L’ALGÉRIE par M COLLAS

L’ALGÉRIE

un pays et un régime sous tensions

par M Alain COLLAS, professeur d’histoire UBS

CR Algérie 2017 Alain Collas

L’analyse des évènements qui ont secoué l’Algérie dans les années 90 aurait vraisemblablement permis de mieux comprendre les évènements qui ont un peu précipitamment été qualifiés de «printemps» arabes et qui se sont déroulés quasiment selon la même trame.
De par la proximité géographique et historique de l’Algérie, son évolution politique ne peut nous laisser indifférents.

1 L’ALGERIE-quelques données

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L’architecture contemporaine et les musées par Sonia de Puineuf

Sonia de Puineuf
Sonia de Puineuf

L’architecture contemporaine et les musées

par Sonia de Puineuf

De création relativement récente, le musée ,l’un des instruments de diffusion de la connaissance est l’espace où s’exposent les chefs d’œuvre.Mais exposer dans quel type de bâtiment ? Un simple hangar ou un bâtiment de prestige ?

Dans les années 1920, des architectes comme Le Corbusier ,Mies van der Rohe remettent en cause les choix Lire la suite

Présentation générale des ateliers

les différents ateliers sont animés par des adhérents bénévoles, au siège de l’U.T.L .

1- Atelier Sciences:

Horaire: le mercredi après midi de 14 h 30 à 16 h (fréquence à définir)

Cet atelier est « piloté » par Joseph Le Ber

2- Atelier Langue Bretonne:

deskin brezL’atelier de langue bretonne se déroulera pendant l’année 2017-2018 les lundis, hors vacances scolaires, entre 17 heures et 18 heures trente, au local de l’UTL rue Poulfanc à Morlaix .
Le premier atelier est prévu le 10 octobre 2016.
En début d’année année les séances seront animées par Hervé RIVOALLON , président de KLT Morlaix. 
L’objectif est de permettre à des personnes « bretonnantes », d’entendre du breton, de parler, de lire, de retrouver la langue, les intonations et les expressions particulières.

On parlera des expressions caractéristiques de la langue bretonne, de l’écriture et de grammaire quand, en lisant, on rencontrera quelque chose à dire.

3- Atelier Ecriture: (production de textes)

Le 1er ‘atelier d’écriture compte aujourd’hui 13 membres (8 femmes / 5 hommes). Il se réunit le mardi matin toutes les 2 semaines, de 9h à 11h30  .coordinateur : Marcel MESCAM

Un 2nd atelier verra le jour au cours de l’année universitaire 2017/2018

Manière de fonctionner :

Nous écrivons en dehors de l’atelier et en réunion nous définissons les thèmes que nous souhaitons aborder (un thème différent par quinzaine) ; nous échangeons les textes que nous avons écrits, les lisons, les commentons, cherchons collectivement les améliorations dont ils peuvent faire l’objet. Nous nous efforçons de travailler sur le même thème au même moment pour renforcer la cohésion du groupe, mais tout texte libre est le bienvenu.

Il n’y a bien sûr aucune obligation de résultat, mais l’expérience montre que même si au début il est parfois difficile de se lancer, après quelques séances on se découvre des capacités qu’on ne soupçonnait pas, et le plaisir est toujours au rendez-vous, même si le résultat est modeste.


4- Atelier Philo:

Animé par Yves-Marie Le Lay, professeur de philosophie.

Dates et heures: 2nd mardi du mois pour les 1er et 2nd groupes

– premier groupe de 14h15 à 15h45

– deuxième groupe de 16h à 17h30

– troisième groupe de 14h15 à 15h45 en décalage d’une semaine par rapport aux précédents

5 – Atelier « Aimons la Musique ensemble »

Après 5 ans d’existence, notre noyau fidèle souhaiterait accueillir de nouveaux participants.

Chacun prend en charge l’animation d’1 ou 2 séances, propose ce qu’il désire transmettre, partager.

Le groupe n’est pas constitué de spécialistes ; il se sert de livres , de DVD, de CD…

Dates prévues: voir calendrier sur programme général . Animatrice : Annette Manant

6- Atelier « Lecture »:

Dates et horaire: de 14h15 à 16h30

– Animatrice: Annette Manant (1er groupe) et Christine Poully (2nd groupe)

–  Datyes : voir les programmes trimestriels

– Préparation du contenu de la séance suivante : choix d’un livre – souvent la personne qui le propose le présente.

– Les livres que nous avons lus dans le mois et que nous voulions conseiller.

7- Le Cinéma

Une séance par mois permet aux passionnés de visionner un film en général d’art et d’essai le lundi après-midi à 14 h 30 au Cinéma « La Salamandre ».

Les adhérents sur présentation de leur carte bénéficient d’un tarif réduit.

Contact : Maria MENS.
Cinéma La Salamandre
rue Eugène Pottier
La Boissière
29 600 Morlaix
tél/fax : 02 98 62 15 14

Contact pour les ateliers de l’UTL

Musique : (Annette Manant )

Philo : (Yves Marie Le Lay) le mardi

Lecture : (Annette Manant/Christine Poully)  

Breton :  Hervé Rivoallon les lundis à 17h00 rue Gal Le Flô

Science :  Joseph Le Ber  dates et sujets donnés lors des conférences les mercredis

Ecriture : Marcel Mescam   et Dominique Le Gall

Cinéma La Salamandre : sur présentation de la carte UTL, tarif réduit les lundis

 

Sorties 2016 /2017 à l’UTL de Morlaix

 

Sorties 2016 /2017 à l’UTL de Morlaix

Six sorties ont rythmé la saison 2016-2017.

Elles ont permis de découvrir différentes facettes culturelles, patrimoniales et économiques de notre environnement.

Les expositions culturelles ont permis de découvrir le Musée de Morlaix avec l’exposition « Les Baigneurs » d’Edouard Pignon puis celle « Portraits et Figure », le FHEL à Landerneau avec les expositions consacrées à Marc Chagall  et à Hans Hartung, de l’Abbaye de Daoulas avec l’exposition consacrée à la sorcellerie et enfin le nouveau musée de Pont-Aven avec l’exposition temporaire «  l’influence des grands maîtres sur les peintres bretons ».

Cette palette culturelle s’est enrichie de la découverte de sites historiques ou de patrimoines remarquables incluant la vieille ville de Landerneau, celle de Pont Aven, de chapelles telles celles de Trémalo en Pont Aven, de Saint-Gildas à Carnoët et de Notre Dame de Bulat en Plestivien, le manoir de Bodilio et de son musée. La visite de la Vallée des Saints a également été l’opportunité d’appréhender le patrimoine légendaire régional.

Ces regards sur le passé ont été complétés d’une sensibilisation au dynamisme économique régional avec la visite de la biscuiterie Penven à Pont Aven et plus récemment de la remarquable entreprise Allot de Loudéac, spécialisée dans la copie de meubles anciens pour des clients du monde entier. La visite d’un élevage d’escargots et de la culture de safran a donné une touche nature à ce kaléidoscope de découvertes.

La visite du musée Artcolle à Plémet, consacré à l’art du collage, aussi atypique que confidentiel a charmé les visiteurs par sa richesse et l’enthousiasme communicatif de son créateur.

