« Sur les traces des voies romaines en Bretagne » par JY EVEILLARD

Jean-Yves Eveillard,

« Sur les traces des voies romaines en Bretagne »

Par   Jean-Yves Eveillard

 

Notes de Ninon Le Fers

Dans l’intérêt porté par le public aux époques anciennes, l’engouement pour les voies « dites romaines », qu’il s’agisse simplement de les suivre quand elles sont connues ou de retrouver leurs tracés quand elles le sont moins, est permanent. Dans la seconde moitié du 19ème siècle, le célèbre folkloriste François-Marie de Luzel, en visite au site du Yaudet, s’en fait l’écho : « Si je découvrais aussi ma voie romaine, comme tant d’autres, qui en sont fiers ! Eh, belle trouvaille ma foi ! »…

Aujourd’hui, à l’heure d’internet, les sites qui décrivent ces anciens itinéraires se multiplient…

Le plan du livre et de la conférence

Chapitre 1 : Un attrait multiséculaire

Chapitre 2 : Les documents antiques : la Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin

Chapitre 3 : Les documents antiques : les bornes routières

Chapitre 4 : Reconnaitre les tracés

Chapitre 5 : une carte des voies romaines de Bretagne

Chapitre 6 : La structure des chaussées

Chapitre 7 : la voirie urbaine

Chapitre 8 : Le franchissement des cours d’eau : bacs, gués, ponts…

Chapitre 9 : la vie de la route.

C’est une évidence de dire que l’existence d’un réseau routier, c’est-à-dire sa construction puis son utilisation, est étroitement liée à l’activité d’un pays à une époque donnée. Pour l’époque romaine, la connaissance qu’on peut en acquérir doit donc aller de pair avec celle des lieux habités que révèle l’archéologie. De cette constatation il résulte que l’étude de la voirie antique de la Bretagne est un vaste chantier toujours ouvert. Ainsi, non seulement des tracés que l’on croyait connus peuvent être affinés, mais des itinéraires déchus sont encore à découvrir, comme on a pu le constater ces dernières années ; les travaux divers qui entament le sol mettent au jour de nouvelles portions de chaussées et de nombreux autres points de l’histoire des routes restent à élucider. Cette recherche passionnante n’est pas réservée aux professionnels. Des chercheurs amateurs qui connaissent bien leur terroir y ont leur place s’ils font l’effort d’acquérir une méthode et de l’esprit critique.

Les voies romaines, au même titre que les édifices des siècles passés, constituent un patrimoine culturel et touristique indéniable. Elles peuvent tout autant susciter l’intérêt du public. Elles méritent donc d’être préservées et mises en valeur avec des moyens adéquats.

En plusieurs lieux de Bretagne une prise de conscience se fait jour et le processus qui en découle met en place : dans les communes, des associations ou des services soucieux de leur passé l’ont compris. Certains secteurs de voies antiques sont transformés en voies pédestres ou équestres. Des guides de randonnées fournissant au marcheur les explications utiles sont rédigés, des signalétiques sont mises en place, comme sur le « Hent Ahès à Ploërdut », ou à « Kercao à Kernilis », où une plaque émaillée indique l’emplacement de la borne milliaire de l’empereur Claude…

Ces chemins sont pour tout un chacun, pour peu qu’il soit guidé, un moyen commode et agréable de découvrir le passé de sa propre région.

 

Nota : .

La bibliothèque de l’UTL du Pays de Morlaix a acquis le livre de Monsieur Jean-Yves Eveillard, suite à sa conférence du jeudi 16 novembre au Roudour.

Les personnes voulant approfondir le sujet peuvent l’emprunter pour une durée de trois semaines lors des permanences du jeudi matin (sauf vacances scolaires et jour des sorties) de 10h30 à 11h45 – au local, 20 rue de Poulfanc à Morlaix.

la mucoviscidose en Bretagne : des gènes et des hommes

La mucoviscidose en Bretagne : des hommes et des gènes

par Nadine Pellen

 

La mucoviscidose fait partie de mon histoire. Je suis née dans une famille touchée par cette maladie. De fait, plusieurs questions m’ont taraudée : pourquoi nous ? Est-ce un hasard? Et d’où vient cette pathologie? Est-ce une coïncidence si, lorsqu’on vit à la pointe de Bretagne, on a tous dans son entourage , plus ou moins proche, une personne atteinte par cette maladie? Et mes descendants ont-ils des risques d’être malades? Sommes-nous prédestinés, dans le Finistère, à subir cet héritage génétique?

Une thèse de doctorat en démographie génétique m’a permis d’explorer ces questions.

Dans le cadre de l’UTL, je propose de

  • suivre la méthodologie de cette recherche
  • d’explorer différentes hypothèses

Il s’agira surtout de retracer, à travers les siècles, le cheminement des caractères héréditaires de la mucoviscidose.

DANS LE NOIR de jcls

Dans le noir

jcls

Je me sens vraiment seul, enfermé dans le noir.

Je ne peux me lever, pas question de m’asseoir.

Je m’ennuie à mourir, personne ne m’écoute.

Qui m’ouvrira la porte, qui m’ôtera d’un doute ?

 

La société rejette qui s’écarte du groupe.

Haro sur le soldat qui n’est plus dans la troupe.

Elle bannit, elle combat, exécute ou malmène

D’un même mouvement tous les humains qui gênent.

 

Je n’ai pas fait de mal, j’ai même été honnête

J’ai parfois essayé d’oublier d’être bête.

Cela n’a pas suffi car tout est effacé.

Lors du dernier soupir, le ressort s’est cassé.

 

Je suffoque et j’enrage, puis-je sans offenser

Avoir une autre chance et tout recommencer ?

La mort est éternelle, revenir je ne peux ?

Inutile d’insister pour un ultime vœu ?

 

J’ouvrirai grands les yeux et pour tuer le temps

J’écrirai jour et nuit, j’éclairerai l’instant.

Quoi ? Le livre de ma vie a scellé mon destin ?

À la dernière page est inscrit le mot fin ?

 

Je ferai de vieux os, j’aurai, ne vous déplaise,

L’éternité pour moi, j’y serai à mon aise.

Je suis triste c’est vrai mais n’ai pas de rancune.

Je rêverai d’étoiles, de soleil et de lune.

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de l’Art par Sonia de Puineuf

Histoire de l’Art  

par Sonia de Puineuf , Docteur en Historie de l’Art

 

Exotismes, l’art européen sous influences

 

a) les dates

de 14h15 à 15h45

les mardis 09 janvier, 30 janvier, 06 février, 20 février, 13 mars et 27 mars 2018

le lieu : Pôle Culturel du Roudour à St Martin des Champs

b) le programme

Ce cycle de 6 ateliers propose de se pencher sur l’histoire de l’art occidental à travers le prisme exotique.

Depuis la fin de la Renaissance, les artistes européens ont porté leurs regards vers des contrées éloignées pour s’inspirer des formes plastiques qu’ils y découvraient. Cette curiosité a donné naissance à des images nouvelles qui trahissaient le rêve d’un ailleurs dépaysant.

De François Boucher à Picasso, en passant par Delacroix et Van Gogh, ce cycle met à l’honneur les artistes qui voulaient échapper d’une manière ou d’une autre aux codes de représentation classiques :

1 Chinoiseries : de Tiepolo à Boucher

2 Egyptomanies : de l’Empire à l »Art Déco

3 Orientalisme : de Delacroix à Matisse

4 Japonisme : Monet , Van-Gogh, les Nabi

5 Le primitivisme et l’art nègre : Die Brucke, Picasso et les autres

6 l’art brut : du Facteur Cheval à Jean Dubuffet

Contact : Elaine Guivarch : 06 82 40 91 79

PROGRAMME du 1er TRIMESTRE 2017/2018

PROGRAMME du 1er TRIMESTRE 2017/2018

UTL du Pays de Morlaix

 

A – INSCRIPTIONS  2017/2018

  • jeudi 07 septembre de 09h00 à 12 h00 et de 14h00 à 17h00
  • jeudi 21 septembre de 09h00 à 12h00
  • au local 20 , rue du Poulfanc -Morlaix( les inscriptions au repas de l’AG seront prises lors de ces 2 journées; participation demandée : 20€/pers)

 

B – ASSEMBLEE GENERALE de l’ UTL du Pays de Morlaix

au Roudour – St Martin des Champs – le 28 Septembre 2017

  • 09h30 Accueil
  • 10h00 Assemblée Générale
  • 12h15 Repas sur place (sur réservation préalable : 20€/pers)
  • 14h30 Conférence : Algérie : une autre façon de considérer les printemps arabes

C – CONFERENCES

Vous voudrez bien noter que les conférences débuteront dorénavant à 14h00.

128 Septembre  :        « Algérie : une autre façon de considérer les printemps arabes »

Roudour                                par Alain COLLAS, professeur UBS

2 – 05 Octobre :                Les réfugiés espagnols en Bretagne « la lettre à Gabrielle »

Langolvas à 14h00         film suivi d’une discussion

                                         par Gabrielle GARCIA, auteur, fille de réfugié espagnol, présidente de MERE.

3 – 19 Octobre :              « La mécanique du vivant »

Langolvas à 14h00        dans le cadre de la semaine de la science

                                         par Jean-Pierre HENRY, enseignant chercheur

4 – 09 Novembre :          Histoire des jardins anglais et leur influence dans le monde

Langolvas à 14h00         par Dominique BLONDEL, conservateur des parcs et jardins de la Ville de Paris

5- 16 Novembre :            Les voies romaines en Bretagne

Roudour à 14h00            par Jean-Yves EVEILLARD, maitre de conf. Histoire ancienne

6- mercredi 22 Nov.      La mucoviscidose : des hommes et des gènes

Langolvas à 14h00        par Nadine PELLEN, enseignant chercheur UBO

7 – 07 Décembre:             »  Generacion del 98 »

Langolvas à 14h00         un âge d’or de la littérature espagnole (Unamuno, Baroja, Machado,…)

                                          par Andrée PORTE, professeur d’espagnol

8 – 14 Décembre :           A la conquête de la liberté : le « french cancan »,

Langolvas à 14h00         histoire de cette forme de spectacle, lecture sociologique, théâtrale et picturale

                                           par Martine KAHANE.

9 – 21 Décembre :          Conférence-concert : de la Belle époque aux années folles

Roudour  à 14h00          un voyage au cœur de la musique française (Ravel, Fauré, Franck, etc…)

                                        par Guillaume KOSMICKI, musicologue, accompagné de 2 musiciens.

 

 

D – SORTIES

a – lundi 18 septembre 2017 : visite guidée de l’exposition Picasso à la FHEL suivie d’un thé/café gourmand

. Départ Pouliet 14h15 Géant 14h30

Inscriptions enregistrées en Juin en raison de la date de l’expo : 17€/pers

Possibilité d’Inscriptions, mais sur liste d’attente le jeudi 07 septembre 2017 au local

b – 12 octobre 2017 : Visite guidée de l’église de Rumengol, déjeuner au Faou , suivi de la visite de ses vieilles demeures, l’ensemble commenté par Mme Danguy des Deserts. Après-midi : Abbaye de Daoulas, patrimoine et jardins et exposition « A fleur de peau ou la fabrique des apparences ».

