LES TRIBULATIONS DES BRETONS EN CHINE : de la Renaissance à nos jours

Conférence du 26 mars 2020, à 14h30, au Parc de Langolvas

par monsieur Roger Faligot, journaliste reporter et écrivain

LES TRIBULATIONS DES BRETONS EN CHINE

de la Renaissance à nos jours

Étonnante épopée sur cinq siècles  
présentée par Roger Faligot à l’UTL de Morlaix !

D’entrée de jeu, il révèle le périple de Pierre Malherbe, ce Vitréen qui fut le premier homme à faire le tour du monde par voie terrestre, premier Breton et ressortissant du royaume de France à se rendre en Chine en 1596. « Quel pays prodigieux ! » dira-t-il.
Puis au fil des siècles, des milliers d’Armoricains, aventuriers, marchands, missionnaires ou soldats, hommes et femmes des cinq départements se sont retrouvés dans l’empire du Milieu. On pense aux « incorruptibles bretons », ces policiers qui combattent la mafia chinoise à Shanghai en 1930, dont les inspecteurs Victor et Jean Mazé de Morlaix, ou aux résistants du Cercle Armor face à l’invasion japonaise en 1937. Et tant d’autres.
Ce livre illustré souligne le rôle central de ces Bretons dans la présence française à la façon du rôle que jouèrent les Écossais dans l’empire britannique en Asie.
Des militaires bretons au service de la France du XIX
siècle sont au premier rang dans la guerre de l’Opium, le sac du Palais d’Été de Pékin, ou la guerre des Boxeurs.
L’ingénieur lorientais Prosper Giquel construit l’arsenal de Fuzhou et la flotte de combat chinoise. S’alignent des portraits de prêtres et de scientifiques qui jouent un rôle dans la modernisation du pays : à commencer par le Père Froc, de Brest, qui organise la protection des marines marchandes contre les typhons…
C’est l’époque où Jules Verne publie son best-seller
qui relate le conflit entre la Chine qui se modernise et le mouvement révolutionnaire. Un Jules Verne, ne l’oublions pas, qui rappelle volontiers qu’il est Breton car né à Nantes et fils d’une Morlaisienne…
Ce livre relate aussi le rôle des médecins brestois de la Marine, autour de Victor Segalen et des frères Mesny, qui se trouvent au cœur de la guerre contre les épidémies de peste pulmonaire qui fait tant songer au Coronavirus.
D’autres ont accompagné la Révolution de Mao, tel le Nantais Jean Cremet qui arme en 1930 les maquis de Deng Xiaoping, l’ex-ouvrier de chez Renault en France qui, devenu président en 1982, va « ouvrir la Chine »…
Avec la « reconnaissance » de la Chine rouge par le général de Gaulle, et le rôle de l’ambassadeur Etienne Manac’h (de Plouigneau), les Bretons ont été pionniers, dans les jumelages (Bretagne-Shandong), et la diplomatie parallèle culturelle de l’Abbaye de Daoulas menée par Jean-Yves Cozan et Jean-Jacques Cleach, maire de Morlaix. Ce qui n’empêche pas d’organiser la défense des dissidents chinois de 1989, dans laquelle des Morlaisiens jouent un rôle.
Au XXI
siècle, le dynamisme des Bretons intervenant sur la Chine ne faiblit pas : ils constituent de réseaux efficaces dans les domaines de la coopération scientifique ou de la stratégie économique (s’adossant sur la culture bretonne que les Chinois découvrent avec ravissement).
En pleine rébellion de Hong Kong depuis 2019 contre le pouvoir répressif de Pékin, en pleine guerre économique qui voit s’affronter la Chine et l’Occident, et au moment où se développe la pandémie du
ce livre offre un éclairage nouveau sur un pan méconnu de l’Histoire des Bretons et de leurs relations internationales.