En favorisant le regard sur ces différentes nuances, ces sorties visent à satisfaire les attentes diverses des publics qui composent les adhérents de l’UTL de Morlaix

11 septembre 2017

Françoise Jouannigot

Christine Briet

Auditeur Libre UBO – modalités 2017/2018

 

AUDITEUR LIBRE UBO BREST

 

Après adhésion à l’ UTL du pays de MORLAIX , tout adhérent  peut établir  jusqu’au 21 septembre 2017 inclus  un dossier d’inscription aux Auditeurs libres UBO qui sera finalisé rue Poulfanc à Morlaix (évitant ainsi toute démarche individuelle auprès des services de l’UBO).

Ce dossier comprend :

1 – un dossier d’inscription administrative

2 – une demande d’inscription auditeur libre

précisant   par écrit le choix des disciplines retenues,

3 –une enveloppe timbrée à votre nom et adresse afin de recevoir à votre domicile la carte d’étudiant,

4- un chèque de 25 euros ou de 55 euros ( à l’ordre de l’agent comptable de l’UBO) selon l’option choisie ( consultation ou emprunt des ouvrages à la Bibliothèque Universitaire).

Le dossier complet est transmis dans les meilleurs délais via  l’UTL de Brest aux services de la Formation continue UBO pour validation .

 

L’Auditeur Libre à l’UBO peut suivre les cours magistraux dispensés dans les UFR de Brest.

  • Lettres et sciences sociales
  • Droit
  • AES
  • Sciences et techniques
  • STAPS (pour les sportifs confirmés)

En sont exclus :

  • les DEA et DESS
  • les diplômes universitaires
  • les cours de langues
  • la médecine
  • l’odontologie
  • les formations professionnalisantes

 

CHERCHEUR PENDANT LES TRENTE GLORIEUSES : M RIO

CHERCHEUR PENDANT LES TRENTE GLORIEUSES.

                                                          1951-1981

Je n’ai pas la nostalgie du passé, même quand il s’agit de mon activité favorite, la recherche. Une étape terminée, je range les résultats, je passe à autre chose et je n’y pense plus. Après de longues années de recul, j’ai réalisé que si quelqu’un essaie un jour de retrouver dans mes documents un fil conducteur, les idées qui m’ont inspiré, l’enchaînement des évènements, il sera bien en peine de s’y retrouver, surtout s’il n’est pas chimiste. C’est pourquoi j’ai rédigé ce résumé, en évitant autant que possible d’être trop technique. Quand je revois ces documents du passé, je m’aperçois que, si l’essentiel m’est bien resté en mémoire, j’ai complètement oublié une foule de détails qui n’ont plus grand intérêt. La passion de la chimie et de la recherche m’est venue très tôt et n’a pas faibli, même si j’ai dû y renoncer plus tôt que je ne le prévoyais, quand ma carrière professionnelle s’est arrêtée, et rechercher d’autres activités pour occuper les loisirs de ma retraite.

La chimie. On a compris l’essentiel de la chimie quand on a réalisé que toute matière, quelle qu’elle soit, solide, liquide, gazeuse, minérale, végétale ou animale est constituée d’atomes qui se lient entre eux pour former des molécules, des cristaux ou toutes sortes d’autres assemblages plus ou moins solides, et que la distinction entre produits naturels et produits chimiques est complètement factice et ne porte que sur la façon dont ils sont obtenus ou les noms qu’on leur donne.
Les atomes vont de l’hydrogène, le plus léger, qui porte le n°1, à l’uranium, n° 92, suivi de quelques éléments plus lourds mais instables comme le plutonium, qu’on ne trouve donc pas dans la nature, et qu’on a obtenu artificiellement. Ils peuvent bien se former comme les autres dans les cataclysmes qui accompagnent la mort des étoiles géantes, mais ne subsistent pas très longtemps.

La chimie organique. Ainsi nommée à l’origine parce qu’elle concernait les substances produites par les êtres vivants, qu’on se croyait incapable de reproduire artificiellement, elle a bientôt su effectuer la synthèse de ces substances. La chimie organique est plus exactement la chimie des composés du carbone, plus riche à elle seule que celle de tous les autres éléments, parce que seuls les atomes de carbone peuvent se lier les uns aux autres pour constituer des squelettes indéfiniment variés sur lesquels peuvent se fixer d’autres éléments dont l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, et bien d’autres encore comme le chlore, le brome, le soufre et les métaux. La synthèse organique est donc une espèce de jeu de meccano qui permet de produire des colorant, des parfums, des solvants, des émulsionnants, des combustibles et des médicaments, à condition de connaître les méthodes qui permettent de réaliser ces assemblages.
Mes professeurs de chimie organique ne parlaient jamais d’électrons, c’était l’affaire des physiciens, mais depuis une quarantaine d’années les organiciens les évoquent constamment : c’est la clé qui explique les liaisons entre les atomes et la possibilité ou non de réaliser telle ou telle réaction. C’est un nouveau langage qui ne change rien aux réalisations pratiques, mais plus abstrait, et auquel j’ai dû m’habituer comme à une langue étrangère.

Le cyclohexane et ses dérivés. Le travail de recherche qui m’a été proposé comme sujet de thèse concernait les dérivés bromés du cyclohexane. Le cyclohexane est une molécule hexagonale formée de six atomes de carbone portant chacun deux atomes d’hydrogène. C’est un liquide d’odeur plutôt agréable rappelant la rose. Contrairement au benzène (la benzine), formé également de six atomes de carbone dont chacun porte seulement un atome d’hydrogène, et dont la structure est plane, la molécule de cyclohexane se développe dans trois dimensions. Comme sur chaque atome de carbone on peut remplacer un atome d’hydrogène par un atome de brome, selon le nombre d’atomes introduits et leurs positions relatives il existe donc plusieurs combinaisons possibles correspondant chacune à une substance différente.
A l’origine de cette étude, il y avait l’hexachlorocyclohexane plus connu sous le nom de lindane, un insecticide dont l’usage est maintenant interdit. Il s’obtenait par action du chlore sur le benzène sous l’effet de rayons ultra-violets, mais selon la disposition des atomes de chlore plusieurs combinaisons étaient possibles, et on obtenait un mélange où le produit actif était minoritaire et dont il fallait l’extraire, d’où une perte de matière et d’énergie. Pour essayer de mieux comprendre les causes de cette difficulté, l’idée s’était imposée de remplacer les atomes de chlore par du brome. Comme le fluor et l’iode, le chlore et le brome appartiennent à la famille des halogènes et ont des propriétés analogues, mais les composés bromés organiques sont plus réactifs que ceux du chlore, et on pouvait espérer en tirer des conclusions pour orienter la synthèse vers le composé désiré. Il faut reconnaître que ce but très aléatoire a été vite quelque peu négligé et que l’étude des composés bromés est devenue une fin en soi, indépendamment des applications possibles.
Mon prédécesseur avait amorcé le travail et étudié des composés comportant de un à trois atomes de brome. J’ai poursuivi et obtenu une série d’autres composés renfermant de deux à six atomes de brome. L’étude de leurs propriétés a permis de préciser leur structure et de montrer que de cette structure dépend leur stabilité relative : certains sont stables, d’autres se transforment plus ou moins spontanément en des formes plus stables, où encore sont vraisemblablement trop instables pour être obtenus.
Après ma soutenance, une autre personne a pris le relais. A l’issue de sa thèse, elle m’ a adressé un exemplaire dédicacé de son travail, me disant que je ne le lirai sûrement pas autant qu’elle avait lu le mien. Je l’ai tout de même lu au moins une fois, mais j’étais déjà engagé dans une autre aventure.

