Nathalie Le Mel

Nathalie Le Mel, (1826-1921), une Bretonne dans la tourmente de la Commune, déportée en Nouvelle-Calédonie.

par Anne Guillou

 

Nathalie Duval, fille d’un ouvrier corroyeur. naît le 26 août 1826, à Brest, Sa mère tient un débit de boisson qui sera, pour l’enfant, un lieu d’apprentissage des malheurs des pauvres.

Elle découvre, à travers les récits des hommes et des femmes du peuple, la misère du monde du travail. Ses parents lui donnent une bonne instruction. À dix-neuf ans, elle se marie avec Adolphe Le Mel, ouvrier relieur.

En 1849, ils quittent Brest pour ouvrir une librairie à Quimper. Trois enfants naissent de leur union . Elle est signalée comme une grande lectrice de journaux socialistes . Son affaire périclite.

En 1861, le couple Le Mel décide de s’installer à Paris. Elle trouve du travail dans des ateliers de reliure. Elle fréquente les clubs politiques qui fleurissent dans la capitale. Un rapport de police signale « qu’elle s’occupe de politique et lit à haute voix les mauvais journaux » !

En 1861, l’Association internationale des travailleurs est créée en France ; Nathalie y adhère . Varlin met en place un restaurant associatif, la Marmite, « afin d’assurer à tous la nourriture ». Il en confie la gestion à Nathalie Le Mel. Très vite d’autres succursales s’ouvrent  ils sont aussi de véritables clubs révolutionnaires.

Son mari s’étant mis à la boisson elle le quitte et part avec ses enfants, s’installant dans un premier temps à la Marmite, rue Larrey.

En réaction à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de la capitale, Paris « la rouge » se soulève le 18 mars 1871, donnant naissance à la Commune qui aura une organisation proche de l’autogestion et tiendra 72 jours..

Thiers s’enfuit à Versailles et y installe son gouvernement et les structures étatiques afin de revenir avec une armée de métier écraser la rébellion

Le 11 avril, Nathalie Le Mel et Élisabeth Dmitrieff prennent la tête de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Nathalie y assure le poste de secrétaire.. Elles proclament « qu’elles veulent du travail… pour en garder le produit. Plus d’exploiteurs, plus de maîtres » ! les textes de l’Union des femmes reprennent la revendication de l’égalité de salaires. Fin avril, Nathalie Le Mel est nommée à la 
« commission d’enquête et d’organisation du travail », dirigée par Léo Fränkel.

Le 12 mai,elle déclare : « Toutes au combat ! Il faut écraser Versailles ! » Lors de la Semaine sanglante, elle se retrouve sur les barricades à la tête d’un bataillon d’une cinquantaine de femmes. Echec face aux Versaillais. Fuite. Désespérée, elle tente de se suicider et est arrêtée le 21 juin 1871.

Condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie, elle embarque avec vingt femmes, dont Louise Michel, pour un voyage de plus de cent jours !

Malade, elle rentre de déportation en 1879, lors de l’amnistie partielle. À Paris, elle reprend contact avec le combat syndical des relieurs. Rochefort, compagnon de déportation, lui procure un travail. Fidèle à son idéal d’internationaliste, elle s ‘éloigne de Rochefort le jour où il choisit le camp du général Boulanger.

Aveugle,sans ressource , elle meurt dans la misère le 21 mai 1921, à l’hospice d’Ivry.

Une communarde bretonne et féministe : quasiment oubliée. Une rue à Morlaix, une autre à Brest et à Quimper portent son nom…

Eugène Varlin, ouvrier-relieur, est l’une des grandes figures de l’Association internationale des travailleurs, élu de la Commune de Paris en 1871, assassiné à la fin de la Semaine sanglante.
– Léo Frankel (1844- 1896) est un militant syndicaliste français et un socialiste d’origine juive et hongroise. Personnalité de la Commune de Paris.

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Réf : JYCreig2020I09LEMEL

 

 

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