 

 

Quand le Brexit jette le trouble dans les Iles Britanniques, en Ecosse et au Pays de Galles

Conférence du Jeudi 19 Mars à 14h au Parc de Langolvas

par Monsieur Jean Guiffan, agrégé d’Histoire

Quand le Brexit sème le trouble dans les îles britanniques

 

Co-auteur de nombreux ouvrages collectifs (notamment sur la Bretagne et l’Irlande) et de plusieurs manuels scolaires pour l’enseignement secondaire (Colin, Belin et Hatier). Co-auteur de l’Histoire du XXe siècle (s.d. Serge Berstein & Pierre Milza). Hatier 2017

Si les Britanniques ont décidé à une faible majorité de quitter l’Union Européenne, l’Écosse, l’Irlande du Nord et une partie du Pays de Galles ont voté contre le Brexit, ce qui met à mal l’unité du Royaume-Uni. Le compromis trouvé pour éviter le rétablissement d’une frontière douanière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande risque non seulement de faciliter à long terme la réunification de l’île, mais aussi de susciter à nouveau des velléités d’indépendance des Écossais qui ne bénéficieront pas au plan douanier du même statut que les Irlandais du Nord

LES ABBEILLES SAUVAGES DE BRETAGNE AU SERVICE DE LA POLLINISATION

Conférence du 9 avril 2020 à 14h , au Parc de Langolvas

Par monsieur Gilles Mahé,
Naturaliste spécialisé sur l’inventaire des abeilles sauvages .

LES ABBEILLES SAUVAGES DE BRETAGNE AU SERVICE DE LA POLLINISATION

D’après l’UNESCO, « les espèces s’éteignent dans le monde à un rythme environ 100 fois supérieur au taux moyen observé dans l’histoire de la Terre et des millions d’autres espèces sont d’ores et déjà condamnées à une extinction future.
« On s’intéresse aux oiseaux, aux grenouilles, aux chauve – souris, aux plantes, mais on ne fait pas l’inventaire des abeilles déclarait Gilles Mahé au début des années 2000. Pourtant, 80 % des espèces végétales dans le monde dépendent de la pollinisation par les insectes. Les plantes ne se déplacent pas. Dame Nature a donc mis en place un système de transport du pollen, des fleurs mâles vers les fleurs femelles. Diptères, coléoptères, papillons, tous participent à cette grande œuvre, mais les abeilles sont les plus efficaces ».

Selon Gilles Mahé, il existe en France un millier d’espèces d’abeilles. On connaît l’abeille mellifère (qui fabrique le miel que nous dégustons), mais connaît-on les 999 autres espèces ? La plupart sont velues. Elles se nourrissent de nectar et transportent le pollen pour nourrir leurs petits, assurant ainsi la pollinisation nécessaire.

Léonard de Vinci, La science de la peinture

Léonard de Vinci, La science de la peinture

Conférence du 30 avril 2020 au Parc des Expositions de Langolvas

présentée par Madame  Christine de Langle   , Historienne de l’art 

Léonard de Vinci, « homme sans lettres », cherche à repousser les limites du savoir par une curiosité qui aborde tous les aspects de la connaissance. Scientifique, ingénieur, anatomiste, architecte, botaniste, musicien, sculpteur, c’est la peinture qui résume toutes ses recherches. L’étude de quelques peintures de Léonard rend visibles cette géniale synthèse entre art mécanique ou « cosa mentale ».

A savoir :

Christine de Langle , Historienne de l’artChristine de Langle par Cercle K2
          Licence d’Art et d’Archéologie à Paris- IV Sorbonne et                diplôme de l’Ecole du Louvre,
          Conférencière des Musées Nationaux 1981-2002
          Enseignante à l'Ecole du Louvre 1986 -2003
          Depuis 2017, elle enseigne au Centre des Hautes Etudes              Militaires (CHEM), à l’Ecole Militaire, Paris.
En 2002, Christine de Langle fonde Art Majeur, (  www.art-majeur.eu ) cabinet conseil qui propose aux organisations un temps de respiration et de questionnement nécessaire à toute vision stratégique.
Parmi ses publications :
 Le Dico atlas de l'Histoire des Arts, Belin 2010
 Le Dico atlas des Peintres, Belin 2012
 Le Dico atlas des Sculpteurs, Belin 2014
 Membre du comité de rédaction de Défense, revue de l’Union-IHEDN
Distinction  :  Chevalier des Arts et Lettres

La mémoire retrouvée des républiquains espagnols

Conférence du 18 juin 2020 à 14h, 

par Mme Gabrielle Garcia

Conf La mémoire retrouvée des rép…….

La mémoire retrouvée des Républicains espagnols

L’exil des Républicains espagnols en Bretagne et leur participation à la 2nde Guerre Mondiale aux côtés des Français – tout particulièrement dans la Résistance – a été longtemps méconnu. L’ouvrage La mémoire retrouvée des Républicains espagnols, le travail de Gabrielle Garcia et de l’association »MERE 29″  dédié à la mémoire des vaincus de la Guerre d’Espagne arrivés en Bretagne à partir de 1939, contribuent à la reconnaissance de ce volet de leur histoire.

