La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

par François Ars,docteur en histoire contemporaine et enseignant à l’U.B.S.

Depuis le choc pétrolier de 1973, les media attirent régulièrement notre attention sur la future pénurie de pétrole, qui quand elle interviendra ne devrait que modifier nos modes de vie.
Par contre, la pénurie d’eau douce pour les activités humaines s’annonce pour le siècle à venir voir les prochaines décennies ; or l’eau qui fait partie de notre quotidien nous est absolument indispensable … et non substituable.

A – L’EAU DOUCE

Source : ONU
a1 la disponibilité

Notre planète bleue contient une abondance d’eau mais :
98% est salée ; reste donc 2% d’eau douce
et seulement 0,02% est utilisable  pour l’usage de nos sociétés
– 70% de l’eau douce est retenue sous forme de neige ou de glaciers sur les montagnes, ou dans les inlandsis (couche de glace très épaisse, qui recouvre une terre, une île ou un continent).
– 30% sont des eaux souterraines, contenues dans des  aquifères ou dans des nappes phréatiques.

a2 les besoins per capita

les besoins par personne et par an sont globalement estimés à 6900 m3 et les besoins iront croissants avec l’occidentalisation des modes de vie (piscine, lavage voitures…) sur la planète.

a3 des inégalités devant l’accès à l’eau

Le monde occidental a un accès à l’eau potable de qualité d’une manière globale, mais il n’en va pas de même dans les pays pauvres ou en voie de développement où il est un véritable privilège : près de 700 millions de personnes n’ont toujours pas accès à une eau propre et salubre et 2 milliards d’Hommes auraient besoin d’accéder à un assainissement amélioré. Conséquences : la maladie, la malnutrition et l’échec de récolte ; 6000 personnes meurent chaque jour de maladies diarrhéiques dans l’indifférence la plus totale. D’ici 2020 , 135 millions de personnes mourront en raison d’une eau contaminée. Quel est l’Etat (ou l’institution) qui trainera devant un tribunal un pollueur, surtout dans les pays pauvres ?
Des inégalités spatiales
L’Asie regroupe 61 % de la population mondiale pour 36% des réserves d’eau utilisable, l’Europe 12% pour 8% et l’Amérique du Sud 6ù pour 26%
Au total, 1,7 milliard d’humains manquent d’eau potable vivant en dessous du seuil de 1000m3/an par personne

a4 puisement dans les réserves

Pour faire face à une demande toujours croissante, la tentation est forte de puiser dans les nappes aquifères profondes qui ont mis des milliers d’années à se constituer et qui mettront autant d’années à se refaire.

a5 l’évolution des besoins/l’augmentation de la population mondiale

Cette croissance augmentera les besoins en eau inévitablement
De 1950 à 2009, la population a été multipliée par 2,7 et le prélèvement en eau par 3,2
1 personne dans un pays développé consomme entre 30 et 50 fois le volume d’eau consommé par une personne vivant dans un pays pauvre

a5 besoins en eau et agriculture

L’agriculture absorbe 70% de l’eau consommée.

-1 kilogramme de blé consomme 150 litres d’eau.
-1 kilogramme de maïs plus de 200 litres d’eau.
-1 kilogramme de bœuf consomme 12000 litres d’eau.
Un pays qui manque d’eau est un pays qui ne peut ni nourrir sa population, ni se développer

a6 disponibilités et réchauffement climatique

Le réchauffement climatique observé contribue à l’assèchement de vastes zones sur la Terre.

Les organisations internationales estiment que si le prélèvement est supérieur à 40% de la ressource renouvelable, alors la région est en situation de stress hydrique : en 2017 30% des régions au monde vivent en stress hydrique, elles seront en 2025 45 % …

a7 la dégradation de la qualité de l’eau

De plus,la qualité de l’eau ne cesse de se dégrader,avec des risques sanitaires pour la population, même dans les pays développés. Dans les pays développés et émergents (la Chine et l’Inde), l’eau est polluée par les rejets industriels dans les fleuves, et par les produits chimiques utilisés par l’agriculture qui s’infiltrent dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques. Dans les pays du sud, les installations d’assainissements manquent, la population doit utiliser une eau qui n’est pas saine.

B – UNE SITUATION PREOCCUPANTE

b1 les grands bassins céréaliers

Quelques grands bassins céréaliers mondiaux (USA, Chine , Russie) approvisionnent l’humanité
– Le bassin chinois situé au nord du pays a amorcé son déclin  à cause de la pénurie d’eau de qualité.
Face à cette évolution , la Chine a pris les devants en « achetant l’Afrique » mais son développement industriel peut être bloqué pour cette même raison. D’où également les projets du gouvernement pour pomper l’eau au sud afin de l’acheminer au nord-est grâce à de grands projets de canaux de dérivations  »
– aux USA, le pompage de la nappe d’Ogallala (580.000 km2, autant que le lac Supérieur), dans la zone des Hautes-Plaines a transformé ces plaines semi-arides en l’un des greniers à blé de la planète, qui produit près de la 1/2 du bœuf US. D’ici 30 ans, la surexploitation tarira cet aquifère ou en rendra l’exploitation prohibitive conduisant alors à un effondrement pour l’agriculture et l’élevage de ces six États.
La raréfaction du volume de céréales se traduira par une hausse de son prix avec les conséquences sur l’alimentation de la population mondiale.

B2 quelques unes des zones sous tension
  • le lac Tchad (Niger, Tchad, Cameroun, Nigeria)
    Ce lac couvrait en 1962 25 000 km2, il couvre de nos jours 2 000 km2 , amorçant la désertification de toute la zone
  • la mer d’Aral
    En s’asséchant, la mer d’Aral laisse à ciel ouvert 36.000 km2 de fonds marins, recouverts de sels que le vent emporte et dépose sur des milliers d’hectares de terres arables.
  • En Iran ,le niveau des eaux des lacs Hamouns alimentées par l’Afghanistan limitrophe ne cesse de baisser transformant en désert une zone marécageuse
  • Au Moyen-Orient, de nombreux ouvrages ont été réalisés sur les deux grands fleuves que sont le Tigre et l’Euphrate, que ce soit en Turquie, en Syrie ou en Irak., avec pour conséquence une réduction du débit de l’Euphrate en Syrie de 11 milliards de m3 et celui du Tigre de 6
  • Un traité de 1944 prévoyait un partage des eaux entre le Mexique et les États-Unis, le Mexique fournissant des eaux du Rio Grande et les USA garantissant un débit minimum au Colorado. Mais, le Rio Grande est à sec..
  • le Tibet, le « château d’eau de l’Asie »., stratégique
    L’Indus, le Gange, le Brahmapoutre et le Mékong y ont leur source. Puiser ou dériver l’eau de ces fleuves ne peut qu’aviver les tensions entre la Chine, l’Inde, le Bangladesh, et le Pakistan
  • le bassin du Nil vital pour l’Egypte. La construction par l’Ethiopie d’un grand barrage et de stations de retenues d’eau sur le Nil bleu va modifier les ressources disponibles en Egypte.
  • Israël et ses voisins se disputent les eaux du Jourdain, du Golan et des nappes aquifères profondes.

C –  ET DEMAIN ?

c1 des leçons de  l’histoire ?

Les perspectives en matière d’eau douce ne sont pas réjouissantes. Avoir accès à l’eau est donc devenu un enjeu économique crucial à l’échelle planétaire qui pourrait devenir, dans le siècle à venir, l’une des premières causes de tensions internationales, d’autant que plus de 40 % de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe.

Jusqu’à ce jour , l’eau n’a pas été source de conflit majeur : d’où le manque de visibilité pour l’historien. Le partage de l’eau a fait l’objet de traités… Mais à l’avenir, la pénurie n’entrainera-t-elle pas des conflits armés ?

c2 la prise de conscience

L’eau ne pourra plus être considérée comme un élément inépuisable. Le renchérissement de l’eau est inévitable, en raison du coût de son traitement et de sa rareté

c3 les solutions techniques (du farfelu au concret)
  • rechercher de l’eau sur Mars
  • désaliniser l’eau ( coût prohibitif à l’échelle de la planète) 
  • faire appel à la chimie pour combiner l’hydrogène et l’oxygène
  • rechercher (Sahara) des aquifères non encore exploités
  • recycler en boucle et  au maximum l’eau consommée
  • réduire la consommation par personne (choix dans l’alimentation, ….)

En conclusion : à court terme, les occidentaux feraient bien de prendre conscience du gaspillage généralisé de la ressource qui s’annonce rare et de modifier leurs comportements en conséquence.

source : fundacion neotropica

CR L’EAU avril 17 ARS

Nota : les photos viennent illustrer cette conférence ex cathedra

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Réf CY-JIV06ag

la migration des anguilles par Philippe Sebert

Source : Le Télégramme

La migration des anguilles

par Philippe Sébert . spécialiste en Physiologie Comparée,

La migration des anguilles pose des problèmes de taille(s). L’intervention se propose de faire découvrir la démarche scientifique simplifiée qui tente de retracer cette migration.

A – GENERALITES SUR L’ANGUILLE

a1 ANGUILLA
Source : syndicats des ETANGS CREUSOIS

Ce poisson a connu une évolution de 40 millions d’années et est l’objet de spéculations depuis plus de 2 millénaires.
Particularité : il est recouvert d’un épais mucus et ne possède qu’une seule nageoire.
L’anguille d’Europe (Anguilla anguilla) est une espèce de poisson appartenant à la famille des Anguillidés, mesurant autour de 45cm pour les mâles et de 60cm à 150 cm pour les femelles. C’est  un migrateur amphihalin , thalassotoque et catadrome.

En Polynésie française, l’anguille est très étroitement liée à l’ homme dans la mythologie
et le folklore, au point d’être considérée non pas comme une ressource alimentaire, mais bien comme un trésor culturel. ( cf légende du cocotier/légende de Tahiti)

Sur la vingtaine de sous-espèces recensées, quatre principales se distinguent :
-Anguilla rostrata
-Anguilla anguilla
-Anguilla japonica
-Anguilla australis
L’intérêt pour l’anguille s’est fortement accru depuis les années 1990 marquées par un déclin prononcé de la population d’anguille ( vers une extinction de l’espèce?)

a 2 Cycle de vie de l’anguilla anguilla
Source : webseille
a3  quelques données économiques

La production française d’anguilles est composée de pêche de civelles en zones estuariennes (façade Atlantique, 34 tonnes en 2013) et de pêche d’anguilles jaunes et argentées en rivières, lagunes et zones estuariennes (Atlantique et Méditerranée, 1 300 tonnes en 2012). Elle est le fait de 650 professionnels dotés chacun d’une licence ou d’un droit de pêche. Les civelles sont vendues à l’export en quasi totalité, à destination de trois marchés :
•La consommation humaine directe (Espagne essentiellement).
•La mise en élevage (Pays-Bas, Danemark, Allemagne essentiellement, mais aussi Espagne, Grèce, Italie).
•Le relâcher en zones semi-fermées ou fermées (France, Europe du Nord et de l’Est,
essentiellement) à des fins de repeuplement ou d’ensemencement pour capture
ultérieure après grossissement.
La part des productions françaises dans le total européen est passée de 80 % dans les années 2000 à 65 % en 2013).

Un déclin : les stocks en 2004 sont estimés à 10% des stocks de 1990 ; plusieurs raisons sont invoquées pour l’expliquer :
-braconnage des alevins
-pollution
-pêche illégale
-obstacles aux migrations
-mauvaise qualité des reproducteurs (pesticides)
Le prix moyen des civelles en 1998 : 124€/kg, en 2008 : 320€/kg

La Chine et le Japon sont les plus importants consommateurs d’anguilles au monde. En 2012 au Japon, 56 000 tonnes d’anguilles ont été consommées .

Europe : L’évolution négative de la ressource a conduit l’UE à adopter un règlement (1100/2007) qui – sans les interdire – réglemente et oriente la pêche vers une restauration de la ressource, tout en appelant à s’attaquer aussi aux autres causes de la diminution des stocks .

B – MIGRATION DES ANGUILLES : réalité ou fiction

Jusqu’à ce jour, les scientifiques ne détiennent aucune preuve de cette migration vers la mer des Sargasses  : les anguilles partent, les alevins arrivent mais jamais une anguille n’a été pêchée en mer !

b1 Les arguments pour cette migration
source :pecheurdumorin..fr

-le cycle  des départs d’Europe des anguilles argentées et le prélèvement de leptocéphales en Atlantique
-les travaux de Schmidt en 1922 qui par des prélèvements de leptocéphales (positionnement des plus petits aux plus grands) démontraient qu’ils étaient en provenance de la Mer des Sargasses
-le trajet des balises greffées sur les anguilles sur le départ menait dans cette direction
-Dans le Pacifique,les recherches océanographiques approfondies menées ces dernières années par des spécialistes comme le professeur K. Tsukamoto Aoyama ont permis de localiser les aires de reproduction de l’anguille japonaise sur un mont sous-marin situé à l’extrémité sud de la fosse des Mariannes (donc migration mais sur un trajet de 1500 à 2000 km)

b2 Les conditions de la migration

Les anguilles argentées pour effectuer cette migration changent totalement de milieu et de conditions de vie :
eau douce/eau salée, pression atmosphérique/pression 40 fois supérieure / température clémente/température froide, sédentarité/trajet de 6000km, alimentation/jeûne, dépenses énergétiques faibles/dépenses énergétique fortes pour trajet et reproduction.

Les diverses observations et expérimentations scientifiques ont démontré :
-une métamorphose d’une durée d’un mois de l’anguille jaune en anguille argentée modifiant son physique (croissance de la nageoire, atrophie du système digestif, adaptation de son système à l’eau salée…) et la rendant  apte à faire ces 6000km
-un échelonnement des départs entre mâles/femelles, un positionnement aval des mâles dans les cours d’eau, une vitesse supérieure par rapport à leur longueur corporelle des mâles, une aptitude à la nage en profondeur, une réserve en graisse permettant d’effectuer à jeun et le trajet et la reproduction
 Donc cette migration de 6 à 10 mois est  possible tout en respectant le calendrier de reproduction.

in : sciencesetavenir.fr

Mais l’anguille n’a pas encore livré tous ses mystères (ex: réversibilité de la métamorphose adulte, les raisons de la débauche d’énergie que représente un trajet de 6000km pour la reproduction, le signal déclenchant le départ simultané de la migration… ), loin s’en faut…

Réf : CY-J2017III30

 

MISHIMA & KAWABATA : deux génies de la littérature japonaise

KAWABATA Mishima et Kawabata : deux génies de la littérature japonaise

 

par Yves Goulm, conférencier écrivain

2017 CR Mishima Kawabata

Le 20ème siècle littéraire japonais a été très marqué  par les guerres et les crises politiques, ponctuées par la vitrification d’Hiroshima et de Nagazaki. Mishima et Kawabata illustrent l’un et l’autre des courants littéraires différents. Mishima, l’exalté, le sulfureux et Kawabata, le contemplatif, le calme.

