siècle connaît une très grande instabilité du pouvoir politique et il est ponctué de nombreuses guerres (guerres contre l’envahisseur, guerres intestines, guerres dans les Colonies…)
Des mots clefs : « Guérilla », « Cacique », « Junte », « Pronunciamiento »…

Le dernier tiers de ce siècle est marqué par l’industrialisation : Barcelone (Textiles, Chimie, Transformation) – Pays Basque, Asturies (Mines, Hauts-fourneaux) – Madrid se modernise. Graves problèmes en Agriculture.
1808 : Napoléon occupe Madrid. Charles IV (cf. Goya), peu doué pour gouverner, abdique en faveur de son fils, le Prince des Asturies, Ferdinand – que Napoléon force à renoncer à la couronne en sa faveur ; le frère de l’Empereur devient roi en tant que Joseph II d’Espagne.
1812 : En pleine guerre de l’Indépendance, les Cortès votent à Cadix une constitution – Les Espagnols ne sont plus des sujets. Commémorée en 2012, le 19 mars (Jour de la Saint Joseph, elle est appelée « La Pepa ».
1813 : Ferdinand VII revient et se venge sur les Libéraux et les Afrancesados.
1820 : Le Colonel Riego échoue dans sa tentative de rétablir la Constitution. Louis XVIII envoie la Sainte Alliance rétablir l’absolutisme en Espagne en 1823.
1833 : Ferdinand VII meurt sans descendance mâle. Il a légué sa couronne à sa fille Isabel, âgée de 3 ans. Le frère du roi Carlos invoque la Loi Salique pour se proclamer roi. Cela provoque les deux guerres Carlistes.
1) : contre la Régente Maria-Christina, 2) : contre Isabel II. Après les atrocités de la guerre d’Indépendance, les Espagnols connaissent celles des guerres Carlistes. Se greffe là-dessus la lutte qui a traversé le siècle entre traditionnalistes et partisans d’une rénovation.
1865 : Isabel II monte sur le trône. Elle en est chassée en 1668 par un pronunciamiento- (PRIM) – qui met Amédée de Savoie à sa place. Ce roi ne comprend rien à la politique espagnole. Il abdique en 1873. Cet épisode eut peut-être une certaine incidence sur la guerre de 1870 car les différents prétendants au trône espagnol rivaux étaient choisis par la France ou la Prusse.
1873 : Proclamation de la Première République espagnole. Fédéralistes et Centralistes s’opposent. Autre coup de force, la Restauration des Bourbons. Le Fils d’Isabel II, Alphonse XII, est roi de 1874 à 1885 : c’est une monarchie constitutionnelle. Valse des alternances. A la mort du roi, sa femme Marie-Christine d’Autriche (n°2) exerce la Régence jusqu’en 1902.

1898 : Date fatidique. Guerre Hispano-Américaine. Alphonse XIII, roi jusqu’en 1923. Guerre du Maroc .
1898 : perte de Cuba, Puerto Rico, des Philippines et Guam.

Le 19ème siècle est aussi pour l’Espagne, la perte de ses Colonies américaines – qui luttent pour leur indépendance et la proclament au fil de ce siècle (entre 1810 et 1830)

Le 20ème Siècle est aussi une période troublée : dictature de Primo Rivera (1923-1930). Seconde République (1931-1936) ; Franco (1936-1975) ; Juan Carlos, (Petit-Fils d’Alphonse XIII) – Constitution 1978, Régime démocratique, aujourd’hui Philippe VI.

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Le french cancan par Martine Kahane

A la conquête de la liberté, Le french cancan !

par Martine Kahane, chartiste, conservateur général des bibliothèques

 

Histoire d’un genre, avec une lecture sociologique, théâtrale et picturale.

Alors que dans la seconde moitié du XIXe siècle se développe le temps des loisirs, le « chahut », plus tard renommé « french cancan », émanation des bals populaires, né au pied des « fortifs », va devenir une manifestation de revendication contre l’ordre social, un moyen de braver les interdits.

Pourquoi de genre masculin, le french cancan deviendra – t – il un genre exclusivement féminin. Dans le grand siècle du linge, qui sont ces cancanneuses aux sept jupons. Comment la peinture, avec Toulouse-Lautrec bien sûr, mais aussi le cinéma rendent-ils compte de ce phénomène.

Enfin, comment le french cancan est-il passé d’une danse libre à une danse codifiée ? Comment a-t-il été estampillé au XXe siècle comme « produit français », symbole du monde de la nuit parisien, un des moments incontournables des circuits touristiques.

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Chartiste, conservateur général des bibliothèques, Martine Kahane s’est attachée pendant trente-cinq ans à participer à la constitution de la mémoire de l’Opéra de Paris. D’abord directrice de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra (qui dépend de la BnF), elle a ensuite créé et dirigé le Service Culturel de l’Opéra National de Paris.

Le Palais Garnier est sa terre d’élection, le XIXe siècle sa période favorite, « la Petite danseuse de quatorze ans » de Degas son œuvre préférée, le costume de scène un de ses sujets de prédilection…d’où une trentaine d’expositions et autant de publications sur l’architecture de Charles Garnier, les ateliers de costumes, le Ballet de l’Opéra, les Ballets Russes de Diaghilev ou encore le modèle du sculpteur.