Lors d’un 1er passage à l’UTL de Morlaix en 2017, Gabrielle Garcia a commenté le film d’Alain Gallet « La lettre à Gabrielle« , une mémoire qui se situe entre l’Histoire et l’intime; aujourd’hui, elle nous présente son dernier livre, « Resisitir« , une enquête mémorielle portant sur l’exil en Bretagne, des soldats de la République espagnole, de la Retirada à la Résistance (1939-1945).

Ce travail collectif qui révèle le besoin de reconnaissance d’un passé occulté en Espagne, témoigne de la détermination des descendants de ces exilés -qu’ils soient citoyens français ou espagnols- à se réapproprier leur histoire et d’une demande légitime de réparation symbolique. Le documentaire « Le silence des autres » en est l’illustration.

M André RIO

Hommage à M. André RIO

L’Université du Temps Libre du pays de Morlaix vient de perdre un de ses membres éminents.
C’est avec peine que nous avons appris le décès de André RIO dans sa 94ième année ; il était dans l’équipe fondatrice de notre Association en 1981 et a assumé la présidence pendant dix ans. Paul LE RUMEUR, qu’il avait connu dès 1938 à l’Ecole Gambetta de Morlaix lui a succédé pour une période de dix ans.

Aujourd’hui l’UTL du Pays de Morlaix regroupe un peu plus de 600 membres .
André RIO restera au Conseil d’administration au titre de Président d’honneur, pouvant ainsi faire bénéficier notre association de ses sages conseils.
André RIO a fait ses études secondaires au Lycée de Morlaix notamment pendant la dernière guerre 1939- 1944 ; il vivra le déménagement du Lycée, réquisitionné par l’armée d’occupation, près de l’Eglise Saint Melaine puis au Château de Bagatelle à Saint Martin des champs, période marquée pour ces jeunes lycéens morlaisiens par le bombardement du viaduc de janvier 1943. Il poursuit des études supérieures à la Faculté des Sciences de Rennes en Physique et Chimie puis il obtient le titre d’Ingénieur à l’École Nationale Supérieure des Industries Chimiques de Nancy (ENSIC de Nancy), prolongé par un Doctorat en Sciences Physiques.
Après ces brillantes études, il s’engage dans l’Industrie à la Société Rhône-Poulenc pour la recherche industrielle dans le domaine de la chimie des macromolécules polymérisées, en clair la chimie des matières plastiques qui sont en large développement à cette époque vers 1950 et popularisé par l’apparition des Nylon, Tergal, soies artificielles pour l’habillement ; il sera titulaire de Brevets dans ce domaine.
Après sa carrière d’ingénieur-chercheur- enseignant vient le temps de la retraite au moment où se mettent en place les Associations d’Universités du Temps Libre ( ou Associations du Troisième Age) sur tout le territoire national sous la houlette des Universités, l’Université de Rennes puis Brest pour ce qui nous concerne.
Sollicité en 1981 pour la création d’une UTL dans la région morlaisienne, il s’est largement engagé car l’inactivité physique et intellectuelle n’est pas dans sa perspective de nouveau retraité.
Tout le passionne dans la grande discrétion avec un souci de vulgarisation et en conservant la rigueur scientifique, mais ouvert aux échanges dans tous les domaines.
Au sein de l’UTL il animera pendant plusieurs décennies un Atelier de connaissances des algues et un Atelier de connaissances scientifiques.
Des anciens se souviendront longtemps d’André RIO chaussant les bottes pour explorer les grèves du Diben, de l’Ile Grande, de Callot, de Saint-Pol-de-Léon à la recherche de « l’algue rare ». Ces échantillons seront ensuite observés, identifiés sous microscope ; mais il saura associer la connaissance scientifique approfondie au convivial en organisant des repas du groupe lors des sorties. Il concrétisera ses connaissances et leur vulgarisation dans un ouvrage spécialisé diffusé en 2001 dans le cadre de l’UTL de Morlaix sous le titre Guide Illustré des Algues de Bretagne, comportant 500 photographies dont un grand nombre prises au microscope. Chaque participant s’est constitué un alguier à partir de ses récoltes.
Il a animé aussi pendant trente-cinq années l’Atelier de connaissances scientifiques. Emporté par les formules développées des polymères ou les développements de la théorie quantique, il faisait notre admiration malgré quelques décrochements des auditeurs. Il fallait parfois faire des digressions de détente en évoquant l’existence de Dieu ou le grand Architecte le Créateur de l’Univers.
Il était passionné de sciences, de toutes les sciences physiques, chimie, biologie, astronomie, génétique, tout azimut ; il était un lecteur assidu des revues scientifiques de haut niveau, aimant transmettre et convaincre de la démarche scientifique mais il ne dédaignait pas de s’intéresser à la destinée humaine et d’en débattre.