Départs : Pouliet 08h30 et Géant/Feu Vert 08h45

Participation par personne : 45 €

Inscriptions au local  : les jeudis 07 septembre de 09h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h00

                                                       21 septembre de 09h00 à 12h00

.

c – 30 Novembre : Sortie TREVAREZ , patrimoine du 20ème siècle et jardin remarquable. Visite de l’exposition « Le Noël d’Alice », suivie d’une histoire guidée du château. A l’issue, un instant de féérie par la mise en lumière du château et du parc.

Départ Pouliet 12h45 et Géant FeuVert 13h00    (horaire modifié)

Participation par personne : 20 €

Inscriptions : le jeudi 16 novembre 2017 à l’issue de la conférence dans le hall du Roudour, vers 16h00

E – LES ATELIERS

Lieu : 20, rue Poulfanc 29600 Morlaix

a – « Histoire de la musique » animé par Guillaume Kosmicki, musicologue

dates : les mercredis 22 novembre, 06 décembre 2017, 17 janvier, 14 février, 21 mars 2018

  • 1er Atelier de 11h00 à 13h00 : la musique du 20ème siècle : de 1945 à nos jours
  • 2nd Atelier de 14h30 à 16h30 : analyse de 5 œuvres musicales

b – « Aimons la musique ensemble »

un lundi par mois à 14 h15 (date choisie de séance en séance)

c – « Lecture »

  • Groupe A : les mardis à 14h30 26 septembre, 17 Octobre. 21Novembre et 19 décembre .

Contact : Annette Manant

  • Groupe B : les vendredi à 14h30 06 Octobre, 10 novembre et 08 décembre

Contact : Christine Poully

d – « Ecriture »

  • Groupe A : mardi des semaines impaires à 09h30 1er RDV le 28 septembre

contact : Marcel Mescam

  • Groupe B : 1er RDV lundi 08 Octobre pis date fixée de cours en cours

contact : Dominique Le Gall

e – « Philosophie » animation : Yves-Marie Le Lay

  • Groupe A de 14h15 à 15h45 les 03 Octobre, 07 Novembre, 05 Décembre 2017

Contact : Ninon Le Fers

  • Groupe B de 16h00 à 17h30 les 03 octobre, 07 novembre et 05 décembre 2017

Contact : Ninon Le Fers

  • Groupe C de 14h15 à 15h45 les 10 octobre, 14 novembre et 12 décembre 2017

Contact : Hélène Dutartre

f – « Connaissance scientifique » tous les 15 jours, le mercredi à 14h30

dates données à la conférence du jeudi précédent.

Contact : Joseph Le Ber

g – « Breton »

le lundi à 17h00

Le 1er RDV sera annoncé lors de la 1ère conférence

Contact : Bernard Le Bihan

F – Les PARTENARIATS

a) Théâtre du Pays de Morlaix : sur présentation de la carte UTL de l’année en cours : tarif réduit (hors abonnement)

b) Cinéma LA SALAMANDRE : à 14h30 les lundis 16 octobre, 13 novembre, 18 décembre

sur présentation de la carte UTL de l’année en cours : tarif réduit

A quoi ça sert par Joseph Le Ber 08 novembre 2017

A quoi ça sert

A quoi ça sert v2

•Les Recherches (traceurs radioactifs),
•Les diagnostics en médecine,
•Les traitements médicaux, la radiothérapie,
•L’ industrie,
•La production d’énergie…,

La main de
Mme Röntgen
aux Rayons X

 

 

 

Une image de scanner

 

 

 

 

 

 

Une image IRM

 

 

 

 

 

 

Pourquoi cet outil est-il si performant?

•On travaille au niveau de l’atome à l’échelle 1/10 nanomètre ou Angström (10 puissance -10 mètre)
•Les détections atteignent donc cette échelle alors que les analyses physicochimiques habituelles ont des limites de l’ordre du microgramme.
•Les rayonnements font réagir les plaques photographiques.
. Les traitements électroniques actuels encore en progrès ont des vitesses et des capacités d’ analyse en conséquence (imagerie médicale…)
. On peut « voir » à travers de la matière opaque.
.On peut identifier et quantifier un « isotope » parmi de nombreux autres par ses rayonnements spécifiques.

•Deux isotopes d’un même élément ont les mêmes propriétés chimiques (même nombre de protons) mais pas les mêmes propriétés physiques, et chacun est identifiable par ses caractéristiques nucléaires, les rayonnements ou particules émises
Exemple: l’hydrogène et le tritium font de l’eau avec l’oxygène. La matière vivante est hydrogène, oxygène , carbone, azote . On peut marquer ces éléments par un de leurs isotopes radio actif et suivre la distribution dans l’organisme.
Après avoir étudié quelques aspects fondamentaux nous reviendrons examiner dans le détails des exemples.

SORTIES du 1er trimestre 2017/2018

  SORTIES du 1er trimestre 2017/2018

a – lundi 18 septembre 2017 : visite guidée de l’exposition Picasso à la FHEL suivie d’un thé/café gourmand

. Départ Pouliet 14h15 Géant 14h30

Inscriptions enregistrées en Juin en raison de la date de l’expo : 17€/pers

Inscriptions sur liste d’attente le jeudi 07 septembre 2017 au local

b – 12 octobre 2017 : Visite guidée de l’église de Rumengol, déjeuner au Faou , suivi de la visite de ses vieilles demeures, l’ensemble commenté par Mme Danguy des Deserts. Après-midi : Abbaye de Daoulas, patrimoine et jardins et exposition   « A fleur de peau ou la fabrique des apparences ».

Départs : Pouliet 08h30 et Géant/Feu Vert 08h45

Participation par personne : 45 €

Inscriptions au local  : les jeudis 07 septembre de 09h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h00

                                                       21 septembre de 09h00 à 12h00

.

c – 30 Novembre : Sortie TREVAREZ , patrimoine du 20ème siècle et jardin remarquable. Visite de l’exposition « Le Noël d’Alice », suivie d’une histoire guidée du château. A l’issue, un instant de féérie par la mise en lumière du château et du parc.

Départ Pouliet 12h45 et Géant FeuVert 13h00

Participation par personne : 20 €

Inscriptions sur liste d’attente : le jeudi 16 novembre 2017 à l’issue de la conférence dans le hall du Roudour, vers 16h00

 …………………………….  Contact téléphonique : 06 75 07 19 23 Françoise

Dans l’article ci-dessous, vous trouverez un résumé des sorties réalisées en 2016/2017

Histoire des jardins anglais et de leur influence par Dominique BLONDEL

Histoire des jardins anglais et de leur influence

par Dominique Blondel, conservateur des parcs et jardins de la Ville de Paris

format pdf  :english gardens

 

Après plusieurs siècles de jardins réguliers,  médiévaux, Renaissance, baroques et classiques,   le début du 18ème siècle se caractérise par une rupture spectaculaire en provenance d’Angleterre  :  le jardin paysager irrégulier .

Du 18ème au 19ème siècle apparaissent successivement en Angleterre (puis imités dans d’autres pays, notamment en France) cinq styles de jardin : paysager, anglo-chinois, victorien, naturel (ou sauvage) et de cottage.

1 le jardin paysager

Il prend pour modèle la campagne d’élevage .Dans de vastes perspectives engazonnées(en ha) quelques constructions d’inspiration le plus souvent antique attirent le regard. Les plus célèbres paysagistes de ce style sont William Kent et Lancelot Brown, leurs commanditaires sont de riches aristocrates propriétaires d’immenses domaines. Les jardins paysagers anglais inspireront beaucoup de parcs et jardins au 19ème siècle en Europe.

2 le jardin anglo-chinois

La mode des jardins de style anglo-chinois sera de courte durée, 30 ans à la fin du 18ème siècle, ses sources d’inspiration sont nombreuses : chinoise, mais aussi, philosophique, franc-maçonne, romantique, pastorale et pittoresque. Ces jardins au tracé sinueux et accidenté sont parsemés de petits édifices appelés « fabriques », d’enrochements, de cascades, de petites rivières et de ponts. Les jardins les plus remarquables, appelés Folies, sont créés en Ile de France.

3 le jardin victorien

Au milieu du 19ème siècle les jardins victoriens surprennent par leur exubérance, leur recherche d’effet d’exotisme tropical , avec des massifs bombés appelés  corbeilles ou coussins , souvent surmontés de bananiers, de palmiers ou de cannas, ils sont plantés de végétaux bas , trapus et colorés qui arrivent des pays chauds de tous les continents. La  mosaïculture est le terme employé pour la composition de ces parterres compliqués .Il inspirent, encore de nos jours, les fleurissements saisonniers des villes.

4 le jardin naturel ou sauvage

En opposition aux précédents styles de jardins anglais, William Robinson est à l’origine du jardin naturel ou sauvage, il se distingue par l’introduction dans les jardins de plantes vivaces de la flore alpine .Robinson refuse l’intervention de l’architecte, ses jardins sont informels, les plantes livrées à elles mêmes. Il est paysagiste, jardinier et journaliste, son ouvrage «The wild garden, » reste encore aujourd’hui une référence.

5 les jardins de cottage

Gertrude Jekyll adepte de ses théories est moins sectaire, elle cherche à marier le naturel et l’artifice. Artiste formée aux Beaux Arts, elle est douée d’un grand sens des couleurs qu’elle appliquera dans ses plates bandes de vivaces nommées « mixed border » , en s’appuyant sur la «théorie des couleurs »  de Chevreul qui est à l’origine du cercle chromatique. Il se décompose en couleurs primaires, secondaires et intermédiaires, si elles sont associées en complémentaires elles se renforcent en contraste, si elles le sont en dégradés de couleurs elles donnent une impression d’harmonie, ces arrangements obéissent aux lois naturelles de la vision. Sa connaissance des végétaux et de leurs besoins était exceptionnelle, elle a réconcilié l’art et l’horticulture. Les jardins qu’elle a conçus symbolisent les jardins dits de cottage. 50ans après sa mort en 1982, on la déclarait gloire nationale en Angleterre.

 

Dominique Blondel


Réf : CY-J2017XI09

Atelier Connaissance Scientifique résumé 1 à 2 séances 2017/2018

Résumé 1 à 2

Résumé 1 à 2- Joseph Le Ber

La radioactivité est un phénomène physique naturel.La radioactivité existe dans notre environnement habituel.
Elle peut aussi être crée artificiellement.

Elle trouve son origine dans la structure des atomes constituants universels de la matière.
L’atome une structure très complexe qui doit faire intervenir la mécanique quantique : un noyau constitué de protons et de neutrons

Des électrons sur des « orbites » , distances précises définies par la mécanique quantique, à grandes distances du noyau . La dimension des atomes est de l’ordre de l’angstrom 10 puissance– 10 mètre, 1/10 nanomètre.

Le noyau a une dimension 10 000 fois plus petite.

Dans le tableau de classification des éléments chimiques naturels, le plus lourd 92 Uranium, et des éléments créés artificiellement jusqu’au numéro103 connus (Lawrencium) .

 

Chaque élément a des isotopes de mêmes propriétés chimiques, mais de propriétés physiques différentes. Les isotopes d’un éléments ont le même nombre de protons et d’électrons mais plus ou moins de neutrons.

•Les éléments chimiques sont caractérisés par leur numéro atomique: c’est le nombre de proton du noyau et le nombre d ’électrons.
•et leur masse atomique c’est le nombre de protons du noyau plus le nombre de neutrons.