 

MISHIMA

Mishima, né Kimitake Hiraoka le 14 janvier 1925, est issu d’une famille de la paysannerie de la région de Kobé. Son grand-père fut gouverneur des îles Sakhaline à l’époque Meiji. Son enfance est marquée par sa grand-mère Natsu qui le retire à sa mère pour le prendre en charge. Cette grand-mère, souffreteuse, extrêmement têtue et prompte à des accès de violence selon les biographes, serait à l’origine de la fascination pour la mort et de la tendance à l’exagération de son petit fils.

Mishima rejoint sa famille à douze ans et développe une relation très forte avec sa mère. qui l’encourage à lire.

Mishima écrit sa première histoire à douze ans. Il lit les œuvres d’Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et les classiques japonais.

Après six années d’école, adolescent fragile, il devient le plus jeune membre de l’équipe éditoriale de la société de littérature de son école. Il est invité à écrire un roman en feuilleton pour un prestigieux magazine de littérature nippon auquel, sous le pseudonyme Yukio Mishima, il soumet « La forêt tout en fleur« .

Mishima est convoqué par l’armée japonaise pendant la 2nde W.W. mais prétend souffrir de tuberculose, pour échapper à la conscription : il se sentira coupable d’avoir survécu et raté la chance d’une mort héroïque.
Il sort diplômé de la prestigieuse Université de Tokyo en 1947 et entre au Ministère des finances où il est promis à une brillante carrière.

Démissionnant pour se consacrer à sa passion de l’écriture,  Mishima rencontre Yasunari Kawabata qui l’encourage à publier ses manuscrits et qui l’introduit dans les cercles littéraires de la capitale.

En 1949, il publie à 24 ans « Confession d’un masque » une œuvre autobiographique sur un jeune garçon devant cacher ses désirs homosexuels. Mishima essaie de s’échapper de son personnage fragile en s’astreignant à des exercices physiques pour obtenir un corps d’athlète qu’il entretiendra jusqu’à la fin de sa vie.

Débute alors une brillante et prolifique carrière d’auteur.
– Amours interdites (1951),
– Le Tumulte des flots (1954),
– Le Pavillon d’or (1956)
– Après le banquet (1960)
Il rédige de 1965, jusqu’à sa mort en 1970, son œuvre majeure, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité.
– Neige de printemps,
– Chevaux échappés,
– Le Temple de l’aube,
– L’Ange en décomposition.

Il se marie en 1958 avec Yoko Sugiyama avec qui il aura deux enfants. Cette vie apparemment rangée traduit surtout la volonté de l’écrivain de se conformer aux règles japonaises, et ce en dépit de son homosexualité non assumée qui se manifeste dans ses romans, dans ses essais.

Dans les années 1960, il exprime des idées fortement nationalistes. En 1967, il s’engage dans les Forces d’autodéfense du Japon puis forme la milice privée destinée à assurer la protection de l’Empereur.

À la fin de sa vie, cet exalté, cet extraverti impénitent, joue dans plusieurs films.

Au cours de l’année 1970, il achève sa tétralogie La Mer de la fertilité avec son quatrième tome, L’Ange en décomposition. Le 25 novembre, il poste à son éditeur le texte et se rend au ministère des Armées accompagné de quatre jeunes disciples. A sa demande le commandant en chef des forces d’autodéfense fait convoquer les troupes : Mishima leur tient alors un discours en faveur du Japon traditionnel et de l’Empereur. La réaction des soldats : la risée.

KAWABATA aux funérailLes de MISHIMA

Mishima se donne alors la mort par harakiri ainsi d’ailleurs que son ami Morita.

Selon Marguerite Yourcenar, «la mort de Mishima est l’une de ses œuvres et même la plus préparée de ses œuvres» dans Mishima ou la Vision du vide .

Ses écrits ont été influencés par les classiques européens Racine, Raymond Radiguet, Georges Bataille tout en étant fortement imprégnés de la tradition classique japonaise dont il est familier. Son œuvre est empreinte d’un pessimisme certain, d’une fascination pour la souffrance et la force physique ; elle abonde également en dénouements tragiques. 

 

 

&

KAWABATA

Né en 1899 , Kawabata Yasunari est orphelin à 3 ans et sera élevé par son grand-père.

À 7 ans, Yasunari entre à l’école primaire de Toyokawa où il fera une brillante scolarité malgré sa santé précaire. Sa sœur Yoshiko meurt en 1909. Il décide cette année-là de devenir écrivain et consacre désormais son temps libre à la lecture et à ses premières tentatives de création littéraire.
Des liens très étroits se tissent entre le petit-fils et le vieil homme pendant leurs huit années de vie commune. Affaibli et devenu aveugle, celui-ci disparaît en mai 1914. Recueilli pendant six mois par un oncle, il écrit cette année-là sa première œuvre  littéraire, « Journal de ma seizième année« , qui sera publiée en 1925.
L’expérience douloureuse de la disparition précoce de sa famille se retrouvera dans ses écrits et est l’une des clés de son rapport obsessionnel à la solitude et à la mort (Ramasser des ossements, 1916 ; L’Abonné des funérailles, 1923 ; Les Sentiments d’un orphelin, 1924 ; Le Visage de la morte, 1925 ; Voiture funéraire, 1926 etc.).

De 1915 à 1917 Yasunari sera pensionnaire au lycée d’Ibaraki où il se liera d’amitié au jeune Kiyono, à la féminité prononcée.

À l’occasion d’un voyage dans la péninsule d’Izu, Kawabata rencontre une danseuse. L’émotion esthétique de cette rencontre et la féerie du lieu seront la source de son premier roman La Danseuse d’Izu (publié en 1926). D’autres : Grondement de la montagne en 1949-1954,  Le Lac en 1954,  Les belles Endormies en 1960-1961.

À partir de 1919, Kawabata et ses amis forment un cercle libre de littérature moderne. Il publie alors la nouvelle Chiyo dans la revue de son lycée.
En juillet 1920, il obtient son diplôme du Premier Lycée de Tokyo ce qui lui permet de s’inscrire à l’Université Impériale de Tokyo, faculté de Littérature

1922 – Il commence à être rémunéré pour ses nouvelles et articles de critique littéraire et publie des traductions de Galsworthy et Tchékhov.

1923 – Il publie Le Maître des funérailles et Le Feu du sud .

1924 – Il sort diplômé de l’Université impériale de Tokyo ; son mémoire s’intitule Petite étude sur l’histoire du roman japonais.

En septembre, il fonde avec 14 autres compagnons la revue d’avant-garde littérature qui deviendra l’École des sensations nouvelles où Kawabata joue un rôle central. La devise: «Le destin de ceux qui pensent au futur est d’abandonner le passé et de renoncer au présent».

1925 – Kawabata rencontre sa future femme, Matsubayashi Hideko et passe une bonne partie de l’année à Yugashima. Il publie Journal de ma seizième année, quelques Récits de la paume de la main et fait paraître Notes sur les nouvelles tendances des nouveaux écrivains, manifeste de « l’École des sensations nouvelles ».

1926, Il publie son premier livre Les Ornements des sentiments et la nouvelle La Danseuse d’Izu.
1927 – sous forme de feuilleton La Fête du feu au bord de la mer .
1928 – Kawabata publie La Nuit des gangsters.
1931 -Yasunari Kawabata se marie civilement avec Matsubayashi Hideko
1935 – Il publie  son autobiographie littéraire. Il visite Yuzawa où il commence à écrire Pays de neige ;
1936 – Il  découvre Karuizawa, station de montagne où il passera ses étés jusqu’en 1945, et qui lui inspirera plusieurs romans et nouvelles.

1940 – Kawabata parcourt les régions japonaises pour rédiger des chroniques de voyages. Il publie Le premier Amour de ma mère, La Lettre du grain de beauté,Un beau Voyage et fait partie des signataires pour la création de Société des hommes de lettres japonais, liée aux autorités militaristes.

Après la guerre, Kawabata fondent la revue L’Homme. Il y publie en 1947 l’un des premiers écrits de Mishima Yukio La Cigarette : le début d’une longue amitié littéraire. Leur correspondance suivie (de 1945 à 1970) révèle l’indéfectible lien qui les unirent jusqu’à leur disparition .
1948 Pays de neige est publiée ainsi que La Femme remariée, L’Adolescent.

1949 la publication Nuée d’oiseaux blancs , roman qui témoigne de l’intérêt de Kawabata pour la pratique d’une esthétique dépouillée et le début de la publication de « Le Grondement de la montagne »

1960 – La publication de (Les belles Endormies) débute en feuilleton en 1960. Il réside alors plusieurs mois à Kyoto en vue de réunir de la documentation pour deux romans en projet : Kyoto et de Tristesse et beauté.

1967 – Kawabata, Mishima, Ishikawa Jun et Kobo Abe publient la «Déclaration des Quatre» texte appelant l’opinion publique japonaise à protester contre la Révolution culturelle chinoise.

1968 – Prix Nobel de littérature . Kawabata est le premier écrivain japonais à obtenir cette récompense.

1970 –25 novembre, annonce du suicide par seppuku de son disciple et ami Mishima. Yasunari est bouleversé.

1971 – Le 24 janvier, il préside la cérémonie des obsèques publiques de Mishima

1972 – À près de 73 ans, il choisit le gaz….
Kawabata Yasunari est considéré comme un écrivain majeur du XXe siècle. Ses ouvrages sont le fruit d’une recherche esthétique inédite, visant l’expression des sensations. Sa langue est éloignée de toute tentation argumentaire ou explicative.
Hanté par la quête du beau, la mélancolie, la solitude et la mort, Kawabata peint avec sensibilité et pudeur le tragique des sentiments humains. Ses textes, souvent très courts font appel à une multiplicité d’images et de nuances expressives. Ils abordent aussi bien le quotidien (le thé, la fabrication de tissus), le concret comme l’irrationnel et l’universel avec une puissance évocatrice sans égale.

 

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Réf : CY-J2017III23

Le parfum dans l’antiquité par Dominique Frère, UBS

Le parfum dans l’antiquité

par Dominique Frère, UBS

 

Le  1er atelier de parfumerie connu (en Iran) remonte au IVe millénaire. Les huiles parfumées apparaissent avec les premières civilisations et marquent l’histoire du Proche-Orient et de la Méditerranée durant toute l’antiquité.

Un parfum est par essence éphémère : il s’agit donc d’entreprendre une archéologie et une histoire de l’évanescent.

a) dimension historique 

a1 Des récipients par milliers

Des milliers de vases à parfum de 4000 AEC à 500 EC ont été retrouvés sur le pourtour méditerranéen, mais la quasi intégralité de ces récipients sont vides et le contenu des récipients exploitables ne recèle guère d’effluves mais des traces des produits utilisés à des époques où la chimie était inexistante : les produits utilisés étaient donc tous « naturels »
Ces vases étaient en verre, en métal , en céramique, en pierre , en albâtre, en cuir…

a2 la recherche archéologique dans le monde méditerranéen
Il reste très peu de vestiges d’ateliers de parfumerie
– l’atelier de Pyrgos l’âge du bronze( 1850 avant JC) à Chypre fouillé par une mission italienne
L’atelier, situé à quatre kilomètres de la mer a été détruit vers 1850 av. J.-C. par un tremblement de terre suivi d’un incendie. Sept pièces ordonnées autour de deux cours ont été dégagées. Diverses activités y ont été identifiées : filage et tissage de la laine, métallurgie du cuivre, production d’huile et de parfums. Les opérations d’enfleurage d’huile étaient en cours au moment du tremblement de terre : quatorze petites fosses contenaient des cruches qui auraient servi à la macération des matières premières odorantes dans l’huile d’olive et, autour, se trouvaient des pilons, des tasses à bec latéral, des entonnoirs, des louches, des cruches et des flacons à parfums en céramique.

 

3 ateliers ont été étudiés par des archéologues français(Jean Pierre Brun) :
– Pompéi (champs de roses à proximité)
– Paestum
– Delos
Un parfum est composé de 3 éléments
– un excipient( huile d’olive verte, d’amandes, graisse animale)
– des arômes (plantes méditerranéennes ou exotiques)
 – un fixatif conservateur
Bien que d’un usage courant, aucun atelier n’a été retrouvé en Gaule.

A partir du 8ème siècle avant JC,l’utilisation du parfum sous l’influence de la Grèce se répand en Europe occidentale,: en attestent les flacons de tous formats retrouvés dans les tombes, dans les villas,dans les monuments funéraires…
a3 L’usage des parfums

L’Antiquité classique hérita des civilisations de l’âge du bronze du bassin oriental de la Méditerranée toute une tradition d’usages et de procédés de fabrication de parfums et de cosmétiques qui se différencièrent et se complexifièrent
– à l’âge du bronze, un rôle principalement rituel en rapport avec le culte divin

Puis, les huiles parfumées remplirent progressivement des fonctions bien plus étendues, dépassant la sphère religieuse pour couvrir l’essentiel des besoins du corps.

Ces principaux emplois sont :
-les rituels divins.
-les funérailles
-les soins du corps/la médecine
-les sports
-la séduction
-le marqueur social
-la guerre
Ce modèle culturel d’usage des parfums pour les femmes et pour les hommes a été largement diffusé par la colonisation grecque et phénicienne. Les Phéniciens, parmi les premiers marchands de parfums de la Méditerranée, ont joué un grand rôle non seulement commercial mais aussi de diffuseur culturel pour l’emploi des parfums, dans toute la bordure méridionale du bassin méditerranéen,

En Italie, les Grecs des colonies et les Étrusques furent les vecteurs de la pénétration des parfums qui accompagnaient les fêtes.

Lorsque les parfums sont devenus plus abordables pour la majorité des citoyens une hiérarchie des parfums s’est créée, fondée sur la rareté des ingrédients(ex : encens, myrrhe) et la complexité des recettes. La spécialisation et la complexification grandissantes des fabrications ont nécessité des réseaux d’échanges importants
La divergence entre parfums communs et parfums de luxe incorporant des substances importées de grand prix se manifeste dans la littérature (Théophraste et Pline l’Ancien notamment) et dans la documentation archéologique.

b) le contenu

b1 axes de la recherche :
– provenance du contenant
– type de vase permettant une datation
– analyse des échanges entre lieu de fabrication et lieu d’utilisation
– usage du vase et statut du contenu
b2  les  disciplines
Si la littérature donne les recettes des parfums les plus précieux et les plus réputés de l’Antiquité, ces parfums luxueux étaient réservés à la plus haute aristocratie.
Pour connaître les parfums les plus communs 2 moyens :

– la paléogénétique(ADN)
– l’archéologie organique (recherches des marqueurs)

b3 les contenus observés ( ex vase de Dinan)
– base grasse (huile d’olive et de lin, graisses animales de non-ruminants fortement chauffées)
– substances aromatiques (laurier, myrrhe, thym, camphre, résine de pin, la rue, lait de femme ou d’ânesse, bile animale,…)
Plutôt que de parfum, il s’agirait plus d’…huiles parfumées, très éloignées des parfums chimiques actuels.

