Edmond MICHELET

Edmond MICHELET, le catholique, le politique,le…

par Nicole LEMAITRE

 

A) Une jeunesse sous le signe du patriotisme et du catholiscisme

Edmond Octave Michelet(1899-1970) s’établit à Brive après la guerre 14/18 Ce fils d’épicier exerce le métier de représentant de commerce. Il préside la Jeunesse Catholique du Béarn, milite à l’Action française jusqu’en 1928 puis dans le catholicisme social. En 1930, il est président de la Jeunesse catholique de la Corrèze.

B) Résistance et déportation : sa véritable formation politique

Dès le 17 juin 1940, il appelle  à la Résistance. Chef du mouvement de Résistance Combat en Limousin (région R5) sous le nom de Duval, il est arrêté le 25 février 1943  par la Gestapo. Transféré à Fresnes , il est déporté en septembre 1943 à Dachau
Edmond Michelet préside le Comité patriotique français de Dachau .

Son expérience des camps le fera évoluer  sur le plan politique : patriotisme étroit/ Européisme-sens du dialogue-humanisme-clémence.

C) l’homme politique catholique

En juillet 45 il est délégué à l’Assemblée consultative provisoire au titre des prisonniers et déportés, œuvrant pour une modération de l’épuration post WW.
Élu député MRP de la Corrèze en 1945, il devient Ministre des Armées de de Gaulle( 21 novembre 1945,- 16 décembre 1946). Réélu député en 1946 , il  est battu en 1951.

Il adhère au RPF. En 1947, il participe à la fondation du Mouvement des Républicains Populaires Indépendants,  les exclus ou démissionnaires du MRP, préparant le retour du Général.

Il est sénateur de la Seine entre 1952 et 1959 (vice-président du Conseil de la République en 1958). Le 9 juin 1958, il revient au gouvernement comme ministre des Anciens combattants (ministère de Gaulle), puis comme ministre de la Justice ( 8 janvier 1959 – 24 août 1961); Michel Debré, mécontent de son opposition à la répression menée contre le FLN et les Algériens de Paris, obtient son remplacement.

Garde des sceaux, Edmond Michelet signe, le 4 juin 1960 une ordonnance qui rétablit la peine de mort pour raison politique, abolie depuis 1848 . Lors du procès des généraux factieux, Michelet écrit le 30 mai 1961 une lettre *(objet d’une controverse voir infra n.d.r.)   au procureur Besson lui enjoignant de réclamer à l’audience la peine de mort. Nicole Lemaitre donne une toute autre version(très édulcorée) de son attitude lors de ce procès.

Siégeant au Conseil constitutionnel, de 1962 à 1967, Michelet est par ailleurs président international du Centre européen de documentation et d’information (CEDI)* de 1962 à 1964.

En 1963, il fonde l’Association France-Algérie…

Edmond Michelet devient Ministre d’État, chargé de la Fonction publique, du 6 avril 1967 au 31 mai 1968 , puis succède à André Malraux comme ministre des Affaires culturelles, du 20 juin 1969 à son décès en 1970.

La cause de béatification d’Edmond Michelet a été introduite à Rome en avril 2015.

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Nota :

1* -CEDI ,regroupement des organisations chrétiennes et conservatrices diverses, qui se sont constituées dans plusieurs États de l’Europe de l’ouest dans le contexte de la reconstruction européenne d’après-guerre et de la guerre froide.  Pendant les premières années, le CEDI est dominé sur le plan idéologique et programmatique par son premier président,Otto von Habsburg.

2* –   Dans cette longue lettre de cinq pages, Edmond Michelet écrit : « Les articles 90 et 91 combinés, l’article 99 du Code Pénal semblent avoir été exactement conçus pour des situations de cette sorte. » Il s’agit d’articles figurant dans l’ordonnance du 4 juin 1960 cosignée par Edmond Michelet.

Il ajoute : « Le code est formel : il prévoit la peine de mort. On n’aperçoit pas quelles circonstances atténuantes peuvent être découvertes. »

in  « . « L’Histoire Secrète ».  Jean-Raymond Tournoux  . 

Réf CY-J 2017V23

LES PROGRES DE L’ASTRONOMIE par M André RIO

M André RIO
M André RIO

LES PROGRES DE L’ASTRONOMIE

1.Evolution des connaissances.

2.Les planètes du système solaire et leurs satellites.

3Le soleil et les étoiles.

4.Les galaxies.

5.Histoire de l’univers.

1.Evolution des connaissances.

L’astronomie avant Copernic est contenue dans le système d’Aristote (-384 ; -322) et de Ptolémée (90 ;168) .A côté des observations et des théories astronomiques, on y trouve des considérations religieuses, mythologiques, astrologiques, philosophiques, dont l’astronomie moderne a dû se débarrasser pour progresser .Ce système considérait la Terre comme le centre du monde, et le ciel comme un décor tout proche et immatériel .On n’avait aucune idée de la distance des astres et de leurs dimensions, et le mouvement apparent des planètes s’interprétait par des trajectoires compliquées.

Le système de Copernic (1473; 1543) apporte une grande simplification et une interprétation plus réaliste : la Terre est une planète parmi les autres; toutes tournent autour du Soleil d’un mouvement circulaire uniforme.

Kepler (1571; 1630) précise les lois du mouvement des astres .S’appuyant sur des mesures plus rigoureuses, il montre que leurs trajectoires sont des ellipses et non des cercles.

Galilée (1564; 1642) le premier utilise la lunette astronomique .Préoccupé avant tout de données objectives, il observe des montagnes sur la Lune, des taches sur le Soleil, les phases de Vénus et de Mercure, analogues à celles de la Lune, et quatre satellites de Jupiter .Tous ces résultats vont à l’encontre des idées de l’époque .Copernic avait subi des tracasseries, Kepler une véritable persécution, et tous deux avaient dû adopter une attitude très discrète; avec Galilée, ce sera pire .L’Eglise, alors toute puissante, avait adopté le système d’Aristote qu’elle considérait comme seule conforme à sa doctrine, et elle réagît d’autant plus violemment que l’attitude de Galilée fût provocatrice.

Au XVIIème siècle, on commence à réaliser l’immensité de l’Univers (les espaces infinis de Pascal) .On mesure la distance et les dimensions de la Lune, et sans pouvoir préciser encore la distance du Soleil, on s’aperçoit qu’il est bien plus éloigné et bien plus grand et que c’est une étoile comme les autres,

Newton (1642; 1727) explique le mouvement des astres par l’attraction universelle .A partir d’une loi très simple, il établit une méthode générale, le calcul intégral, qui permet de déterminer les trajectoires des corps célestes.