Atome gramme d’un élément E de masse atomique P : masse ramenée à 6,02 .10 puissance 23 atomes ( E,P)

•Neutron numéro atomique 0
masse atomique 1                                                0 proton plus 1 neutron

 

•Hydrogène numéro atomique 1                       1 proton
masse atomique 1                                                1 proton plus 0 neutron
atome gramme H : 1 gramme                            6,02. 10 puissance 23  atomes

•Uranium numéro atomique 92                       92 protons
masse atomique 238                                          92 protons + 146 neutrons
atome gramme U: 238 grammes                     6,02. 10 puissance 23 atomes

les lectures d’Annette d’Octobre 2017

VIVEMENT L’AVENIR 

de Marie-Sabine ROGER

Alex, jeune femme androgyne, qui se  veut libre de toute attache, travaille dans une petite ville de province. Elle loue une chambre chez Marlène et Bertrand.

Bertrand travaille,  Marlène pas.

A leurs cotés, vit le frère de Bertrand lourdement handicapé : Gérard.

Marlène, le type de la mégère non apprivoisée; Bertrand habitué laisse passer.

Dire que Marlène supporte mal la présence de ce frère est un doux euphémisme. On ne peut pas dire non plus qu’elle connaisse, ne serait-ce que le sens du mot « culture » en dehors « des champs de blé ».

Alex se prend d’affection pour Gérard et le promène dans un chariot fabriqué par ses soins. S’en suivent des promenades et donc des rencontres : Cédric et Olivier. Cédric toujours en chagrin d’amour, Olivier encombré par sa graisse. Sans travail ni l’un ni l’autre. Olivier obligé de travailler de temps à autre dans le magasin des parents. Cédric sans projet, sans but, sans espoir.

Quel sombre tableau. Mais survient un évènement : Olivier reçoit en cadeau une moto avec side-car et tout change.

Tout ce monde va trouver sa place …à la campagne. Epopée utopique et finalement réjouissante. L’amitié, l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

L’utopie a parfois du bon : une petite aide, un peu de réconfort, cela fait du bien…

 

αβγω

Ciné La Salamandre le 13 Novembre 2017 : « Jeune femme »

  • Cinéma la Salamandre  le lundi 13 Novembre à 14h30

JEUNE FEMME
de Léonor Serraille (France – 2017 – 1h37)
Avec Laetitia Dosch….
Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.
 
La bande annonce : https://youtu.be/uVJzQlliQ4M

La Mécanique du Vivant par Jean-Pierre HENRY

La Mécanique du Vivant

Jean-Pierre Henry

Directeur de Recherche Émérite CNRS
Université Paris Diderot

 

 

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont » Aristote.
Jean-Pierre HENRY, Biologiste

 

Faire connaître l’état de la science sur des grands questions que chacun se pose ou pourrait se poser est l’un des objectifs de la Mécanique du Vivant. Ont été abordés les thèmes suivants :

1) Comment fonctionne la cellule : cette « brique » du vivant possède tous les attributs de la vie ;
2) D’où tirons notre énergie : chaque cellule comporte de nombreux moteurs rotatifs tournant à vive allure (6000t/min) ;

3) Quels sont les mécanismes de l‘hérédité, permettant la transmission des caractères héréditaires ;
Lire la suite

Les combattants républicains espagnols exilés en Bretagne.LA LETTRE A GABRIELLE,

Gabrielle Garcia,Source Le Télégramme

LA  LETTRE  A  GABRIELLE

Film suivi d’une discussion avec Gabrielle GARCIA

CR Intervention Gabrielle Garcia 2017X

«L’histoire est écrite par les vainqueurs» disait Winston Churchill. Vae victis !
Le régime franquiste a imposé sa propre version de l’ histoire de l’Espagne pendant plus de 40 ans, aboutissant à une véritable amnésie de la guerre civile (36-39) et des vaincus de cette guerre : le camp républicain.
Depuis les années 90, un certain nombre d’historiens sur la base de documents déclassifiés et du recueil de témoignages des survivants de cette époque ont tenté de restituer des pans d’histoire totalement occultés. Lire la suite

Une rencontre extraordinaire par Marcel MESCAM

Une rencontre extraordinaire

Marcel Mescam

Janvier 2017

Lors d’un voyage au Pérou, j’ai fait une rencontre extraordinaire.

Du belvédère où nous sommes postés, mes compagnons, appareils photos prêts à tirer, guettent celui pour qui nous avons fait une halte. Moi, j’ai pris la sente pour aller me positionner à l’à-pic, à l’écart du groupe. Nous sommes silencieux. Le roi des Andes mérite le respect, la beauté des lieux aussi. De mon observatoire je savoure le calme et profite pleinement de cet isolement momentané. J’admire cette nature grandiose. Soudain, sur ma gauche, celui qu’on nous avait promis de découvrir, prend son envol d’un rocher escarpé. Quelle émotion ! Ça y est, je le vois enfin ! Il plane majestueusement à quelques dizaines de mètres de moi. Peu importe si les autres ne l’aperçoivent pas, je zoome et clic ! C’est dans la boîte. Je pourrai au moins leur fournir la preuve de ma découverte. Quel moment intense ! Je me sens seul au monde. Il est là, là, sous mes yeux ! Quel bonheur ! Il s’élève en tournoyant dans le ciel azuréen, puis il entame sa descente. Impressionnant ! Il est impressionnant. Clic !… Clic ! Mais… mais… il s’approche de moi ! Il se pose en douceur sur la roche, à mes côtés…je suis estomaqué.

– Bonjour. Quelle chance de te rencontrer. Ça ne te gêne pas si l’on se tutoie j’espère ?

– Euh … non… pas du tout.

– Tant mieux. Je t’ai observé, isolé, loin de ces chasseurs d’exclusivité. Tu m’as semblé sympathique et j’ai envie de te faire confiance. Veux-tu que je t’explique qui je suis, quelle est ma vie et quel est mon avenir ?

– Je le veux bien.

– Tout d’abord je suis le plus grand oiseau volant de l’hémisphère ouest. Je mesure 1,30m pour une envergure de 3,50m et je pèse 13 kg. Mon espérance de vie en liberté dépasse cinquante ans.

– En effet, tu en imposes.

– Comme tu le vois, je vis généralement entre 3 000 et 5 000 mètres d’altitude, voire plus. Je privilégie les endroits inaccessibles. Mon habitat se situe autour de prairies ouvertes et de montagnes boisées.

– Sûr que tu as fait le bon choix. C’est très beau.

– Les variations d’altitude et de pression d’air m’ont obligé à m’adapter physiologiquement. Pour économiser mes forces, je me laisse donc porter par les courants ascendants chauds. Ainsi je me déplace sur de grandes distances en planant.

– C’est bien pratique. Nous, à cette hauteur, on s’essouffle, on nous donne des pastilles de coca et, dans le car, la bouteille d’oxygène est prête.

– Oui, et en vérité vos gaz d’échappement polluent l’atmosphère !

– Je crois que le monde a commencé à prendre conscience du problème. Tous se disent écolos de nos jours.

– Bref ! Pour le bien-être de l’humanité, réglez au plus vite ce problème. Mais, sais-tu que je suis un charognard ? Je ne suis pas équipé pour la chasse, aussi, de mon poste d’observation imprenable, mes yeux exercés détectent les carcasses en décomposition et surveillent les troupeaux. J’arrive silencieusement, et, par surprise, j’écarte une bête du groupe, et l’amène à tomber et se blesser. Elle est alors à ma merci. Il faut bien vivre n’est-ce pas ?

– Bien sûr.

– J’aime les grandes carcasses, mes préférées sont celles de l’alpaga, mais je ne dédaigne pas celles des bovins ni des ovins.

– Dans ce cas tu dois te régaler.

– Oui, mais point trop. Au-delà de neuf cent grammes de viande je suis incapable de m’envoler.

– Ça alors, c’est surprenant.

– Peut-être bien. Sais-tu également que je suis le symbole national de plusieurs pays ? Mon rôle est important dans le folklore et la mythologie andine.

– Félicitations. Tu dois en être fier.

– Assez, merci. Seulement je suis menacé, mon habitat se réduit et ceux de mon espèce sont souvent empoisonnés par la nourriture qu’ils ingurgitent. Elle-même l’étant déjà. Pourtant mon rôle n’est pas négligeable pour l’écosystème, je nettoie les carcasses en putréfaction, assurant ainsi la non-contamination des sols et des sources d’eau.

– Et qu’attends-tu de moi ?

– Tu as ma confiance. Je serais très heureux que tu sois le protecteur de mon espèce. Nous avons bien besoin d’être entendus. Va dire au monde entier dans quelle situation nous sommes. Je peux compter sur toi ?

– Certainement.

– Merci, grand merci. Je savais qu’en me rapprochant de toi je trouverai une belle personne. Retourne maintenant auprès de tes amis. Dis-leur d’armer leurs appareils. Je vais alerter les miens. La famille des condors des Andes va vous faire une démonstration de vol.

– Adieu mon ami. Jamais je ne t’oublierai.

Les réfugiés républicains espagnols dans le Finistère

Les réfugiés républicains espagnols dans le Finistère

 

Flag_of_Spain_(1931_-_1939).par Mr Marcel Burel le 28 mars 2013

 

En France,la 2nde Guerre Mondiale a occulté cet épisode de la Guerre d’Espagne qui a concerné plus de 700 000 exilés espagnols sur le sol français
Avant 1936
L’Espagne est neutre en 14-18, et après cette guerre, la France manquant de main d’œuvre, accueille de très nombreux espagnols venus travailler surtout dans l’agriculture et dans le bâtiment. En 1921, 255 000 espagnols résident dans le sud de la France et environ 70 000 en région parisienne.

franco1936

16 février 36 : Le Frente Popular arrive au pouvoir par les élections.
Juillet 36 : des forces « nationalistes » rebelles, regroupées derrière le General Franco entreprennent la reconquête de l’Espagne, appuyées par des forces allemandes et italiennes, Elles attaquent d’abord le pays Basque, riche en mines de fer et de charbon dans la région de Bilbao( minerai en échange de livraisons d’armes de l’Allemagne hitlérienne). La guerre civile éclate et va durer près de 3 ans.
En France, le « Front Populaire » gagne en mai les élections mais Léon Blum , le Président du Conseil se contraint à la non-intervention en Espagne.

iHEMINGWAY
Face au spectre fasciste qui menace l’Europe,la gauche se mobilise : le Komintern crée les Brigades Internationales, les anarchistes intègrent la columna Durruti, George Orwell rejoint les rangs du POUM , Malraux contribue à la création de l’escadrille Espana, Hemingway couvre la Guerre d’Espagne du coté républicain.
_Guernica,_Ruinen

 

 

 

La Droite, ainsi que l’Eglise soutiennent Franco . Des intellectuels de droite Maritain, Duhamel,Mauriac, Bernanos, condamnent toutefois publiquement les exactions commises par les troupes dirigées par Franco( ex Guernica).
Pour fuir les bombardements , un exode massif de basques vers la France se dessine.Malgré les déchirements au sein des familles qui vont laisser des hommes combattre sur le terrain, entre 1936 et 1937, 120 000 basques vont arriver en France pour un exil provisoire.