Joseph Le Ber

ancien vice-président 

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Je me souviens

Je me souviens…

A la manière de l’écrivain Georges Perec, «Je me souviens»

Je me souviens… du temps de l’UTL
Je me souviens… du parking bondé le jeudi après-midi et de la salle trop petite pour accueillir tous ces utéliens curieux et motivés
Je me souviens… des conférenciers venus des 4 coins de la Bretagne et d’ailleurs, pour nous arracher à nos envies de sieste et combler notre soif de connaissances
Je me souviens… des rendez-vous au petit matin pour nos sorties vers des hauts lieux de la Bretagne (châteaux, manoirs, chapelles..) et vers des lieux plus improbables (cactuseraie, élevage d’escargots…)
Je me souviens… de Ninon et de Ronan transformés en techniciens du son et de l’image pour organiser les ateliers de cinéma avec Philippe, notre maître en filmologie
Je me souviens… des derniers ateliers d’histoire de l’art animés par Sonia sur le thème du «Rêve»
Je me souviens… de l’éclectisme de Guillaume pour nous initier aux arcanes de la musique médiévale et contemporaine …. A quand les ateliers sur les «Raves»?
Je me souviens… d’Yves-Marie nous contaminant au virus de la philosophie sans masque ni test
Je me souviens… de nos ateliers lecture où nous partagions notre goût pour les livres et les desserts
Je me souviens… vous vous souvenez? de tous les autres ateliers et activités (science, breton, écriture, photo, voyage… )
Je me souviens… qu’il y a et aura toujours, je l’espère, des bénévoles actuels et futurs pour que… vive l’UTL du pays de Morlaix!!!

Si vous le voulez, vous pouvez à votre tour poursuivre cette liste de souvenirs…
« Je me souviens… »

Le guetteur élégant

Le guetteur élégant

Patricia JONCOUR.

Si, ce jour-là, en sortant des Morlaisiennes, vous ne vous étiez pas retrouvés au milieu de cette bande de lycéens chahuteurs… vous auriez peut-être levé la tête et auriez apprécié le rayon de soleil, tel un rai de projecteur, posé pile poil sur le guetteur élégant qui, du faîte du toit qui domine la rue des lavoirs, depuis des décennies regarde les passants sans être vu : le chat en terre cuite.

Etonnantes vacances

Etonnantes vacances

Patricia JONCOUR.

Dans le village d’Anne Sylvestre, j’avais acheté une drôle de charrette.
Un copain, lui, avait deux juments et ne savait pas quoi en faire pendant l’été.
– Je vais m’occuper de tes juments.
J’ai acheté une grande bâche, je l’ai installée et ça faisait un chariot western tout à fait crédible.
J’ai attelé les deux juments, j’ai rasé ma barbe pour passer inaperçu et suis parti. Lyon, Avignon, Loumartin, et retour avec un ami guitariste : un périple de 600 km cahin-caha.
On dormait à tour de rôle dedans et dessous : le véhicule était à nos mesures.
Une des juments était à peu près dressée. L’autre n’avait jamais rien fait, mais quand nous sommes revenus elle faisait des créneaux.
Un souvenir mémorable, ces deux mois de vacances en corbillard hippomobile !