 

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Réf CY-JIII09

 

 

 

L’Océan ,l’Homme et le Plancton par Pierre Mollo

L’Océan ,l’Homme et le Plancton

par Pierre Mollo, biologiste

1 – DES ORIGINES

15 milliards d’années nous sépareraient du Big Bang quand l’Univers qui était un point de haute énergie  est brutalement entré en expansion. En ralentissant une partie de cette énergie est devenue de la matière.

Il y a environ 4,6 milliards d’années, une étoile proche aurait été détruite dans une supernova et l’explosion a envoyé une onde de choc à travers la nébuleuse solaire, créant au final et entre autres la Terre qui se trouve à la bonne distance du Soleil qui permette la vie.

Il y a 4,5 milliards d’années,la jeune Terre, n’avait ni océan ni oxygène dans l’atmosphère qui était alors composée . à partir du dégazage du magma. d’azote, de dioxyde de carbone, d’ammoniac, de méthane, de vapeur d’eau et de plus petites quantités d’autres gaz.

La Terre se refroidit et la croûte terrestre se forme : les vapeurs d’eau se condensent donnant des pluies chaudes qui auraient conduit à la formation des océans il y a 4,2 milliards d’années.Ceux-ci recouvraient l’ensemble de la planète.

Un pluie de matériaux cométaires sur la Terre primitive pourrait avoir apporté des quantités de molécules organiques complexes, favorisant l’apparition de la vie il y a un peu plus de 3,7milliards d’années et donnant naissance à LUCA (Last Universal Common Ancestor )dernier ancêtre commun à toutes les formes de vie connues sur Terre.

2 – L’EAU : quelques données chiffrées

La Terre est recouverte par les océans pour 70% : les terres émergées ne représentant que 30% .

La moitié de ces 30% soit 15% de la surface de la Terre constitue la partie habitable pour les humains.

97% de l’eau présente sur la planète est imbuvable en l’état brut. Sur les 3% restants, 2% constituent les calottes glaciaires. Il reste donc 1% d’exploitable pour les 7 milliards d’humains qui seront 9 milliards ou plus dans un demi-siècle. Importance de conserver cette ressource indispensable à la vie.

3 – Les débuts de la vie sur Terre : le PLANCTON ou le domaine de l’invisible

Le plancton est l’ensemble des végétaux et animaux aquatiques qui dérivent au gré des courants.

Le plancton se divise en :

– plancton végétal, phytoplancton, constitué d’algues presque toutes unicellulaires,

– le plancton animal, zooplancton, composé de deux groupes :
      – zooplancton permanent : organismes unicellulaires ou pluricellulaires qui naissent, se reproduisent et meurent à l’état de zooplancton,
      – zooplancton temporaire : œufs et larves d’animaux très variés (crustacés, coquillages, poissons…) qui quittent le monde du plancton en se métamorphosant

31 PHYTOPLANCTON  (14 000 espèces )

L’ensemble des algues microscopiques formées d’une seule cellule ont des organismes qui fabriquent leur substance à partir du gaz carbonique (CO2) et des composés minéraux (azotes, phosphates, potassium, fer, silice…) dissous dans l’eau,utilisant l’énergie de la lumière qu’elles captent grâce à la chlorophylle contenue dans leur cellule et libérant de l’oxygène.

311 Les algues bleues ou cyanobactéries

Ces phytoplanctons sont les algues primitives, nées il y a 3,5 milliards d’années pendant la période de volcanisme massif sur toute la planète. La Terre est alors couverte d’une eau boueuse, bouillante, chargée en éléments minéraux et en métaux lourds. Dans cette soupe primitive dépourvue d’oxygène ,la petite algue bleue apparaît et se développe, y consommant des composés métalliques et minéraux et du gaz carbonique pour fabriquer sa matière végétale. Cette production génère un déchet : l’oxygène. Premier organisme à réaliser la photosynthèse, grâce à la chlorophylle qu’elle contient, la cyanobactérie a offert l’oxygène à la planète. Socle de la vie dans les océans, l’algue bleue est à l’origine de la grande diversité du phytoplancton (diatomées, dinoflagellés…).  

Seul groupe de phytoplancton résistant aux températures élevées, elle se retrouve dans les milieux inhospitaliers comme, par exemple, les résurgences d’eaux chaudes à 60°C, alors que la température moyenne de la Terre est de 15°C.  Lorsque l’eau recouvrait toute la terre, les minéraux et oligo-éléments nécessaires au développement des cyanobactéries venaient des profondeurs, des abysses : par leurs fumures, les cheminées volcaniques remontaient ces nutriments arrachés à la croûte terrestre jusqu’à la surface des eaux

Capable de vivre dans les milieux extrêmes, l’algue bleue a survécu vivant au ralenti pendant des millions d’années, s’adaptant et évoluant, assurant ainsi la permanence de la vie sur Terre . Elles vivent, discrètes, enfouies dans les vases et réapparaissent lorsque la qualité des eaux leur est favorable, c’est-à-dire quand le milieu se dégrade. (indicateur de la mauvaise qualité de l’eau)

Beaucoup d’espèces sont toxiques et, dans certains cas, après leur mort, leurs toxines se diffusent dans l’eau où elles peuvent anéantir des organismes présents dans le milieu : plancton, coquillages, poissons…

Exception :La spiruline est une algue microscopique d’eau douce, de couleur verte et en forme de ressort, datant de 3 milliards d’années. Elle se développe dans les eaux chaudes, riches en nutriments, peu profondes et ensoleillées, comme celles des zones tropicales et semi-tropicales. Cette petite algue est désormais considérée comme l’une des solutions d’avenir pour lutter contre la faim dans le monde.

312 Les Diatomées

Grâce aux cyanobactérie,plusieurs centaines de millions d’années après, les eaux sont devenues beaucoup plus claires. Parallèlement, les volcans ont réduit leur activité et la température a peu à peu diminué, pour atteindre les 15 degrés : la formation des calottes glaciaires, la baisse du niveau de la mer .

La pénétration du soleil dans la mer et la présence de minéraux et de CO2 dans l’eau, les conditions de la photosynthèse se trouvent réunies. Des différences dans les températures et les profondeurs permettent l’apparition d’espèces végétales aux besoins divers : diatomées,dinoflagellés

Riches de plus de 6000 espèces, les diatomées peuvent représenter jusqu’à 80 % du phytoplancton, présentes dans tous les milieux, de l’eau douce à l’eau salée, à toutes les températures .La diatomée est un composant de l’alimentation des espèces marines supérieures riche en : protéines, lipides, vitamines, Oméga-3.

Une diatomée est une sorte de capsule contenant une partie végétale. Une structure transparente et rigide entoure totalement l’unique cellule qui la compose. Cette enveloppe se compose de silice, semblable à du verre très solide, perforée de trous minuscules pour assurer les échanges avec le milieu, dessinant des stries, des dentelles …Elle peut se diviser une fois, deux fois, trois fois par jour, en fonction de l’ensoleillement, des apports minéraux (dont la silice) et de gaz carbonique.

A la mort de la cellule, la partie siliceuse coule au fond de l’eau. Tombée sur la couche sédimentaire et recouverte par les apports ultérieurs, elle se fossilise peu à peu (diatomite). Des couches de 10 microns d’épaisseur se superposent au plus profond des océans depuis des centaines de millions d’années(ex : la formation de gisements d’hydrocarbures )

313 Les coccolithes

les coccolithes (plus de 200 millions d’années d’existence) sont des algues unicellulaires exclusivement marines qui vivent principalement dans les régions froides

(origine de la craie des falaises d’Etretat )

314 Les dinoflagellés

Les dinoflagellés sont des microalgues unicellulaires de couleur rouge-orangé et de taille moyenne ou petite, entre 3 et 50 microns. Les dinoflagellés occupent une place importante, après les diatomées, dans la contribution à la production primaire.Ce phytoplancton peut contenir de la chlorophylle et se développer par photosynthèse, produisant sa propre matière végétale.

Certaines sont considérées comme toxiques, rendant les coquillages impropres à la consommation pour l’homme ou mortels pour la faune marine .

32 LE ZOOPLANCTON

321 le zooplancton permanent

3211 Les Protozoaires unicellulaires sont de petits organismes, approchant le millimètre pour les plus gros, mais pouvant s’associer en colonies

3212 Les Copépodes (taille :’100 microns)sont de petits crustacés qui se développent dans tous les milieux aquatiques.  Les copépodes sont de petite taille. Ils n’ont ni branchies ni carapace, et ne présentent qu’un seul œil permettant de capter la lumière. Ils sont, en nombre d’individus, les animaux les plus abondants de la planète et représentent l’une des principales composantes du zooplancton permanent.

Les copépodes herbivores se nourrissent principalement de plancton végétal (diatomées, mais aussi dinoflagellés, chrysophycées, ou cryptophycées) qu’ils filtrent.

La chair de Copépodes est consommée par les méduses, les crevettes et les poissons, de la sardine au requin ;

3213 le krill qui existe depuis 36 à 60 millions d’années est un petit crustacé, semblable à une crevette, qui mesure environ quatre à sept centimètres de long pour un poids de 2 grammes Il possède cinq paires de pattes et deux grands yeux composés noirs. Son corps est presque transparent, pigmenté de petits points rouges. Son appareil digestif est visible par transparence, coloré en vert par une alimentation essentiellement composée de phytoplancton

Avec quelque 650 millions de tonnes, le krill est parmi les groupes animaux les plus abondants de la planète, après les copépodes. Le krill est également un filtreur important des océans, dont il diminue la turbidité.

Les adultes vivent en « essaims  dans les couches supérieures de l’océan, les œufs et larves pouvant être trouvés jusqu’à plus de 1 000 m de profondeur, essaims qui forment parfois des bancs s’étendant sur 450 km². Les baleines en mangent plusieurs tonnes par jour La pêche mondiale représente annuellement entre 150 000 et 200 000 tonnes.

3221 Le zooplancton temporaire 

Il est constitué de :

  • Les larves de crustacés (homard langouste,…)
  • Les larves de mollusques, tels que les huîtres, les moules ou les palourdes
  • les larves de vers annélides, les œufs et les alevins de poissons

De la qualité de l’eau de rivière se déversant dans les océans dépend la qualité du plancton qui se trouvera en bord de côtes.

En pleine mer ,l’upwelling assure une remontée vers la surface d’eaux profondes riches en minéraux, permettant ainsi le développement en surface de phytoplancton, puis de zooplancton et de toute la chaîne alimentaire(quid des continents de plastique ).

La mer fournit et sera amenée à fournir une partie substantielle de l’alimentation humaine : poissons bien entendu mais aussi, une autre ressource  : les algues.

A condition bien entendu de ne pas considérer la mer comme une poubelle !!! L’enjeu est de taille et d’actualité….

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(pour mémoire :  les deux tiers de l’oxygène de l’atmosphère sont produits par le phytoplancton).
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Réf : CY-J2017III03
Pour en savoir plus :
 » L’enjeu plancton  » l’écologie de l’invisible  de Maëlle Thomas-Bourgneuf  et pierre Mollo des Editions Charles Léopold Mayer  2009
 » Le manuel du Plancton  »  de  Anne Noury et Pierre Mollo des Editions Charles Léopold Mayer  2013

Nourrir le monde de demain par Marc Dufumier

Nourrir le monde de demain

 

par Marc Dufumier, Professeur émérite à l’AgroParisTech (Grignon)

1 LES ENJEUX

Les besoins alimentaires futurs demandent à prendre en compte les paramètres suivants :

a)l’ensemble de la population mondiale :

Notre planète compte aujourd’hui plus de 7.3 milliards d’humains et comptera probablement plus de 9.5 milliards d’habitants en 2050, soit une progression de plus de 30%

b) une alimentation de qualité
qui suppose l’absence de :
-listeriose
-salmonellose
-antibiotiques
-perturbateurs endocriniens ( résidus de pesticides dans les aliments mais aussi l’eau)
Prédiction scientifique : les générations (1970 & 1990 & 2010…) qui auront été exposées aux pesticides,et aux perturbateurs endocriniens, in utero et jusqu’à la post-puberté, même à faibles doses, ont une espérance de vie en bonne santé de dix ans inférieure à celle de la génération née en 1950.
Faut-il attendre que les statistiques(maladies d’ alzheimer , de parkinson) viennent le confirmer dans 50 ans ?

c) une production agricole mondiale qui permette aux habitants de toute la planète d’avoir une alimentation diversifiée (accès au lait, à la viande)
d) des productions agricoles
– pour l’alimentation humaine et animale
– pour l’industrie
– pour les agro-carburants

La planète serait-elle condamnée à la malbouffe au Nord, à la malnutrition au Sud, à un environnement dévasté au Nord comme au Sud  ?