En 36-37, la France subit une grave crise économique, ; des usines ferment, mais Léon Blum, en vertu du « droit d’asile », ouvre son carte Espagne_guerre_aoutpays et accepte d’accueillir ces « refugiés républicains espagnols ». Déjà, en Espagne,l’entraide s’était développée autour de ces populations civiles.

 

 

 

 

 

 

1937

Le Frente Popular basque et le gouvernement français s’accordent pour cet exode. Les hommes seront séparés et envoyés dans des camps d’internement, situés dans le sud de la France. Les femmes, les enfants (jusqu’à 16 ans), et les vieillards, seront envoyés dans de multiples communes au nord d’une ligne Lyon Bordeaux, mais pas en région parisienne.
Le ministère de l’intérieur va gérer les flux en les dirigeant vers les 77 départements retenus, en déléguant aux préfets la gestion concrète des arrivées, dans un climat d’improvisation : le nombre des arrivants n’étant pas connu à l’avance. C’est ainsi que le Finistère va accueillir un millier de basques. Ils arriveront pour beaucoup par Hendaye, puis la Palice, St Nazaire, et enfin Quimper par chemin de fer. De là, ils iront vers d’autres lieux d’accueil, notamment Morlaix où ils débarqueront par car.
CAPA GUERRE D4ESPAGNE3 juin 1937 : arrivée du 1er convoi à Quimper.
19 août 1937 : 13ème et dernier convoi.
Le convoi est attendu par un comité d’accueil (autorités locales : Préfet-Sous Préfet, Maire, Commissaire de Police), des médecins, les syndicats , les sympathisants politiques , les organisations caritatives , puis prise en charge « gastronomique » etc….) , vaccination contre la variole et enfin répartition dans les centres d’hébergements, anciennes casernes, colonies de vacances ( Le Dourdy, Poulgoazec, Roscanvel, Brest, Roscoff), et chez des particuliers. Les centres sont pris en charge par les communes.
Les bretons se sont montrés solidaires et généreux dans leur accueil, courageux politiquement.
28 août 1937 : la chute de Bilbao entraine des troubles importants parmi les réfugiés, et la question va se poser du retour en Espagne. Rentrer au Pays Basque, malgré la présence inquiétante des franquistes, aller en Catalogne, ou rester en France ? La plupart de ces républicains espagnols rentrent en Pays basque (2/3), les autres en Catalogne (1/3). Leur départ suscite une grande émotion, car les exemples furent nombreux de forts liens tissés entre ces 2 populations.

1938
NO PASARANl’Aragon est conquis par Franco. 25 000 Aragonais s’exilent mais ne viennent pas dans le Finistère.

 

 

 

 

 

 

1939

REP TRANFERT FRANCE
la retirada

La chute de Barcelone le 26 janvier 1939, puis celle de Madrid le 29 mars. S’en suit La Retirada, du mot « retraite » en espagnol : l’exode des réfugiés espagnols. À partir de février 1939, près de 500 000 républicains franchissent la frontière , suite à la chute de la 2nde République Espagnole et à la victoire du général Franco .
Après quelques hésitations de la part du Gouvernement français,la frontière est finalement ouverte le 27 janvier , afin de leur permettre d’échapper à l’impitoyable répression phalangiste (35 000 exécutions) . Cette ouverture n’est, dans un premier temps, concédée qu’aux civils les gardes mobiles et un régiment de tirailleurs sénégalais faisant le tri, repoussant même les hommes valides , par la force au besoin . Lors de l’entrée sur le territoire français, les réfugiés sont dépouillés de tout : armes, mais aussi bijoux, argent liquide, etc
À partir du 5 février, ce qui reste de l’armée républicaine est autorisée à franchir la frontière : ce sont 250 000 combattants qui s’ajoutent aux 250 000 premiers réfugiés.
Les autorités françaises ont sous-estimé l’ampleur de l’exode. En mars, ce sont 264 000 Espagnols qui se serrent dans les camps des P.O. quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes.
un camp argelèsEt c’est cet hiver 1939, extrêmement froid, qui va voir arriver à nouveau dans le Finistère, de nombreux réfugiés (568 à Morlaix). Le 1er convoi de catalans arrive à Quimper le 31 janvier 1939
A nouveau l’accueil, les appels aux dons, la solidarité vont œuvrer pour la survie de ces réfugiés, arrivés pour beaucoup dans un état physique critique. Il ne fait pas chaud en février dans les colonies de vacances bretonnes, ou à la caserne de Sourdis à Roscanvel

Par exemple : Le maire de Landerneau (Rolland) se charge d’acheter des bicyclettes pour distraire les enfants réfugiés de Roscanvel ! bel exemple …parmi beaucoup d’autres… dont l’enterrement de cette petite espagnole de 3 ans décédée suite aux gelures des mains et pieds, organisé par les civils français et espagnols, car le curé avait refusé son église à une « rouge »…
CAMPS D4INTERNEMENTLes mêmes stratégies d’accueil qu’en 1937, sont mises en place. A Morlaix, notamment, 108 républicains espagnols arrivent en février 39, et sont accueillis avec les honneurs habituels. Ils sont repartis entre l’hôpital pour quelques blesses, la Maison du Peuple, le Bureau de Bienfaisance, et de nombreuses familles. Les agriculteurs étaient réticents à cet accueil pour la bonne raison que les réfugiés n’avaient pas le droit de travailler
Le 29 mars 1939 Franco est à Madrid. Il a gagné cette terrible guerre civile et il va falloir composer avec lui. Le régime franquiste se met en place et ré- ouvre ses frontières aux exilés qui veulent rentrer( quota de 6000 / jour permettant le filtrage). Mais que cache ce régime avec ses prisons et la terreur qui y règne ? A nouveau les femmes, loin de leurs hommes vont devoir décider. Les familles d’origine paysanne rentrent, 57 000 par Hendaye et 43 000 par Le Perthus mais tous ceux engagés politiquement ou syndicalement ne veulent pas rentrer.
Certains sont purement et simplement renvoyés en Espagne : ils seront en grand nombre incarcérés ou exécutés.
La France suggère des exils lointains vers le Mexique, l’Argentine,le Chili ,Saint Domingue , même la Russie. Elle met même à la disposition des réfugiés espagnols, des navires.  Le Winnipeg, affrêté par Pablo Neruda accoste avec 2500 réfugiés politiques à Valparaiso au Chili.
Le Mexique notamment accueille 15 000 émigrants (premier départ de Sète le 24 mai) ; entre 10 000 et 25 000 Espagnols quittent la France pour d’autres pays
arrivée du Winnipeg à ValparaisoCertains restent en France( ex Jorge Semprun,Paco  Rabane), et la guerre qui va être déclarée le 2 septembre 1939, verra ces espagnols « finistériens » faits prisonniers par les allemands. Certains d’entre eux sont contraints de participer  à la construction de la Base sous marine de Brest.
Ces 2 années 1937 et 1939 ont vu le Finistère accueillir entre 4000 et 6000 réfugiés républicains espagnols. Leurs descendants, par le biais d’associations, d’expositions, font en sorte que cette histoire demeure, car son intensité a marqué bien des familles espagnoles et bretonnes.

 

 

Cf : Association MERE 29

CONFERENCES du 1er Trimestre 2017/2018

  CONFERENCES du 1er Trimestre 2017/2018

Vous voudrez bien noter que les conférences débuteront dorénavant à 14h00.

 

 

5- 16 Novembre :            Les voies romaines en Bretagne

Roudour à 14h00            par Jean-Yves EVEILLARD, maitre de conf. Histoire ancienne

6- mercredi 22 Novembre : La mucoviscidose : des hommes et des gènes

Langolvas à 14h00           par Nadine PELLEN, enseignant chercheur UBO

7 – 07 Décembre:           « Generacion del 98 »

Langolvas à 14h00          un âge d’or de la littérature espagnole (Unamuno, Baroja, Machado,…)

                                       par Andrée PORTE, professeur d’espagnol

8 – 14 Décembre :           A la conquête de la liberté : le « french cancan »,

Langolvas à 14h00          histoire de cette forme de spectacle, lecture sociologique, théâtrale et picturale

                                       par Martine KAHANE.

9 – 21 Décembre :          Conférence-concert : de la Belle époque aux années folles

Roudour  à 14h00           un voyage au cœur de la musique française (Ravel, Fauré, Franck, etc…)

                                      par Guillaume KOSMICKI, musicologue, accompagné de 2 musiciens.

 

 

L’attaque franquiste du sous-marin C2 à Brest

  L’attaque franquiste du sous-marin C2  à Brest

 par  Patrick GOURLAY, Professeur d’Histoire.

nuit-franquiste-sur-brest-vpatrick gourlayEn pleine guerre d’Espagne, un sous-marin républicain trouve refuge à Brest, le grand port de guerre de l’Atlantique. Aussitôt les services secrets du Général Franco complotent pour venir à Brest s’emparer du sous-marin et mettent à exécution leur projet.
Au-delà des péripéties,ces évènements agissent aussi comme un révélateur du climat de guerre civile qui traverse la société française en 1937.

 

 

 

 

1 Les raisons de la présence d’un sous-marin espagnol à Brest

a) le soulèvement militaire et ses implications pour la marine
Lorsque l’Armée d’Afrique du Nord, conduite par le général Franco, se soulève contre le gouvernement républicain,

General FRANCO
General FRANCO

la flottille de sous-marins est stationnée à Carthagène. Elle reçoit l’ordre de se positionner dans le détroit pour contrôler les mouvements de troupes entre l’Afrique (Maroc) et la péninsule ibérique. Elle est formée des C-1, C-2, C-3, C-4, C-5, C-6, B-5 et B-6. Les autres sous-marins (B-1, B-2, B-3 et B-4) sont stationnés aux Baléares .
Ce soulèvement déchire la marine espagnole : de nombreuses mutineries ont lieu. Beaucoup de cadres et officiers de la marine sympathisent avec les mutins : destitution sur le champ, emprisonnement et souvent exécution sans autre forme de procès. Les sous-marins ne font pas exception à la règle. Cependant, les conditions d’emploi propres à l’arme sous-marine génèrent des liens plus étroits qu’à bord des unités de surface. La promiscuité et une technicité plus importante impliquent une plus grande dépendance des marins vis-à-vis des officiers. En cas de mutinerie les officiers subalternes et les marins hésitent donc à prendre le contrôle de ces navires. Le commandement est alors laissé aux officiers, seuls à disposer de la compétence technique pour conduire cette arme, tout en les soumettant a une étroite surveillance.
Le climat insurrectionnel ambiant conduit à une purge au sein de la marine espagnole : bon nombre d’officiers sont débarqués et emprisonnés.

