Julien et René par Marcel Mescam

Julien et René

Marcel Mescam

Mars 2018

Mon cousin Julien est un ours mal léché, une vraie peau de vache. Il est têtu comme un âne, fort comme un bœuf, et myope comme une taupe. Mais je ne connais pas plus chaud lapin que lui. Frais comme un gardon, je l’aperçois souvent faire le pied de grue devant certains immeubles, là où les habitants sont serrés comme des sardines. C’est une fine mouche, malin comme un singe, rusé comme un renard. Il connaît les heures de sortie des plus jolies filles du quartier. Il avait confié cette mission d’observation à René, son ami d’enfance, avec qui il est copain comme cochon. Celui-ci a une tête de linotte et est doux comme un agneau. Pendant plusieurs semaines, il a surveillé, noté, les allées et venues de tout ce petit monde.

Julien n’est pas homme à faire entrer le loup dans la bergerie, ni à se faire prendre pour un pigeon, pas plus qu’à être le dindon de la farce. Fier comme un coq, fier comme un paon, il ne supporte pas de se faire poser un lapin, car ça lui arrive !

Il lui est facile de tirer les vers du nez de son copain. Ce dernier doit soigneusement éviter de sauter du coq à l’âne, de rouler des yeux de merlan frit, et surtout d’employer des expressions qui déplaisent à Julien : telles, cette poule a du chien, ou, elle ne doit pas casser trois pattes à un canard. Sinon mon cousin se met à gueuler comme un putois, à le traiter comme un chien, car il pense qu’il y a anguille sous roche. Alors son bouc émissaire se met à pleurer comme un veau, à verser des larmes de crocodile.

Il lui faut donc noyer le poisson, ne pas passer pour une poule mouillée, éviter de se regarder en chien de faïence, et revenir à ses moutons. Et surtout, surtout ne pas rire comme une baleine ! Julien le ferait devenir chèvre. Il devrait alors filer comme un lièvre, ce qui le ferait souffler comme un phoque, être rouge comme une écrevisse, et avoir une faim de loup.

Prendre le taureau par les cornes n’est pas son truc, il choisit donc de rester muet comme une carpe, avant d’être fait comme un rat.

Comme il aimerait avoir d’autres chats à fouetter, ne plus avoir le cafard, mais plutôt avoir l’envie de dormir comme un loir.

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