Martine Kahane a été directrice du Centre national du costume de scène, institution unique et atypique consacrée au patrimoine matériel des théâtres, qu’elle a ouvert en juillet 2006 à Moulins dans l’Allier.

Elle est aujourd’hui présidente des Arts Florissants et donne cours et conférences dans divers musées et institutions d’enseignement, comme le Musée et l’Ecole du Louvre, le Musée Calvet à Avignon, le Musée des Jacobins à Morlaix ….

la mucoviscidose en Bretagne : des hommes et des gènes

La mucoviscidose en Bretagne : des hommes et des gènes

par Nadine Pellen

Docteure en sociologie, option démographie
Chargée d’études à la Fondation Ildys

CR pdf la mucoviscidose par Nadine Pellen 2017XI22

« La connaissance vaut mieux que l’ignorance »

Née dans une famille touchée par cette maladie, elle, la plouvornéenne, a été taraudée dès son enfance par plusieurs questions : Pourquoi sa famille ? Est-ce un hasard ? Et d’où vient cette pathologie ? Est-ce une coïncidence si, vivant à la pointe de Bretagne, on a tous dans son entourage, plus ou moins proche, une personne atteinte par cette maladie ? Et les descendants ont-ils des risques d’être malades ? Prédestination, dans le Finistère, à subir cet héritage génétique ? Lire la suite

« Sur les traces des voies romaines en Bretagne » par JY EVEILLARD

Jean-Yves Eveillard,

« Sur les traces des voies romaines en Bretagne »

Par   Jean-Yves Eveillard

 

Notes de Ninon Le Fers

Dans l’intérêt porté par le public aux époques anciennes, l’engouement pour les voies « dites romaines », qu’il s’agisse simplement de les suivre quand elles sont connues ou de retrouver leurs tracés quand elles le sont moins, est permanent. Dans la seconde moitié du 19ème siècle, le célèbre folkloriste François-Marie de Luzel, en visite au site du Yaudet, s’en fait l’écho : « Si je découvrais aussi ma voie romaine, comme tant d’autres, qui en sont fiers ! Eh, belle trouvaille ma foi ! »…

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Histoire des jardins anglais et de leur influence par Dominique BLONDEL

Histoire des jardins anglais et de leur influence

par Dominique Blondel, conservateur des parcs et jardins de la Ville de Paris

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Après plusieurs siècles de jardins réguliers,  médiévaux, Renaissance, baroques et classiques,   le début du 18ème siècle se caractérise par une rupture spectaculaire en provenance d’Angleterre  :  le jardin paysager irrégulier .

Du 18ème au 19ème siècle apparaissent successivement en Angleterre (puis imités dans d’autres pays, notamment en France) cinq styles de jardin : paysager, anglo-chinois, victorien, naturel (ou sauvage) et de cottage.

1 le jardin paysager

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La Mécanique du Vivant par Jean-Pierre HENRY

La Mécanique du Vivant

Jean-Pierre Henry

Directeur de Recherche Émérite CNRS
Université Paris Diderot

 

 

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont » Aristote.
Jean-Pierre HENRY, Biologiste

 

Faire connaître l’état de la science sur des grands questions que chacun se pose ou pourrait se poser est l’un des objectifs de la Mécanique du Vivant. Ont été abordés les thèmes suivants :

1) Comment fonctionne la cellule : cette « brique » du vivant possède tous les attributs de la vie ;
2) D’où tirons notre énergie : chaque cellule comporte de nombreux moteurs rotatifs tournant à vive allure (6000t/min) ;

3) Quels sont les mécanismes de l‘hérédité, permettant la transmission des caractères héréditaires ;
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Les combattants républicains espagnols exilés en Bretagne.LA LETTRE A GABRIELLE,

Gabrielle Garcia,Source Le Télégramme

LA  LETTRE  A  GABRIELLE

Film suivi d’une discussion avec Gabrielle GARCIA

CR Intervention Gabrielle Garcia 2017X

«L’histoire est écrite par les vainqueurs» disait Winston Churchill. Vae victis !
Le régime franquiste a imposé sa propre version de l’ histoire de l’Espagne pendant plus de 40 ans, aboutissant à une véritable amnésie de la guerre civile (36-39) et des vaincus de cette guerre : le camp républicain.
Depuis les années 90, un certain nombre d’historiens sur la base de documents déclassifiés et du recueil de témoignages des survivants de cette époque ont tenté de restituer des pans d’histoire totalement occultés. Lire la suite

L’ALGÉRIE par M COLLAS

L’ALGÉRIE

un pays et un régime sous tensions

par M Alain COLLAS, professeur d’histoire UBS

CR Algérie 2017 Alain Collas

L’analyse des évènements qui ont secoué l’Algérie dans les années 90 aurait vraisemblablement permis de mieux comprendre les évènements qui ont un peu précipitamment été qualifiés de «printemps» arabes et qui se sont déroulés quasiment selon la même trame.
De par la proximité géographique et historique de l’Algérie, son évolution politique ne peut nous laisser indifférents.

1 L’ALGERIE-quelques données

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