Aout 36
Aout 36
octobre 37
octobre 37

b) les conséquences de l’avancée vers le Nord de l’Espagne des troupes insurgées
Les populations civiles de la poche républicaine située au Nord de la péninsule et les militaires républicains qui s’y trouvent fuient le  pays devant l’avancée des troupes de Franco  et s’embarquent pour la France.Entre 5 et 6 000 débarqueront dans le Finistère , et ceci sous le contrôle des autorités françaises.
Par contre , quand arrive le C2, navire de guerre espagnol, les autorités françaises sont bien embarrassées… : un navire de guerre étranger à l’improviste dans un port de guerre français.
b1 raisons de l’arrivée sur Brest le 1er Septembre
Les sous marins C2 et C4 , sous l’autorité du gouvernement républicain avaient été affectés à la protection des ports de l’Atlantique (Gijon et Bilbao)
Le 26 Aout 1937, le port El Musel de Gijon est l’objet d’un bombardement aérien qui endommage les C 2 et C4
Passant outre aux ordres de l’Etat Major, les sous-marins jugés inaptes au combat par leurs commandants quittent la zone de guerre pour se réfugier en France au motif d’effectuer les réparations: le C4 se dirige vers Bordeaux, le C 2 met le cap sur Brest.
b2 intérêt du C2 pour les forces insurgées
Les insurgés ne disposent pas de sous-marins : ils sont dans l’obligation de faire appel à leurs alliés italiens et allemands pour envoyer par le fond les ravitaillements républicains qui arrivent par mer.
Situation inconfortable pour les généraux rebelles.

Par ailleurs,le C4 trop endommagé, stationné à Bordeaux, n’est pas en mesure de prendre la mer.

Prendre un navire de guerre à la barbe des républicains et des autorités françaises dans un port militaire français, quel coup d’éclat et quelle propagande pour le mouvement nationaliste !!!
b3 la situation politique en France
Le Gouvernement de Front Populaire s’est engagé dans la non-intervention en Espagne : toutefois P Cot assisté de J Moulin font passer en sous main du matériel au Frente Popular, tandis qu’Hitler et Mussolini interviennent directement sur le champ de bataille : troupes , aviation,armement…
Certains éléments de l »Extrême Droite française après l’échec du 06 Février 1934 se radicalisent, convaincus (ou s’étant convaincus) de l’imminence du Grand Soir. Pour barrer la route au péril rouge, ils s’organisent en formation para-militaire et s’engagent dans une étroite collaboration avec les fascistes , les nazis  et leurs services secrets.
Climat politique délétère en France , proche de la guerre civile: l’effondrement de la IIIème République se rapproche.

2 L’attaque du C2 par le commando

periodico-troncoso-2
Commandant Troncoso

21 les principaux protagonistes
le commandant du C2 :Jose Luis Ferrando Talayero,28 ans ,sauvé   in extremis du peloton d’exécution coté républicain en 36 est depuis le 6 juillet 37 le nouveau commandant. Il a convaincu l’équipage de faire route sur Brest ;dès son arrivée il fait savoir aux forces franquistes par l’intermédiaire de Mocaër , consul d’Espagne à Brest que le bateau est à quai au port de commerce( quai Malbert). Politiquement,il penche pour la rébellion.Le lendemain de son arrivée , il s’en va à l’Ambassade d’Espagne à Paris pour rendre compte et prendre ses instructions.
– le comandante Troncoso : proche des frères Franco, secondé par le capitaine Ibanez, il est officiellement gouverneur militaire d’Irun. Il est en fait l’un des dirigeants du  SINFE
– le SINFE (Servicio de Información en la Frontera Noroeste de España : en clair les services secrets), fondé dès le soulèvement par le Général Mola organise en France la surveillance des républicains espagnols,le ravitaillement en

General MOLA
General MOLA

armes de ces derniers, la destruction des matériels militaires républicains(ex avions destines à la République espagnole), la « récupération » manu militari des bateaux républicains dans les ports français,
-des français membres de La Cagoule qui jouent le rôle de supplétifs dans l’affaire (repérage, mise à disposition de véhicules,…) : Robet( de Douarnenez), Chaix, Pardo
– la Cagoule : De véritables enfants de chœur qui ont à leur actif notamment :
. l’assassinat le 23 janvier 1937 du soviétique Dimitri Navachine, directeur de la Banque commerciale pour l’Europe du Nord, assassiné à coups de baïonnette
. Dès le soulèvement de 36 aux côtés des franquistes : livraison d’armes ,sabotage de voies ferrées reliant la France à l’Espagne, intimidation de partisans des républicains, destruction de navires ravitaillant les antifranquistes… .sabotage d’avions destinés aux républicains sur l’aérodrome de Toussus le Noble dans la nuit du 28 au 29 août 1937
. assassinat de Carlo et Nello Rosselli. le 9 juin 1937 à Bagnoles de l’Orne sur ordre de Mussolini
. le 11 septembre 1937, destruction à la bombe du siège de la Confédération Générale du Patronat Français et celui de l’Union des Industries Métallurgiques dans le but de faire accuser les communistes.

. sabotage sur les docks de Marseille et de Bordeaux, incendie à bord du Turia à quai à Nice, bombe au Consulat

Buenaventura DURRUTI
Buenaventura DURRUTI

d’Espagne à Perpignan

– le Servicio de Informacion y de Coordinacion de la CNT et le SIEP proche des anarchistes espagnols  (B. Durruti)

.
22 l’attaque
221 tentative de débauchage de l’équipage
Opérant à visage découvert ( Hôtel Moderne Brest – auto garage Brest – l’Hermitage), les membres du commando(une dizaine) essaient de convaincre l’équipage de rejoindre les troupes insurgées ( médiation de Mingua). Sans succès.
Le bâtiment était étroitement surveillé par les communistes, socialistes et anarchistes brestois qui pressentaient un coup de force ; ces derniers ayant des informations de première main sur les projets du commando..
222 l’assaut :Le capitaine Las Herras , commandant du C4, a rejoint le commando .Le 28 septembre 37, il s’introduit sur le C2 en compagnie de ses acolytes. Troncoso neutralise l’équipage réduit ce jour-là à 12 ( sur 47 membres au total). Le commando n’arrive pas à faire démarrer les moteurs Vickers du sous-marin. Un membre du PAPIER TRONCOSO_commando, Garabain Goni est abattu .( Au large , mouillait un navire espagnol chargé du ravitaillement en cas de sortie du C 2). Attaque avortée.
223   fuite du commando en compagnie du commandant Ferrando et son chef mécanicien : certains réussissent à passer en Espagne dont Troncoso. Par contre 6 d’entre eux se font arrêter le lendemain à Bordeaux et le chauffeur de Troncoso à Hendaye : des anarchistes espagnols infiltrés dans l’organisation Troncoso ont donné leur signalement à la Police française, facilitant l’arrestation des comploteurs.
Troncoso, sûr de son impunité sur le sol de cette république vacillante à ses yeux, revient sur le territoire français pour faire libérer son chauffeur. Sur instruction du Ministre Marx Dormoy, il est arrêté et transféré à Brest à la prison du Bouguen
L’affaire fait la une des journaux français mais aussi étrangers : certains estiment que l’affaire est une affaire strictement espagnole, d’autres que le péril fasciste se rapproche…
23 le procès

Orendain-Troncoso-Chaix -Serrat au sortir du procès
Orendain-Troncoso-Chaix -Serrat au sortir du procès

Les temps ont changé :Blum a cédé sa place à Daladier qui privilégie l’apaisement avec Franco, considéré comme le futur vainqueur de la guerre civile.En mars 1938, le procès en correctionnelle est vite bâclé. Aux 2 condamnés, il leur reste 3 jours de prison à purger … le temps de boucler les valises pour l’Espagne.
La succession rapprochée d’évènements graves en cette année 37 ( attentats ,assassinats ciblés, plasticage,..) ferait-elle partie d’un plan visant à la déstabilisation du pays par des éléments extrémistes nationaux et étrangers : la Sureté Nationale juge la situation préoccupante.

 

 

24 épilogue
submarino c_2le C2
Il quitte le quai de l’Arsenal de Brest (où il avait été finalement amarré) pour les Chantiers Navals de St Nazaire où il subit 2 sabotages ( machines et batteries)
Avaries partiellement réparées, le navire reprend la mer sous le commandement du capitaine de frégate soviétique Nicolai Pavlovich Equipko,(Juan Valdés) le 17 juin 1938 et arrive à Cartagène le 25 août 1938 .
le commandant Troncoso : élevé au grade de lieutenant-colonel pendant son incarcération , perdu pour l’espionnage,  il reprend le combat sur le sol espagnol et sera nommé en 1939  Président de la Fédération espagnole de Football , puis sera Vice Président du Real Madrid. Il poursuivra son ascension dans les milieux franquistes.

 

Livre : Nuit Française sur Brest, éditions Coop-Breiz, 2013

Réf : 01CY-Jmayo6

L’ALGÉRIE par M COLLAS

L’ALGÉRIE

un pays et un régime sous tensions

par M Alain COLLAS, professeur d’histoire UBS

CR Algérie 2017 Alain Collas

L’analyse des évènements qui ont secoué l’Algérie dans les années 90 aurait vraisemblablement permis de mieux comprendre les évènements qui ont un peu précipitamment été qualifiés de «printemps» arabes et qui se sont déroulés quasiment selon la même trame.
De par la proximité géographique et historique de l’Algérie, son évolution politique ne peut nous laisser indifférents.

1 L’ALGERIE-quelques données

Lire la suite

L’architecture contemporaine et les musées par Sonia de Puineuf

Sonia de Puineuf
Sonia de Puineuf

L’architecture contemporaine et les musées

par Sonia de Puineuf

De création relativement récente, le musée ,l’un des instruments de diffusion de la connaissance est l’espace où s’exposent les chefs d’œuvre.Mais exposer dans quel type de bâtiment ? Un simple hangar ou un bâtiment de prestige ?

Dans les années 1920, des architectes comme Le Corbusier ,Mies van der Rohe remettent en cause les choix Lire la suite

Présentation générale des ateliers

les différents ateliers sont animés par des adhérents bénévoles, au siège de l’U.T.L .

1- Atelier Sciences:

Horaire: le mercredi après midi de 14 h 30 à 16 h (fréquence à définir)

Cet atelier est « piloté » par Joseph Le Ber

2- Atelier Langue Bretonne:

deskin brezL’atelier de langue bretonne se déroulera pendant l’année 2017-2018 les lundis, hors vacances scolaires, entre 17 heures et 18 heures trente, au local de l’UTL rue Poulfanc à Morlaix .
Le premier atelier est prévu le 10 octobre 2016.
En début d’année année les séances seront animées par Hervé RIVOALLON , président de KLT Morlaix. 
L’objectif est de permettre à des personnes « bretonnantes », d’entendre du breton, de parler, de lire, de retrouver la langue, les intonations et les expressions particulières.

On parlera des expressions caractéristiques de la langue bretonne, de l’écriture et de grammaire quand, en lisant, on rencontrera quelque chose à dire.

3- Atelier Ecriture: (production de textes)

Le 1er ‘atelier d’écriture compte aujourd’hui 13 membres (8 femmes / 5 hommes). Il se réunit le mardi matin toutes les 2 semaines, de 9h à 11h30  .coordinateur : Marcel MESCAM

Un 2nd atelier verra le jour au cours de l’année universitaire 2017/2018

Manière de fonctionner :

Nous écrivons en dehors de l’atelier et en réunion nous définissons les thèmes que nous souhaitons aborder (un thème différent par quinzaine) ; nous échangeons les textes que nous avons écrits, les lisons, les commentons, cherchons collectivement les améliorations dont ils peuvent faire l’objet. Nous nous efforçons de travailler sur le même thème au même moment pour renforcer la cohésion du groupe, mais tout texte libre est le bienvenu.