Emission Estivalitude du 11 juillet 2019, sur France inter

Railleries

Railleries

jcls

C’était au temps du cinéma muet et cela continua bien après le Technicolor. Le train était encore un cheval de feu aux naseaux fumants qui stoppait son galop et s’arrêtait dans les relais petits ou grands, les gares. Jean voyagea dans ces machines à vapeur et patienta souvent dans les salles d’attente ou les halls.
Il n’est plus très jeune. Pas trop vieux non plus car il se comporte à présent en homme moderne : ordinateur, tablette, téléphone mobile, avion une fois l’an, voiture équipée d’un régulateur de vitesse et d’un GPS. Bientôt il osera les courses au Drive. Sa pratique de la langue française s’enrichit chaque jour de mots nouveaux : Google, Facebook, fake news, Youtube, Brexit et tant d’autres.
Le stylo lui sert encore pour les mots croisés qu’il affectionne. Il confesse écrire ses messages et SMS sur le clavier de son ordinateur… d’un seul doigt.
De quoi étions-nous en train de parler ? Du train justement. Reprenons-le en marche. Elle était haute, la marche, et souvent double. Je m’égare, je déraille. Vite revenir sur la bonne voie. Lorsque Jean était pensionnaire, c’était le cœur gros qu’il retournait au lycée le lundi matin au rythme lancinant des tac-tac tac-tac des wagons et des tchou-tchou de la locomotive. Plus tard le Rapide le déposa quasiment à la porte de la caserne où il devait accomplir ses classes de soldat. Le service militaire n’était pas une vocation mais ce n’était quand même pas la guerre !
Il était à 600 km de chez lui. Lors de sa première permission il décida de rentrer en autostop. Il ne voulait pas perdre une minute et le train partait deux heures plus tard.
C’était parti pour lui… ou plutôt non. Il leva souvent son pouce avant qu’une première guimbarde daigne s’arrêter. Une éternité passa (avec elle une myriade de voitures l’ignorèrent) avant qu’il soit enfin rendu chez lui. Par le rail il serait arrivé cinq heures plus tôt.
Depuis ce jour il ne snoba plus jamais le train ou la Micheline.
Jean est nostalgique des machines d’antan. Haro sur les trains d’enfer qui confondent vitesse et précipitation. Il prend son temps. Il défend le train-train quotidien qu’il combattait hier. Jean assume son rythme lent que d’aucuns nomment train de sénateur.
Hier il voulait aller vite. Aujourd’hui il va.

Gobe – Lune

Gobe-lune(1)

jcls

Georges² le savait pertinemment : c’était déjà une fake news. Les Américains faisaient gober la Lune au reste de la Terre. Que de naïfs ! Les images en noir et blanc de cette mission Apollo 11 ont inondé la planète ce 21 juillet 1969. Lorsque Neil Armstrong a foulé le sol après avoir quitté le module lunaire il a prononcé la phrase apprise et ressassée : Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité. Le monde entier s’extasia. Seuls quelques énergumènes crièrent à l’arnaque. Que croire et qui croire ? Les dirigeants des États-Unis nous en ont tellement fait voir.

Georges ne contestait pas la réalité de l’exploit. Il plaignait le pauvre Buzz Aldrin qui aurait dû jouer des coudes pour devancer son compatriote. Si vous terminez second vous êtes assurés de demeurer inconnu. Il eut fallu que le second s’appelât Poulidor pour que l’on parlât de lui !
Non, pensa Georges, cette pseudo-première foulée lunaire reste la grande mystification du XXᵉ siècle ! Armstrong ne fut pas le premier. L’exploit des Américains est surtout d’avoir lavé le cerveau de tous les terriens.
Qu’un jeune Belge ait réussi, au nez et à la barbe de la grande et glorieuse Amérique, était inconcevable. Pourtant, deux albums3 en attestent. C’était en 1953-1954.
La préparation fut longue, délicate, semée d’embûches. L’envol et l’alunissage, émaillés de mille péripéties, auraient pu anéantir les espoirs placés dans ces hommes et… ce chien. Ce fut une des plus mémorables aventures de l’éternel héros.
Le visage de Georges s’éclaira d’un large sourire à l’évocation de l’histoire abracadabrantesque du jeune reporter, de son fidèle Milou, du fougueux et intempérant capitaine Haddock, de l’inénarrable et lunatique professeur Tournesol, des clandestins maladroits Dupond et Dupont. Je dirais même plus Dupont et Dupond.
– Ça y est !… J’ai fait quelques pas !… Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité ON A MARCHÉ SUR LA LUNE !
Telles furent les paroles prononcées par Tintin.

Le narrateur précise que tout ce qui est dit plus haut est vrai puisqu’il a tout inventé. Ne laissons pas aux Américains le monopole du droit de dire et de faire croire n’importe quoi !