Les polymères. A mon arrivée dans l’entreprise qui m’avait embauché comme ingénieur de recherche, je suis tombé de bien haut : finie l’ambiance chaleureuse de l’Université, la confiance réciproque, les discussions passionnées avec un maître de thèse enthousiaste et bienveillant. Des laboratoires vétustes, vastes comme des ateliers, où trop de personnes s’entassent sans trop communiquer ; une hiérarchie tatillonne plus prête à critiquer qu’à encourager ou à aider, une ambiance lourde de méfiance. Qu’est ce que je suis venu faire ici ? L’entreprise en expansion recrute beaucoup, mais ne sait trop quoi faire des nouveaux venus, et j’attends plusieurs jours avant qu’on me propose un travail comme un os à ronger. J’essaie de m’y accrocher tout de même en ne voyant pas bien où il peut mener.
Il faut changer de métier. Finie la chimie organique ; ici on travaille sur les polymères, et je n’en ai qu’une vague réminiscence d’un cours trop sommaire. Je ne me doute pas encore qu’une vingtaine d’années plus tard je l’enseignerai à mon tour, mais de façon beaucoup plus développée, à des élèves ingénieurs.
Après quelques travaux sans grand intérêt, enfin un sujet qui va se révéler passionnant, m’occuper pendant cinq ans et m’apporter une expérience enrichissante. Avec le temps, je me rends compte qu’une grande entreprise renferme des compétences précieuses, nombreuses et variées, qui peu à peu acceptent de partager leurs connaissances. On y trouve aussi, inévitablement, quelques individus odieux qui parviennent à des postes où ils peuvent exercer leur pouvoir de nuisance.

Le méthylstyrène. L’entreprise vient d’inaugurer un procédé original et performant dans ce qu’on appelle la chaîne du Nylon, c’est à dire une cascade de réactions passant par le phénol pour aboutir au Nylon. On obtient simultanément du phénol et de l’acétone, mais aussi un sous- produit, le méthylstyrène, dont on ne sait que faire. Contrairement au styrène, dont il ne diffère que par un atome de carbone supplémentaire, il refuse absolument de polymériser.

La polymérisation. C’est une réaction en chaîne qui, amorcée par un catalyseur, provoque la soudure bout à bout des molécules d’un monomère gazeux ou liquide pour aboutir à un long enchaînement constituant un composé solide, matière plastique ou fibre. Ayant déjà acquis l’expérience de la polymérisation du chlorure de vinyle, j’essaie de l’adapter au méthylstyrène, mais en l’associant à un autre monomère facile à polymériser, et assez vite cela marche. Le produit obtenu, dur et cassant, est analogue au polystyrène.
Est-ce la solution au problème qu’on m’avait posé ? Ce serait trop facile. On me l’avait posé sans trop y croire, et la réponse embarrasse. Exploiter le procédé, c’est se lancer dans une aventure, et la parade est vite trouvée. Il existe aussi des polystyrènes-choc, beaucoup moins cassants, fabriqués par des concurrents et on me laisse espérer que si je parviens à faire quelque chose d’équivalent …
Le problème se complique. La solution est d’associer le produit dur et cassant à une matière caoutchouteuse qu’il faut aussi savoir produire. Le simple mélange donne effectivement une matière plus souple, mais les techniques classiques de mise en forme, extrusion et injection, aboutissent à une masse cartonneuse inutilisable : les deux composants sont incompatibles comme l’eau et l’huile et refusent de s’associer intimement. La solution est le greffage : il faut souder sur les molécules caoutchouteuses des motifs analogues à ceux de la matière rigide. Après une mise au point assez laborieuse, le résultat est acquis. On prépare séparément le produit rigide et le produit caoutchouteux, on greffe sur ce dernier les motifs convenables et on mélange le tout.
Va-t-on cette fois exploiter le procédé ? J’ai déjà expérimenté une fois les réticences à lancer un produit nouveau. On me signale qu’il existe un produit concurrent nouveau encore beaucoup plus résistant au choc, et que si je parvenais à faire aussi bien ce serait la réussite assurée. Nouveaux essais, nouveaux tâtonnements. Il faut améliorer encore la compatibilité entre les deux constituants, jusqu’au jour ou je trouve enfin la bonne composition. Le procédé est repris avec succès en demi-grand, étape intermédiaire entre la recherche et l’exploitation industrielle.
Comme d’habitude, on tergiverse, on hésite, on propose le procédé, qu’on a évidemment protégé par des brevets, à une autre société. La réponse est claire : pourquoi ne le faites vous pas vous mêmes ? J’aurai l’occasion bien des fois encore de me répéter la formule d’un collègue parvenu par la suite au rang de directeur : L’expérience a montré que quand c’est trop nouveau on se gratte la tête pendant longtemps, et finalement on ne fait rien. Bref, au bout de cinq ans sur le sujet, avec une équipe modeste de jeunes techniciens qu’il m’a fallu former, tout en acquérant moi-même de l’expérience, et sans trop attendre de la hiérarchie, on me dit qu’il est temps de passer à autre chose. Et le méthylstyrène qu’on continue de produire ? On trouve plus simple de le brûler.