2   DES ERREURS  A NE PAS COMMETTRE

a) augmentation des terres arables
Déforester à tout va permettrait sur une courte période d’accroître les surfaces cultivées et donc d’accroitre les volumes produits mais au prix d’une réelle dégradation de l’environnement ;

Cette solution ne résout pas le problème de la faim car un être humain a besoin de 200 kilos de céréales par an pour se nourrir correctement, c’est-à-dire sans carence en vitamines ou en oligo-éléments.
Paradoxe : La production mondiale est actuellement de l’ordre de 330 kilos par personne.
Le problème n’est donc pas quantitatif, mais économique : à l’échelle globale, une partie de la population mondiale (1/8ème) est tout simplement trop pauvre pour consommer.Comment donner les moyens de se nourrir à ce 1/8ème?

b) produire plus à l’ha selon le modèle actuel
La mise au point par la recherche (INRA, laboratoires des multinationales semencières) de variétés au moins à un pays ou à un continent voire à la planète a réduit la gamme des variétés, faisant courir un risque pour la biodiversité et donc pour l’approvisionnement en aliments .Trois entreprises multinationales se partagent plus de 50% de la production mondiale de semences.
Ces variétés pour donner leur plein potentiel supposent l’utilisation de tous les « cides » de l’industrie chimique (herbicide,insecticide, fongicide, nématicide,..), « cides » qui sont également produits par les mêmes multinationales…Impact sur la santé.

c) logique économique – dégradation  environnementale – aspects – impasses

c1 la concurrence internationale

Par exemple, la France (ou la Bretagne) a-t-elle les moyens de lutter à armes égales avec la concurrence internationale sur des produits basiques ? :
-l’Ukraine et ses céréales,
-le Brésil et le soja /le maïs (un poulet brésilien élevé au soja brésilien devrait être logiquement plus compétitif qu’un poulet breton élevé au soja brésilien transitant par Lorient, et ce sur les marchés du Moyen Orient)
-la République tchèque et ses fermes des mille vaches, (la Chine va mettre en concurrence la Nouvelle Zélande, l’Uruguay, l’Irlande pour la fourniture de la poudre de lait)
Ces produits bas de gamme, énergétivores, ont-ils un avenir sur le sol européen ?
c2 dumping sur les surplus
La surproduction européenne aboutit souvent sur les marchés des pays en voie de développement à des prix de dumping.  Par exemple la surproduction laitière européenne menace la production locale africaine et anéantit les possibilités pour les communautés pastorales locales de gagner leur vie.(idem céréales)
c3 les économies d’échelle
L’agriculteur des économies développées est pris entre les mâchoires
– de l’agro-business qui lui demande un produit standardisé
– d’une grande distribution qui exige des prix de plus en plus bas
c4 les coûts indirects
Dans le prix d’achat des denrées de base, le coût de traitement des eaux, des algues vertes ,le coût de traitement des maladies que cette alimentation cause, sont-ils incorporés ? Non. La collectivité, par le biais des impôts les prend en charge…
c5 un déséquilibre écologique
La spécialisation régionale aboutit à un paradoxe
-produire du porc breton suppose des importations de maïs brésilien ( la production de paille a été abandonnée, et comme le lisier est un fluide…)
-produire du blé suppose l’apport d’urée provenant de gaz sibérien
L’humus des sols n’est plus reconstitué…

3 ALORS QUE FAIRE?

a) objectifs
-production plus importante à l’hectare mais d’une manière autre
-des produits de haute qualité dans tous les sens du terme ­ – gustatifs, nutritionnels, environnementaux.
-Rémunération correcte des agriculteurs pour l’ensemble de leur travail
-respect de l’environnement

b)Comment

 Les techniques agricoles
Il existe des techniques agricoles inspirées de l’agroécologie qui permettent de nourrir correctement et durablement l’humanité toute entière,en couvrant les besoins journaliers en calories, protéines, lipides, vitamines et minéraux
(l’agroécologie est une discipline scientifique qui tend à rendre intelligibles les agro-systèmes élaborés par les agriculteurs au fil du temps)
– sur le plan technique
Les obstacles à l’élévation durable des rendements agricoles, sans recours excessifs aux énergies fossiles et aux produits pesticides, ne sont pas d’ordre technique .
11 Les besoins d’une plante
-les rayons solaires (utilisation maximale et gratuite) : couverture des sols
-le carbone (abondant dans l’atmosphère)
-l’eau ( utilisation maximale des eaux de pluies : haies, couverture végétale permanente, labours adaptés)
azote (nécessaire à la fabrication de l’humus et des protéines) qui proviendraient des légumineuses et non de l’azote de synthèse (urée, ammonitrate) du gaz russe
-calcium
-potassium
-phosphore ( épuisement d es ressources pour 2060 env. ; utilisation du phosphore total dans les sols, utilisation des arbres pour l’enrichissement des sols, du bois raméal fragmenté,…)
La combinaison de plantes diversifiées (ex blé/lentillon)pour la couverture des sols permettrait à l’humus de se reconstituer
12 des variétés fermières
La sélection dite « massale » effectuée par des générations d’agriculteurs a permis de constituer des variétés adaptées aux régions de production et à leur parasites (mécanismes d’autodéfense).
Par ailleurs , en conservant le bocage les équilibres écologiques entre insectes devraient permettre deréduire les dégâts occasionnés par les ravageurs.
c) les obstacles d’ordre économique et politique
Ce type de politique de développement agricole va à l’encontre :
– des intérêts directs de l’agro-business dans son ensemble et des filières associées ( transports,…)
– de la tendance des politiques douanières actuelles(suppression des barrières)

Il demande une amélioration de la gestion des terres agricoles (extinction des conflits d’occupation des sols)
d )les intérêts de ce type développement
-économie de moyens
-faire vivre les populations sur leurs sols ( éviter l’exode rural, le chômage, les migrations intra et intercontinentales)
-qualité de vie améliorée
-préservation de l’environnement
e) pure spéculation intellectuelle ou réalité
Des exemples en Afrique et en Asie ont démontré que les rendements peuvent être multipliés par 3 en moins de 15 ans, c-à-d plus vite que l’accroissement de la population.
Il semble toutefois que la mise en place de ce type de développement s’avérerait plus aisé dans les pays où l’agriculture est la moins mécanisée et où la main d’œuvre agricole est abondante.

f) la PAC – impact sur la santé et l’environnement
Pour les pays développés, la production agricole devrait d’abord satisfaire les besoins de leur propre population avant d’envisager l’exportation de produits élaborés à forte valeur ajoutée . L’hyper-spécialisation de chaque région devrait laisser place à un panel de productions diversifiées( Beauce =  blé + bétail par ex)
Plutôt que de verser directement aux agriculteurs français les 9 milliards d’euros de subventions, la PAC pourrait transférer 1,6 milliard à la « restauration collective hors domicile ». : les cantines d’écoles primaires, de collèges… les subventions servant à assumer le surcoût (et les circuits courts seraient favorisés). Moins d’importations et plus de productions locales.

Autre réorientation possible : donner aux subventions de la PAC un caractère incitatif. Les agriculteurs pourraient être rémunérés pour leurs services environnementaux. Ainsi, un professionnel qui pratique la technique du « zéro labour », et donc qui permet d’éviter les inondations et d’atténuer le réchauffement climatique, serait récompensé par les pays européens pour service rendu.

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L’Agroécologie :Vision passéiste ou vision futuriste de l’agriculture?

La « révolution verte » a laissé sur le bord de la route 1/8ème de l’humanité. Est-ce un abandon définitif , un dégât collatéral  ?

Ou d’autres voies doivent-elles être explorées ?

2017 CR Nourrir la planète

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Réf : CY-J09II2017

Le CESER Bretagne par Jean Bernard Solliec et Fanny Tartarin

   Le CESER de Bretagne

Par Jean-Bernard SOLLIEC-

Membre du Bureau du Conseil économique, social et environnemental – collège Entreprises et activités professionnelles non salariées

Et par Fanny Tartarin Directrice du Ceser

Dans chaque région française., deux assemblées régionales existent :
– le Conseil Régional : exécutif régional
– le Conseil économique , social et environnemental régional (CESER) : organisme consultatif / bureau d’études

En 1954, des comités d’expansion économique sont créés pour que les acteurs socioprofessionnels soient associés aux décisions publiques.
En 1972, année de la loi qui fait de la région un établissement public, naissent les Comités Économiques et Sociaux Régionaux (CESR) qui regroupent les représentants socioprofessionnels et associatifs. Après le Grenelle 2 ,ils deviennent Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER) en 2010.

A) Rôle du CESER

a1 – Une assemblée consultative
Il donne son avis sur les dossiers que le Président du Conseil régional soumet au vote de l’assemblée.
Il réalise des études et débat sur toute question d’intérêt régional.
a2 -Un avis obligatoire sur les politiques régionales
Saisi par le Conseil régional ou le représentant de l’Etat dans la région, le Conseil économique, social et environnemental régional émet obligatoirement des avis :
– sur le budget régional,
– les grandes politiques de la Région
-les orientations dans les domaines relevant de sa compétence, le contrat projets Etat-Région et son bilan annuel d’exécution.
L’agenda du CESER est tributaire de l’agenda du Conseil Régional qui peut le questionner 15 jours avant une session.

Exemple d’avis lors de la session de janvier 2017
– budget primitif Région 2017
– Schéma directeur immobilier des lycées publics
-Plan d’actions 2017 – 2018
-Élaboration du SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) : la Bretagne au carrefour des transitions

a3-Une force de proposition (auto-saisie)
Le Conseil économique, social et environnemental régional peut de sa propre initiative émettre des avis sur toute question d’intérêt régional. Il a ainsi une fonction d’évaluation des politiques publiques.
Pour anticiper les évolutions, il réalise des études prospectives d’intérêt régional. Il contribue de ce fait à l’élaboration des stratégies du développement régional.

Ex : vœu du Ceser de Bretagne sur la crise de l’élevage

B) Composition

Tout CESER en France est composé de membres (entre 65 et 128) nommés pour 6 ans par arrêté du préfet de région. Le CESER Bretagne compte quant à lui 119 membres :
Les conseillers économiques et sociaux régionaux bretons sont répartis en 3 collèges de chacun 38 membres et un 4ème de 5 membres :
-1/3 de représentants des entreprises et activités professionnelles non salariées de la région ;
-1/3 de représentants des organisations syndicales
-1/3 de représentants des organismes et associations qui participent à la vie collective de la région ;
-des personnalités qui, en raison de leurs activités ou de leur qualité, concourent au développement de la région. Elles sont désignées par le préfet de région : soit 5 conseillers pour la Bretagne
Ils se réunissent 4 fois par an minimum en séance plénière (L’hôtel de Courcy accueillant les séances plénières du Conseil régional, du Conseil économique social et environnemental régional) et travaillent dans des commissions spécialisées
La parité n’est pas encore atteinte dans cette institution méconnue du grand public.
Le Bureau du CESER ( 30 membres avec une composition respectant la règle de composition du CESER)
Il coordonne les travaux des Commissions dans l’intervalle des sessions, sous la responsabilité du Président du CESER Jean HAMON (Entreprises et activités professionnelles non salariées)

 Quatre Commissions
-sur la formation et l’enseignement supérieur
-le développement économique et la recherche
-l’aménagement du territoire et l’environnement –
-la qualité de la vie, la culture et les solidarités.

Deux Sections
-La Section prospective sur les évolutions techniques, économiques, sociales, démographiques…
-La Section Mer-littoral sur les questions liées à la vie maritime et littorale
En Bretagne, le Conseil économique, social et environnemental régional est engagé dans une coopération active avec les Conseils de développement de Bretagne.
Au niveau national, il coopère avec les Conseils économiques et sociaux régionaux français de la façade atlantique.
Au niveau européen, avec ses homologues des pays de l’Arc atlantique.

C) Budget de fonctionnement

La rémunération des membres du CESER est variable selon l’importance des régions, et représente au maximum la moitié des indemnités perçues par les conseillers régionaux de leur région . Pour la Bretagne : entre 1200 € et 1300 €/mois si activité pleine c-à-d 11 demi- journées par bimestre.

Une structure administrative de 15 personnes vient en appui aux travaux des membres du CESER Bretagne

Financement : 0,15% du budget de la Région
Exemples d’ études du CESER par thèmes
-les déchets en Bretagne : vers un cercle vertueux !(2015)

-Contribution du CESER de Bretagne à la réflexion : Territoires 2040, 7 grands enjeux et 31 défis.
-Les musées de France en Bretagne : de la conservation à la conversation
-Numérique et entreprises de Bretagne : urgence et opportunités
-Les formations aux métiers de la mer pour conforter la Bretagne comme grande région maritime
-Et après ? Les enjeux du Brexit pour la Bretagne –
-Des énergies marines en Bretagne : concrétisons la filière
-Les enjeux de l’eau en Bretagne à l’horizon 2040 : contribution à l’élaboration du Plan breton pour l’eau
-Sécuriser les trajectoires résidentielles des actifs en Bretagne
-Mobilité des populations et territoires de Bretagne, à l’horizon 2030 .Réflexions prospectives

D) Communication

Revue : « L’Avis régional » publié par le CESER Bretagne présentant ses études, forums et vœux sur des questions d’intérêt régional
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Le site internet du Ceser est complet et très bien élaboré : il permet de consulter l’ensemble des avis, des vœux,des études, des forum, des publications , etc….
CESER Bretagne
7, rue du Général Guillaudot CS 26918
35069 Rennes Cedex
Tél. : 02 99 87 18 75
……………………….
Réf CY-J2017II2ces

 

 

 

 

 

 

 

Albert EINSTEIN par Pierre Berlivet

Albert EINSTEIN

2017 CR Enstein Albert par P Berlivet

par Pierre BERLIVET

«La logique vous mènera d’un point A à un point B, l‘imagination vous mènera absolument partout.»
«Seules deux choses sont infinies. L’univers et la stupidité de l’homme. Et encore, je ne suis pas certain de l’infinité de l’univers».
« Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça, la relativité. » Albert Einstein

1) Formation

Albert Einstein nait le 14 mars 1879 à Ulm, dans une famille juive non pratiquante.
Einstein présente un parcours scolaire atypique. Très tôt, le jeune homme s’insurge du pouvoir arbitraire exercé par les enseignants, et est dépeint par ces derniers comme un mauvais élément, très étourdi.

Il commence sa scolarité à Munich et en est renvoyé à l’âge de 15 ans pour indiscipline, malgré d’excellents résultats en mathématiques. Après un passage en Italie, la famille s’installe en Suisse.

En 1896, après avoir été une première fois recalé, il intègre l’École polytechnique fédérale de Zurich (sans avoir de bac) où il se lie d’amitié avec le mathématicien Marcel Grossmann, qui l’aidera plus tard en géométrie non euclidienne. Il y rencontre aussi Mileva Maric, sa première épouse. Il obtient de justesse son diplôme en 1900.

Au cours de cette période, il approfondit ses connaissances en autodidacte. Cette période de 1900 à 1902 est marquée par la précarité de sa situation. En 1901, il publie son premier article scientifique dans les Annalen der Physik dédié à ses recherches sur la capillarité, article qui le fait remarquer de Max Planck qui dirigeait le comité de lecture de ces annales.
En juin 1902, le père de son ami Grossman lui trouve un emploi au Bureau fédéral de la propriété intellectuelle à Berne, en tant qu’expert technique : travail qui lui permet de poursuivre ses activités de recherches scientifiques.
En 1903, il fonde l’Académie Olympia, cercle de discussion avec Conrad Habicht et Maurice Solovine, qui traduira plus tard ses œuvres en français.
En 1906, il passe son doctorat.