Aux XVIIIème et XIXème siècles, de grands progrès sont accomplis .Le télescope , plus performant, remplace la lunette; on découvre de nouvelles planètes; les méthodes de calcul se perfectionnent et permettent à Le Verrier de prévoir l’existence de Neptune, observée peu après à l’endroit annoncé des astres: c’est l’astronomie de position.

L’astronomie physique commence au XIXème siècle .L’expérience de Foucault (1819; 1868) démontre expérimentalement la rotation de la Terre sur elle même, mais celle de Michelson (1852; 1931) , réalisée entre 1881 et 1887, ne parvient pas à mettre en évidence la rotation autour du Soleil, résultat que la théorie de la relativité expliquera.

La nature chimique des corps célestes, qu’Auguste Comte (1798; 1857) avait déclarée à jamais impossible à déterminer, a été élucidée peu après par l’analyse spectroscopique de la lumière qu’ils émettent .On trouve en particulier que le Soleil est principalement constitué d’hydrogène, d’un élément alors encore inconnu, l’hélium, et renferme en quantités plus faibles tous les autres éléments .Dès 1863, on détecte dans les étoiles du sodium, du fer, du calcium, du magnésium .Les météorites tombées du ciel se révèlent analogues aux roches terrestres.

De tous ces résultat, on conclut que les lois de la physique sont les mêmes partout, que l’Univers entier est fait des mêmes éléments que la Terre, et qu’il constitue pour les physiciens un immense laboratoire capable de fournir un grand nombre de renseignements dans des conditions irréalisables sur terre.

Au XXème siècle, la première moitié du siècle voit de nouveaux perfectionnements des techniques, et une double révolution de la physique avec la Relativité qui, concernant les grandes distances et les grandes vitesses, donne une idée d’ensemble nouvelle de l’univers, son expansion révélée par Hubble, et la physique quantique qui interprète les mécanismes intimes des particules, explique la source d’énergie du Soleil et des étoiles et le rayonnement cosmique.

Au cours de la seconde moitié du siècle, les moyens mis en oeuvre sont considérablement accrus. La lumière visible n’est plus la seule source d’information .Tout le spectre électromagnétique est exploité, avec la radioastronomie , les astronomies infrarouge , ultraviolet, X et . Les différentes particules provenant de l’espace: protons, noyaux d’atomes, neutrinos, sont également détectés et apportent de nouvelles connaissances.

L’obstacle de l’atmosphère, qui ne laisse passer que la lumière visible et les ondes radio, est franchi par les satellites et les sondes planétaires .L’exploration directe de la lune (Programme Apollo) , l’exploration des planètes du système solaire et de leur satellites par les sondes (Pioneer ;Viking ;Voyager Mariner…) fournissent une masse d’informations sensationnelles .On découvre ou on décèle des astres exotiques: les étoiles à neutrons et les trous noirs, et on peut enfin imaginer l’histoire et l’origine de l’univers avec le Big-Bang.

2.Les planètes du système solaire.

Diamètre Masse Densité Distance du Soleil Révolution Rotation Satellites

Km * moyenne U.A.* Temps/ lumière

Soleil 1.400.000 33.000 1,4 25 j.

Mercure 4.720 0,056 5,44 0,3-0,46 88 j. 59 j. 0

Vénus 12.340 0,817 5 0,72 224 j. 243 j. 0

Terre 12.756 1 5,5 1 8 min. 365 j. 24 h. 1

Mars 6.899 0,108 3,8 1,4-1,6 12,5 min. 1 an 321 j. 24 h.37 min. 2

Jupiter 142.113 318 1,36 4,9-5,4 43 min. 11 ans 312 j. 9 h.50 min. 14

Saturne 119.916 95 0,7 10 1 h.20 min. 29 ans 167 j. 10 h.14 min. 17

Uranus 51.028 14 1,3 20 2 h.46 min. 88 ans 17 h.24 min. 5

Neptune 44.650 17 2,3 30 4 h. 164 ans 15 h.48 min. 8

Pluton 2.200 0,1 2 env. 29-50 6 h.40 min. 241 ans 21 j. 6,39 j. 1

* La masse de la Terre est prise comme unité

** U.A. : Unité astronomique : distance moyenne de la Terre au Soleil (150 millions de km.)

La Lune.

Diamètre : 3500 km.

Masse : 0,0123 masse terrestre

Densité : 3,34

Distance à la Terre : minimum : 322.000 km.

moyenne : 353.000 km.

maximum : 384.000 km.

Révolution et rotation : 27 jours

Elle ne possède aucune atmosphère; il n’y a donc pas d’érosion ;sa surface conserve les traces du bombardement de météorites qu’elle a subi à son origine :elle est parsemée de cratères de toutes dimensions .Les taches sombres appelées improprement “mers” sont en réalité des épanchements de basalte anciens .Elle ne renferme pas d’eau liquide, mais on y a détecté récemment de la glace dans des cratères des pôles, à l’abri de la lumière solaire.

Mercure .Son aspect est analogue à celui de la Lune et il n’y a pas d’atmosphère .Sa température peut varier de 430° le jour à -180° la nuit .On y a également décelé de la glace aux pôles .

Vénus a été explorée par les sondes Venera et la sonde Pionneer dés 1978.Elle possède une atmosphère très dense (95 bars) constituée de gaz carbonique et d’azote, mais très peu de vapeur d’eau, et des nuages épais de gouttelettes d’acide sulfurique .Les vents sont très violents en altitude ;la température à la surface atteint environ 450°.Le relief a été obtenu au moyen des radars de sondes satellisées .Il est constitué d’une couche très épaisse et rigide de basalte et comporte trois grands massifs montagneux: Terra Ishtar, plateau rocheux à 3.000 m. au dessus du niveau moyen, surmonté d’un sommet à 11.000 m.; Terra Aphrodite à 9.000 m. et Bêta Regio .Il existe aussi une zone de plaines, une dépression analogue à un rift à -2.900 m. et un grand bassin à -2.700 m .Il est possible qu’il existe encore du volcanisme.

Mars a été exploré par des sondes en orbite et différents instruments au sol .Son atmosphère très ténue (0,01 bar) , formée d’azote et de gaz carbonique, produit cependant des tempêtes de poussières qui l’obscurcissent parfois .Sa température est le plus souvent négative et peut descendre la nuit à -125°;ses calottes polaires sont constituées de glace et de neige carbonique .Son relief, maintenant bien connu, fait apparaître un volcanisme et des évènements tectoniques anciens, de l’érosion et de la sédimentation .L’hémisphère nord renferme des plaines volcaniques et sédimentaires ;l’hémisphère sud des cratères d’impact et du volcanisme On y observe des vallées sinueuses et ramifiées qui indiquent que dans une période ancienne la température devait être plus élevée et l’eau liquide présente à la surface .Son état actuel est impropre à la vie .Mars possède deux satellites très petits: Phobos et Deimos.

