Les relations entre l’islam et politique par Yann MENS

Les relations entre l’islam et politique

 

par Yann MENS

Comme toute religion à travers son histoire, l’islam s’est trouvé et se trouve régulièrement utilisé dans des affrontements politiques.

Soit parce que la référence au Prophète, aux textes sacrés, à l’identité musulmane… permet de mobiliser des soutiens ou de légitimer un pouvoir autoritaire en place, comme dans certaines monarchies du Golfe, par exemple.

Soit parce que des acteurs politiques veulent que l’Etat fasse appliquer leur interprétation des commandements de l’islam.
De telles invocations politiques de l’islam peuvent se fonder sur une interprétation de la religion qui met en avant l’esprit des textes sacrés et veut en déduire des pratiques adaptées au monde actuel. Ou à l’inverse prôner une imitation des premiers croyants de l’islam au 7 ème siècle, à l’instar du salafisme.
De même, elles peuvent être pacifiques, au travers de la participation de certains mouvements islamistes aux élections par exemple. Ou emprunter la voie de la violence armée, comme dans le cas du jihadisme.
Dans tous les cas, ces utilisations politiques très contrastées de l’islam prennent corps par des circonstances historiques précises qu’il importe de mettre en perspective pour mieux les comprendre.

 

Rappel de quelques notions

Monde musulman et politique

A) les origines

Le Prophète Mahomet est un chef religieux, mais c’est aussi un chef politique, celui de la première communauté des musulmans.
Dans ce contexte, il est parfois amené à être aussi chef de guerre

B) les successeurs

Après la mort du Prophète, personne ne peut se prévaloir de la même autorité religieuse que lui.
Les califes (successeurs) ne sont que les chefs temporels de la communauté.

C) la tradition

Au politique revient « la sauvegarde de l’œuf » : il lui incombe de prendre les mesures pour protéger la communauté musulmane.
Ce qui se passe à l’intérieur de la coquille est du ressort du religieux ». C’est aux oulémas (savants religieux) qu’il revient de « veiller à l’application des normes religieuses dans les rapports entre individus, d’assurer l’éducation des jeunes et de régler les conflits sociaux ordinaires.

D) les divisions politiques

A certaines époques, plusieurs califats coexistent dans des régions différentes (Irak, Egypte, Espagne). Et même lorsqu’un calife domine en principe un territoire, son pouvoir se dissout progressivement au profit d’autres acteurs politico-militaires (gouverneurs, sultans, etc.). La colonisation va encore affaiblir ces différents pouvoirs.

E) l’islamisme

Est islamiste tout mouvement politique qui met l’islam au centre de sa pratique politique et entend promulguer les valeurs de la religion musulmane en influençant directement ou en conquérant lui-même le pouvoir d’Etat.
L’archétype de courant, ce sont les Frères Musulmans.

F) le salafisme

Le mot trouve sa source dans la volonté de certains musulmans sunnites d’agir dans leurs moindres gestes comme les salaf al-salih (les pieux ancêtres), expression qui désigne les trois premières générations de musulmans, considérés comme exemplaires.
La majorité des salafistes sont quiétistes : ils se tiennent à l’écart de l’action politique et obéissent au pouvoir en place.

G) le jihadisme

Dans la tradition juridique du monde musulman, la responsabilité d’appeler au jihad armé relève du seul calife (chef temporel de la communauté des croyants).
Mais au XXé siècle, surtout à partir de l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979, des théoriciens de l’islam politique ont proclamé que le jihad est une obligation individuelle de tout croyant qui suit pour cela l’autorité religieuse de son choix.

 

……………………………………………………………….

 

Réf ; YM2017VI08

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.