La Nouvelle Calédonie, les enjeux d’une décolonisation

Conférence du Jeudi 17 mars 2022, 14 heures, Parc de Langholvas

animée par Laurent Le Brun, ancien cadre de la Province Nord de la Nouvelle Calédonie

 

La Nouvelle-Calédonie, France des antipodes, peu connue, présente des singularités sur bien des aspects.

Première réserve mondiale de nickel du fait de son histoire géologique, restée longtemps isolée à l’ouest de l’Australie, cette île a développé une biodiversité unique. Homo Sapiens n’y est présent que depuis 3000 ans.

A l’écart des routes maritimes, les grands navigateurs ne l’ont découverte qu’à la fin du XVIIIème siècle. Pour la population mélanésienne présente, la rencontre fut un bouleversement. Les échanges lui firent découvrir le métal, les armes à feu, mais aussi des maladies inconnues entrainant un terrible effondrement démographique.

Dans la compétition franco-britannique de l’époque, Napoléon III se décida à suivre l’exemple de la Grande-Bretagne en Australie en prenant possession de cet archipel et en y implantant un bagne destiné au peuplement d’origine occidentale.

À la fin du XIXème siècle, la découverte de gisements, principalement de nickel, attira de nombreux aventuriers qui, aux côtés de la population issue du bagne firent de l’île principale une colonie, cantonnant le peuple premier dans des réserves régies par le code de l’indigénat.

La deuxième guerre mondiale transforma l’île en un immense porte-avion américain, mais pas seulement.

La population mélanésienne accède à la citoyenneté française et prend progressivement sa place dans le débat public. Le mouvement de décolonisation qui s’engage est contrarié par une demande mondiale de nickel croissante. Compte tenu des enjeux, la France des années 60 reprend alors sa politique de peuplement.

Les années 1970 voient l’éveil d’un mouvement nationaliste des mélanésiens qui se revendiquent « kanak ».

La revendication atteint son paroxysme au cours des années 80 avec l’affaire d’Ouvéa.

S’engage alors une action de développement de l’ensemble du pays dans un cadre institutionnel renouvelé, puis affiné en 1998 par l’Accord de Nouméa.

Un quart de siècle est consacré au rééquilibrage du territoire et à la préparation de la pleine émancipation. Les référendums prévus ont eu lieu, mais le dernier, en décembre 2022, est contesté.
Un calendrier est néanmoins fixé et un nouveau statut sera soumis au vote des calédoniens en juin 2023. Quels seront les résultats des négociations ? le FLNKS jouera-t-il le jeu ? sera-t-il suivi par sa base électorale ? La jeune génération loyaliste trouvera-t-elle les voies du dialogue avec les indépendantistes ? Autant de questions en suspens …

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