1 Crédules.
² Clin d’œil à Georges Rémy, alias Hergé.
3 Objectif Lune suivi de On a marché sur la Lune.

 

En temps et en heure

En temps et en heure

jcls

Paul est à l’heure. Virginie a le temps. Ils se sont dit oui devant monsieur le maire, à dix heures pour lui, devant l’éternel pour elle. Mariage d’amour. Il l’aima de très bonne heure, elle avait le béguin depuis longtemps. Bonnes et subtiles raisons de s’unir.
Depuis ce jour, chaque matin au réveil, Paul regarde l’heure, Virginie scrute le temps. À la bonne heure et quel beau temps sont leurs premières pensées. Ils se sourient. Le temps passe, les heures s’égrènent, la vie s’écoule au long des jours et des saisons. Les années se succèdent aux rythmes accordés des deux amoureux.
Virginie consacre son temps à Paul. Il bénit les heures de bonheur vécues à deux, comme si les aiguilles s’étaient immobilisées. Qu’importe l’heure et qu’importe le temps !
Le temps n’est pas pressé mais il passe, imperturbable. Paul et Virginie vivront des heures claires et subiront des heures sombres. Le temps fera patiemment son œuvre. Il ne compte pas ses heures.
Le couple vit le temps présent. Ils ne se pourrissent pas les heures d’aujourd’hui à cause des aléas de demain.
Lorsque la dernière heure de Paul sera venue, le temps de Virginie sera compté. Ils cèderont la place, en temps et en heure. L’heure et le temps s’arrêteront. Il leur restera l’éternité.
Ils seront les maîtres d’un monde où les notions d’heure et de temps ne sont que vanités.

Une gerbe noire

Une gerbe noire

Patricia JONCOUR.

Le dimanche 22 septembre, dernier jour de l’été 2019, une longue marche funèbre de deux heures a rassemblé plusieurs centaines de Suisses. C’est sous un Soleil radieux qu’une gerbe noire a été déposée au pied du Pizol, défunt glacier alpin victime du réchauffement climatique.

Tellement croquant

Tellement croquant

Patricia JONCOUR.

Il était si beau, avait l’air si doux ; bien qu’un peu poussiéreux à trop se rouler par terre.
J’ai estimé la distance. Oui, je devrais y arriver.
J’ai visé le trou. Ça passe, mais je suis trop loin.
En forçant un peu… jusqu’à l’épaule.
J’ai tenté, poussé…

Qui a dit que la tolérance entre les races commençait par une éducation idoine des tout-petits ? Ici aussi, les comportements sont influencés par les parents.

Je voulais jouer avec lui. J’ai insisté, poussé, poussé… et me suis pris un bec !
Maintenant, j’ai mal à la patte et je boite.
Il était pourtant tellement croquant, ce duveteux petit poussin.
Reste plus qu’à m’en aller, piteux, ronronner de dépit !

Le journal d’un confiné

JOURNAL D’UN CONFINÉ

Voyage dans les confins, et en une heure chrono.

Il fait beau, la température encore un peu fraîche , mais mon envie d’ailleurs est bien là, Je prends la route muni de mon petit sac à dos, le portable à portée de main.Une application sur mon mobile m’avertira quand la limite de déplacement dans un rayon d’un kilomètre sera atteinte. Je file le plus droit possible et traverse des lotissements endormis où la rumeur de la ville ne parvient plus. Les entours des maisons sont impeccables. De temps à autre je crois déceler un peu de fouillis dans un jardin, de la vie,quoi! J’avance dans des venelles inconnues, tiens ici on n’a pas goudronné.Serais-je déjà loin? Soudain mon portable sonne. J’arrive aux limites légales de mon périple. Je me trouve être en haut d’une côte. Que faire? Je plonge dans la vallée sans réfléchir. Je me souviens lors d’un voyage dans l’ancienne Yougoslavie avoir posé un pied en Albanie alors très fermée. Frissons garantis. Je remonte la vallée luxuriante,verger, pommiers, cascade, arbres centenaires, théâtre de verdure. Je longe la frontière virtuelle je croise un chat indifférent et un jogger qui me fuit.Je débouche tout en haut sur la route qui barre la vallée de Ty Dour. Ouf. Nul drone à l’horizon. Je suis un peu en sueur, consulte ma montre il est temps de rentrer. Je remonte jusqu’au rond point et emprunte la voie cyclable qui longe le canal du Midi aux arbres étêtés, enfin… l’avenue de Truro quoi, Le retour à la maison le coeur léger. On peut encore voyager loin, près de chez soi.

