Chiens de ville. Maria Mens -Casas Vela

Chiens de ville.

de Maria Mens -Casas Vela

Au fil des rues , bordées d’arbres, je voudrais que tout soit parfait, que le parfum des feuilles imprègne ma promenade de fin d’été, que le silence feutré du soir accompagne mes flâneries.
Mais je ne suis pas seule. Le soir, des gens passent , qui traînent des chiens obèses, trop nourris. Des toutous malheureux d’appartement, qui attendent toute la journée que leurs maîtres reviennent du travail quotidien pour faire une courte promenade pressée, et toujours attachés à une laisse trop courte.
Des médors d’octogénaires à bout de souffle, débordant de tendresse, mais manquant d’énergie pour de longs périples.
Des chiens aimés, je ne doute pas, mais condamnés à une chasteté sans faille, comme des eunuques d’un harem de jadis. 
Des chiens qui doivent rêver pour ne pas se sentir seuls, des odeurs des « vestiges » des autres chiens qu’il ne sentiront pas, car l’hygiène est stricte et l’amende forte.
Des esclaves de notre égoïsme, qui rêvent de grands espaces, de courses magnifiques aboyant comme des fous , sans contrainte et sans limite, sans collier et… sans maître.

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