2) 1905 –  l’infiniment petit – théorie de la relativité restreinte

En 1905, il publie 4 articles, à quelques semaines d’intervalles, dans les Annales de Physique, articles qui vont révolutionner cette science :

2 postulats :

  1. Les lois de la physique ont la même forme dans tous les référentiels galiléens  
  2. La vitesse c (env 300 000 km/sec)de la lumière dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels galiléens
  • l’effet photoélectrique  désigne en premier lieu l’émission d’électrons par un matériau soumis à l’action de la lumière.Il propose une explication, en utilisant le concept de particule de lumière, appelé aujourd’hui photon, et celle du quantum d’énergie :ce phénomène est provoqué par l’absorption de photons, les quanta de lumière, lors de l’interaction du matériau avec la lumière.
     Cet article lui vaudra le Nobel en 1921.
  • le mouvement brownien.
    ce mouvement serait du aux molécules qui tireraient leur énergie cinétique de la chaleur. Cet article fournit une preuve théorique, vérifiée expérimentalement par Jean Perrin en 1912, de l’existence des atomes et des molécules.
  • l’électrodynamique des corps en mouvement
    Il s’attaque au postulat d’un espace et d’un temps absolus, à l’existence de l’éther, milieu interstellaire inerte qui devait soutenir la lumière comme l’eau ou l’air soutiennent les ondes sonores dans leurs déplacements.
    Einstein utilise des horloges, parfaitement synchronisées au début de l’expérience de pensée, pour comparer la dilatation du temps que subit un corps qui se déplace plus rapidement qu’un autre(ou la dilatation de l’espace entre un corps immobile et un corps en mouvement à très grande vitesse : schéma différence entre verticale et diagonale)

Deux conclusions : l’éther n’existe pas, et le temps et l’espace sont relatifs.

  • L’inertie d’un corps dépend-elle de son contenu en énergie ?
    Sa conclusion : la formule d’équivalence masse-énergie, E=mc2.
    En plus de l’énergie potentielle (chute des corps ex) et de l’énergie cinétique, il existe une énergie interne (au repos). Une faible perte de masse (uranium) permet de libérer une quantité très importante d’énergie. En découlera un vaste champ d’études et d’applications : physique nucléaire, mécanique céleste, et armes et centrales nucléaires,

3) 1915 – l’infiniment grand – la théorie de la relativité générale .

Les «équations du champ» sont la clé de voûte de cette théorie de la gravitation.
La relativité générale ajoute à la relativité restreinte que la présence de matière pouvait déformer localement l’espace-temps lui-même, de telle manière que des trajectoires dites géodésiques à travers l’espace-temps ont des propriétés de courbure dans l’espace et le temps.

Plus simplement,toute masse courbe l’espace autour d’elle, en formant des géodésiques. Plus la masse est grande, plus elle déforme l’espace, comme sur le schéma.

C’est de cette manière que les étoiles attirent les planètes autour d’elles, et que les planètes attirent des lunes.

Quand la masse est concentrée dans une région de l’espace suffisamment compacte, la relativité générale prédit la formation d’un trou noir – une région de l’espace dont l’attraction gravitationnelle est si forte que même la lumière ne peut s’en échapper.
Pour vérifier la relativité générale, une mesure de la déviation des rayons lumineux aux alentours d’une masse lors d’une éclipse solaire est envisagée. Prévue en 1915, Arthur Eddington réalise en 1919 cette mesure et annonce que les résultats sont conformes à la théorie d’Einstein.

4) Années de reconnaissance à partir de 1910

En 1909, Albert Einstein est reconnu par ses pairs, en particulier Planck et Nernst, qui souhaitent l’inviter à l’université de Berlin. Les offres d’emplois se multiplient. En 1911, il est invité au premier Congrès Solvay, en Belgique, qui rassemble les scientifiques les plus connus, rencontrant entre autres Marie Curie, Max Planck et Paul Langevin.

Son ancien condisciple Marcel Grossmann l’aide dans ses travaux en lui apportant ses connaissances en géométrie différentielle : ils publient un article sur les tenseurs de Ricci et de Riemann-Christoffel en 1913.
En 1913, Albert est nommé à l’Académie des sciences de Prusse.
En 1914 toujours, il devient membre de l’Académie royale des sciences et des lettres de Berlin.
En octobre 1914, Einstein publie un article sur la géométrie différentielle, et en juin 1915, il donne des conférences à l’université Göttingen.

La théorie de la relativité générale publiée donc en 1915, Einstein recommence à travailler sur la physique des quanta et introduit en 1916 la notion d’émission stimulée qui lui permet de retrouver la loi de Planck à partir d’hypothèses purement quantiques sur la façon dont les quanta de lumière (photons) sont absorbés et émis par les atomes.
En 1916 toujours, Einstein montre qu’il convient d’associer une quantité de mouvement au quantum de lumière ; hypothèse qui sera validée par l’expérience en 1923 grâce aux travaux d’Arthur Compton. La démonstration que la lumière est formée de particules associées à des ondes donne naissance à la physique quantique dont le principe probabiliste sera contesté par Einstein(controverse Einstein – Bohr :au  «Dieu ne joue pas aux dés.” de l’un réponse de l’autre «Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ?”
Autre polémique : des travaux d’Einstein l’abbé Lemaître démontre que l’univers est en constante expansion. En raisonnant à rebours, l’univers serait donc parti d’un atome primitif : naissance de la théorie dite du «big bang». La Pape Pie XII saisit l’occasion de reparler de Genèse, de Bible et de «FiatLux» …
En 1921, il est nommé au Nobel de Physique

En 1925, il est lauréat de la médaille Copley,

5) Einstein, l’homme

À la fin de l’année 1902, naît le premier des enfants d’Albert Einstein, Lieser dont existence a longtemps été ignorée. Albert et Mileva se marient en 1903. En 1904, le couple donne naissance à Hans-Albert, puis en 1910 naît Eduard Einstein.

En 1914, il déménage en Allemagne et habite à Berlin de nombreuses années et d’emploi qu’il consacre tout entier à ses travaux de recherche. Mileva et Albert se séparent, et ce dernier fréquente une cousine berlinoise, Elsa.
À l’ouverture du conflit de la Première Guerre mondiale, il déclare ses opinions pacifistes. Albert Einstein fait construire une maison à Caputh, près du lac de Havelsee : l’endroit est calme et lui permet de faire fréquemment de la voile et du violon.
Durant l’entre-deux-guerres, il se rend en Palestine pour participer à la création de l’Université Hébraïque de Jérusalem.
Dès les années 1920 il subit en Allemagne des attaques visant ses origines juives et ses opinions pacifistes. En 1928 il est nommé président de la Ligue des Droits de l’homme.
Peu après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, au début de 1933, il apprend que sa maison de Caputh a été pillée par les nazis, et il décide de. s’installer aux États-Unis, où il travaille à l’Université de Princeton. Ses recherches visent à élaborer une théorie unifiant la gravitation et l’électromagnétisme, mais sans succès,
Le 2 août 1939, sous la pression de Leó Szilárd, physicien venu d’Allemagne, il rédige une lettre à Roosevelt, qui contribue à enclencher le projet Manhattan (projet de bombe A) auquel il ne participera pas. Comment aurait-il pu participer lui le pacifiste, l’anti-militariste, allemand de naissance, apatride (1896), suisse (1901) puis de double nationalité helvético-américaine (1940) ?

Approché pour être Président d’Israël, il déclinera la proposition.
Piètre mari, père inattentif, ce génie s’éteint le 18 avril 1955 d’une rupture d’anévrisme.

«Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l’objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l’expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste»

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ref : CY-J2017OI26

L’électrification des campagnes bretonnes par Jérôme Lucas

Jérôme LUCAS – auteur

L’électrification des campagnes bretonnes

Conférence animée  par Jérôme Lucas, « passeur de mémoire »

La collecte de témoignages auprès d’une centaine de personnes âgées se souvenant des débuts de l’électricité dans les campagnes bretonnes et les recherches effectuées dans les archives départementales, permettent de découvrir le défi relevé en Bretagne de 1920 à 1960 et de comprendre le changement radical du quotidien des habitants suite à l’électrification de leur maison, de leur village qui fut l’un des bouleversements majeurs de leur vie.

1 Un défi à relever

Les départements de l’Ouest, et plus particulièrement ceux de la Bretagne, furent les plus difficiles à électrifier. Les raisons en sont nombreuses : une population très dispersée et répartie sur toute la commune, de petites exploitations qui pratiquent la polyculture et l’élevage, des bâtiments agricoles et des fermes de taille modeste, un grand nombre d’exploitations affermées et morcelées, un obstacle physique sérieux à l’établissement des lignes de distribution dû aux nombreux talus plantés d’arbres et de haies et surtout une absence presque totale de grandes centrales hydroélectriques ou thermiques, absence de grands besoins industriels.

2 Comment vivait-on sans électricité dans le monde rural ?

Sans grande évolution depuis le Moyen Âge, l’habitation est constituée d’une pièce, chauffée par la cheminée, éclairée par une lampe à pétrole ou au carbure, dépourvue de point d’eau. L’eau était extraite d’un puits, le linge lavé au lavoir, la toilette corporelle a minima. La force des bras était l’unique source d’énergie pour baratter, pour hacher le jonc…La garde des troupeaux était confiée aux enfants ou aux anciens.
Les informations demandaient un passage par le bourg ou le bistrot (pas de journaux dans les campagnes)

3 Les balbutiements de l’électrification en Bretagne

En 1881 s’est tenue à Paris la première exposition internationale de l’électricité. Parmi les nouveautés le téléphone mais surtout les premières génératrices électriques alimentant les premiers moteurs comme celui du premier tramway ayant circulé à Paris ou encore les premières lampes à incandescence, en particulier celles de Thomas Edison.
Vers 1860, l’éclairage public dans les villes françaises était assuré par le gaz. L’arrivée de l’éclairage électrique à la fin du siècle a d’abord été vécu comme une rude concurrence par les compagnies délivrant le gaz d’éclairage. Les plus performantes n’ont pas tardé à s’adapter en devenant fournisseurs d’électricité, les autres freinant l’ arrivée de la nouvelle source d’énergie avant de péricliter.
 

(En 1893 la compagnie Lebon, créée en 1847 procède à un essai d’éclairage électrique en Espagne. Essai concluant et la compagnie propose l’électricité là où elle exploite le gaz. A Morlaix,où elle distribue le gaz depuis 1857 elle fournira l’électricité à partir de 1902. La distribution électrique en courant continu est alimentée par des moteurs à gaz et une batterie d’accumulateurs. Le courant alternatif suivra en 1924.)

4 Construction des 1ères usines électriques fin 19e

En 1887, la ville de Chateaulin sera la première cité finistérienne (la troisième en France) à s’éclairer aux ampoules électriques en utilisant une force jusque-là perdue, la chute d’eau de l’écluse de Coatigrac’h,

Les villes de St Brieuc, de Lorient(1894), de Brest (la centrale de Poullic Al Lor. De la Compagnie d’électricité de Brest et extensions) suivront ainsi que d’ autres grandes villes bretonnes.
Pour cause de contrats de 50 ans avec l’usine à gaz, le centre de Landerneau ne sera desservi en électricité qu’en 1925 et les quartiers périphériques attendront 1945.
A partir de gaz pauvre, les usines fournissent soit un courant continu soit un courant alternatif.

 Des « ingénieurs » bricoleurs créent leurs petites centrales
Dans les villes de taille plus modeste , voire dans des bourgades, des initiatives menées par des bricoleurs ingénieux mettent en place des générateurs alimentant sommairement l’éclairage public et/ou quelques habitations (Ex Le Faouet, St Aignan, Plouguenast)

5 Le plan d’électrification des années 1920

Le programme de l’électrification rurale de la France a été réalisé en grande partie entre 1920 et 1938.
La Première Guerre mondiale a élargi les domaines d’application de l’énergie électrique en ouvrant les yeux à un grand nombre de paysans, notamment aux plus jeunes : prisonniers de guerre en Allemagne, sur le front dans l’Est de la France, ils ont entrevu le progrès apporté par la « fée mystérieuse »
Ils seront d’un appui précieux pour les politiques comme Yves Le Troquer, Ministre des Travaux Publics, trégorrois d’origine qui voudront moderniser les campagnes bretonnes afin de freiner l’exode rural.
La période 1919-1939 constitue les années charnières où l’État et les collectivités publiques jouent pleinement leur rôle de propagandiste et de financier et voudront utiliser au mieux l’énergie de la péninsule : l’eau.

Intervention de l’Etat : étude gratuite des projets par l’intermédiaire du Service du Génie Rural , subventions et avances à taux réduits.
L’électrification passera par les syndicats intercommunaux à l’échelle du canton qui se regrouperont à partir de 1937 en syndicats départementaux pour pouvoir discuter à pied d’égalité avec les industriels du secteur.

6 À la recherche de nouvelles productions électriques (Guerlédan…)

Les côtes bretonnes sont électrifiées grâce à de petites centrales thermiques mais pas le pays du Centre-Bretagne Pour permettre le développement de la zone intérieure
L’aménagement hydroélectrique de Guerlédan se construit entre 1923 et 1930. Il a d’abord fait l’objet d’une concession accordée à la Société Générale d’Entreprises en 1923, qui a été rapidement transférée à sa filiale : la.UHEA .
L’aménagement hydroélectrique de Guerlédan est situé sur le fleuve du Blavet, à la frontière des départements du Morbihan et des Côtes d’Armor.(le projet initial prévoyait la construction d’une échelle d’écluses(ascenseur à péniches) en parallèle au barrage afin de maintenir le trafic fluvial sur le canal de Nantes à Brest. )

7 Première phase d’électrification des années 1930

Parallèlement à l’aménagement de Guerlédan, l’UHEA (Union Hydroélectrique Armoricaine) , constituée en 1923 avec le concours financier de l’Etat, des départements des Côtes d’Armor et du Morbihan et de la ville de Lorient, se préoccupe de l’absorption de l’énergie produite : elle construit un maillage de lignes de 45 000 Volts permettant l’interconnexion des réseaux
Entre 1920 et 1940, les petites entreprises disparaissent ou sont absorbées par les 2 compagnies qui à la veille de la 2nde WW dominent le marché de la distribution d’électricité en Bretagne : la Compagnie Lebon et l’E.I. (Energie Industrielle). EN 1940, 80% de la population du Morbihan a accès à l’électricité.

8 Implantations des lignes

 La ligne droite est privilégiée dans la mesure du possible.

9 Les résistances, la peur de l’électricité

l’électrification rurale se heurte à une forte résistance des populations rurales qui demeurent traditionalistes. Cette résistance (crainte du feu, perturbation des animaux, coût de l’électricité et de son installation) s’atténue progressivement les bienfaits que pourrait apporter l’électrification sur leur vie de tous les jours : éclairage et force motrice l’emportent finalement..
Certaines communes refusent toutefois son installation dans les années 20, n’y voyant pas d’intérêt.

10 L’électricité sous l’Occupation allemande

L’occupation allemande fera regretter ces refus : la pénurie de charbon, de pétrole pendant cette période se traduira par un appel au système D : branchement sauvage sur lignes existantes, etc.
Les réseaux électriques bretons souffriront également de pénuries(priorité à l’armée allemande), pannes, sabotages et bombardement par les forces alliées.