Dominique le GALL

Coronaventure

Coronaventure

jcls (5 avril 2020)

Tout a changé depuis quelques semaines. Nous sommes obnubilés par le virus qui s’immisce jusque dans nos cerveaux. Il s’impose à moi « à l’insu de mon plein gré ».
Ce matin j’ai même rédigé un poème pour fêter le coronanniversaire de ma sœur. C’est tout dire. C’est coronavrant, loin de mes coronhabitudes.
Que le monde entier puisse être secoué à ce point coronavait jamais été anticipé par les gouvernements, complètement dépassés, que ce soit en Coronasie ou en Coronamérique. Pourvu que la Coronafrique ne soit pas dévastée.
Croyants de toutes confessions et non croyants, unissez-vous, ne coronabdiquez pas. Chrétiens de France et de partout, sortez sur vos balcons (ou ailleurs) chaque soir à vingt heures. Chantez en chœur un coronavemaria salvateur. Jésus de Coronazareth, sauvez l’univers !
Je coronarrive plus à penser à autre chose, même et surtout à l’heure du coronapéro du samedi soir. C’est sûr, plus d’un coronami pense comme moi. Heureusement, il nous reste l’humour et mille coronadecdotes à raconter. Coronavez vous jamais imaginé Edith Piaf interprétant « mon coronamour, crois-tu qu’on s’ai-ai-me ». Dur à chanter ainsi ! Brassens bafouillerait « auprès de mon coronarbre je vivais heureux », on coronapprendrait « il était un petit coronavire qui coronavait ja-ja jamais coronavigué ohé ohé » à nos petits-enfants. Hors de question !
Il n’est franchement pas coronaturel d’accepter la dictature imposée par le virus. Démasquons l’ennemi ! Vade retro satana !
Gageons qu’au joli mois de mai, tous ensemble nous chanterons : « Il est revenu le temps du muguet, comme un vieil ami retrouvé ». Lire la suite

Retrouver l’auteur

Retrouver l’auteur 

Jeu littéraire      de  Marie Loquet

 

Dans la littérature, les thèmes de l’isolement, la mise en quarantaine, la solitude… ont souvent été abordés.
Ces mises à l’écart sont soit contraintes soit choisies mais toujours fructueuses d’un point de vue littéraire.
Ci-dessous une liste de livres sur ces thèmes. A vous de retrouver les auteurs !
Et l’occasion de peut-être découvrir ou redécouvrir ces livres dans vos bibliothèques ou de les télécharger.

1. La quarantaine
C’est un récit inspiré par le séjour forcé du grand-père de l’auteur. Deux passagers d’un navire sont
atteints par la variole ; le bateau, qui ne peut accoster à Maurice, débarque alors ses passagers sur
l’île Plate où ils passent plusieurs mois en quarantaine.

2. Un homme qui dort
Dans ce livre, l’auteur prend pour héros un garçon qui choisit de s’enfermer chez lui «sans manger, sans lire, presque sans bouger» pour faire l’inventaire de sa vie et plonger au plus profond de lui-
même.

3. Huis clos
Dans cette pièce de théâtre, trois personnages se retrouvent enfermés. Dans ce microcosme, ils
vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Lire la suite