Le nouveau centre de recherches. C’est à ce moment que l’entreprise inaugure un magnifique centre de recherches. Nous quittons pleins d’enthousiasme nos locaux vétustes. Avec mon équipe, je dispose d’un laboratoire et d’un bureau personnel. Le centre est vaste ; il comporte tous les service nécessaires : administration, mécanique, verriers, documentation et brevets, physique, microanalyse, une infirmerie et un restaurant. On recrute de nouveaux chercheurs, mais on ne sait pas toujours qu’en faire. Après des sujets sans intérêt qui ne mènent à rien, j’obtiens rapidement carte blanche pour aborder de nouvelles études. Sachant par expérience qu’il ne faut pas trop espérer des applications immédiates, je choisis un thème plus général d’exploration ; Je propose de réaliser des polymères contenant du phosphore, sujet encore vierge, espérant qu’ils apporteront des propriétés originales, comme le silicium dans les silicones. Le phosphore est aussi un élément essentiel dans la matière vivante.
Tout est à faire, et il faut d’abord trouver des molécules phosphorées polymérisables. Je m’aperçois très vite que le phosphore est un inhibiteur puissant des réactions en chaîne que sont les polymérisations. Il faut s’adresser à l’autre technique d’obtention des macromolécules, la polycondensation, réaction par étapes progressives, qui n’exige généralement pas de catalyseur et qui utilise des molécules capables de se souder bout à bout, par exemple des diamines, qui se combinent à des diacides pour former des polyamides. La première molécule sera donc une diamine dans laquelle l’atome de phosphore sera la clé de voûte. Après en avoir tracé le portrait robot, il s’agit de la synthétiser, ce qui sera bientôt fait. Il fallait que dans cette molécule l’atome de phosphore soit lié directement à des atomes de carbone. Cette liaison est en effet beaucoup plus solide, mais plus difficile à réaliser que celles qui comportent un atome d’oxygène intermédiaire, comme on en trouve dans les phosphates, les organophosphorés toxiques et les composés biologiques. Des essais montreront plus tard que cette nouvelle diamine est très peu toxique. Polycondensée avec l’acide téréphtalique, constituant principal du polyester téréphtalique ou Tergal ; elle donne un polyamide phosphoré que je confie à un collègue spécialiste de la filature. Les fils ont une bonne tenue à la chaleur et brûlent difficilement, deux qualités très recherchées à l’époque. La matière, presque infusible, a cependant une certaine plasticité due au phosphore.
Tout cela est bientôt breveté. J’apprends ensuite qu’une équipe russe travaillant sur le même sujet a obtenu des résultats analogues, mais semble ignorer mon brevet ; je garde la satisfaction d’avoir la priorité sur sa publication. Peut-on espérer une application industrielle de ces produits ? Nous en sommes bien loin. Pendant quinze ans je vais poursuivre ces études, synthétisant une centaine de molécules phosphorées, des ignifugeants, des antistatiques, et même des colorants qui révèlent une qualité recherchée : l’unisson, qui permet une teinture bien uniforme, et aussi divers polymères phosphorés dont un élastomère.
Cependant, je réalise dès cette époque que de nouvelles matières plastiques ou de nouvelles fibres synthétiques ont peu d’espoir de trouver leur place. Les produits existants et quelques rares nouveautés occupent tout le marché et sont solidement implantés. On peut en réaliser bien d’autres, mais ils n’ont aucune chance de s’imposer. J’entrevois une autre possibilité : rechercher des polymères non pour leurs propriétés mécaniques mais pour des applications physico-chimiques spécialisées comme le sont déjà les résines échangeuses d’ions : Propriétés catalytiques, fixation sélective de métaux, membranes semi perméables pour l’ultrafiltration, l’osmose inverse et la dialyse sont à l’ordre du jour. Je pense aussi à un problème mal résolu, la séparation des isomères optiques. Beaucoup de molécules, ne possédant pas de plan de symétrie, existent sous deux formes, une droite et une gauche, symétriques mais non superposables comme une main droite et une main gauche ; quand on en fait la synthèse à partir de molécules symétriques, on obtient les deux formes en quantités égales. Quand il s’agit de médicaments, l’une des formes est indésirable, car les cellules vivantes au contraire produisent habituellement une seule forme : tous les acides aminés constituants des protéines sont gauches, et la plupart des sucres sont droits. Pour effectuer une séparation, un dédoublement, il faut obligatoirement utiliser un moyen physique ou chimique lui même asymétrique. Un polymère comportant des motifs asymétriques pourrait-il fixer sélectivement une des deux formes ? Je pense à engager l’acide tartrique dans un polyamide. Etudié par Pasteur à ses débuts, on trouve une seule de ses formes dans le tartre des tonneaux de fermentation du vin ; on peut se le procurer facilement dans le commerce. On m’avait proposé à mes débuts de l’engager dans le Nylon, mais il ne supportait pas les conditions nécessaires. Beaucoup plus tard, je reprends des essais, d’abord sans grand succès, mais j’aurai ma revanche.
Un autre sujet retient mon attention. Les composés phosphorés fixent facilement des sels métalliques ou des acides pour donner ce qu’on appelle des complexes. J’en soumets quelques uns à un collègue physicien qui leur découvre une propriété remarquable : ce sont des semi-conducteurs dont la conductibilité électrique varie beaucoup avec la température, ce qui permet de les utiliser pour réaliser ce qu’on appelle des thermistances, capables de mesurer de très faibles écarts de température.
Dans un centre de recherches industriel, il ne faut pas perdre de vue les applications pratiques possibles. Pendant toutes ces années, divers thèmes sont à la mode : polymères thermostables, ignifuges, membranes semi-perméables, élastomères thermoplastiques ; chaque fois que c’est possible, j’oriente donc mon travail dans ces directions. Entre temps, j’ai été nommé chef de laboratoire, et je vais disposer pendant plusieurs années d’une équipe comportant deux ingénieurs de recherche et quelques techniciens chimistes.
L’expérience m’a appris que rares sont les travaux qui aboutissent à des réalisations industrielles. Le mot d’ordre est d’obtenir des brevets chaque fois que l’occasion se présente. J’en déposerai une quarantaine, dont quelques brevets américains, les plus appréciés car les plus difficiles à obtenir. En effet, après chaque brevet obtenu en France, on le dépose ensuite dans quelques autres pays. L’entreprise, très prudente quand il s’agit d’appliquer les résultats de ses recherches, cherche plutôt à se constituer un capital de brevets comme monnaie d’échange avec ses concurrents .
Pendant ces années, il m’est arrivé aussi d’étudier des composés autres que ceux du phosphore. en particulier des résines à base de pyrocatéchol, un sous produit de la fabrication de l’hydroquinone dont on ne savait trop que faire, et de montrer qu’elles sont un excellent moyen de fixer des traces de métaux lourds toxiques comme le mercure ou le chrome, mais l’essentiel de mon travail concernant des composés phosphorés, un dernier problème restait à résoudre, celui de l’obtention des matières premières par un procédé industrialisable, sans lequel toute cette chimie n’était pas viable. Jusque là, j’ai utilisé des méthodes de laboratoire comportant des étapes malaisées dont le produit de départ était le trichlorure de phosphore, produit industriel fabriqué par action du chlore sur le phosphore, mais il était clair que le plus avantageux était de partir du phosphore lui-même.
Je communique régulièrement à mes collaborateurs la documentation qui me parvient et qui concerne leurs sujets respectifs. Un de mes techniciens remarque un brevet russe qui décrit sommairement un procédé assez analogue à ce que nous recherchons et qui n’avait pas suffisamment attiré mon attention. Je doute du résultat, mais je lui propose cependant d’essayer, et c’est une réussite, après un certain nombre d’essais de mise au point. Aussitôt breveté, notre procédé conduit directement du phosphore au produit clé de toutes nos synthèses, la diphénylchlorophosphine, ainsi qu’à la phényldichlorophosphine, mais, pour le rendre industriel, il faut le faire fonctionner en continu, pour éviter les opérations laborieuses de chargement, chauffage du réacteur, refroidissement et traitement du produit brut. Je confie le travail de mise au point à un collègue dont c’est justement le métier de monter de telles opérations. Des pompes doseuses introduisent les réactifs, dont le phosphore, à l’entrée du réacteur chauffé à une température élevée, et après un temps de séjour convenable on recueille les produits en continu à la sortie.
Les problèmes techniques résolus, reste la question : va-t-on exploiter toute cette chimie ? J’ai appris à être méfiant. Un certain nombre de personnes discutent, soupèsent, tergiversent, et, comme d’habitude, on décide finalement de ne rien faire. Pourquoi prendre le risque de fabriquer des produits que ne propose aucun concurrent. La décision est peut-être sage, mais le pouvoir de nuisance y a sans doute aussi contribué. Quinze ans de travail pour rien, si ce n’est la satisfaction d’avoir été bien occupé par un sujet passionnant et enrichissant, et d’avoir contribué à la formation de jeunes ingénieurs et de techniciens.

