Histoire des jardins anglais et de leur influence par Dominique BLONDEL

Histoire des jardins anglais et de leur influence

par Dominique Blondel, conservateur des parcs et jardins de la Ville de Paris

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Après plusieurs siècles de jardins réguliers,  médiévaux, Renaissance, baroques et classiques,   le début du 18ème siècle se caractérise par une rupture spectaculaire en provenance d’Angleterre  :  le jardin paysager irrégulier .

Du 18ème au 19ème siècle apparaissent successivement en Angleterre (puis imités dans d’autres pays, notamment en France) cinq styles de jardin : paysager, anglo-chinois, victorien, naturel (ou sauvage) et de cottage.

1 le jardin paysager

Il prend pour modèle la campagne d’élevage .Dans de vastes perspectives engazonnées(en ha) quelques constructions d’inspiration le plus souvent antique attirent le regard. Les plus célèbres paysagistes de ce style sont William Kent et Lancelot Brown, leurs commanditaires sont de riches aristocrates propriétaires d’immenses domaines. Les jardins paysagers anglais inspireront beaucoup de parcs et jardins au 19ème siècle en Europe.

2 le jardin anglo-chinois

La mode des jardins de style anglo-chinois sera de courte durée, 30 ans à la fin du 18ème siècle, ses sources d’inspiration sont nombreuses : chinoise, mais aussi, philosophique, franc-maçonne, romantique, pastorale et pittoresque. Ces jardins au tracé sinueux et accidenté sont parsemés de petits édifices appelés « fabriques », d’enrochements, de cascades, de petites rivières et de ponts. Les jardins les plus remarquables, appelés Folies, sont créés en Ile de France.

3 le jardin victorien

Au milieu du 19ème siècle les jardins victoriens surprennent par leur exubérance, leur recherche d’effet d’exotisme tropical , avec des massifs bombés appelés  corbeilles ou coussins , souvent surmontés de bananiers, de palmiers ou de cannas, ils sont plantés de végétaux bas , trapus et colorés qui arrivent des pays chauds de tous les continents. La  mosaïculture est le terme employé pour la composition de ces parterres compliqués .Il inspirent, encore de nos jours, les fleurissements saisonniers des villes.

4 le jardin naturel ou sauvage

En opposition aux précédents styles de jardins anglais, William Robinson est à l’origine du jardin naturel ou sauvage, il se distingue par l’introduction dans les jardins de plantes vivaces de la flore alpine .Robinson refuse l’intervention de l’architecte, ses jardins sont informels, les plantes livrées à elles mêmes. Il est paysagiste, jardinier et journaliste, son ouvrage «The wild garden, » reste encore aujourd’hui une référence.

5 les jardins de cottage

Gertrude Jekyll adepte de ses théories est moins sectaire, elle cherche à marier le naturel et l’artifice. Artiste formée aux Beaux Arts, elle est douée d’un grand sens des couleurs qu’elle appliquera dans ses plates bandes de vivaces nommées « mixed border » , en s’appuyant sur la «théorie des couleurs »  de Chevreul qui est à l’origine du cercle chromatique. Il se décompose en couleurs primaires, secondaires et intermédiaires, si elles sont associées en complémentaires elles se renforcent en contraste, si elles le sont en dégradés de couleurs elles donnent une impression d’harmonie, ces arrangements obéissent aux lois naturelles de la vision. Sa connaissance des végétaux et de leurs besoins était exceptionnelle, elle a réconcilié l’art et l’horticulture. Les jardins qu’elle a conçus symbolisent les jardins dits de cottage. 50ans après sa mort en 1982, on la déclarait gloire nationale en Angleterre.

 

Dominique Blondel


Réf : CY-J2017XI09

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