La traversée fantastique

La traversée fantastique

      Par une belle matinée d’été, après un séjour de six mois durant lequel j’avais exploité les moindres recoins de la bâtisse et tissé des relations plus ou moins amicales avec les résidents temporaires, j’estimais avoir purgé ma peine. Je sors donc par la grande porte et me retrouve sur le trottoir. Le soleil m’éblouit un peu. Cependant mes petits yeux bleus se fixent sur les lettres blanches d’un store rouge placé de l’autre côté de la rue. Je décrypte l’écriture : « Ici mieux qu’en face». Mon choix est vite fait, je décide de traverser la rue qui me sépare de cet endroit. Je jette un regard furtif à droite, puis à gauche, avant de m’engager dans la traversée de l’avenue. La voie est libre. À toute vitesse j’emprunte le passage clouté. Arrivée sur l’accotement, je fais une halte pour étudier l’environnement.
      Situé à un carrefour, un petit jardin en friche, délimité par un grillage rouillé, jouxte l’édifice de deux étages, assez vieillot. Il comprend au rez-de-chaussée une grande vitre sur la gauche, une porte en verre ouverte, et une autre vitre à sa droite. Dehors, autour d’une petite table ronde, protégé par un parasol de publicité, un couple se désaltère. Ils aspirent à l’aide d’une paille un breuvage à bulles, vert pour l’un, rouge pour l’autre. Un arrêt de bus est situé juste en face de la porte d’entrée.
      Je me hasarde à pénétrer dans un monde inconnu, franchis le seuil et vais immédiatement inventorier ce nouvel espace. Sur la gauche, une salle vide de tout occupant. Au centre trône un vieux billard au tissu vert feutré, élimé. À l’angle gauche du mur d’en face, un flipper, et sur la droite, un baby-foot. Un écart d’environ trois mètres me sépare d’un vieux comptoir en chêne. Le soubassement à petits carreaux de céramique est arrondi pour faciliter le balayage des mégots, nombreux à cette époque où il est encore autorisé de fumer dans les lieux publics. Je longe celui-ci en évitant les pieds des deux hauts tabourets. J’accède à une estrade et me trouve nez à nez avec une paire de chaussures et, glissés dedans, les pieds du patron sans doute. L’homme s’affaire à débrancher des tuyaux, puis se retourne et se baisse pour ouvrir une trappe.

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Transit quantique

Transit quantique                              

de Maria Mens -Casas Vela

Louis n’est pas rentré, depuis deux jours et la famille est inquiète. Ses camarades de travail ne savent rien , non plus. Il est adulte, donc libre de disparaître si bon lui semble. Mais mon frère est d’une discipline exemplaire. C’est mon ainé de six ans et je l’admire. En tant que fille je le trouve beau, mais il est aussi intelligent et un bon scientifique. Il travaille , depuis plusieurs années dans un laboratoire de recherche en physique avec un équipe de vrais savants, plus âgés que lui ,mais il m’a dit que ses confrères ne font pas de différences entre eux et les jeunes collaborateurs. Tout le monde participe à tout.
Nous vivons encore chez nos parents, étant célibataires, rien n’a changé pour nous et les parents son ravis de nous avoir. Le plaisir de notre mère est de préparer des petits plats , de temps en temps, qui nous changent des cantines et fast-foods Nous sommes unis mais très indépendants. Pourtant mon frère ne serait pas parti sans avertir à la famille. Il n’aurai jamais voulu qu’on s’inquiète.

Quatre semaines déjà sans nouvelles!On a cherché dans les hôpitaux, les faits divers avec de cadavres inconnus – éprouvant!- et on a contacté un détective, le tout sans succès. Il nous reste un espoir de quelque chose d’imprévu dans sa vie qui l’empêche de communiquer pour le moment.
Comme touts les soirs, après ma toilette, je suis affalée dans un fauteuil , en pyjama et robe de chambre pour regarder la télé, tard dans la nuit, pendant que les parents dorment ou lisent. J’ai un bon sommeil profond mais court. Si je me couche tôt, je me réveille dans la nuit pour plusieurs heures qui sont interminables, tentant de retrouver  le sommeil.
Quelques minutes après avoir vu le début d’un film policier, l’écran se brouille un instant et à mon grande terreur, j’entends la voix de mon frère: Lire la suite

Il pleut

Poéme ,           de la part de JCLS, membre du 1 er atelier d’écriture

avec une petite pensée personnelle :

Deux petites pensées me sont venues :
– Gageons que le méchant virus de février-mars ne deviendra pas un mauvais poison d’avril ce matin.
– Des masques arrivent par millions mais il ne faut pas pour autant se voiler la face.

 

Il pleut,

Les gros nuages pleurent des larmes de chagrin
Le temps est morne et triste de voir mourir les feuilles
Il déverse sa peine nous balance ses grains
Le ciel vêtu de noir entame son long deuil.

Des éclairs dans la nuit mille coups de tonnerre
Le ballet des avions prépare l’hécatombe
L’orage assourdissant bientôt touchera terre
L’ennemi a frappé en une pluie de bombes.

Elle ne comprend pas ses accès de fureur
Capable de tendresse coupable de violence
Les coups pleuvent encore elle a mal elle pleure
Mais ne se plaindra pas condamnée au silence. Lire la suite

L’Humanité ébranlée …….

Texte paru dans la Tribune

Moustapha Dahleb la plus belle plume tchadienne, a écrit:

 L’HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

 Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.
Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yémen, …ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…).
 Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin).
 Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales. ..).
 Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).
 Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).

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