Professeur de chimie macromoléculaire. C’est vers cette époque qu’une autre possibilité se présente. On me propose d’être détaché progressivement pour enseigner dans un établissement privé, un Institut qui forme des ingénieurs chimistes et des physiciens, et dont le diplôme est reconnu par l’Etat. C’est aussi pour mon entreprise un moyen de s’acquitter en nature de la taxe d’apprentissage, tout en me conservant dans ses effectifs. J’ai toujours eu le goût d’enseigner, et cette proposition m’en donne l’occasion, sans compter des interventions plus brèves à l’ IUT, (Institut Universitaire de Technologie), au jury d’admission à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées), et au jury du baccalauréat technique. Pendant une dizaine d’années, je vais enseigner la chimie macromoléculaire, diriger les travaux pratiques de chimie organique, et aussi les travaux de fin d’étude de nombreux élèves qui sont pour eux une initiation à la recherche, ce qui me permet de poursuivre avec eux des sujets que j’avais encore en cours. A l’occasion, je participe aussi à des stages de formation destinés à des techniciens de la région, et même à un groupe de jeunes agents du fisc venus s’initier aux contraintes de l’industrie, dont l’un d’eux dira en conclusion que ces sociétés essaient d’apparaître comme des associations sans but lucratif régies par la loi de 1901.
Toute cette activité contraste avec l’ambiance monacale et parfois oppressante (le pouvoir de nuisance) du centre de recherches. Alors que je n’y fais plus que des apparitions, on m’attribue un bureau plus grand et plus confortable que celui que j’occupais quand j’y étais à plein temps ; je suis devenu le professeur.
Les ressources de l’Institut sont bien modestes à côté de celles d’une grande entreprise. Je peux tout de même y poursuivre des recherches sans trop de difficultés matérielles, d’abord dans des laboratoires vétustes, mais ils seront peu à peu rénovés. J’y dispose d’un assistant et des élèves, mais seulement à temps partiel. Je peux aussi à l’occasion faire appel à mes collègues du centre, en particulier pour des analyses qui utilisent des techniques très fines, et aussi pour organiser des visites de mes élèves dans des établissements de la société, et récupérer pour l’Institut des ouvrages et des revues en surnombre dont le centre de recherches souhaite se débarrasser.
J’ai acquis une solide expérience de la pratique de la chimie macromoléculaire, mais jusque là je n’avais pas trop approfondi les aspects théoriques, comme par exemple la thermodynamique des solutions. Avant de l’enseigner, il me faut donc me mettre à jour, non sans y trouver de l’intérêt. J’ai constaté qu’on enseigne mieux et avec plus de satisfaction qu’une matière facile un sujet ardu qu’on a eu de la peine à assimiler, parce qu’on va mieux au devant des difficultés des étudiants, mais sans se faire d’illusions. Ils ne retiennent finalement qu’une faible partie de la matière enseignée comme on peut le vérifier, car l’enseignement se termine par des examens. Comme quand j’étais moi- même étudiant, je préfère à l’écrit l’interrogation orale qui permet un dialogue. Si un élève commence à me débiter une tranche de mon cours, je l’interromps bientôt pour sonder sa compréhension du sujet plutôt que sa mémoire. Je n’ai jamais apprécié les interrogateurs qui, leur question posée, restent silencieux pendant l’épreuve. Je pense au contraire que l’oral fait aussi partie de l’enseignement et que c’est une occasion d’ajuster les connaissances du candidat.
Il est arrivé aussi que , leur diplôme obtenu et intégrés dans la vie professionnelle d’anciens élèves viennent me consulter sur un problème rencontré dans leur entreprise. Après les avoir renseignés, je leur ai rappelé que la réponse était dans mon cours, qu’ils n ‘avaient pas eu l’idée de consulter. J’avoue que j’ai moi-même oublié bien des choses qu’on m’a enseignées.
Mon autre occupation essentielle reste la recherche . Pendant ces années, une trentaine d’élèves y participent par leurs travaux de fin d’étude . Une moitié est consacrée à des polyamides de l’acide tartrique. Comme c’est un diacide, il doit pouvoir se condenser avec des diamines, mais les premières tentatives restent décevantes. On n’obtient que des enchaînements beaucoup trop courts pour avoir des propriétés mécaniques permettant une mise en forme, des poudres inconsistantes inutilisables. De nombreuses tentatives n’ont pas abouti, mais il en restait une que je n’avais pas encore essayée parce qu’elle me laissait très peu d’espoir. C’est alors qu’on me demande d’occuper un élève dont les notes étaient trop insuffisantes pour qu’il obtienne son diplôme, et auquel on ne donnait même pas la chance de faire un vrai travail de fin d’études. Il n’est effectivement pas brillant, mais il est docile et il manipule convenablement. La tentative consiste à engager l’acide tartrique avec une quantité double de diamine pour obtenir des motifs courts avec des extrémités amines qu’on puisse condenser ensuite avec des composés de diacides plus réactifs, des chlorures d’acides.
Les premiers essais sont encourageants, et un véritable polytartramide est bientôt obtenu. Pasteur aurait sans doute apprécié, mais à son époque on était loin d’imaginer l’existence des polyamides. En faisant varier les réactifs mis en jeu, toute une gamme d’enchaînements sont réalisables, mais l’essentiel est de voir s’il est possible de les utiliser pour réaliser des dédoublements de composés actifs. Pendant les années suivantes, plusieurs élèves se succèdent pour améliorer les polytartramides, les mettre en forme et les tester. Un montage bricolé au laboratoire permet de les filer, et avec les fils obtenus de remplir une colonne dans laquelle on fait passer une solution du produit à dédoubler. L’analyse à la sortie montre qu’il y a bien un début de dédoublement : des deux composants droit et gauche, l’un sort plus rapidement, l’autre étant donc mieux retenu, mais la séparation est très incomplète, et, après de nombreux efforts elle ne dépasse pas 30%. C’est à la fois décevant et encourageant. Pour obtenir une séparation complète, un long travail de mise au point paraît nécessaire. Il faut en particulier améliorer les échanges entre les phases liquide et solide. Peut-être plusieurs années de travail encore. Je n’en aurai pas l’occasion, mais j’ai appris récemment , près de trente ans plus tard, qu’il existait maintenant des techniques industrielles performantes établies sur le même principe, et qui avaient demandé un long travail de mise au point..
L’autre thème de recherche concerne des molécules phosphorées. Les composés phosphorés fixent facilement des sels métalliques et pourraient constituer des catalyseurs ou des agents de séparation. Un composé comportant deux atomes de phosphore suffisamment proches doit être encore plus efficace et constituer une véritable cage pour de petites molécules. Je dresse d’abord le portrait robot d’une telle molécule susceptible de se polycondenser, une diamine renfermant deux atomes de phosphore séparés par deux atomes de carbone. De plus, c’est une molécule qui doit exister sous deux formes, une droite et une gauche, avec une géométrie analogue à celle de l’acide tartrique. La synthèse de cette molécule comporte plusieurs étapes. Des élèves se succèdent et l’améliorent peu à peu jusqu’à obtenir des conditions opératoires tout à fait satisfaisantes, mais une difficulté plus grave que prévu apparaît à la fin : on obtient bien la molécule recherchée, mais malgré de nombreuses tentatives on ne parvient pas à la purifier suffisamment pour l’engager dans un polyamide. Est-ce l’effet de cage qui fait qu’elle retient des sous-produits indésirables ? Peut-être aussi faudrait-il la modifier légèrement. Des années de travail sont-elles encore nécessaires ?
Là encore je n’en aurai pas l’occasion, la retraite arrivant à l’improviste beaucoup plus tôt que prévu. Changeant de milieu avec quelques regrets et la satisfaction d’être totalement libre, il me faut trouver d’autres activités qui ne demandent que des moyens matériels modestes. Ce seront les algues marines, que j’avais déjà commencé à récolter et à identifier pendant les vacances, et mes nouveaux élèves seront des retraités de l’Université du Temps Libre. J’aurai aussi l’occasion, pendant des années, de leur parler des grandes découvertes de la science moderne, de l’astronomie à la physique quantique et à la biologie moléculaire, et aussi d’une science naturelle méconnue, la chimie.

