LES TRIBULATIONS DES BRETONS EN CHINE : de la Renaissance à nos jours

Conférence du 26 mars 2020, à 14h30, au Parc de Langolvas

par monsieur Roger Faligot, journaliste reporter et écrivain

LES TRIBULATIONS DES BRETONS EN CHINE

de la Renaissance à nos jours

Étonnante épopée sur cinq siècles  
présentée par Roger Faligot à l’UTL de Morlaix !

D’entrée de jeu, il révèle le périple de Pierre Malherbe, ce Vitréen qui fut le premier homme à faire le tour du monde par voie terrestre, premier Breton et ressortissant du royaume de France à se rendre en Chine en 1596. « Quel pays prodigieux ! » dira-t-il.
Puis au fil des siècles, des milliers d’Armoricains, aventuriers, marchands, missionnaires ou soldats, hommes et femmes des cinq départements se sont retrouvés dans l’empire du Milieu. On pense aux « incorruptibles bretons », ces policiers qui combattent la mafia chinoise à Shanghai en 1930, dont les inspecteurs Victor et Jean Mazé de Morlaix, ou aux résistants du Cercle Armor face à l’invasion japonaise en 1937. Et tant d’autres.
Ce livre illustré souligne le rôle central de ces Bretons dans la présence française à la façon du rôle que jouèrent les Écossais dans l’empire britannique en Asie.
Des militaires bretons au service de la France du XIX
siècle sont au premier rang dans la guerre de l’Opium, le sac du Palais d’Été de Pékin, ou la guerre des Boxeurs.
L’ingénieur lorientais Prosper Giquel construit l’arsenal de Fuzhou et la flotte de combat chinoise. S’alignent des portraits de prêtres et de scientifiques qui jouent un rôle dans la modernisation du pays : à commencer par le Père Froc, de Brest, qui organise la protection des marines marchandes contre les typhons…
C’est l’époque où Jules Verne publie son best-seller
qui relate le conflit entre la Chine qui se modernise et le mouvement révolutionnaire. Un Jules Verne, ne l’oublions pas, qui rappelle volontiers qu’il est Breton car né à Nantes et fils d’une Morlaisienne…
Ce livre relate aussi le rôle des médecins brestois de la Marine, autour de Victor Segalen et des frères Mesny, qui se trouvent au cœur de la guerre contre les épidémies de peste pulmonaire qui fait tant songer au Coronavirus.
D’autres ont accompagné la Révolution de Mao, tel le Nantais Jean Cremet qui arme en 1930 les maquis de Deng Xiaoping, l’ex-ouvrier de chez Renault en France qui, devenu président en 1982, va « ouvrir la Chine »…
Avec la « reconnaissance » de la Chine rouge par le général de Gaulle, et le rôle de l’ambassadeur Etienne Manac’h (de Plouigneau), les Bretons ont été pionniers, dans les jumelages (Bretagne-Shandong), et la diplomatie parallèle culturelle de l’Abbaye de Daoulas menée par Jean-Yves Cozan et Jean-Jacques Cleach, maire de Morlaix. Ce qui n’empêche pas d’organiser la défense des dissidents chinois de 1989, dans laquelle des Morlaisiens jouent un rôle.
Au XXI
siècle, le dynamisme des Bretons intervenant sur la Chine ne faiblit pas : ils constituent de réseaux efficaces dans les domaines de la coopération scientifique ou de la stratégie économique (s’adossant sur la culture bretonne que les Chinois découvrent avec ravissement).
En pleine rébellion de Hong Kong depuis 2019 contre le pouvoir répressif de Pékin, en pleine guerre économique qui voit s’affronter la Chine et l’Occident, et au moment où se développe la pandémie du
ce livre offre un éclairage nouveau sur un pan méconnu de l’Histoire des Bretons et de leurs relations internationales.

 

 

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