Jupiter comme le soleil est composé essentiellement d’hydrogène et d’hélium et ne possède pas de surface solide .On y observe des nuages en zones et la tache rouge, qui est un énorme tourbillon .La température est très basse en surface et probablement très élevée en profondeur .Il est vraisemblable qu’il existe un noyau métallique et rocheux au centre .Jupiter est aussi un puissant émetteur d’ondes radio

Il possède des anneaux très ténus et de nombreux satellites .Le plus proche, Amalthée, est très petit (270 x 140 km.) ;sa révolution dure 0,49 jour .Io ensuite a une taille et une densité proches de celles de la Lune (révolution: 1,77 jour).Elle possède des volcans actifs, mais pas d’impacts, car sa surface, très colorée de noir, jaune et rouge est récente .On y a détecté du soufre, mais pas d’eau, et une atmosphère de gaz sulfureux.

Europe, de taille analogue, est couverte d’une couche de glace épaisse d’une centaine de kilomètres et très fracturée, récente car présentant peu d’impacts .Ganymède, deux fois plus éloigné qu’Europe, d’un diamètre de 5.000 km .Sa révolution est de 7 jours environ .Il est entièrement recouvert de glace avec de nombreux impacts .Callisto, un peu plus petite que Ganymède, semble formée essentiellement de glace .Sa surface sombre est criblée de cratères d’impact.

Saturne a une composition analogue à celle de Jupiter, mais une densité très faible (0,7). Ses anneaux, très fins et très nombreux, sont formés de débris .Ils sont limités par les orbites de petits satellites (satellites bergers) .Ils s’étendent jusqu’à 100.000 km de la planète .Au-delà se trouvent de nombreux satellites dont Mimas : 390 km. de diamètre, porte un très gros cratère. Encelade (490 km. de diamètre) dont la surface très brillante présente de petits cratères .Thétys, formée principalement de glace, avec de nombreux cratères et des failles Dioné, (diamètre : 1.100 km) avec des cratères et des traînées brillantes, et Rhéa (diamètre : 1.500 km.).

Au delà d’un million de kilomètres, on trouve Titan, le plus gros des satellites de Saturne, (diamètre : 5.150 km.) , entièrement couvert de nuages rougeâtres, possède une atmosphère d’azote à la pression d’environ 3 bars, une température en surface de -180°.On y a détecté de nombreuses molécules organiques (méthane ;acétylène acide cyanhydrique…) . Il pourrait y avoir de l’azote liquide .Sa surface, observée en infrarouge par le télescope Hubble, parait brillante.

Plus loin, on trouve Hyperion, petit et sombre, Japet, plus grand, présente une face claire et une autre sombre, et enfin Phoébé, à plus de 10 millions de kilomètres, en un an et demi.

Uranus, découvert en 1781 par Herschell, a été exploré par Voyager 2. De couleur bleue, son atmosphère est composée d’hydrogène et de méthane; sa température de surface est d’environ -200°.Son axe de rotation est incliné de 98°,donc presque parallèle au plan de l’écliptique, contrairement à toutes les autres planètes, ce qui fait que ses pôles se présentent alternativement face au Soleil en deux points de son orbite .On a observé 9 anneaux et 5 satellites rocheux couverts de glace dont Ariel, Oberon et Miranda.

Neptune a été détecté par Le Verrier d’après les perturbations du mouvement d’Uranus et observé en 1846 à la position prévue .On s’est aperçu récemment qu’il avait été signalé par Galilée prés des satellites de Jupiter et considéré alors comme une étoile .Observé par Voyager 2, de couleur bleue, son atmosphère comporte des nuages et des taches .On y a détecté du méthane, et sa température de surface est d’environ -230°.Il est entouré d’anneaux tronqués qu’on a appelés en 1989 Liberté, Egalité et Fraternité, et de 8 satellites dont Triton, très proche, de couleur rouge, et Néréide plus éloigné.

Pluton, découvert en 1930, a été longtemps mal connu et n’a pas encore été visité par des sondes .De petite taille(2.200 km.), sa température est d’environ -230°, il possède une atmosphère d’azote et une surface rougeâtre et tachetée .Son satellite Charon plus petit (1.180 km.),mais proche (19.640 km.), couvert de glace et grisâtre, orbite autour de Pluton en 6,39 jours.

Les autres objets du système solaire sont : des astéroïdes très nombreux ;on en connaît 18.000, la plupart entre Mars et Jupiter; des météorites, beaucoup plus petits, et des comètes. Ce sont des objets de petite taille (quelques kilomètres) dont les orbites sont très allongées. Elles sont constituées de glace, de débris rocheux et carbonés et de gaz. Lorsqu’elles s’approchent du Soleil, les matières volatiles échauffées s’échappent avec des poussières et constituent leurs queues qui s’étalent sur de très grandes distances .On admet qu’il en existe un très grand nombre dans le nuage de Oort situé à la limite du système solaire (50.000 unités astronomiques) et que le passage d’étoiles proches les précipite parfois vers le Soleil.

3.Le Soleil et les étoiles.

Le Soleil est une étoile quelconque, mais la plus proche et la mieux connue .C’est une masse gazeuse très chaude et ionisée ou plasma .Elle est constituée principalement d’hydrogène et d’hélium et renferme tous les autres éléments en quantités beaucoup plus faibles .L’énergie qu’elle dégage provient du centre où la température atteint 20 millions de degrés, ce qui permet la fusion de l’hydrogène en hélium, avec libération de photons X etet de neutrinos .Les photons n’atteignent la surface qu’au bout de 100 millions d’années, alors que les neutrinos s’échappent librement .A la surface, la température n’est plus que de 6.000° et la longueur d’onde des photons, qui se sont multipliés, a atteint celle de la lumière visible .L’intérieur du Soleil est opaque, car le gaz ionisé absorbe constamment les photons .Au dessus de la surface, la couronne constitue une atmosphère très ténue et très chaude .Le Soleil possède un champ magnétique moyen de 8 Gauss, dont la structure est très compliquée et très variable, et qui peut atteindre localement des milliers de Gauss (Le champ magnétique terrestre est d’environ 0,4 Gauss).La surface est granuleuse et présente des taches qui évoluent avec un rythme de 11 ans .L’intérieur est animé de mouvements de convection qui ramènent vers la surface la matière plus chaude des profondeurs.