 

M RIO

« Art Déco et l’univers de la femme » par Sonia de Puineuf

« Art Déco et l’univers de la femme »

par Sonia de Puineuf

Prévue pour 1915 mais reportée en raison de la 1ère Guerre Mondiale, une exposition internationale : « l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes » est organisée à Paris en 1925 (l’Allemagne et le mouvement Bauhaus ne sont toutefois pas invités) et étonne le monde par sa modernité dans le domaine des arts décoratifs et de l’architecture.

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Tournant le dos à l’Art Nouveau (l’Art « nouille »), un style nouveau semble émerger : l’Art Déco, né d’impulsions diverses et variées :
– la stylisation géométrique de la Nature, (référence au cubisme)

Tamara de Lempicka – jeune fille

 

 

 

 

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– le machinisme qui entre dans l’univers du quotidien( machine à écrire, à laver, à coudre,…)
– le raffinement exotique (influence de l’art précolombien, de l’égyptomanie, de l’Afrique, de la musique : jazz)

dunand bracelet 1927

Les grands architectes construisent des bâtiments d’une beauté étonnante qui traduit en langage moderne le goût à la française.

 

Pavillon Studium Louvres
PAVILLON DU TOURISME 1925

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Le style Art Déco (appelé aussi Style Paquebot en raison de l’engouement pour les croisières transatlantiques, vitrines de cet Art-déco), élégant et raffiné, a un impact fort sur l’univers de la femme.
–  bijoux

Bracelet
Bague

 

 

 

 

 

 

objets du quotidien (services à thé, bibelots et petits objets usuels)

Coffret en bakélite

 

 

Miroir
Vase

 

Service à thé de Philippe Wolfers
  • mode
Robe Brique
Robe Chanel
chapeau cloche

 

 

  • mobilier
Lalique – 2 paons- lampe
Chiffonnier d’André Groult

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • affiches
Sonia Delaunay – couverture Vogue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • livres dont les reliures ou les illustrations font écho aux tendances esthétiques multiples qui nourrissent l’Art Déco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ensemble a  forgé une image ambivalente de la femme moderne de l’entre deux guerres.

Réf JG 2017I08

Réflexions d’un été par M RIO

                                                           Réflexions d’un été

            Au moment de mettre sur le papier quelques réflexions qu’on est convenu de dire philosophiques , je crains de n’exprimer que des banalités. Les vrais philosophes ne semblent pas avoir ce souci ; ils savent introduire dans leur expression suffisamment d’abstraction pour obscurcir ce qui pourrait être trop clair. Je viens justement de lire le récent ouvrage de Luc Ferry : Apprendre à vivre. Il s’efforce d’y présenter l’évolution et l’état actuel de la philosophie sans jargon. On peut en retenir que la philosophie a renoncé à expliquer le monde, la vie et la pensée au profit des astronomes, des physiciens et des biologistes, plus qualifiés. Il reconnaît aussi qu’une loi morale « tombée du ciel » ou déduite de grands principes est de plus en plus contestée, et que l’éthique ne peut être qu’un choix de société.

            La philosophie est-elle encore l’art de bien penser ou de penser juste ? Les innombrables erreurs et contradictions des philosophes du passé permettent d’en douter. Pour l’auteur, après tous ces renoncements, la philosophie garde la plus belle part de ses raisons d’être ; elle doit être un art de vivre. On peut tout de même se demander si les conseils d’un philosophe patenté sont vraiment indispensables pour réussir sa vie, surtout s’ils se limitent à des généralités.

            Après ces propos en manière d’introduction, j’en viens à un sujet plus modeste quoique aussi philosophique, l’incompréhension devant les notions les plus élémentaires des sciences. Cette incompréhension se manifeste par le sens donné aux mots. Quand une science définit un concept, elle le désigne soit par un néologisme emprunté au grec ou au latin, soit, pour en éviter l’aspect trop rébarbatif, par un terme du langage courant à la définition plus ou moins subjective, auquel elle attribue un nouveau sens précis et une valeur quantitative, c’est à dire qu’elle en fait une grandeur exprimable par un nombre se rapportant à une unité.

            C’est ainsi que les physiciens, à partir de trois grandeurs fondamentales, longueur, masse et temps, et de leurs unités, mètre, kilogramme et seconde, définissent toutes les autres. Ainsi de la notion de force qui malheureusement, pour des générations d’étudiants, a été longtemps confondue avec celle de masse et exprimée par la même unité, le kilogramme, alors qu’en réalité les deux notions sont bien distinctes, la masse exprimant une quantité de matière : fruits et légumes s’achètent au kilo, et le poids une force mesurant l’attraction qu’exerce la pesanteur sur cette masse. Un kilo de pommes sur Terre ou sur la Lune, c’est toujours la même quantité, alors que la pesanteur y est très différente. Cette équivoque n’existe heureusement plus. L’unité de masse reste le kilogramme, l’unité de force le newton ; sur Terre, le poids d’un kilo de matière est de 9,81 newtons.

            Deux autres unités essentielles en physique, l’énergie et la puissance, n’ont qu’un vague rapport avec le sens habituel de ces mots, mais une signification précise : la facture de l’EDF s’exprime en kilowatt-heure, un multiple du joule (1 kwh vaut 3,6 millions de joules), et la puissance d’un moteur en kilowatts, multiple du watt, mais on n’a pas encore tout à fait oublié le cheval-vapeur, qui vaut 735 watts.

            Dans la conversation, on confond souvent chaleur et température, alors qu’il s’agit de deux notions liées mais bien distinctes. La chaleur est une forme d’énergie. Elle se mesure donc en joules, ou encore en calories( une calorie vaut 4,18 joules). Un radiateur électrique consomme de l’énergie électrique et la transforme en chaleur ; la quantité d’énergie reste la même, mais sous une forme différente et dégradée : l’opération n’est pas réversible.

            La température mesure le niveau de la chaleur et s’exprime en degrés, de même que la hauteur d’une chute d’eau est le niveau de la retenue, et sa capacité représente sa réserve d’énergie. Ces notions n’ont pas toujours été aussi claires : avant l’invention du thermomètre les idées d’Aristote prévalaient encore : le chaud et le froid, de même que le sec et l’humide étaient considérées comme des propriétés intrinsèques des minéraux, des végétaux et des animaux ; ainsi le diamant était considéré comme froid par nature, et son absorption mortelle pour cette raison.

            Avant la révolution des sciences expérimentales, on voyait dans le monde de la matière, visible et tangible, de la lumière, immatérielle mais visible et des esprits invisibles qui en étaient les animateurs. La matière s’impose par sa présence : nous sommes faits et entourés de matière, et sa connaissance s’est considérablement enrichie : elle est constituée d’une centaine d’éléments dont les combinaisons forment une infinité de substances différentes, minérales, végétales et animales, ces éléments étant eux mêmes constitués d’atomes. On peut ainsi définir la matière comme une association d’atomes ayant une masse, assemblés selon des règles précises, mais les atomes eux mêmes, contrairement à leur définition d’origine, sont formés de particules, électrons et quarks. Ces particules ne sont donc plus de la matière proprement dite ; elles ont des propriétés bien définies : masse, charge électrique, moment magnétique, spin, mais leur nature échappe totalement à notre intuition, et elles ne seraient finalement que des modes de vibration de l’espace.