11 Dernière phase d’électrification 1950- 1960

En 1919, sur les 38 014 communes que compte la France métropolitaine, 7 500 seulement sont raccordées à l’électricité, soit environ 20 %, celles-ci comprenant d’ailleurs toutes les villes.
Au 1er janvier 1941, 36 899 communes, soit 97 % de la population, sont desservies
En Bretagne toutefois, près de la moitié des logements ruraux n’ont pas encore accès à l’électricité.

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ampoule centenaire

De 1948 au milieu des années 1960 (1964 pour la Bretagne)s’achève, avec Électricité de France (EDF) créée en 1946, l’œuvre entreprise sous le signe de l’équité territoriale par la péréquation des prix et tarifs.
Les syndicats d’électrification en Bretagne se démènent pour réaliser les programmes prévus ; parfois même des extensions hors programmes sont réalisées.
Des électriciens « formés sur le tas » assurent les installations chez l’habitant.
Des entreprises s’implantent dans la région pour construire des poteaux et ceci à proximité des gares, pour poser ces mêmes poteaux. Les communes sont subdivisées en quartier d’environ 30 foyers pour être doté d’un poste de transformation.

12 Le soulagement, l’émerveillement des habitants

Le monde rural entre de plain pied dans la modernité : l’égalité entre citoyens(citadins/ruraux) est retrouvée.
L’électricité permet un autre regard sur son environnement,son propre habitat qui sort de la pénombre, une ouverture sur le monde ( le poste : la TSF) (,avec toutefois la crainte du montant de la facture…)

13 Les évolutions permises grâce à l’électricité

. les appareils pour les tâches ménagères (fer à repasser, machine à laver…)
. les moteurs pour les opérations de battage, …
. l’eau courante…
. le gardiennage des troupeaux

L’électrification, avec les grands aménagements d’après guerre ( réseau routier, téléphonie…) participera à la modernisation à marche forcée de l’agriculture, tout en faisant disparaître il est vrai quelques anciens métiers ( ex : fabricants de bougie). Comment imaginer le présent sans l’électricité ? Impensable. Economiser l’énergie comme faisaient les 1ers utilisateurs ? Peut-être judicieux ?

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Réf : CY-J2017OI12

« Art Déco et l’univers de la femme » par Sonia de Puineuf

« Art Déco et l’univers de la femme »

par Sonia de Puineuf

Prévue pour 1915 mais reportée en raison de la 1ère Guerre Mondiale, une exposition internationale : « l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes » est organisée à Paris en 1925 (l’Allemagne et le mouvement Bauhaus ne sont toutefois pas invités) et étonne le monde par sa modernité dans le domaine des arts décoratifs et de l’architecture.

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Tournant le dos à l’Art Nouveau (l’Art « nouille »), un style nouveau semble émerger : l’Art Déco, né d’impulsions diverses et variées :
– la stylisation géométrique de la Nature, (référence au cubisme)

Tamara de Lempicka – jeune fille

 

 

 

 

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– le machinisme qui entre dans l’univers du quotidien( machine à écrire, à laver, à coudre,…)
– le raffinement exotique (influence de l’art précolombien, de l’égyptomanie, de l’Afrique, de la musique : jazz)

dunand bracelet 1927

Les grands architectes construisent des bâtiments d’une beauté étonnante qui traduit en langage moderne le goût à la française.

 

Pavillon Studium Louvres
PAVILLON DU TOURISME 1925

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Le style Art Déco (appelé aussi Style Paquebot en raison de l’engouement pour les croisières transatlantiques, vitrines de cet Art-déco), élégant et raffiné, a un impact fort sur l’univers de la femme.
–  bijoux

Bracelet
Bague

 

 

 

 

 

 

objets du quotidien (services à thé, bibelots et petits objets usuels)

Coffret en bakélite

 

 

Miroir
Vase

 

Service à thé de Philippe Wolfers
  • mode
Robe Brique
Robe Chanel
chapeau cloche

 

 

  • mobilier
Lalique – 2 paons- lampe
Chiffonnier d’André Groult

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • affiches
Sonia Delaunay – couverture Vogue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • livres dont les reliures ou les illustrations font écho aux tendances esthétiques multiples qui nourrissent l’Art Déco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ensemble a  forgé une image ambivalente de la femme moderne de l’entre deux guerres.

Réf JG 2017I08

ORIGINE DES NOMS DE LIEUX en Bretagne

Origine des noms de lieux en Bretagne

par Michel Priziac, président de l’Association des Ecrivains bretons.

Pour se repérer sur un territoire, plusieurs possibilités s’offrent à nous : les noms de lieux, les coordonnées ( longitude-latitude) , les coordonnes Lambert ou dans une ville US un n°et un nom de rue.
Le 1er besoin de localisation géographique s’est fait ressentir il y a 100 000 ans pour repérer les lieux de sépulture.
Ceux-ci ont évolué dans le mégalithique vers des allées couvertes, des dolmen , des menhir et des
CAiRn.

A) Généralités

CAR qui  désigne un rocher, une roche ou un caillou est le plus ancien nom connu en toponymie
Depuis l’homme préhistorique, il représente un abri sous roche, un élément avec des cailloux ou un bâtiment en pierre ou même une ville fortifiée, qu’il s’écrive CAR ou KAR ou KER : CARhaix.
Ce nom remonte au pré-indo-européen : le Caire par ex.
En 1962, sur Morlaix campagne, il a été recensé 70 KER pour 238 hameaux ou lieux-dits répertoriés.
Ker , à l’heure actuelle désigne soit une maison, soit un hameau, soit un village ou même une ville

ONNA ( eau au sens large) ex : Saône et Rhone
L’association KAR et ONNA ont donné la Garonne mais aussi Charonne et Chalonne
En raison des variantes entre langues, ONNA peut devenir Ognon par exemple en Vendée, l’équivalent du Douron(bzh) de Bretagne.

Les noms des lieux dont donnés par les habitants locaux en fonction de leur spécificité : il est très difficile de les débaptiser :
Pontivy est devenu sous les 2 Empires Napoléon Ville mais est très vite redevenu Pontivy après 1870.
En raison de l’importance économique de la Compagnie des Indes, l’Orient (Lorient) a par contre remplacé Le Faouet Blavet

Les particularités et les différences de la langue bretonne en fonction des évêchés où elle est parlée explique les différences dans la toponymie
Le Kaer du Trégor devient Kear dans le Leon, Dour en KLT devient Dor en vannetais

DOUR (bzh) vient d’un ancien mot gaulois DOR désignant de l’eau, essentielle à la vie( boire , abreuver les animaux, arrosage des prés)
Dordogne (DOR / OGNE) prend sa source aux Monts d’OR

KROAS HENT (bzh) a été francisé en croissant alors qu’en breton il signifie carrefour

LUCH (vieux bzh avant 1150) qui désigne un étang , devient Loch , et parfois Louche ou Lalouche

BREST viendrait de BRE colline et ST fortifiée
le St pouvant évoluer en HT puis en Hat donnant Bréhat

HENVIC Hen = vieux et Vic = bourg le Hen venant de Sen comme senior

B) Noms en lien avec les reliefs

a) MENEZ (bzh) = Montagne. La Bretagne est connue, surtout de ses habitants, pour ses Montagnes qui culminent à quand même quelques 300 mètres.
b) RUN(bzh) colline de forme arrondie
se déclinant en Reun ou Ru ( à ne pas confondre avec le même terme en français qui désigne un petit cours d’eau)
c) ROZ (bzh) : flanc de colline ex : Roz Avel
d) TRAON (bzh) : vallée
Traon Riou : vallée des rois
e) VAU a donné Val Ex : Laval ou Vauvert
f) GWAZH(bzh) cours d’eau ex Goasveur = grande rivière
g) POUL (bzh) : mare
Pempol : Pen Poul = bout de la mare ou encore fond de la baie
h) TRAON (bzh) = vallée

C) Noms en fonction de la nature des sols

ROC’H (bzh) : la Roche ex : roc’hell
Au Moyen Âge, Roc’h désigne l’éperon rocheux, position défensive pour les chevaliers
Roc’h glaz (bzh) peut devenir rochallaz (ou rocher vert)

D) noms en fonction  de la végétation

Les forêts ont donné des noms de lieux :
– chataigneraie kistinn →kistinnec→ kistinnic
– cerisaie kerez (bzh)→ kerezec→ kerizac
– hêtre fagot ( g ne se prononçant pas en bzh)→ faou avec ses déclinaisons

E) noms en fonction  des habitants et des activités humaines

a) KER(bzh) : maison de
Kervelles peut venir de Kerbellec ou Kermellec ( maison de prêtre ou de St Mellec)
Kerampuz  peut faire référence à un puits ou à du buis
b)LO’Ch a donné Locmaria, Locquénolé ,lieux où les saints étaient honorés
c) la Madeleine ( la sainte des lépreux) fait référence aux léproseries, de même que corderie
d) PLOU correspond aux paroisses primitives
e) LAN fait penser à un ermitage primitif mais aussi à la lande bretonne
f) TRE : lieu habité sans connotation religieuse qui évoluera vers Trève, découpage d’une paroisse
g) SAINT… :  ces lieux font référence à une église, à un oratoire, qui ont existé ou peut-être existent
encore de nos jours
En conclusion , la toponymie, étude de l’origine et de l’étymologie des noms de lieux, fait appel à l’ethnologie, à la linguistique, à l’évolution des langues, à la géographie et à l’histoire , à une bonne connaissance du terrain et des archives et à beaucoup de prudence dans l’interprétation.

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Réf : CY-J2016XII15

CR Origine des noms de lieux en Bretagne

Les guerres balkaniques : prélude à la Grande Guerre par J-P Rivenc

jp-rivencLes guerres balkaniques : prélude à la Grande Guerre

par Jean- Pierre Rivenc, professeur d’histoire à l’IUFM Quimper

En octobre 1912, Ouest Eclair titre à propos de la guerre dans les Balkans : « l’Europe sera-t-elle entraînée dans le conflit ?  La réponse viendra 2 ans plus tard. « Répétition générale » par bien des aspects de la 1ère Guerre mondiale, les guerres balkaniques furent également la matrice des conflits ultérieurs.

1 Les forces en présence et les enjeux du conflit

a) La péninsule des Balkans : délimitation géographique

1815_europeau Sud-Est de l’Europe, doit son nom au massif montagneux qui la traverse. Elle est délimitée par l’Adriatique, la mer Égée, la mer Noire et au nord, le Danube et son affluent, la Save.

b) les «puissances» en Europe

L’Angleterre, la France, la Prusse (puis l’Empire Allemand), l’Autriche et la Russie dominent le continent européen.

c) l’Empire Ottoman

qui s’est construit entre 1300 et 1700  , a laissé une grande autonomie aux peuples sous son contrôle.(auto-administration).
carte-ottomanL’Empire — surnommé «La grande Porte» mais aussi «l’homme malade de l’Europe» par l’empereur russe Nicolas Ier,en raison de sa faiblesse financière ( absence de vrai budget, irrégularité des rentrées fiscales), entre en phase de décomposition au XIX ème siècle et devient la proie des grandes puissances.

d) les prétentions de 3 puissances sur la zone
  • l’Angleterre a pour impératif de contrôler la route des Indes, donc de la Méditerranée
  • la Russie veut accéder à la Mer Méditerranée en prenant appui sur les populations orthodoxes et sur le panslavisme
  • l’Autriche -Hongrie veut contrôler la basse vallée du Danube pour accéder aux Détroits (chemin de fer)
e) les étapes du démembrement de l’Empire Ottoman en Europe et la montée des nationalismes

La Serbie
Une première révolte des Serbes dirigée par Georges Petrović, surnommé Karageorges a lieu entre 1804 et 1813. . Echec.
Une seconde révolte a lieu en 1815, sous la conduite de Miloš Obrenović,  aboutit à l’autonomie de la Serbie. Miloch Obrenovitch est élu Prince de Serbie en 1818, et reconnu Prince héréditaire par l’Assemblée Nationale Serbe en 1827.
En 1878, le Congrès de Berlin accorde son indépendance à la Serbie et, en 1882, le prince Milan IV Obrenović devient roi de Serbie.
La Grèce
La guerre d’indépendance grecque(1821-1829) se déroule dans le Péloponnèse et autour d’Athènes. I avec des combats en Épire. La victoire finale est  obtenue grâce au soutien des grandes puissances, France, Royaume-Uni et Russie, les futures« Puissances Protectrices » du jeune royaume grec . Afin de ménager encore l’Empire ottoman, la Conférence de Londres de 1830 fixe le territoire du nouvel État. : le Péloponnèse, une partie de la Roumélie, quelques îles proches du continent comme Égine ou Hydra et une partie des Cyclades.
-L’Insurrection de la Bosnie-Herzégovine en 1875–1878
Une révolte paysanne aboutit au final à une guerre serbo-turque de 1876-1878 qui s’étend à d’autres régions des Balkans (Insurrection bulgare d’avril 1876, Guerre russo-turque de 1877-1878)
Le traité de San  Stefano, qui met fin au conflit russo-turc, (indépendance complète de la Roumanie et de la Serbie, création d’une Grande Bulgarie, autour de Sofia) est remis en cause par les autres puissances européennes et Bismarck réunit en 1878 une conférence à Berlin qui redessine la carte des Balkans : les chancelleries s’accordant, pour mettre à la tête des états de la zone, des roi issus de la noblesse européenne de 2nd rang.
un regain de tensions au début du 20ème siécle
a) la constitution des grandes alliances
b) les rivalités entre les états nouvellement créés (enjeux territoriaux)
c) l’arrivée au pouvoir des «Jeunes Turcs» dans l’Empire Ottoman
d) l’annexion par l’Autriche en 1908 de la Bosnie-Herzégovine, rompant le statu quo avec les Russes
e) intervention militaire de l’Italie contre l’Empire Ottoman : la Libye annexée en 1903

2 les Guerres Balkaniques

Destiné à se protéger à la fois de l’Empire ottoman comme de l’Empire austro-hongrois, les états balkaniques crée une ligue balkanique, alliance en vue de dépecer les restes de l’empire ottoman en Europe.
balkan-vavant-guerres_balkaniques_-_situation_avant_1912Ces nouveaux états ont été équipés militairement par les industries militaires de l’Europe (Schneider, Krupp,…)