Formation et évolution des étoiles .Des étoiles naissent constamment dans les galaxie, et on peut en suivre l’évolution (par exemple dans la nébuleuse d’Orion) .A l’origine, il y a des nuages de gaz (hydrogène et hélium) et de poussières, qui se condensent sous l’effet de leur masse .La contraction dégage une grande quantité de chaleur .Quand la température au centre atteint 20 millions de degrés, la réaction de fusion de l’hydrogène commence, et elle dure jusqu’à épuisement de l’hydrogène dans la région centrale .C’est une période de stabilité dont la durée dépend de la masse de l’étoile .Pour des étoiles comme le Soleil, c’est de l’ordre de 10 milliards d’années, mais les étoiles géantes ne durent que quelques millions d’années, car la fusion y est beaucoup plus rapide De nouvelles fusions se produisent aux dépends de l’hélium, avec formation d’éléments plus lourds : carbone, azote, oxygène …Le dernier effondrement provoque une explosion : l’étoile devient une géante rouge qui se condense ensuite en naine blanche, de la taille de la Terre, mais très dense (une tonne par millilitre) . Celle-ci se refroidira peu à peu en naine noire.

Les étoiles géantes subissent une série d’effondrements et de réchauffements qui portent leur coeur à des milliards de degrés, jusqu’à la formation de fer, élément le plus stable. L’effondrement final provoque l’explosion en supernova, aussi brillante qu’une galaxie, mais de courte durée .Le résidu peut être une étoile à neutrons, de quelques kilomètres de diamètre, mais très dense (un milliard de tonnes par millilitre) , ou un trou noir, encore plus massif, et qui ne laisse rien échapper, pas même la lumière .C’est au cours de cette explosion que les éléments plus lourds que le fer peuvent se former.

Les étoiles à neutrons sont aussi appelée pulsars, car elles émettent des ondes radio et parfois des rayons X à des fréquences qui vont de la seconde à la milliseconde.

Les différents types d’étoiles.

Les étoiles doubles sont très fréquentes. Les couples peuvent être constitués d’étoiles normales, naines, de pulsars ou de trous noirs. Il existe aussi:

Des étoiles variables comme les Céphéides, dont le diamètre et donc la luminosité varie sur des périodes de quelques jours à quelques centaines de jours.

Des étoiles de Wolf Rayet, découvertes pour la première fois en 1867.Ce sont des étoiles géantes en fin de vie qui ne renferment plus d’hydrogène, mais de l’hélium (98%) et de l’azote ou du carbone .Leur masse est de 20 à 50 fois celle du Soleil .Leur température de surface est de 40.000 à 60.000°; elles sont un million de fois plus brillantes que le Soleil. Elles sont très rares: on n’en connaît que 160 dans la Voie Lactée, et leur durée de vie n’est que de quelques centaines de milliers d’années .Elles s’achèvent en supernovae.

4.Les galaxies.

Les étoiles sont groupées en galaxies .Notre galaxie, la Voie Lactée renferme environ cent milliards d’étoiles .Elle a la forme d’un disque aplati avec des bras enroulés en spirale .Ses dimensions s’expriment en années-lumière (1 année lumière A.L.correspond environ à 10.000 milliards de kilomètres) . Son diamètre est de 150.000 A.L. et son épaisseur de 5.000 A.L.Le Soleil est à 30.000A.L.du centre .Il fait le tour de la galaxie en 200 millions d’années.

Outre les étoiles, les galaxies renferment des nuages de gaz, de poussières et de météorites. Dans ces nuages, on a détecté de nombreuses molécules : oxyde de carbone ;formaldéhyde ;eau; ammoniac ;acide cyanhydrique ;acide sulfhydrique ;acide formique ;alcool…et surtout de l’hydrogène .Ces nuages sont le lieu de formation d’étoiles nouvelles; on en a observé en particulier dans la nébuleuse d’Orion.

Notre voisine, la galaxie d’Andromède, située à 2 millions d’années lumières, est aussi une galaxie spirale, mais il existe également des galaxies elliptiques qui ne comportent pas de bras et renferment beaucoup moins de gaz .Dans les limites de l’univers observable, de 15 milliards d’années lumières, on estime qu’il existe quelques centaines de milliards de galaxies.

Les Quasars. Ce sont des astres très éloignés (quelques milliards d’années lumière), donc très anciens. Entouré d’un nuage de gaz, leur noyau a environ les dimensions du système solaire, mais il rayonne beaucoup plus que toute une galaxie ordinaire ;Il émet à la fois de la lumière, des ondes radio et des rayons X.Il pourrait avoir en son centre un trou noir géant.

Le rayonnement cosmique est constitué de noyaux d’atomes, principalement d’hydrogène, c’est à dire de protons animés d’une grande vitesse, proche de celle de la lumière, donc d’une grande énergie .Ils semblent avoir une origine très lointaine .En pénétrant dans l’atmosphère, ils percutent les atomes situés sur leur trajectoire en créant des gerbes de particules variées.

5.Histoire de l’univers.

Pour essayer de reconstituer cette histoire, on dispose d’observations abondantes d’évènements d’autant plus anciens qu’ils sont éloignés, puisque la lumière et les autres rayonnements ont dû parcourir un long chemin avant de nous parvenir, mais il ne s’agit pas de créer une nouvelle mythologie: il faut bien distinguer ce qu’on observe, qui est très fiable, et ce qu’on imagine, qui l’est beaucoup moins et peut être remis en question par des faits nouveaux.

L’expansion de l’univers a été suggérée par Hubble dés 1924.Il a constaté que la longueur d’onde de la lumière des galaxies lointaines est décalée vers le rouge, comme le bruit d’un véhicule qui s’éloigne est décalé vers les sons graves .Il en a déduit que ces galaxies s’éloignent d’autant plus vite qu’elles sont éloignées .L’univers serait donc né d’une explosion gigantesque, le Big-Bang .On a tenté de dater cet évènement par des méthodes indépendantes: l’âge des galaxies, l’âge des étoiles les plus anciennes et l’âge des atomes déterminé par la radioactivité .On observe une assez bonne concordance qui situe l’origine de l’univers à une quinzaine de milliards d’années environ.

La physique moderne tente d’interpréter cette histoire .A l’origine, l’univers aurait été minuscule et très chaud et n’aurait été constitué que de rayonnement .Le refroidissement accompagnant l’expansion aurait permis la formation de particules matérielles, quarks et électrons, puis de protons et de neutrons, ainsi que des antiparticules correspondantes ayant disparu .Cette matière était à l’origine composée essentiellement d’hydrogène, d’une proportion plus faible d’hélium et moins encore de deutérium et de lithium. L’effet de la gravité aurait ensuite condensé la matière en étoiles et en galaxies.

L’avenir de l’univers peut être imaginé selon deux scénarios possibles: une expansion indéfinie d’un univers de plus en plus froid ou une nouvelle contraction si l’expansion ne peut pas continuer indéfiniment .Tout dépend de la masse totale de l’univers .Si elle est insuffisante, rien n’arrêtera l’expansion .La masse visible paraît effectivement très insuffisante .On a bien détecté dans les galaxies une masse cachée importante, à laquelle pourrait s’ajouter celle des neutrinos ou d’autres particules inconnues, mais la question n’est pas encore résolue.