            La lumière aussi est une vibration de l’espace, une onde électromagnétique qui se propage à une vitesse que rien ne peut dépasser. Paradoxalement, cette vitesse est indépendante de celle de sa source. Quand la lumière interagit avec la matière, elle se comporte aussi comme une particule. Finalement, ondes et particules associées sont à la base de toute réalité physique.

            Et les esprits ? Il semble que les cultures primitives aient pensé que comme l’homme, qui a un corps, mais aussi une pensée consciente et volontaire, tout, les montagnes, les eaux, les arbres et les animaux sont habités par des esprits bons ou mauvais, la pensée consciente paraissant d’une nature autre que le corps, et si l’on veut agir sur la matière, c’est à l’esprit qu’il faut s’adresser.

            Une meilleure connaissance du cerveau autorise à dire comme Laplace qu’on n’a plus besoin de cette hypothèse. Si l’idée que la pensée soit immatérielle a longtemps prévalu, il paraît maintenant inconcevable que la saisie et le traitement de l’information, dans un cerveau comme dans un ordinateur, puisse se faire sans un dispositif matériel hautement structuré. Il n’en subsiste pas moins un préjugé défavorable . On entend souvent le matérialisme comme une attitude amorale, égoïste, incapable de s’élever aux pensées les plus nobles, les plus désintéressées, le spiritualisme au contraire faisant fi de la matière, du corps, de sa santé et de son bien-être.

            Ces sentiments, les pensées les plus élevées ne sont finalement que le jeu de nos neurones et de leurs neurotransmetteurs, ce qui d’ailleurs n’enlève rien à leur valeur.

 Les neurotransmetteurs sont des substances matérielles  parfaitement définies. On peut dire que ces substances sont naturelles puisqu’elles se forment dans le cerveau sans intervention humaine, mais on peut aussi les synthétiser artificiellement. Ce sont exactement les mêmes molécules ayant la même structure et les mêmes propriétés, rien ne permet de les distinguer. Sont elles encore naturelles ? non, puisqu’il y a eu manipulation humaine. Ici apparaît l’équivoque largement exploitée par les inconditionnels de la Nature entre produits naturels et produits de synthèse. C’est ainsi qu’un préjugé tenace s’attache à l’idée de pureté : un produit « naturel » est considéré comme pur, sain, épithètes qu’on refuse aux produits dits chimiques, objets de répulsion. Si la publicité use et abuse de cette idée, c’est qu’un large public est tout  disposé à l’accepter. L’équivoque tient au sens qu’on donne à la pureté. Un produit obtenu par des techniques traditionnelles, un jus de fruit par exemple, est considéré comme pur tant qu’on ne l’a pas pollué d’additifs, conservateur, colorant ou édulcorant, même s’il est constitué de centaines de substances différentes, et dont la qualité varie selon les circonstances de sa préparation. Une autre façon plus objective de juger est de considérer comme pure une substance formée d’un constituant unique bien défini, perfection d’autant plus difficile à atteindre que les techniques d’analyse actuelles peuvent déceler des traces infimes d’impuretés. Dans ce sens, un produit dit naturel est le plus souvent un mélange de substances variées, alors qu’un produit de synthèse ne renferme qu’une très faible quantité de molécules étrangères s’il a été convenablement  préparé.

            Qu’est ce qui distingue finalement les produits dits naturels des produits dits chimiques ? Ils sont formés des mêmes atomes, des mêmes molécules, assemblés selon les mêmes règles, bien qu’ils proviennent de processus différents. Ce n’est donc pas leur constitution qui les différencie. Des produits dits chimiques existent dans la nature : de l’acide chlorhydrique est émis par les volcans. La décomposition des matières organiques libère de l’ammoniac. Les astronomes détectent dans l’espace de l’acide cyanhydrique et du méthanol ; l’atmosphère de Vénus renferme de l’acide sulfurique et celle de Titan du méthane.

            Le sel marin s’appelle aussi chlorure de sodium et le plâtre sulfate de calcium. C’est donc finalement le nom qu’on leur donne qui fait la différence, nom commun pour les produits naturels, chimique pour les produits chimiques, ce dernier apportant une information plus précise, mais il s’agit des mêmes substances. Pour conclure, tout produit, nécessairement formé d’atomes, est chimique si l’on s’intéresse à sa constitution ; tout produit est aussi naturel puisque formé d’atomes pris dans la nature, et les produits dits naturels ne sont finalement que des mélanges de produits chimiques.

            Cet été, des jeunes gens se sont amusés à jouer avec un ballon. Pronostics et résultats soulèvent des passions, même chez ceux que l’age et la raison auraient pu  modérer, mais c’est une drogue qui rend fou. Chacun à l’avance annonce avec assurance ce qu’il voudrait, ce qui va nécessairement arriver, mais ce jeu aléatoire est impitoyable et les déceptions douloureuses ; il n’y a qu’un vainqueur.

            C’est ainsi que les croyances les plus folles sont celles que l’on défend avec le plus d’acharnement. On ne supporte pas de ne pas savoir, alors, ce qu’on ne sait pas, on l’invente, et l’invention risque d’être dérisoire si la réalité apparaît. Des mythes, des fables naïves, trouvent parfois des intellectuels raisonneurs pour les réinterpréter, les approfondir et leur donner une apparence de rigueur. Faute de pouvoirs réels, on s’en invente d’imaginaires. On croit à l’efficacité de rites, de formules, de symboles, comme les radiesthésistes qui prétendent localiser sur une carte des  personnes ou des trésors disparus. On croit aussi aux aliments magiques qui font maigrir ou rajeunir, aux remèdes miracles.

            L’action à distance sans intermédiaire matériel est à la fois un thème de la sorcellerie et une réalité physique embarrassante. Si l’on ne croit pas aux maléfices des poupées de cire, on doit bien reconnaître que le Soleil retient ses planètes, qu’avec la Lune il est responsable des marées, qu’une pomme lâchée tombe au sol et qu’un aimant attire l’aiguille d’une boussole. Cette dernière action ne nous surprend plus maintenant que nous sommes habitués à la radio, à la télévision, aux téléphones portables, au GPS et aux télécommandes, et s’interprète selon les lois de l’électromagnétisme de Maxwell.

            L’attraction universelle de Newton reste plus abstraite, et nous ne savons pas la manipuler comme les ondes hertziennes : il n’existe pas d’écran à la pesanteur ; on ne sait ni la créer artificiellement ni l’annuler, ce qui faciliterait tellement les voyages dans l’espace. Si le photon, agent de l’interaction électromagnétique, nous est devenu familier, il n’en est pas de même de l’hypothétique graviton responsable de l’attraction des masses, tellement fugace qu’il paraît bien difficile à détecter, ainsi que les ondes gravitationnelles qui résulteraient d’évènements cataclysmiques dans l’univers. L’interprétation d’Einstein, celle de la Relativité générale, est que les masses déforment l’espace, mais il y manque une explication quantique pourtant indispensable. Les prochaines années apporteront-elles une solution ?