A)les Guerres

1ère Guerre
 Les coalisés attaquent en octobre 1912 à l’initiative du Monténégro. Ils sont partout vainqueurs à la surprise générale. Les Serbes entrent en Macédoine, les Grecs à Salonique, les Bulgares en Thrace ou ils ne sont arrêtes qu’à 30 kilomètres de Constantinople.
Une conférence à Londres, réunie dès la fin de l’hiver 1913, aboutit notamment à la création de l’État d’Albanie mais ne règle pas le sort d’une large bande occupée conjointement par les armées alliées.800px-guerres_balkaniques_-_situation_apres_la_premiere_guerre
2nde Guerre
 Tant et si bien que, les armées bulgares toujours sur le pied de guerre attaquent la Serbie (28-29 juin 1913) ex-alliée, au sujet de la Macédoine. Mais les ambitions bulgares inquiétant les autres États  se heurtent à l’armée serbe, mais aussi aux armées de la Grèce, du Monténégro, de la Roumanie et même de la Turquie qui en profite pour récupérer Andrinople. La Bulgarie demande l’armistice et se tient une conférence à Bucarest:

le Traité de Bucarest, 10 août 1913

– La Serbie accroit son territoire d’un tiers vers le sud et partage avec le Monténégro le Sandjak de Novi-Bazar.
– La Bulgarie n’annexe que l’Est de la Macédoine et une partie de la Thrace, .
– La Grèce annexe Salonique et la Thrace occidentale
– La Roumanie annexe la Dobroudja méridionale
– L’Albanie indépendante créée par la Conférence de Londres, sous protectorat commun de l’Autriche-Hongrie et de l’Italie.

guerres_balkaniques_apres_traite_de_bucarest – La Turquie perd tous ses territoires européens, sauf la Thrace orientale avec Andrinople et Constantinople et les Détroits.les-balkans-de-duroselle

B) la préfiguration de la 1ère Guerre Mondiale

b1 évolution de l’Art militaire
– la mitrailleuse, arme de l’avenir pour contenir les charges de cavalerie ou d’infanterie
– guerre de tranchées (barbelés)
– 1er pas de l’aviation (observation, bombardement)
– importance de l’artillerie : feu roulant pour permettre l’offensive des troupes
b2 les conséquences sur les populations
– mobilisation très importante des populations (équivalent à la Grande Guerre) près de 10% de la population
– les hommes à la guerre, les femmes au travail
– des pertes massives en combattants : près de 15 % des effectifs
– une fuite massive des populations (estimation 110 000 «slaves», 100 000 grecs, 220 000 «ottomans ) , des atrocités commises par tous les belligérants
– une épuration ethnique

.
Le 28 juin 1914, de Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine partira l’onde de choc qui déclenchera par le jeu des alliances la 1ère Guerre Mondiale.
Progressivement, ces états vont entrer dans le conflit mondial et près de la moitie du territoire balkanique sera le théâtre d’opérations militaires jusqu’en 1918 : soit 6 années de guerre pour les populations du Nord des Balkans.

.1910_peoples………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Réf : CY-J2016XII02

les-guerres-balkaniques

BRETAGNE connectée par Gwenegan BUI

gwenegan-bui
Gwenegan BUI – Conseiller Régional – Membre de la Commission Champsaur

BRETAGNE connectée

par Gwenegan BUI

La Bretagne s’est engagée dans un plan de développement du « très haut débit » sur une quinzaine d’années mobilisant d’importantes ressources financières. Pourquoi ce plan ?

1) Une demande croissante

(la notion de très haut débit désigne aujourd’hui un débit supérieur à 30 Mégabits par seconde ; cette frontière va rapidement évoluer vers le seuil de 100 Mbit/s, et probablement beaucoup plus d’ici 2030)

78 % des Bretons de 15 ans et plus sont considérés comme internautes : ils se connectent à Internet au moins une fois par mois. Parmi eux, 81 % se connectent quotidiennement.

Close-up of fiber optic cables
Close-up of fiber optic cables

a) innovation technologique et évolution des équipements : accélération

S’il a fallu 80 ans pour que 50% de la population française soit équipée d’automobiles, 70 ans pour le déploiement de la téléphonie filaire sur l’ensemble du territoire, 50 ans pour l’électricité, il n’a fallu que 20 ans pour que l’usage d’Internet se généralise.

b) l’équipement des ménages en Bretagne

                                  2012        2014
-téléphonie mobile  86%        92%
-ordinateurs            80%       83%
-usage internet       79%        83%

c) segmentation de l’utilisation d’Internet

c1 pour les ménages
-communication ( mail, skype…)
-information (drive,….)
-démarche administratives
-achats, ventes
c2 pour les entreprises
      évolution                                           2008     2015
-Site Web                                                  53%       78% ( communication )
-traçabilité produits                                57%       74% (logistique)
-Certificat électronique                          37% env 50% (sécurisation des transactions)
La marge de progression est encore importante au niveau des entreprises

d) évolution prévisible des équipements des ménages

En moyenne , en 2015 un ménage possède 6 écrans connectés , soit 2 à 3 téléviseurs, 1 smartphone, 1 tablette, 1 console de jeux ; en 2008 ce nombre passera à 9 écrans ; en 2022 12 écrans connectés .
Car la domotique va se généraliser , le prix d’équipement pour un pavillon étant déjà descendu à 2500 € contre 10 000€ il y a 5 ans.

Cette évolution aura un impact :
-sur l’emploi existant (ex mail / poste , drive/Grande Distribution…)
-sur le quotidien des citoyens dans des domaines divers (sécurisation des sites, contrôle énergétique des habitations, santé, éducation)
-dans l’industrie ( contrôle de la production, automobile connectée, visioconférence,….fibre_interieur)

Cette demande en forte croissance nécessite une augmentation des débits sur les réseaux ( débit descendant mais aussi débit ascendant)

2) le Très Haut Débit en Bretagne (THDB)

a) Inventaire des technologies existantes

– le satellite ( onde faible et partage des informations)
– Wi Max dans les années 2000 par onde téléphonique (signal dégradé)
– ADSL cable cuivre ( limitation à 250Mega)
– fibre optique (sans limitation en flux ascendant et descendant)

Si le temps de chargement d’un site prend 20 sec. par ADSL, il se réduit à 0.2sec par fibre optique.

schemab) équipements à réaliser en Bretagne pour la fibre optique

-connexions entre centres répartiteurs et centres sous-répartiteurs
-connexions entre centres sous-répartiteurs et usagers

c) le plan France du très haut débit

Le plan France très haut débit (THD) qui entend apporter le très haut débit à l’ensemble de la population française d’ici 2022, dont 80% en technologie FTTH (fibre à domicile) comprend la couverture des zones denses et moyennement denses (soit 57% des foyers) par les opérateurs  ; les collectivités se chargent, à partir de réseaux d’initiative publique (RIP), de couvrir les 43% restant. Le budget pour créer la future infrastructure de communications électroniques a été estimé à 20 milliards d’euros dont 6 à 7 seront supportés par les opérateurs et plus de 13 par les collectivités appelées à recevoir environ 3 milliards d’aides.

d)aménagement du territoire breton : initiative privée & initiative publique

En Bretagne, les opérateurs privés se sont engagés à déployer des réseaux de fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH) dans certaines villes et agglomérations l’initiative privée concerne 10% du territoire et 40% de la population : les territoires autour de Brest, Concarneau, Douarnenez, Fougères, Guingamp, Lannion, Lorient, Morlaix, Quimper, Rennes, Saint Brieuc, Saint-Malo, Vannes et Vitré.
Quid des 90% du territoire breton restant et de 60% de la population restante ?

e)la démarche publique bretonne

La Région a créé un syndicat mixte MEGALIS associant toutes les collectivités locales. Celles-ci regroupent toutes les tendances politiques afin qu’en cas d’alternance le projet soit mené à son terme.
canvase1 2 projets :
-couverture à 80% : coût 950 Millions €
-couverture à 100 % : coût 2,1 Milliards €
La couverture à 100% du territoire breton a été retenu.
e2 les raisons du choix
– L’économie de la Bretagne repose sur 3 fondamentaux :
.l’agro-alimentaire
.l’industrie automobile
.les TIC (Technologies de l’information et de la communication )
Ces 3 secteurs sont confrontés à une concurrence internationale exacerbée ,en provenance du monde asiatique pour les 2 dernières.
Le Japon par exemple a décidé de passer à la fibre optique à 100%, considérant que ce passage est un avantage compétitif de rupture.
Ne pas investir dans la fibre optique en Bretagne équivaudrait à terme à sortir la région des circuits commerciaux.

– le choix du 100% s’explique aussi la volonté de ne pas accélérer la désertification des zones non desservies (délocalisation régionale des entreprises par ex.)

La Bretagne est la seule région en Europe à avoir fait ce choix de 100%( l’Europe curieusement n’ayant pas cru devoir adopter une politique globale en ce domaine.)

f) le financement retenu

f1 le coût moyen  par prise installée
Ce coût est estimé à 2000 €;
Ce coût varie en fonction de la zone : de 800€ à 4000 €
f2 un financement forfaitisé au niveau breton
. 445 € à charge de l’EPCI local ( établissement public de coopération intercommunale)
. 1555 € par MEGALIS

INITIATIVE PUBLIQUE
INITIATIVE PUBLIQUE

g) axes de la politique de déploiement

  • géographique
    . priorité aux villes moyennes bretonnes (Carhaix, Loudéac, Redon, Lamballe,…) « fibrée » au même rythme que les villes équipées par le secteur privé ( horizon 2018)
    . une prise installée en milieu urbain = 1 prise installée en secteur rural
    . « boostage » des zones très mal desservies comme Guimaëc (inconvénient : elles attendront la fibre optique…)
  • dans le temps
    La Phase 1 prévoit
    ,entre 2014 et 2016 le déploiement de la fibre optique jusqu’à l’abonné pour environ 70 000 locaux (foyers, entreprises et services publics) situés dans 4 villes moyennes (Auray, Carhaix-Plouguer, Lamballe et Redon et l’équivalent en nombre de lignes dans 28 zones rurales –
    ,entre 2014 et 2018 le déploiement de la fibre optique pour environ 240 000 locaux (foyers, entreprises et services publics) situés dans 13 villes moyennes (Auray, Carhaix-Plouguer, Châteaulin, Dinan, Dinard, Lamballe, Landerneau, Loudéac, Paimpol, Ploërmel, Pontivy, Quimperlé et Redon ) et l’équivalent en nombre de lignes en zone rurale

Phase 2 : 2019/2023     400 000 prises
Phase 3 : 2024-2030     627 000 prises
Ce phasage était nécessaire pour les raisons suivantes :
– phase d’apprentissage pour les entreprises qui installent la fibre avant la montée en puissance
– déficit de personnel qualifié
– obtention des financements
– un recensement ajusté des besoins en tenant compte du développement futur ( projet de constructions, etc)
– des difficultés imprévues ( élagage pour les réseaux aériens, passage enterré dans les propriétés privées)

-la complexité des réseaux sur le territoire

h) décision d’équipement

Cette décision de déploiement  appartient à le l’EPCI local (c-à-d l’intercommunalité)

i) équipement de la zone de Morlaix

. Morlaix est en cours d’équipement avec boostage en zones périphériques
. Lanmeur équipement en raison de l’Hôpital
. la zone côtière léonarde pas de demande hors boostage
. zone landivisienne : en demande d’équipement

j) coût pour l’usager

. proposition commerciale particulier : 49,99€/mois
. pour entreprise : 400€/mois (tarif aménagé)

k) opportunité d’emploi

Ce chantier va s’étaler sur 15 ans : les entreprises de génie civil comme Vinci sont à la recherche de personnel local qualifié ( formations existantes de 6 mois)

En conclusion

Au delà des difficultés techniques et technologiques, au-delà de la gestion de l’impatience de certains usagers en attente de desserte , la prolifération des appareils (interconnectés en temps réel) d’évaluation et d’auto-contrôle des individus et de leurs activités conduit insidieusement mais inexorablement aux portes d’une société « orwellienne » . Véritable défi que devra affronter la société de demain, non la société d’aujourd’hui..

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Nota : la zone de Langolvas en sous-équipement actuellement devrait bientôt voir arriver la fibre… : une entreprise a quitté la zone récemment en raison de l’insuffisance de réseau (NDR)

 

Réf :CY-JXI27

cr-bretagne-connectee-gwenegan-bui2016

De la Bretagne Est/Ouest : de sa vocation… touristique et…improbablement maritime par Joseph Le Bihan

L’Institut de Locarn

est un centre de prospective économique,fondé par Joseph Le Bihan, situé en plein centre  de la Bretagne intérieure, à Locarn (22).

Joseph Le Bihan

Expert en prospective économique,spécialiste des dynamiques territoriales dans le contexte de mondialisation, Jo Le Bihan publie, en 1993, « Genèse de l’Europe unifiée dans le nouveau monde du XXIe siècle ».

la-france-den-haut4ème de couverture :

« La bourgeoisie triomphante du XIXe siècle a disparu. Ses petits-enfants se fondent désormais dans le décor d’anciens quartiers populaires, célèbrent la mixité sociale et le respect de l’Autre. Finis les Rougon-Macquart, bienvenue chez les hipsters..

Bénéficiaire des bienfaits de la mondialisation, cette nouvelle bourgeoisie en oublie jusqu’à l’existence d’une France d’en bas, boutée hors des nouvelles citadelles que sont devenues les métropoles.