En conclusion, on ne prévoit pas de cataclysme universel dans les prochains milliards d’années, mais nous ne sommes pas à l’abri d’accidents locaux comme la chute d’astéroïdes, en attendant l’explosion du Soleil dans 5 milliards d’années.

La BnF (Bibliothèque Nationale de France)

La BnF  (Bibliothèque Nationale de France)

par Jacqueline SANSON, ancienne directrice

 

 

A) Des origines à nos jours  (de la bibliothèque du roi à la BnF)

La Bibliothèque Nationale est l’une des plus anciennes institutions culturelles françaises.
Charles V, roi de France au XIVème siècle aurait transmis sa collection de manuscrits à son fils Charles VI, collection  par la suite  dispersée.
La véritable date de création remonterait à Louis XI qui a transmis sa collection de livres à son fils Charles VIII et par la suite les rois de France ont eu à cœur de réunir leurs livres dans une Librairie particulière.

En 1537, le roi François 1er introduit par ordonnance, une injonction aux imprimeurs et aux libraires de déposer à la librairie du château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume. Cette obligation, appelée dépôt légal, constitue une étape fondamentale pour la bibliothèque royale. Ramenée à Paris, dans la seconde moitié du XVIe siècle, elle traverse les guerres de religion.

La Bibliothèque connaît son véritable développement à partir de 1666 sous Colbert, qui a pour ambition d’en faire un instrument à la gloire de Louis XIV. Il l’installe dans le quartier qu’elle occupe encore en faisant transférer les collections royales qui ne pouvaient trouver place au Louvre. Il mène une politique d’accroissement des collections, achetant ou recevant en don un grand nombre de bibliothèques privées.

En quelques décennies, la Bibliothèque s’empare de la première place en Europe. L’abbé Bignon, nommé bibliothécaire du Roi en 1719, va donner à la bibliothèque un éclat sans précédent. Il l’organise en départements et poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs en matière d’acquisition de documents, très soucieux de faire entrer tous les ouvrages importants de l’Europe savante. Il se préoccupe aussi de faciliter l’accès de la Bibliothèque, aux savants comme aux simples curieux.

A La Révolution française, le dépôt légal est supprimé pendant trois ans. Pourtant, la bibliothèque du Roi, devenue Nationale, enrichit considérablement ses fonds pendant cette période grâce aux confiscations pratiquées en France et à l’étranger : biens du clergé, bibliothèques des émigrés, collections particulières des princes… les bibliothèques privées de Louis XVI, de Marie-Antoinette.

Les confiscations révolutionnaires ne fait que rendre plus aigu le manque de place dont souffre alors la Bibliothèque. La première moitié du dix-neuvième siècle est une longue période de tâtonnements. En 1858, une commission conduite par Prosper Mérimée rédige un rapport sur les modifications à introduire dans l’organisation de la Bibliothèque impériale. Ses conclusions sont en partie reprises par Napoléon III qui confie à l’architecte Henri Labrouste( qui a donné son nom à la salle de travail des Livres imprimés (1868)) la reconstruction sur place d’une partie des bâtiments.

La réorganisation sera poursuivie par Léopold Delisle,qui,à partir de 1874, lance la réalisation du Catalogue général des livres imprimés dont la partie Auteurs ne sera terminée qu’en 1981. Une politique d’acquisitions de manuscrits d’écrivains est stimulée par le célèbre legs de Victor Hugo en 1881.

Au XXe siècle, la Bibliothèque ne cesse de s’agrandir :
– construction de trois annexes à Versailles (1934, 1954 et 1971)
– à Sablé en 1980
– à Provins en 1981
L’explosion de la production imprimée (12 414 ouvrages reçus au titre du dépôt légal en 1880 et 45 000 en 1993) pose un problème de taille.

Parallèlement,des outils informatiques et les progrès des télécommunications donnent de nouveaux moyens pour la gestion des collections,pour  leur repérage. pour la transmission des documents à distance ,conjuguée à la numérisation des textes et des images.

Le 14 juillet 1988, François Mitterrand  annonce « la construction et l’aménagement de l’une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde…devant couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consultée à distance et entrer en relation avec d’autres bibliothèques européennes ».

En août 1989, le projet de l’architecte Dominique Perrault est retenu  pour une nouvelle construction  située en bordure de Seine dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Le 20 décembre 1996, la bibliothèque d’étude du site François-Mitterrand s’ouvre.

Le 8 octobre 1998, l’ouverture de la bibliothèque de recherche scelle l’achèvement de ce grand projet.

B) Une espace toujours insuffisant

a) le Site Richelieu
Le site Richelieu, situé 58 rue de Richelieu, au cœur de Paris, est le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France
Le quadrilatère actuel est limité par les rues de Richelieu, Colbert, Vivienne et des Petits-Champs. La Bibliothèque s’y est agrandie par vagues successives, du 18e siècle à nos jours.

De 1854 à 1875, Henri Labrouste va faire construire les espaces spécifiquement adaptés au fonctionnement de la bibliothèque et réaliser notamment une salle de travail, connue sous le nom de Salle Labrouste, ainsi que le magasin central des imprimés.
Puis de 1875 à 1932, Jean-Louis Pascal et Alfred Recoura, construiront et achèveront une nouvelle salle de travail : la Salle Ovale.
De 1932 à 1955, pour répondre à l’accroissement des collections des opérations de densification (creusement, comblement de cours, surélévation, …) seront menées par Michel Roux-Spitz.
Enfin, une salle de lecture sera créée en 1958 pour le département des Manuscrits, puis divers aménagements auront lieu jusqu’en 1977 pour tenter de trouver de la place pour l’ensemble des collections.

La rénovation du quadrilatère Richelieu, qui abrite aujourd’hui les collections spécialisées de la BnF (Arts du spectacle, Cartes et plans, Estampes et photographie, Manuscrits, Monnaies, médailles et antiques), devrait s’achever en 2020

En 2020, faute de place, quel nouvel emplacement ?

b) Le site François-Mitterrand

Ouvert au public en 1996, ses quatre grandes tours angulaires de 79 m de hauteur figurent symboliquement quatre livres ouverts

Nombre de documents: 30 millions dont 14 millions de livres.

 

  • 54 000 m² de salles de lecture
  • 57 000 m² de magasins
  • 400 km linéaires de rayonnages

 

Site de 7,5 hectares – Esplanade de 60 000 m² – Jardin de 12 000 m²

 

C) missions de la BNF

La Bibliothèque nationale de France est chargée :
– de rassembler le patrimoine documentaire national
– de le conserver
– de le fait connaître.