 

 

 

 

            Loin de ces préoccupations aux frontières de la connaissance, certaines des applications des sciences suscitent incompréhension et rejet. Incompréhension due au manque de culture scientifique. Combien de personnes qui se piquent de culture, littéraire et artistique s’entend, se flattent aussi de tout ignorer des sciences ? Combien d’étudiants se détournent des disciplines scientifiques pour des formations jugées plus faciles mais sans issue ou trop encombrées ?

            Aux Etats-Unis, pays le plus riche, le plus puissant, le plus performant en matière de sciences et de techniques, la moitié de la population rejette une science pourtant solidement établie, l’évolution des espèces, pour une interprétation littérale, puérile, de la Création selon la Bible.

            L‘incompréhension entraîne le rejet. Il est bien évident que toute innovation doit être accueillie avec une certaine prudence, qu’elle a souvent ses risques à côté de ses avantages, mais le refus borné n’est certainement pas la bonne solution. Peur de la nouveauté, préjugés d’un autre age, diabolisent l’énergie nucléaire, les organismes génétiquement modifiés. On reproche aux matières plastiques de ne pas se dégrader et le mythe du naturel fait qu’on trouve de moins en moins de textiles synthétiques malgré leurs qualités évidentes. Seuls , les médicaments de synthèse, dont on fait un usage abusif, échappent à cette prohibition. Des techniques biologiques prometteuses, le clonage, l’utilisation de cellules souches, les manipulations génétiques, sont condamnées d’avance comme des abominations qui scandalisent les défenseurs de préjugés religieux ou d’un moralisme sans nuances.

            Il est trop facile d’être pessimiste et de douter de l’intelligence de ses contemporains. Heureusement, personne n’oserait plus nier l’existence des atomes ou croire aux générations spontanées. Si des fossiles vivants refusent encore la réalité de l’évolution, ils sont dans une impasse. Malgré leurs opposants, les progrès des sciences et des techniques se poursuivent, mais de nouveaux défis les attendent : par quoi remplacer les combustibles fossiles et les perturbations qu’ils entraînent. Faut-il se résigner à une pénurie que les énergies dites renouvelables sont incapables de compenser.

            Ma deuxième lecture de l’été s’intitule  D’Abel à Toumaï de Michel Brunet « chercheur d’os ». En contraste total avec notre philosophe qui, du haut de sa chaire, prétend nous apprendre à vivre, c’est un ouvrage modeste qui raconte deux découvertes importantes concernant les origines de l’espèce humaine. Il nous résume l’état des connaissances depuis la première découverte, celle de l’homme de Neandertal en 1856. et montre comment chaque nouvelle trouvaille peut remettre en question les idées trop simplistes inspirées par les précédentes. Ce que l’on sait, ce ne sont que quelques points de repère dans une histoire en grande partie inconnue : les premiers hominidés, les Australopithèques, se succèdent depuis Orrorin au Kenya ( 5,7 à 6 millions d’années), qui utilise déjà des outils, Ardipithecus   et Lucy  en Ethiopie, Taung  en Afrique du sud.

            Vient ensuite le genre Homo: H. habilis (2 millions d’années); puis     H.erectus   , le premier qui sort d’Afrique pour peupler l’Europe et l’Asie, et disparaît avec l’Homme de Neandertal il y a 30 000 ans et H . floresiensis, une forme naine d’Indonésie il y a 18 000 ans. Enfin apparaît H. sapiens dont nous sommes, avec Herdo en Ethiopie, il y a   165 000 ans, et qui se répand dans le monde entier, dont Cro-Magnon en Dordogne qui a cohabité un temps avec Neandertal.

            La contribution de notre auteur et de son équipe, car, il insiste, il s’agit du travail de toute une équipe, se situe au Tchad. Délaissant l’Afrique de l’est et du sud, lieux de toutes les découvertes précédentes, il s’attaque à une région jusque là négligée, un désert presque invivable, dont on n’attendait rien. La recherche de fossiles humains exige la collaboration de différents spécialistes : géologues, paléontologues, généticiens, anatomistes, de différentes techniques, traitement, datation, identification des trouvailles, mais il faut d’abord pressentir les sites susceptibles de donner des résultats : la nature et l’age du terrain correspondant aux restes que l’on recherche

            Le premier fossile d’hominidé découvert en 1996 , appelé Abel en hommage à un collègue disparu, n’est représenté que par une mâchoire et quelques dents datant de 3 à 3,5 millions d’années, mais les spécialistes savent en tirer bien des informations :mode d’alimentation, posture …Le second, Toumaï, découvert en 2001, est beaucoup plus surprenant : c’est un crâne presque complet âgé de 7 millions d’années, auquel viennent s’ajouter par la suite les restes d’une douzaine de ses contemporains, et c’est un hominidé apparemment bipède, contrairement aux grands singes. L’ancêtre commun aux deux espèces est donc nécessairement plus ancien.

            Face à tous ces résultats, il ne reste aux créationnistes qu’une ressource : dire que c’est le Diable qui a semé les fossiles pour tromper les humains, puisque le monde n’a que 6 000 ans.

Dans le journal, un article qui ne cache pas ses buts publicitaires occupe toute une page pour vanter les vertus des algues marines, sources de jouvence et remèdes à tous les maux ; l’auteur les oppose aux affreux produits chimiques et aux organismes génétiquement modifiés. Depuis l’apparition des premières algues microscopiques, il y a plus d’un milliard d’année, il a pourtant fallu bien des modifications génétiques pour aboutir aux milliers d’espèces actuelles dont certaines atteignent plusieurs mètres. Il en a fallu beaucoup aussi pour  nous offrir les animaux venimeux, les virus et les bactéries causes de maladies, mais le grand mot est lâché : les algues sont naturelles : cette nature est une assurance de bienfaits et absout de tous les péchés. L’intérêt qui je porte aux algues ne va pas jusqu’à cette idolâtrie.                    

 Un article lyrique traitant des algues, de la Bretagne et de la mer ne pouvait pas manquer un autre thème, celui de l’iode et de ses vertus, l’air iodé vivifiant, l’odeur d’iode chère aux touristes enthousiastes qui croient la déceler dans les fonds de ports à marée basse au soleil, même si l’iode dans les algues est sous forme d’iodure inodore, mais un iodure, est-ce naturel ou chimique ?

Que retenir de ces quelques réflexions disparates ? D’abord que chacun a l’occasion de philosopher quand il s’agit d’apprécier la valeur de mots, d’opinions et de croyances. Seuls les faits concrets sont indiscutables, et chacun dans son domaine peut être plus autorisé qu’un philosophe généraliste pour porter un jugement nécessairement subjectif, mais qui doit être en accord avec la réalité.

L’ignorance, l’incompréhension et surtout la réticence face aux sciences expérimentales sont évidemment regrettables, d’autant plus qu’elles s’accompagnent d’un engouement pour des croyances, des pratiques, au mieux inefficaces, parfois dangereuses : fausses médecines, faux remèdes, faux prophètes, mais qu’y faire ?

Des sectes qui prétendent défendre la Nature jettent l’anathème sur les matières de synthèse et les manipulations génétiques, mais ne sont pas défavorables à l’addiction aux drogues, naturelles évidemment. Leurs outrances ne peuvent que nuire à la cause de notre environnement qui mérite de meilleurs défenseurs.

 

 

M RIO

Le Diben, été 2006.