Il n’y a bien sûr aucune obligation de résultat, mais l’expérience montre que même si au début il est parfois difficile de se lancer, après quelques séances on se découvre des capacités qu’on ne soupçonnait pas, et le plaisir est toujours au rendez-vous, même si le résultat est modeste.


4- Atelier Philo:

Animé par Yves-Marie Le Lay, professeur de philosophie.

Dates et heures: 2nd mardi du mois pour les 1er et 2nd groupes

– premier groupe de 14h15 à 15h45

– deuxième groupe de 16h à 17h30

– troisième groupe de 14h15 à 15h45 en décalage d’une semaine par rapport aux précédents

5 – Atelier « Aimons la Musique ensemble »

Après 5 ans d’existence, notre noyau fidèle souhaiterait accueillir de nouveaux participants.

Chacun prend en charge l’animation d’1 ou 2 séances, propose ce qu’il désire transmettre, partager.

Le groupe n’est pas constitué de spécialistes ; il se sert de livres , de DVD, de CD…

Dates prévues: voir calendrier sur programme général . Animatrice : Annette Manant

6- Atelier « Lecture »:

Dates et horaire: de 14h15 à 16h30

– Animatrice: Annette Manant (1er groupe) et Christine Poully (2nd groupe)

–  Datyes : voir les programmes trimestriels

– Préparation du contenu de la séance suivante : choix d’un livre – souvent la personne qui le propose le présente.

– Les livres que nous avons lus dans le mois et que nous voulions conseiller.

7- Le Cinéma

Une séance par mois permet aux passionnés de visionner un film en général d’art et d’essai le lundi après-midi à 14 h 30 au Cinéma « La Salamandre ».

Les adhérents sur présentation de leur carte bénéficient d’un tarif réduit.

Contact : Maria MENS.
Cinéma La Salamandre
rue Eugène Pottier
La Boissière
29 600 Morlaix
tél/fax : 02 98 62 15 14

Contact pour les ateliers de l’UTL

Musique : (Annette Manant )

Philo : (Yves Marie Le Lay) le mardi

Lecture : (Annette Manant/Christine Poully)  

Breton :  Hervé Rivoallon les lundis à 17h00 rue Gal Le Flô

Science :  Joseph Le Ber  dates et sujets donnés lors des conférences les mercredis

Ecriture : Marcel Mescam   et Dominique Le Gall

Cinéma La Salamandre : sur présentation de la carte UTL, tarif réduit les lundis

 

Sorties 2016 /2017 à l’UTL de Morlaix

 

Sorties 2016 /2017 à l’UTL de Morlaix

Six sorties ont rythmé la saison 2016-2017.

Elles ont permis de découvrir différentes facettes culturelles, patrimoniales et économiques de notre environnement.

Les expositions culturelles ont permis de découvrir le Musée de Morlaix avec l’exposition « Les Baigneurs » d’Edouard Pignon puis celle « Portraits et Figure », le FHEL à Landerneau avec les expositions consacrées à Marc Chagall  et à Hans Hartung, de l’Abbaye de Daoulas avec l’exposition consacrée à la sorcellerie et enfin le nouveau musée de Pont-Aven avec l’exposition temporaire «  l’influence des grands maîtres sur les peintres bretons ».

Cette palette culturelle s’est enrichie de la découverte de sites historiques ou de patrimoines remarquables incluant la vieille ville de Landerneau, celle de Pont Aven, de chapelles telles celles de Trémalo en Pont Aven, de Saint-Gildas à Carnoët et de Notre Dame de Bulat en Plestivien, le manoir de Bodilio et de son musée. La visite de la Vallée des Saints a également été l’opportunité d’appréhender le patrimoine légendaire régional.

Ces regards sur le passé ont été complétés d’une sensibilisation au dynamisme économique régional avec la visite de la biscuiterie Penven à Pont Aven et plus récemment de la remarquable entreprise Allot de Loudéac, spécialisée dans la copie de meubles anciens pour des clients du monde entier. La visite d’un élevage d’escargots et de la culture de safran a donné une touche nature à ce kaléidoscope de découvertes.

La visite du musée Artcolle à Plémet, consacré à l’art du collage, aussi atypique que confidentiel a charmé les visiteurs par sa richesse et l’enthousiasme communicatif de son créateur.

En favorisant le regard sur ces différentes nuances, ces sorties visent à satisfaire les attentes diverses des publics qui composent les adhérents de l’UTL de Morlaix

11 septembre 2017

Françoise Jouannigot

Christine Briet

Auditeur Libre UBO – modalités 2017/2018

 

AUDITEUR LIBRE UBO BREST

 

Après adhésion à l’ UTL du pays de MORLAIX , tout adhérent  peut établir  jusqu’au 21 septembre 2017 inclus  un dossier d’inscription aux Auditeurs libres UBO qui sera finalisé rue Poulfanc à Morlaix (évitant ainsi toute démarche individuelle auprès des services de l’UBO).

Ce dossier comprend :

1 – un dossier d’inscription administrative

2 – une demande d’inscription auditeur libre

précisant   par écrit le choix des disciplines retenues,

3 –une enveloppe timbrée à votre nom et adresse afin de recevoir à votre domicile la carte d’étudiant,

4- un chèque de 25 euros ou de 55 euros ( à l’ordre de l’agent comptable de l’UBO) selon l’option choisie ( consultation ou emprunt des ouvrages à la Bibliothèque Universitaire).

Le dossier complet est transmis dans les meilleurs délais via  l’UTL de Brest aux services de la Formation continue UBO pour validation .

 

L’Auditeur Libre à l’UBO peut suivre les cours magistraux dispensés dans les UFR de Brest.

  • Lettres et sciences sociales
  • Droit
  • AES
  • Sciences et techniques
  • STAPS (pour les sportifs confirmés)

En sont exclus :

  • les DEA et DESS
  • les diplômes universitaires
  • les cours de langues
  • la médecine
  • l’odontologie
  • les formations professionnalisantes

 

CHERCHEUR PENDANT LES TRENTE GLORIEUSES : M RIO

CHERCHEUR PENDANT LES TRENTE GLORIEUSES.

                                                          1951-1981

Je n’ai pas la nostalgie du passé, même quand il s’agit de mon activité favorite, la recherche. Une étape terminée, je range les résultats, je passe à autre chose et je n’y pense plus. Après de longues années de recul, j’ai réalisé que si quelqu’un essaie un jour de retrouver dans mes documents un fil conducteur, les idées qui m’ont inspiré, l’enchaînement des évènements, il sera bien en peine de s’y retrouver, surtout s’il n’est pas chimiste. C’est pourquoi j’ai rédigé ce résumé, en évitant autant que possible d’être trop technique. Quand je revois ces documents du passé, je m’aperçois que, si l’essentiel m’est bien resté en mémoire, j’ai complètement oublié une foule de détails qui n’ont plus grand intérêt. La passion de la chimie et de la recherche m’est venue très tôt et n’a pas faibli, même si j’ai dû y renoncer plus tôt que je ne le prévoyais, quand ma carrière professionnelle s’est arrêtée, et rechercher d’autres activités pour occuper les loisirs de ma retraite.

La chimie. On a compris l’essentiel de la chimie quand on a réalisé que toute matière, quelle qu’elle soit, solide, liquide, gazeuse, minérale, végétale ou animale est constituée d’atomes qui se lient entre eux pour former des molécules, des cristaux ou toutes sortes d’autres assemblages plus ou moins solides, et que la distinction entre produits naturels et produits chimiques est complètement factice et ne porte que sur la façon dont ils sont obtenus ou les noms qu’on leur donne.
Les atomes vont de l’hydrogène, le plus léger, qui porte le n°1, à l’uranium, n° 92, suivi de quelques éléments plus lourds mais instables comme le plutonium, qu’on ne trouve donc pas dans la nature, et qu’on a obtenu artificiellement. Ils peuvent bien se former comme les autres dans les cataclysmes qui accompagnent la mort des étoiles géantes, mais ne subsistent pas très longtemps.

La chimie organique. Ainsi nommée à l’origine parce qu’elle concernait les substances produites par les êtres vivants, qu’on se croyait incapable de reproduire artificiellement, elle a bientôt su effectuer la synthèse de ces substances. La chimie organique est plus exactement la chimie des composés du carbone, plus riche à elle seule que celle de tous les autres éléments, parce que seuls les atomes de carbone peuvent se lier les uns aux autres pour constituer des squelettes indéfiniment variés sur lesquels peuvent se fixer d’autres éléments dont l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, et bien d’autres encore comme le chlore, le brome, le soufre et les métaux. La synthèse organique est donc une espèce de jeu de meccano qui permet de produire des colorant, des parfums, des solvants, des émulsionnants, des combustibles et des médicaments, à condition de connaître les méthodes qui permettent de réaliser ces assemblages.
Mes professeurs de chimie organique ne parlaient jamais d’électrons, c’était l’affaire des physiciens, mais depuis une quarantaine d’années les organiciens les évoquent constamment : c’est la clé qui explique les liaisons entre les atomes et la possibilité ou non de réaliser telle ou telle réaction. C’est un nouveau langage qui ne change rien aux réalisations pratiques, mais plus abstrait, et auquel j’ai dû m’habituer comme à une langue étrangère.

Le cyclohexane et ses dérivés. Le travail de recherche qui m’a été proposé comme sujet de thèse concernait les dérivés bromés du cyclohexane. Le cyclohexane est une molécule hexagonale formée de six atomes de carbone portant chacun deux atomes d’hydrogène. C’est un liquide d’odeur plutôt agréable rappelant la rose. Contrairement au benzène (la benzine), formé également de six atomes de carbone dont chacun porte seulement un atome d’hydrogène, et dont la structure est plane, la molécule de cyclohexane se développe dans trois dimensions. Comme sur chaque atome de carbone on peut remplacer un atome d’hydrogène par un atome de brome, selon le nombre d’atomes introduits et leurs positions relatives il existe donc plusieurs combinaisons possibles correspondant chacune à une substance différente.
A l’origine de cette étude, il y avait l’hexachlorocyclohexane plus connu sous le nom de lindane, un insecticide dont l’usage est maintenant interdit. Il s’obtenait par action du chlore sur le benzène sous l’effet de rayons ultra-violets, mais selon la disposition des atomes de chlore plusieurs combinaisons étaient possibles, et on obtenait un mélange où le produit actif était minoritaire et dont il fallait l’extraire, d’où une perte de matière et d’énergie. Pour essayer de mieux comprendre les causes de cette difficulté, l’idée s’était imposée de remplacer les atomes de chlore par du brome. Comme le fluor et l’iode, le chlore et le brome appartiennent à la famille des halogènes et ont des propriétés analogues, mais les composés bromés organiques sont plus réactifs que ceux du chlore, et on pouvait espérer en tirer des conclusions pour orienter la synthèse vers le composé désiré. Il faut reconnaître que ce but très aléatoire a été vite quelque peu négligé et que l’étude des composés bromés est devenue une fin en soi, indépendamment des applications possibles.
Mon prédécesseur avait amorcé le travail et étudié des composés comportant de un à trois atomes de brome. J’ai poursuivi et obtenu une série d’autres composés renfermant de deux à six atomes de brome. L’étude de leurs propriétés a permis de préciser leur structure et de montrer que de cette structure dépend leur stabilité relative : certains sont stables, d’autres se transforment plus ou moins spontanément en des formes plus stables, où encore sont vraisemblablement trop instables pour être obtenus.
Après ma soutenance, une autre personne a pris le relais. A l’issue de sa thèse, elle m’ a adressé un exemplaire dédicacé de son travail, me disant que je ne le lirai sûrement pas autant qu’elle avait lu le mien. Je l’ai tout de même lu au moins une fois, mais j’étais déjà engagé dans une autre aventure.