Les collections de la BnF :
– quatorze millions de livres et de revues,
– des manuscrits
– des estampes,
– des photographies,
– des cartes et plans,
– des partitions.
– des monnaies, médailles, documents sonores, vidéos, multimédia, décors, costumes

Ses espaces physiques sont fréquentés chaque année par plus d’un million de visiteurs.
Sa bibliothèque numérique, Gallica, permet de consulter gratuitement plus de trois millions de documents.

 

Réf : CY-J207V11

 

L’élection de Donald TRUMP, (le Brexit) et l’UE par Guy HOLMANN

Après l’Empire ?… – America first… le credo néolibéral…

Par Guy HOLMANN

 

 

L’élection de M Donald TRUMP aux USA ainsi que la sortie de l’Union Européenne de la Grande Bretagne remet en cause la stabilité du monde occidental telle que comprise depuis 1945

 

1 Les élections US de novembre 2016

a) rappel de quelques « marqueurs » de la société américaine

  • une seule devise : money, money (ou $,$)
  • exemples de réussite : Astor, Vanderbilt, Rockefeller, Getty, Carnegie, Ford, Zuckerberg, Gates
  • l’Etat est considéré comme un prédateur
  • « Aide-toi et le Ciel t’aidera »
  • influence des valeurs issues du protestantisme, la Destinée Manifeste
  • fonds politique isolationniste
  • sur le plan économique : prédominance de la théorie de l’offre – théorie du ruissellement

b) le programme de Trump : AMERICA First

– un protectionnisme renforcé et la renégociation des traités de libre échange internationaux, trop défavorables aux emplois aux Etats-Unis. Dans son viseur notamment : le traité de libre-échange nord-américain (NAFTA), et le partenariat trans-pacifique (TPP).(avec un  risque de représailles économiques)

Objectif : créer 25 millions d’emplois sur dix ans, à travers notamment des baisses d’impôts substantielles pour la classe moyenne et les entreprises, par une croissance de 4% par an. Relance du charbon et des mines sur le sol américain.

– l’expulsion de 5 à 6,5 millions d’immigrés clandestins, l’abrogation du droit du sol et le durcissement des conditions d’accueil des réfugiés

The Wall

– une baisse massive des taxes, «la plus importante depuis Reagan». Pour les contribuables, le taux maximum passerait de 39,6% à 33%. Pour les sociétés, le taux diminuerait de 35% à 15% dans le but de booster l’investissement. Suppression de l’impôt sur les successions.  

– restructuration de la dette des étudiants, mais en confiant cette mission au système bancaire privé et non à l’administration fédérale.

– la suppression d’Obamacare, la couverture universelle mise en place par Obama.

réchauffement climatique : «une invention des Chinois pour rendre l’industrie américaine non compétitive»

démantèlement des régulations de la loi Dodd-Frank après la crise financière de 2008. Réduction des pouvoirs de tutelle des autorités : aux banques de réguler le système

c) la base électorale de Trump

Majoritairement masculine mais avec une part non négligeable de femmes, de couleur blanche, appartenant plutôt à la classe moyenne et vivant majoritairement en zone rurale ou dans les dust belts, anti-intellectuelle, Main Street : les laissés pour compte de la financiarisation de l’économie mondiale(sentiment de déclassement).

d) le personnage Trump

Personnage atypique : presbytérien, misogyne, sans scrupules, narcissique, imprévisible, businessman accompli, politicien sans expérience.

TrumpTower

Pour l’américain moyen, il incarne le self-made man devenu milliardaire, c-à-d le rêve américain. Ses capacités et sa réussite entrepreneuriales indéniables dans le domaine immobilier ont séduit l’Amérique  : ces capacités seront-elles suffisantes pour ré-industrialiser les USA, contraindre les grandes firmes US et autres (allemandes par ex.)de produire aux USA les produits destinés au marché domestique, remettre à niveau les infrastructures publiques en état de délabrement avancé, c-à-d inverser la tendance observée depuis plus d’un quart de siècle, ( ε -c-à-d encore réaliser l’impensable : renverser le cours de l’Histoire et son inéluctable « mondialisation » néo-libérale). De la réussite de ce pari dépendra sa ré-élection en 2020.

e) élection du 8 novembre 2016

Trump, en obtenant 306 grands électeurs (232 pour Hillary Clinton) devient le 45ème président des USA et entre en fonction courant Janvier 2017.

Son passé d’hommes d’affaires le poussera vraisemblablement vers un pragmatisme qui pourrait le conduire à des revirements brutaux et imprévisibles dans bien des domaines…(ex : position à l’égard de la Chine).

2 – l’état du monde 2017

a) les USA

– En 20 ans, les USA qui restent pour quelques années encore la 1ère économie mondiale ont perdu une grande partie de leurs capacités manufacturières (cf :Wall Mart/Chine) qui  ont traversé  principalement le Pacifique mais aussi le Rio Grande .La Chine par exemple produit 9 fois plus d’acier que les USA.

– Une dette publique colossale : la dette publique américaine s’élevait en janvier 2017 à 19 960 milliards USD pour un PIB de 18 000 milliards USD. Cette dette est détenue principalement par la Chine et le Japon (Bons du Trésor US)

N° 45

– Pax americana : le gendarme du monde depuis la 2 nde guerre mondiale n’est peut-être plus en mesure d’assumer son rôle : il se recentrerait sur la zone Pacifique, poumon économique du monde actuel pour défendre ses intérêts fondamentaux et délaisserait l’Europe : d’où la fameuse formule «l’OTAN obsolète»

Les dépenses militaires américaines représentent 40 % du total mondial en 2016 avec 622 milliards de dollars. Les budgets de la défense cumulés des pays de l’Union européenne atteignent 219 milliards de dollars en 2016, soit un peu plus d’un tiers du budget américain (622 mds) mais plus que celui de la Chine (192 mds). Le budget de la défense en France équivaut au budget de la défense russe : 44 milliards USD .

b) vers un monde multipolaire (avec des valeurs autres que les valeurs occidentales »universelles »)

-la Russie, humiliée par le Occidentaux en 1989, reconstitue  à ses marches un cordon sanitaire :   Crimée Donetz, et….Pas de réaction américaine, pas plus de réaction européenne…Poutine peut poursuivre….

Intervention en Syrie … avec des négociations  de paix  préliminaires (février 2017) qui  se sont tenues au Kazakhstan.

– la Chine, forte de son potentiel économique accroit ses capacités militaires et pourrait adopter une stratégie d’expansion militaire et de récupération de territoires, notamment maritimes.