Pendant ce temps, dans la France périphérique, les classes populaires coupent les ponts avec la classe politique, les syndicats et les medias. Leurs nouvelles solidarités, leur souverainisme n’intéressent personne. Le grand marronnage des classes populaires, comme avant elles celui des esclaves qui fuyaient les plantations, a commencé. On croyait la lutte des classes enterrée, voici son grand retour…. »

Christophe Guilly est géographe. Il est l’auteur de deux essais très remarqués Fractures françaises et la France périphérique

 

carte-de-bretagne-gallo-romaine-traditionnelle

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La route maritime du Nord
La route maritime du Nord

 

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Petite histoire illustrée du jazz (1945-2010)

guillaume-kosmickiPetite histoire illustrée du jazz  par Guillaume Kosmicki
De 1945 à nos jours

 

Cette histoire du Jazz reste centrée sur les USA , pays qui a vu la naissance de cette musique mais qui en perd l’exclusivité à partir des années 60.
1941-1942 sont des années charnières dans l’histoire du jazz : les noirs américains   se réapproprient leur musique en la transformant en « art music », c-à-d en musique savante .

a) l’ère du Be Bop (1940 – 1945)

Au début des années 1940, les afro-américains donnent ainsi naissance au Be-Bop. Tempos ultras rapides, petites formations, virtuosité époustouflante, innovations harmoniques et rythmiques : la rupture est brutale et emmenée epistrophy-jpegpar Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Charles Mingus. Phase d’intellectualisation du jazz. Base : New York
Morceau d’illustration  : Epistrophy de Thelonius Monk

b) le Cool Jazz

En 1949, Miles Davis, jeune trompettiste qui s’est frotté aux plus grands jazzmen ,innove en travaillant la sonorité et non plus la virtuosité.
Les différents titres regroupés plus tard sur un album « Birth of the cool » illustre ce nouveau courant : legato ou birth-of-the-coolune liaison des notes successives en un seul mouvement continu.
Autre référence : Chet Baker
Morceau choisi  : Take five
Ce courant appelé également West Coast ou White Jazz, car repris par des blancs de Californie est vite délaissé par les musiciens noirs.

c) Le Hard Bop

charles-mingusCe courant se différencie du Be Bop par moins d’accords, de cassures de rythmes. Cette musique qui reste complexe se replonge dans les racines du jazz, dans le rythm’ n’blues, le gospel , le negro-spiritual et la technique call-response.
Elle accompagne la période des grands mouvements pacifiques contre la ségrégation ( boycott des transports)
Morceau d’illustration : Wednesday night prayer meeting de Charles Mingus

d) Modal Jazz

ascensur-pourlechafaudMiles Davis innove une nouvelle fois : simplification à l’extrême de la grille harmonique : 3,2 voire 1 seul accord. La ligne mélodique seule donne le son du jazz.
Le morceau « Julien dans l’ascenseur » ne contient qu’un seul accord, la mélodie donnant la couleur de l’ensemble.
Morceau d’illustration :
So what par Miles Davis

e) Free Jazz – années 60 – (New Thing)

L’expérimentation la plus extrême : liberté totale, abolition des thèmes, des chorus. La performance (improvisation) devient plus importante que le morceau .Le free jazz se voulait être aussi une libération culturelle profonde pour la population noire américaine dont certains membres s’étaient radicalisés ( Black Panthers)
Ornette Coleman intitule un disque de 1960 Free Jazz: A Collective Improvisation, où un double quartet _archie-shepp_the-magic-of-ju-juimprovise simultanément , Coleman faisant la liaison entre eux.
Quelques grands noms :-Ornette Coleman ( disque:This is Our Music en 1960)- John Coltrane-Archie Shepp-Sun Ra

Morceau : The magic of Ju-ju par Archie Shepp

f) « Controlled freeedon » Jazz

Moins radical , ce type de jazz conserve thème et chorus mais à la limite de la dissolution
Artistes : Miles Davis ,

g) Jazz Fusion ( à partir des années 80)

getz-gilberto_Le brassage urbain, la mondialisation vont faire évoluer une nouvelle fois le jazz qui va emprunter à toutes les musiques : rock, funk rap, classique, abolissant toutes les frontières.
Morceaux d’illustration :
The girl from Ipanema Gilberto Gil / Stan Getz
Honky Tonk par Miles Davis
Sextant ou Chameleon d’Herbie Hancock

………………………

a) De nos jours, 3 tendances se dégagent :
courant historique ( be-bop, new orleans) ou neo bop
représentant : Wynton Marsalis Autumn leaves
un courant populaire
new-conception-of-jazz_rfusion avec le rap, la techno : New Conception of Jazz
un courant expérimental
à la recherche de nouvelles sonorités ,de nouveaux rythmes .Steve Coleman est l’un de ses représentants

. La grande figure du Jazz de ce demi-siècle : Miles Davis par son coté novateur de ses débuts à la fin de sa carrière(cool jazz, modal jazz, jazz fusion).

…………………………………………………………………………..

Réf CYJXI01miles_davis_

 

«L’Afrique, enjeu de rivalités de puissances»

«L’Afrique, enjeu de rivalités de puissances»

par Alain COLLASalain-collas-_2059447

 

« L’Afrique est-elle mal partie ? » En élargissant à l’ensemble du continent africain le propos tenu dès  1962 par René Dumont sur l’Afrique Noire. Certains spécialistes partagent encore ce point de vue sur ces territoires qui ne semblent connaître que sécheresses, famines, épidémies, guerres civiles et autres désolations.
D autres experts pointent toutefois des signes encourageants laissant à penser que certains pays deviendront sous peu des pays dits « émergents »
Quelle est la réalité ?

A) Un continent avec ses spécificités propres

Conférence de Berlin 1884
Conférence de Berlin 1884

L’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20 % de la surface des terres émergées. Son PIB représente en 2015 moins de 5% du PIB mondial. Son PIB/hab est inférieur au 1/3 du PIB/hab mondial. La part de l’Afrique en 2012 dans le commerce mondial est inférieur à 3%(pétrole, minerais, produits alimentaires : produits principaux exportés).
Au XIXe siècle, la colonisation partage l’ensemble de ce continent entre les métropoles européennes, la France et le Royaume-Uni au premier chef, le Portugal ,l’Allemagne, la Belgique et l’Italie pour quelques miettes
Dans les années 60, la quasi-totalité des 55 Etats accèdent à l’Indépendance en conservant les tracés de 1884 .

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A1 une démographie galopante

afrique_population-zones– L’Afrique compte actuellement 1,1 milliard d’habitants ; ils seront 1,5 milliard en 2030 et 2 milliards en 2050 soit le 1/5 de la population mondiale.
– 63% ont moins de 25 ans : un véritable réservoir de main-d’œuvre
car de plus le taux d’alphabétisation est proche de celui de la Chine de 1980, au moment de son décollage économique ( avec toutefois de fortes disparités régionales)

A2 des ressources abondantes

L’Afrique dispose sur son territoire des capacités à nourrir ces 2 milliards d’habitants sur la base de son alimentation actuelle.
Par ailleurs le sous-sol de l’Afrique recèle des gisements ( pétrole, minerai, terres rares) qui lui permettent d’assurer afrique-ressources-naturelles1 afrique-carte-indice-de-developpement-humainson développement : certains pays ont en outre un IDH(Indice de Développement Humain) susceptible d’assurer un décollage économique.

 

 

 

 

 

A3 des inégalités profondes

Ces ressources abondantes sont malheureusement loin d’être toutes mises en valeur ou sont tout simplement pillées pour les raisons suivantes :
facteurs géographiques
Des sécheresses à répétition depuis 40 ans conduisant à des famines ont bouleversé les sociétés des pays concernés en entraînant des déplacement de populations : des pasteurs migrent pour rechercher des nouveaux pâturages pour leurs bêtes entrant en conflit avec des agriculteurs sédentaires, faisant renaître des rivalités ancestrales et déstabilisant certains pays
La mondialisation qui a soumis le prix des matières premières alimentaires aux variations de cours mondiaux ( hausse des prix entraînant les émeutes de la faim en 2008 au Cameroun et au Sénégal par exemple)
Une urbanisation, récente, massive et chaotique
.des villes champignons telle que Lagos avec un centre «  sur le modèle occidental  » entouré de bidonvilles où le luxe côtoie la misère la plus profonde sont des lieux de tensions (économiques, ethniques, linguistiques et religieuses)

Nouadhibou
Nouadhibou

.des poches de modernité créées de toutes pièces pour s’intégrer dans la mondialisation ex : Nouhadibou en Mauritanie bâtie sans plan d’urbanisme est un port tourné vers l’export des matières premières. La divergence de mentalités d’ une ville ,nouvelle frontière avec la modernité ,et l’ancienne capitale administrative Nouakchott peut être source de dislocation du pays.

des facteurs historiques
La conférence de Berlin de 1885 a délimité les zones d’influence des pays européens en Afrique .A quelques exceptions près , l’accès à l’indépendance n’a pas remis en cause ces tracés
Par son commerce des esclaves, l’Afrique avait appauvri son continent et favorisé de ce fait la prise de contrôle par les Occidentaux.

Religions en Afrique
Religions en Afrique

La mise sous tutelle par les Européens a laissé des traces :
-sur le plan culturel ( langue française/ langue anglaise, politique,droit…)
-sur le plan religieux (catholicisme/protestantisme)
Les élites traditionnelles sur lesquelles s ‘étaient appuyées les Britanniques ont retrouvé à l’indépendance la totalité des pouvoirs politiques ;
La France avait quant à elle forgé une nouvelle élite dont une partie s’était intégrée aux rouages de la RF( ministre, présidence d’assemblée nationale ), délaissant l’élite traditionnelle.
A l’indépendance, cette nouvelle élite est restée étroitement liée à l’ex-puissance coloniale.
Jusqu’en 1989, l’Afrique avait fait l’objet d’attention de la part de l’Occident qui craignait de voir tomber dans le giron soviétique les nouveaux états indépendants.
A l’effondrement de l’ours russe en 1991 , l’Occident s’est désintéressé de l’Afrique qui a dû affronter des difficultés économiques , les aides au développement étant réduites ou suspendues à des réformes démocratiques .Cette décennie du chaos a été marquée par des guerres civiles, aboutissement paradoxal des processus démocratiques engagés
En 2001, revirement de l’Occident qui craint de voir se développer des bases terroristes sur le sol africain

B l’Afrique , enjeu de nouvelles puissances

richesses-convoiteesb1 sur un plan économique
Longtemps restée le pré-carré des franco- britanniques, lors de la décolonisation (fin des années 50) , le continent s’ouvre à d’autres puissances :
-les USA dès les années 60 : les Compagnies pétrolières Exxon, Mobil s’intéressent essentiellement au pétrole off-shore du golfe de Guinée et au pétrole soudanais
et plus récemment
-La Chine qui convoite le pétrole africain pour assurer son développement économique et les terres fertiles pour alimenter son peuple.
Depuis 2009, la Chine a dépassé les Etats-Unis pour devenir le plus grand partenaire commercial de l’Afrique. En 2012, le volume du commerce chineafriqueChine-Afrique a atteint environ deux fois celui du commerce Etats-Unis-Afrique.
A 200 milliards USD sont évalués les échanges commerciaux entre Chine et Afrique en 2015 ( avec un objectif de doublement d’ici 2020). La Chine importe du pétrole et des minerais des pays producteurs (Angola, Zambie, Afrique du Sud, etc.) et elle exporte ses textiles, ses téléphones ou ses voitures…
2500 sociétés chinoises implantées en Afrique dans les secteurs des mines du pétrole de l’énergie en des télécoms, de la construction et des infrastructures de transport.
land-grabingLe montant des financements publics chinois s’est élevé à 75 milliards USD en Afrique entre 2000 et 2011. Pékin a séduit de nombreux Etats africains en leur proposant une offre cousue main : les services de ses entreprises et son aide financière. aide liée, qui sert à acheter des biens ou des services chinois. Toutefois, si la Chine n’est pas rebutée par les régimes dictatoriaux , elle n’apporte pas les retombées économiques que pourrait attendre l’Afrique : en effet elle importe ses machines de l’empire du milieu, emploie des salaries chinois payés au tiers du salaire chinois…

-l’Inde
1,3 million d’Indiens sur le continent
en forte progression, le commerce entre l’Inde et le continent totalise un volume d’un peu plus de 60 milliards de dollars en 2015 (+ 42 % depuis 2008).
Avec retombées économiques dans les pays concernés

-le Vietnam

Tous produits et secteurs confondus , les échanges globaux entre le Vietnam et l’Afrique (exportations et importations) auraient totalisé $ 14,5 milliards en 2015, dont $ 3,5 milliards d’exportations vietnamiennes, en hausse de 200% par rapport à 2010.

-l’Allemagne en investissant dans le secteur automobile à l’intention d’une nouvelle classe moyenne supérieure en cours d’émergence
-le Brésil dans les ex-colonies portugaises

-la France
ses intérêts ne sont pas négligeables puisqu’ils représentent 17% de ses exportations (28 milliards d’euros en 2011 et 26 milliards pour les importations).
Toutefois , la France semble dépassée sur le plan économique et son influence s’appuie sur ses interventions militaires comme à l’heure actuelle au Mali et en Centre Afrique,
B2 sur le plan politique
Les puissances émergentes essaient de créer des zones d’influence en vue d’orienter les votes dans des organisations type ONU.

C) conséquences actuelles et à long terme sur le continent africain

  • afrisue-et-petrolepétrole et conflits
    Sur le long terme, la raréfaction du pétrole et en voie de conséquence la remontée des prix rendront rentables des gisements inexploités à l’heure actuelle : la lutte pour le contrôle de ces gisements va mener à la déstabilisation politique de certains états : conflits à venir.
  •  émigration – drogue
    La forte croissance démographique, si elle n’est pas accompagnée d’une croissance économique équivalente va mettre sur les routes de l’exode des millions de jeunes africains.
    Par ailleurs la drogue en provenance de l’Amérique latine transite par l’Afrique pour arriver en Europe, flux-migratoiresempruntant au passage les mêmes circuits que ceux de l’émigration et alimentant le commerce des armes sur ces lieux (Touareg en révolte contre l’état central, djihadistes de tout poil)
    les conflits religieux
    L’avancée de l’islam dans sa version la plus radicale sur des territoires christianisés et occidentalisés s’appuie sur la misère et le manque de perspectives des peuples africains. (politique ambiguë de l’Algérie qui conforte sur sa bande saharienne certains groupes terroristes pour bénéficier de fonds américains de lutte contre le terrorisme… )

Des incertitudes pèsent donc sur l’avenir de l’Afrique

popdensitesafriquea)Des pays à fort potentiel de développement tels que le Nigeria, l’Ethiopie, le Maroc pourraient devenir des pays émergents mais ils ne sont pas à l’abri d’instabilités politiques qui pourraient réduire à néant tout espoir de développement
b)l‘Afrique a fourni un effort important de scolarisation et de formation : cette classe moyenne supérieure restera-t-elle dans les pays occidentaux où elle a été formée ou reviendra elle en Afrique : le développement futur peut s’évaporer par manque de capital humain
c)alimentation de la population africaine
L’Afrique a le potentiel pour nourrir ses 2 milliards d’habitants à condition que :
.les cultures végétales traditionnelles ( manioc, blé) restent les produits de base
.les excédents occidentaux ne viennent pas détruire par des prix cassés les productions locales
.la maîtrise de l’eau soit optimisée ( puits, barrages adaptés…)

.
afrique-conflitsL’Afrique pourra-t-elle un jour prendre véritablement en main sa propre destinée  ? Rien n’est moins sûr? (le potentiel existe au Nigéria, au Maroc ou en Ethiopie notamment, l’ Afrique du Sud étant un cas à part). Mais la multiplication des intervenants économiques d’origine étrangère en compétition dans l’accaparement des ressources naturelles risque d’ exacerber  la déstabilisation politique sur le continent.
Les pays abondamment dotés en ressources naturelles voient leurs institutions sapées par les comportements de recherche de rentes et le clientélisme(malédiction de la rente!), or le capital institutionnel s’avère déterminant dans la trajectoire de croissance à long terme et de décollage économique.

Par ailleurs, la quarantaine d’interventions militaires françaises sur le continent depuis 1960 n’est pas également un signe encourageant. Les budgets alloués à ces interventions(qui s’avèrent incapables d’aboutir à des solutions politiques durables) ne seraient-ils pas plus utiles dans des projets d’aides au développement (de l’agriculture notamment)? Car seul le développement économique est à même de vaincre la misère , terreau des rébellions et du terrorisme;

 

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Réf CYJ16oct1

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caravanes en Afrique
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