Les polymères. A mon arrivée dans l’entreprise qui m’avait embauché comme ingénieur de recherche, je suis tombé de bien haut : finie l’ambiance chaleureuse de l’Université, la confiance réciproque, les discussions passionnées avec un maître de thèse enthousiaste et bienveillant. Des laboratoires vétustes, vastes comme des ateliers, où trop de personnes s’entassent sans trop communiquer ; une hiérarchie tatillonne plus prête à critiquer qu’à encourager ou à aider, une ambiance lourde de méfiance. Qu’est ce que je suis venu faire ici ? L’entreprise en expansion recrute beaucoup, mais ne sait trop quoi faire des nouveaux venus, et j’attends plusieurs jours avant qu’on me propose un travail comme un os à ronger. J’essaie de m’y accrocher tout de même en ne voyant pas bien où il peut mener.
Il faut changer de métier. Finie la chimie organique ; ici on travaille sur les polymères, et je n’en ai qu’une vague réminiscence d’un cours trop sommaire. Je ne me doute pas encore qu’une vingtaine d’années plus tard je l’enseignerai à mon tour, mais de façon beaucoup plus développée, à des élèves ingénieurs.
Après quelques travaux sans grand intérêt, enfin un sujet qui va se révéler passionnant, m’occuper pendant cinq ans et m’apporter une expérience enrichissante. Avec le temps, je me rends compte qu’une grande entreprise renferme des compétences précieuses, nombreuses et variées, qui peu à peu acceptent de partager leurs connaissances. On y trouve aussi, inévitablement, quelques individus odieux qui parviennent à des postes où ils peuvent exercer leur pouvoir de nuisance.

Le méthylstyrène. L’entreprise vient d’inaugurer un procédé original et performant dans ce qu’on appelle la chaîne du Nylon, c’est à dire une cascade de réactions passant par le phénol pour aboutir au Nylon. On obtient simultanément du phénol et de l’acétone, mais aussi un sous- produit, le méthylstyrène, dont on ne sait que faire. Contrairement au styrène, dont il ne diffère que par un atome de carbone supplémentaire, il refuse absolument de polymériser.

La polymérisation. C’est une réaction en chaîne qui, amorcée par un catalyseur, provoque la soudure bout à bout des molécules d’un monomère gazeux ou liquide pour aboutir à un long enchaînement constituant un composé solide, matière plastique ou fibre. Ayant déjà acquis l’expérience de la polymérisation du chlorure de vinyle, j’essaie de l’adapter au méthylstyrène, mais en l’associant à un autre monomère facile à polymériser, et assez vite cela marche. Le produit obtenu, dur et cassant, est analogue au polystyrène.
Est-ce la solution au problème qu’on m’avait posé ? Ce serait trop facile. On me l’avait posé sans trop y croire, et la réponse embarrasse. Exploiter le procédé, c’est se lancer dans une aventure, et la parade est vite trouvée. Il existe aussi des polystyrènes-choc, beaucoup moins cassants, fabriqués par des concurrents et on me laisse espérer que si je parviens à faire quelque chose d’équivalent …
Le problème se complique. La solution est d’associer le produit dur et cassant à une matière caoutchouteuse qu’il faut aussi savoir produire. Le simple mélange donne effectivement une matière plus souple, mais les techniques classiques de mise en forme, extrusion et injection, aboutissent à une masse cartonneuse inutilisable : les deux composants sont incompatibles comme l’eau et l’huile et refusent de s’associer intimement. La solution est le greffage : il faut souder sur les molécules caoutchouteuses des motifs analogues à ceux de la matière rigide. Après une mise au point assez laborieuse, le résultat est acquis. On prépare séparément le produit rigide et le produit caoutchouteux, on greffe sur ce dernier les motifs convenables et on mélange le tout.
Va-t-on cette fois exploiter le procédé ? J’ai déjà expérimenté une fois les réticences à lancer un produit nouveau. On me signale qu’il existe un produit concurrent nouveau encore beaucoup plus résistant au choc, et que si je parvenais à faire aussi bien ce serait la réussite assurée. Nouveaux essais, nouveaux tâtonnements. Il faut améliorer encore la compatibilité entre les deux constituants, jusqu’au jour ou je trouve enfin la bonne composition. Le procédé est repris avec succès en demi-grand, étape intermédiaire entre la recherche et l’exploitation industrielle.
Comme d’habitude, on tergiverse, on hésite, on propose le procédé, qu’on a évidemment protégé par des brevets, à une autre société. La réponse est claire : pourquoi ne le faites vous pas vous mêmes ? J’aurai l’occasion bien des fois encore de me répéter la formule d’un collègue parvenu par la suite au rang de directeur : L’expérience a montré que quand c’est trop nouveau on se gratte la tête pendant longtemps, et finalement on ne fait rien. Bref, au bout de cinq ans sur le sujet, avec une équipe modeste de jeunes techniciens qu’il m’a fallu former, tout en acquérant moi-même de l’expérience, et sans trop attendre de la hiérarchie, on me dit qu’il est temps de passer à autre chose. Et le méthylstyrène qu’on continue de produire ? On trouve plus simple de le brûler.

Le nouveau centre de recherches. C’est à ce moment que l’entreprise inaugure un magnifique centre de recherches. Nous quittons pleins d’enthousiasme nos locaux vétustes. Avec mon équipe, je dispose d’un laboratoire et d’un bureau personnel. Le centre est vaste ; il comporte tous les service nécessaires : administration, mécanique, verriers, documentation et brevets, physique, microanalyse, une infirmerie et un restaurant. On recrute de nouveaux chercheurs, mais on ne sait pas toujours qu’en faire. Après des sujets sans intérêt qui ne mènent à rien, j’obtiens rapidement carte blanche pour aborder de nouvelles études. Sachant par expérience qu’il ne faut pas trop espérer des applications immédiates, je choisis un thème plus général d’exploration ; Je propose de réaliser des polymères contenant du phosphore, sujet encore vierge, espérant qu’ils apporteront des propriétés originales, comme le silicium dans les silicones. Le phosphore est aussi un élément essentiel dans la matière vivante.
Tout est à faire, et il faut d’abord trouver des molécules phosphorées polymérisables. Je m’aperçois très vite que le phosphore est un inhibiteur puissant des réactions en chaîne que sont les polymérisations. Il faut s’adresser à l’autre technique d’obtention des macromolécules, la polycondensation, réaction par étapes progressives, qui n’exige généralement pas de catalyseur et qui utilise des molécules capables de se souder bout à bout, par exemple des diamines, qui se combinent à des diacides pour former des polyamides. La première molécule sera donc une diamine dans laquelle l’atome de phosphore sera la clé de voûte. Après en avoir tracé le portrait robot, il s’agit de la synthétiser, ce qui sera bientôt fait. Il fallait que dans cette molécule l’atome de phosphore soit lié directement à des atomes de carbone. Cette liaison est en effet beaucoup plus solide, mais plus difficile à réaliser que celles qui comportent un atome d’oxygène intermédiaire, comme on en trouve dans les phosphates, les organophosphorés toxiques et les composés biologiques. Des essais montreront plus tard que cette nouvelle diamine est très peu toxique. Polycondensée avec l’acide téréphtalique, constituant principal du polyester téréphtalique ou Tergal ; elle donne un polyamide phosphoré que je confie à un collègue spécialiste de la filature. Les fils ont une bonne tenue à la chaleur et brûlent difficilement, deux qualités très recherchées à l’époque. La matière, presque infusible, a cependant une certaine plasticité due au phosphore.
Tout cela est bientôt breveté. J’apprends ensuite qu’une équipe russe travaillant sur le même sujet a obtenu des résultats analogues, mais semble ignorer mon brevet ; je garde la satisfaction d’avoir la priorité sur sa publication. Peut-on espérer une application industrielle de ces produits ? Nous en sommes bien loin. Pendant quinze ans je vais poursuivre ces études, synthétisant une centaine de molécules phosphorées, des ignifugeants, des antistatiques, et même des colorants qui révèlent une qualité recherchée : l’unisson, qui permet une teinture bien uniforme, et aussi divers polymères phosphorés dont un élastomère.
Cependant, je réalise dès cette époque que de nouvelles matières plastiques ou de nouvelles fibres synthétiques ont peu d’espoir de trouver leur place. Les produits existants et quelques rares nouveautés occupent tout le marché et sont solidement implantés. On peut en réaliser bien d’autres, mais ils n’ont aucune chance de s’imposer. J’entrevois une autre possibilité : rechercher des polymères non pour leurs propriétés mécaniques mais pour des applications physico-chimiques spécialisées comme le sont déjà les résines échangeuses d’ions : Propriétés catalytiques, fixation sélective de métaux, membranes semi perméables pour l’ultrafiltration, l’osmose inverse et la dialyse sont à l’ordre du jour. Je pense aussi à un problème mal résolu, la séparation des isomères optiques. Beaucoup de molécules, ne possédant pas de plan de symétrie, existent sous deux formes, une droite et une gauche, symétriques mais non superposables comme une main droite et une main gauche ; quand on en fait la synthèse à partir de molécules symétriques, on obtient les deux formes en quantités égales. Quand il s’agit de médicaments, l’une des formes est indésirable, car les cellules vivantes au contraire produisent habituellement une seule forme : tous les acides aminés constituants des protéines sont gauches, et la plupart des sucres sont droits. Pour effectuer une séparation, un dédoublement, il faut obligatoirement utiliser un moyen physique ou chimique lui même asymétrique. Un polymère comportant des motifs asymétriques pourrait-il fixer sélectivement une des deux formes ? Je pense à engager l’acide tartrique dans un polyamide. Etudié par Pasteur à ses débuts, on trouve une seule de ses formes dans le tartre des tonneaux de fermentation du vin ; on peut se le procurer facilement dans le commerce. On m’avait proposé à mes débuts de l’engager dans le Nylon, mais il ne supportait pas les conditions nécessaires. Beaucoup plus tard, je reprends des essais, d’abord sans grand succès, mais j’aurai ma revanche.
Un autre sujet retient mon attention. Les composés phosphorés fixent facilement des sels métalliques ou des acides pour donner ce qu’on appelle des complexes. J’en soumets quelques uns à un collègue physicien qui leur découvre une propriété remarquable : ce sont des semi-conducteurs dont la conductibilité électrique varie beaucoup avec la température, ce qui permet de les utiliser pour réaliser ce qu’on appelle des thermistances, capables de mesurer de très faibles écarts de température.
Dans un centre de recherches industriel, il ne faut pas perdre de vue les applications pratiques possibles. Pendant toutes ces années, divers thèmes sont à la mode : polymères thermostables, ignifuges, membranes semi-perméables, élastomères thermoplastiques ; chaque fois que c’est possible, j’oriente donc mon travail dans ces directions. Entre temps, j’ai été nommé chef de laboratoire, et je vais disposer pendant plusieurs années d’une équipe comportant deux ingénieurs de recherche et quelques techniciens chimistes.
L’expérience m’a appris que rares sont les travaux qui aboutissent à des réalisations industrielles. Le mot d’ordre est d’obtenir des brevets chaque fois que l’occasion se présente. J’en déposerai une quarantaine, dont quelques brevets américains, les plus appréciés car les plus difficiles à obtenir. En effet, après chaque brevet obtenu en France, on le dépose ensuite dans quelques autres pays. L’entreprise, très prudente quand il s’agit d’appliquer les résultats de ses recherches, cherche plutôt à se constituer un capital de brevets comme monnaie d’échange avec ses concurrents .
Pendant ces années, il m’est arrivé aussi d’étudier des composés autres que ceux du phosphore. en particulier des résines à base de pyrocatéchol, un sous produit de la fabrication de l’hydroquinone dont on ne savait trop que faire, et de montrer qu’elles sont un excellent moyen de fixer des traces de métaux lourds toxiques comme le mercure ou le chrome, mais l’essentiel de mon travail concernant des composés phosphorés, un dernier problème restait à résoudre, celui de l’obtention des matières premières par un procédé industrialisable, sans lequel toute cette chimie n’était pas viable. Jusque là, j’ai utilisé des méthodes de laboratoire comportant des étapes malaisées dont le produit de départ était le trichlorure de phosphore, produit industriel fabriqué par action du chlore sur le phosphore, mais il était clair que le plus avantageux était de partir du phosphore lui-même.
Je communique régulièrement à mes collaborateurs la documentation qui me parvient et qui concerne leurs sujets respectifs. Un de mes techniciens remarque un brevet russe qui décrit sommairement un procédé assez analogue à ce que nous recherchons et qui n’avait pas suffisamment attiré mon attention. Je doute du résultat, mais je lui propose cependant d’essayer, et c’est une réussite, après un certain nombre d’essais de mise au point. Aussitôt breveté, notre procédé conduit directement du phosphore au produit clé de toutes nos synthèses, la diphénylchlorophosphine, ainsi qu’à la phényldichlorophosphine, mais, pour le rendre industriel, il faut le faire fonctionner en continu, pour éviter les opérations laborieuses de chargement, chauffage du réacteur, refroidissement et traitement du produit brut. Je confie le travail de mise au point à un collègue dont c’est justement le métier de monter de telles opérations. Des pompes doseuses introduisent les réactifs, dont le phosphore, à l’entrée du réacteur chauffé à une température élevée, et après un temps de séjour convenable on recueille les produits en continu à la sortie.
Les problèmes techniques résolus, reste la question : va-t-on exploiter toute cette chimie ? J’ai appris à être méfiant. Un certain nombre de personnes discutent, soupèsent, tergiversent, et, comme d’habitude, on décide finalement de ne rien faire. Pourquoi prendre le risque de fabriquer des produits que ne propose aucun concurrent. La décision est peut-être sage, mais le pouvoir de nuisance y a sans doute aussi contribué. Quinze ans de travail pour rien, si ce n’est la satisfaction d’avoir été bien occupé par un sujet passionnant et enrichissant, et d’avoir contribué à la formation de jeunes ingénieurs et de techniciens.