(Les réserves de change de la Chine les premières au monde se chiffrent en janvier 2017  à 3.011 milliards$)

Par ailleurs, la Chine s’implante en Afrique, écartant la présence européenne

– En 2040, après avoir pillé les connaissances technologiques de l’Occident avec l’accord de ce dernier (exemple : l’avion C919, copie conforme d’un Airbus) ,l’économie chinoise sera vraisemblablement la 1ère économie mondiale suivie de l’économie de l’Inde…

c) la remise en cause des valeurs héritées des Lumières

Pour les intellectuels occidentaux, libéralisme économique et libéralisme politique allaient de pair or la Chine est le contre-exemple de cette assertion : le capitalisme peut être adossé à une dictature qui se dit communiste. La matrice idéologique occidentale qui a prévalu au cours des 3 derniers siècles est en voie de disparition : n’entend-on pas déjà parler de la non-pertinence du concept de démocratie….

d) l’Europe

Avec ses 500 millions d’habitants, la vieille Europe représente le plus grand marché mondial solvable. Elle passe pour un eldorado : les dépenses sociales représentent 50% des dépenses sociales mondiales pour un PIB , équivalent à celui des USA, c-à-d le1/4 du PIB mondial .Cet eldorado qui allie liberté et sécurité peut attirer des investissements étrangers pour son exceptionnel cadre de vie.

Mais l’Europe, balkanisée, est un nain politique et militaire.(la plus grande force militaire conventionnelle en Europe est … à sa marge : l’armée turque)

Face au désengagement annoncé (mais pas encore effectif)des USA, l’Europe, oasis de prospérité pouvant attirer les convoitises de zones plus défavorisées, doit-elle assumer son propre destin,  en premier lieu sa défense et en conséquence se réarmer en vue de faire face à des puissances voisines qui pourraient profiter de sa faiblesse militaire ? Quelles conséquences sur son organisation politique ?

( Le Brexit : anecdote de l’histoire dont les anglais et les européens sont encore incapables de mesurer l’impact véritable…)

Devant cette évolution du monde,face à la montée des nationalismes de tous bords, l’Europe peut aller de l’avant ou se recroqueviller.

 

MAI 2017

ε : commentaire gratuit du rédacteur

Réf : CY-J2017v05   CR mai 2017 TRUMP Hollman

DJANGO – La Salamandre – lundi 15 mai 2017 – 14h30

DJANGO
de Etienne Comar (France – 2017 – 1h55)
Avec Reda Kateb, Cécile de France…

En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale…

La bande annonce : https://youtu.be/81gQfGIATwo

 

SEULS DANS L’UNIVERS ? par M André RIO

 

M André RIO
M André RIO

SEULS DANS  L’UNIVERS ?

Sommes- nous seuls dans l’Univers, seuls êtres vivants, seuls êtres pensante ? Notre histoire nous apprend tous les aléas par lesquels nous sommes passés pour aboutir à notre situation actuelle.

La matière de la vie.

La première apparition de la matière qui constitue tout ce qui vit remonte à l’origine de l’Univers. Dans les minutes qui suivent le Big-Bang, il y a environ 13,7 milliards d’années, apparaissent l’hydrogène, puis le deutérium, l’hélium et un peu de lithium. Ensuite, il ne se crée plus rien pendant quelque 200 millions d’années, quand se forment les premières étoiles. Les plus massives produisent d’abord de l’hélium, comme le fait actuellement le Soleil, puis, en fin d’existence, par une série de contractions et d’échauffements, du carbone, de l’oxygène, et finalement tous les éléments jusqu’au plus stable, le fer. Enfin, pendant un temps très bref d’implosion suivi d’explosion, le bombardement des éléments existants par des neutrons crée les éléments plus lourds que le fer jusqu’à l’uranium et même au delà, ainsi que les plus légers, lithium, glucinium et bore, par une réaction appelée spallation. , tandis que les éléments radioactifs instables disparaissent peu à peu. Tous ces éléments se retrouvent dans des nuages de gaz et de poussières qui forment ensuite de nouvelles étoiles, des planètes et leurs satellites.

La vie sur Terre.

Le Soleil a 5 milliards d’années, la Terre 4,5 milliards. Encore jeune et chaude, elle a subi une collision dont les débris ont constitué la Lune, puis s’est refroidie, et de l’eau liquide s’est condensée à sa surface. C’est alors que la vie a pu apparaître. Dans les années 50, un étudiant, Miller, a entrepris une série d’expériences qui établissent qu’à partir de la matière qui pouvait constituer l’atmosphère de la Terre primitive : vapeur d’eau, azote, ammoniac, gaz carbonique, soumis à des décharges électriques capables de casser ces molécules et d’en créer de nouvelles. Il a observé en quelques jours la formation d’acides aminés, constituants des protéines. On a montré par la suite que sans ammoniac, mais en présence de calcaire pour neutraliser les acides azotés qui se forment dans ces conditions on aboutissait à des résultats analogues. La formation de bases azotées, constituants des acides nucléiques, a également été observée. Certaines de ces molécules ont été trouvées également dans des météorites, mais il y a loin de la formation d ‘acides aminés, molécules relativement simples, à l’apparition de la vie avec ses mécanismes précis et ses molécules géantes. Il y a fallu beaucoup de temps et de péripéties, mais , dès 3,5 milliards d’années, la vie existait, du moins sous une forme rudimentaire de bactéries. Tout ce qui vit actuellement, végétal ou animal, a un ancêtre commun appelé LUCA (Last Universal Commun Ancestor) et les mêmes mécanismes fondamentaux, comme le code génétique qui permet de traduire les acides nucléiques en protéines. Avant LUCA, il peut y avoir eu d’autres tentatives qui n’ont pas abouti ou ont été supplantées par les plus aptes.

Des êtres pluricellulaires existaient peut-être déjà il y a 1 milliard d’années, les éponges et les cnidaires de 650 à 630 millions, la faune d’Ediacara de 635 à 540 millions n’était pas encore très diversifiée, mais au Cambrien (500 à 400 millions), avec la faune de Burgess, c’est une explosion dans l’abondance et la diversité des espèces. Une série de catastrophes, volcanisme et météorites, ont provoqué des extinctions massives toujours suivies de l’apparition de nouvelles espèces provenant des survivants. Des végétaux terrestres descendants des algues se sont établis sur les continents en s’adaptant à des conditions de vie complètement différentes et ont été suivis par des vertébrés terrestres issus des poissons ; batraciens, reptiles, mammifères se diversifiant, et parmi ces derniers les primates, nos lointains ancêtres, puis les Australopithèques en Afrique il y a 2 à 4 millions d’années, le genre Homo, 1 à 2 millions et enfin notre propre espèce H. sapiens qui n’a que 200 000 ans.