Professeur de chimie macromoléculaire. C’est vers cette époque qu’une autre possibilité se présente. On me propose d’être détaché progressivement pour enseigner dans un établissement privé, un Institut qui forme des ingénieurs chimistes et des physiciens, et dont le diplôme est reconnu par l’Etat. C’est aussi pour mon entreprise un moyen de s’acquitter en nature de la taxe d’apprentissage, tout en me conservant dans ses effectifs. J’ai toujours eu le goût d’enseigner, et cette proposition m’en donne l’occasion, sans compter des interventions plus brèves à l’ IUT, (Institut Universitaire de Technologie), au jury d’admission à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées), et au jury du baccalauréat technique. Pendant une dizaine d’années, je vais enseigner la chimie macromoléculaire, diriger les travaux pratiques de chimie organique, et aussi les travaux de fin d’étude de nombreux élèves qui sont pour eux une initiation à la recherche, ce qui me permet de poursuivre avec eux des sujets que j’avais encore en cours. A l’occasion, je participe aussi à des stages de formation destinés à des techniciens de la région, et même à un groupe de jeunes agents du fisc venus s’initier aux contraintes de l’industrie, dont l’un d’eux dira en conclusion que ces sociétés essaient d’apparaître comme des associations sans but lucratif régies par la loi de 1901.
Toute cette activité contraste avec l’ambiance monacale et parfois oppressante (le pouvoir de nuisance) du centre de recherches. Alors que je n’y fais plus que des apparitions, on m’attribue un bureau plus grand et plus confortable que celui que j’occupais quand j’y étais à plein temps ; je suis devenu le professeur.
Les ressources de l’Institut sont bien modestes à côté de celles d’une grande entreprise. Je peux tout de même y poursuivre des recherches sans trop de difficultés matérielles, d’abord dans des laboratoires vétustes, mais ils seront peu à peu rénovés. J’y dispose d’un assistant et des élèves, mais seulement à temps partiel. Je peux aussi à l’occasion faire appel à mes collègues du centre, en particulier pour des analyses qui utilisent des techniques très fines, et aussi pour organiser des visites de mes élèves dans des établissements de la société, et récupérer pour l’Institut des ouvrages et des revues en surnombre dont le centre de recherches souhaite se débarrasser.
J’ai acquis une solide expérience de la pratique de la chimie macromoléculaire, mais jusque là je n’avais pas trop approfondi les aspects théoriques, comme par exemple la thermodynamique des solutions. Avant de l’enseigner, il me faut donc me mettre à jour, non sans y trouver de l’intérêt. J’ai constaté qu’on enseigne mieux et avec plus de satisfaction qu’une matière facile un sujet ardu qu’on a eu de la peine à assimiler, parce qu’on va mieux au devant des difficultés des étudiants, mais sans se faire d’illusions. Ils ne retiennent finalement qu’une faible partie de la matière enseignée comme on peut le vérifier, car l’enseignement se termine par des examens. Comme quand j’étais moi- même étudiant, je préfère à l’écrit l’interrogation orale qui permet un dialogue. Si un élève commence à me débiter une tranche de mon cours, je l’interromps bientôt pour sonder sa compréhension du sujet plutôt que sa mémoire. Je n’ai jamais apprécié les interrogateurs qui, leur question posée, restent silencieux pendant l’épreuve. Je pense au contraire que l’oral fait aussi partie de l’enseignement et que c’est une occasion d’ajuster les connaissances du candidat.
Il est arrivé aussi que , leur diplôme obtenu et intégrés dans la vie professionnelle d’anciens élèves viennent me consulter sur un problème rencontré dans leur entreprise. Après les avoir renseignés, je leur ai rappelé que la réponse était dans mon cours, qu’ils n ‘avaient pas eu l’idée de consulter. J’avoue que j’ai moi-même oublié bien des choses qu’on m’a enseignées.
Mon autre occupation essentielle reste la recherche . Pendant ces années, une trentaine d’élèves y participent par leurs travaux de fin d’étude . Une moitié est consacrée à des polyamides de l’acide tartrique. Comme c’est un diacide, il doit pouvoir se condenser avec des diamines, mais les premières tentatives restent décevantes. On n’obtient que des enchaînements beaucoup trop courts pour avoir des propriétés mécaniques permettant une mise en forme, des poudres inconsistantes inutilisables. De nombreuses tentatives n’ont pas abouti, mais il en restait une que je n’avais pas encore essayée parce qu’elle me laissait très peu d’espoir. C’est alors qu’on me demande d’occuper un élève dont les notes étaient trop insuffisantes pour qu’il obtienne son diplôme, et auquel on ne donnait même pas la chance de faire un vrai travail de fin d’études. Il n’est effectivement pas brillant, mais il est docile et il manipule convenablement. La tentative consiste à engager l’acide tartrique avec une quantité double de diamine pour obtenir des motifs courts avec des extrémités amines qu’on puisse condenser ensuite avec des composés de diacides plus réactifs, des chlorures d’acides.
Les premiers essais sont encourageants, et un véritable polytartramide est bientôt obtenu. Pasteur aurait sans doute apprécié, mais à son époque on était loin d’imaginer l’existence des polyamides. En faisant varier les réactifs mis en jeu, toute une gamme d’enchaînements sont réalisables, mais l’essentiel est de voir s’il est possible de les utiliser pour réaliser des dédoublements de composés actifs. Pendant les années suivantes, plusieurs élèves se succèdent pour améliorer les polytartramides, les mettre en forme et les tester. Un montage bricolé au laboratoire permet de les filer, et avec les fils obtenus de remplir une colonne dans laquelle on fait passer une solution du produit à dédoubler. L’analyse à la sortie montre qu’il y a bien un début de dédoublement : des deux composants droit et gauche, l’un sort plus rapidement, l’autre étant donc mieux retenu, mais la séparation est très incomplète, et, après de nombreux efforts elle ne dépasse pas 30%. C’est à la fois décevant et encourageant. Pour obtenir une séparation complète, un long travail de mise au point paraît nécessaire. Il faut en particulier améliorer les échanges entre les phases liquide et solide. Peut-être plusieurs années de travail encore. Je n’en aurai pas l’occasion, mais j’ai appris récemment , près de trente ans plus tard, qu’il existait maintenant des techniques industrielles performantes établies sur le même principe, et qui avaient demandé un long travail de mise au point..
L’autre thème de recherche concerne des molécules phosphorées. Les composés phosphorés fixent facilement des sels métalliques et pourraient constituer des catalyseurs ou des agents de séparation. Un composé comportant deux atomes de phosphore suffisamment proches doit être encore plus efficace et constituer une véritable cage pour de petites molécules. Je dresse d’abord le portrait robot d’une telle molécule susceptible de se polycondenser, une diamine renfermant deux atomes de phosphore séparés par deux atomes de carbone. De plus, c’est une molécule qui doit exister sous deux formes, une droite et une gauche, avec une géométrie analogue à celle de l’acide tartrique. La synthèse de cette molécule comporte plusieurs étapes. Des élèves se succèdent et l’améliorent peu à peu jusqu’à obtenir des conditions opératoires tout à fait satisfaisantes, mais une difficulté plus grave que prévu apparaît à la fin : on obtient bien la molécule recherchée, mais malgré de nombreuses tentatives on ne parvient pas à la purifier suffisamment pour l’engager dans un polyamide. Est-ce l’effet de cage qui fait qu’elle retient des sous-produits indésirables ? Peut-être aussi faudrait-il la modifier légèrement. Des années de travail sont-elles encore nécessaires ?
Là encore je n’en aurai pas l’occasion, la retraite arrivant à l’improviste beaucoup plus tôt que prévu. Changeant de milieu avec quelques regrets et la satisfaction d’être totalement libre, il me faut trouver d’autres activités qui ne demandent que des moyens matériels modestes. Ce seront les algues marines, que j’avais déjà commencé à récolter et à identifier pendant les vacances, et mes nouveaux élèves seront des retraités de l’Université du Temps Libre. J’aurai aussi l’occasion, pendant des années, de leur parler des grandes découvertes de la science moderne, de l’astronomie à la physique quantique et à la biologie moléculaire, et aussi d’une science naturelle méconnue, la chimie.

 

M RIO