La science moderne a débuté il y a seulement 400 ans, la production et la détection des ondes radio il y a à peine un siècle, seul moyen connu actuellement de communiquer à longue distance, mais combien de temps peut subsister une civilisation comme la notre ? Peut-elle faire encore des progrès importants, ou sa fragilité la condamne-t-elle à disparaître ? Une forme de culture comparable peut-elle exister ailleurs, où et quand ?

Une autre civilisation avancée ailleurs ?

Un article récent ( Pour la science, octobre 2011, p. 54) décrit les conditions qui paraissent nécessaires pour que la vie et une civilisation puissent apparaître sur une planète ou un satellite. Le plus important est la présence d’eau liquide, en surface ou en profondeur sous une couche de glace, comme c’est le cas pour la Terre, pour Europe, satellite de Jupiter et Titan, satellite de Saturne ; Dans le premier cas, une atmosphère est également nécessaire pour éviter l’évaporation de l’eau et permettre des échanges gazeux avec l’eau et le sol. La présence d’eau liquide en surface n’est possible sur une planète que si elle est située dans une bande étroite entourant son étoile, plus près pour une petite étoile, plus loin pour une étoile plus importante. La Terre est située au milieu d’une telle zone, Mars à l’extrémité. Toutes les autres planètes du système solaire sont trop prés ou trop loin. Il faut aussi que l’étoile ne soit pas trop massive, car sa durée de vie dépend de sa masse. Celle du Soleil est de 10 milliards d’années, celle d’une étoile deux fois plus massive n’est que de 1,8 milliard, et une étoile de 8 masses solaires ne dure que quelques dizaines de millions d’années, ce qui est très insuffisant pour laisser le temps à la vie d’apparaître et de se développer. Si l’étoile est trop petite, la zone favorable en est trop proche, et la planète qui s’y trouverait risque, par l’effet de la gravité, d’avoir un hémisphère constamment

éclairé et l’autre dans l’ombre.                                                                                              Plus de la moitié des étoiles constituent des systèmes doubles. C’est une circonstance défavorable pour qu’une planète puisse se maintenir longtemps sur une orbite stable. La présence de planètes géantes trop proches est également une cause de perturbations. Des conditions stables exigent également que l’orbite de la planète soit peu excentrée : une orbite elliptique  allongée entraîne de grandes différences de température à sa surface. Il faudrait aussi que l’obliquité de l’axe de rotation de la planète soit modéré pour que les saisons soient stables. Celle de la Terre, 23°, est stabilisée par l’influence gravitationnelle de la Lune. Enfin, l’existence de continents et d’iles permet à la vie de se développer hors de l’eau. La Terre a réuni toutes les conditions favorables, mais il n’est pas certain que si elles sont réunies ailleurs la vie soit apparue automatiquement. Une note récente (Pour la science, décembre 2011      p. 23) remarque que toutes les conditions ci-dessus ne sont pas nécessairement indispensables.

Une civilisation avancée ailleurs ?

L’existence d’une civilisation avancée est beaucoup plus aléatoire que celle de la vie. La notre a nécessité plus de 3,5 milliards d’années d’évolution et n’a émergé qu’à la suite d’une série de coups de chance. Notre espèce est apparue fortuitement, au départ d’un petit nombre d’individus dont la survie n’était pas assurée, et la science moderne, si récente, doit son existence à quelques personnages qui ont du lutter contre les idées reçues de leur époque au péril de leur liberté et de leur vie.

Peut-on espérer communiquer avec d’autres civilisations ? Les étoiles les plus proches du système solaire sont distantes de quelques années lumières, et tous les systèmes  qu’on a pu observer jusqu’ici sont très différents du notre. Il existe des centaines de milliards de galaxies à des millions ou des milliards d’années lumières. La notre, la Voie Lactée, est un disque de 150 000 années lumières, épais de 5000. Elle renferme plus de mille milliards d’étoiles. Le Soleil, qui se trouve à 25 000 années lumière du centre, en fait le tour en 250 millions d’années. Dans un rayon de 1250 années lumières autour du système solaire il y a environ 30 millions d’étoiles. Il est clair que tout échange avec une autre civilisation, même à la vitesse de la lumière,                 (300 000 Km par seconde) chaque signal nécessiterait pour parvenir à destination bien des années ou des siècles, et encore en supposant que l’on dispose de techniques suffisamment sensibles pour détecter un signal dilué dans l’espace.

Un ouvrage récent (C. Magnon. Le théorème du jardin) aborde également la question de notre existence dans l’univers. Il insiste sur le fait que l’apparition de la vie est le résultat d’une cascade d’évènements aléatoires, comme le sont les phénomènes météorologiques symbolisés par l’effet papillon, qui rendent toute prévision à long terme impossible. Il ignore les expériences de Miller citées ci-dessus, et il ne prend pas en compte les particularités de la chimie du carbone, seul élément capable de constituer des assemblages indéfiniment variés qui permettent de réaliser des molécules ni trop stables ni trop rigides ni trop fragiles. S’il cite la méthionine, un des acides aminés qui constituent les protéines, et qui comme les autres peut exister sous deux formes symétriques , une droite et une gauche, et dont seule la forme gauche est métabolisée par les cellules vivantes, il attribue cette préférence à des phénomènes interstellaires, alors qu’une explication locale paraît beaucoup plus vraisemblable. Par des considérations statistiques, l’auteur conclut que la vie, telle qu’elle existe sur Terre, n’est apparue nulle part ailleurs et que l’existence d’une civilisation comparable à la notre est tout à fait invraisemblable.

Conclusions.

Si la vie a pu apparaître et se développer, c’est que la Terre  a gardé presque depuis son origine de l’eau liquide à sa surface et une atmosphère. Il est établi que des acides aminés et d’autres molécules constituants de la vie se forment spontanément. Suffisamment stables pour se conserver mais suffisamment fragiles pour évoluer par cassures et réarrangements, les mélanges dans lesquels ils sont apparus ont été soumis à divers aléas : température et humidité variables, décharges électriques, émanations volcaniques, irradiation par les rayonnements ultra violets. Ils ont évolué constamment sous forme de masses visqueuses et brunâtres. Tout chimiste a pu faire l’expérience d’une réaction conduisant, au lieu du produit simple souhaité, à une masse d’aspect goudronneux de composition complexe. Cette évolution peut se produire sur n’importe quelle planète analogue à la Terre. Une longue période de temps peut faire apparaître localement  une organisation progressive protégée par un support solide ou une membrane, tout en pouvant échanger matière et énergie avec l’extérieur. Par contre, l’existence d’une civilisation avec laquelle nous pourrions communiquer, compte tenu du temps et de la distance qui nous en sépare, ne laisse actuellement aucun espoir, même si chaque galaxie en a vu apparaître un certain nombre.