Le parfum dans l’antiquité par Dominique Frère, UBS

Le parfum dans l’antiquité

par Dominique Frère, UBS

 

Le  1er atelier de parfumerie connu (en Iran) remonte au IVe millénaire. Les huiles parfumées apparaissent avec les premières civilisations et marquent l’histoire du Proche-Orient et de la Méditerranée durant toute l’antiquité.

Un parfum est par essence éphémère : il s’agit donc d’entreprendre une archéologie et une histoire de l’évanescent.

a) dimension historique 

a1 Des récipients par milliers

Des milliers de vases à parfum de 4000 AEC à 500 EC ont été retrouvés sur le pourtour méditerranéen, mais la quasi intégralité de ces récipients sont vides et le contenu des récipients exploitables ne recèle guère d’effluves mais des traces des produits utilisés à des époques où la chimie était inexistante : les produits utilisés étaient donc tous « naturels »
Ces vases étaient en verre, en métal , en céramique, en pierre , en albâtre, en cuir…

a2 la recherche archéologique dans le monde méditerranéen
Il reste très peu de vestiges d’ateliers de parfumerie
– l’atelier de Pyrgos l’âge du bronze( 1850 avant JC) à Chypre fouillé par une mission italienne
L’atelier, situé à quatre kilomètres de la mer a été détruit vers 1850 av. J.-C. par un tremblement de terre suivi d’un incendie. Sept pièces ordonnées autour de deux cours ont été dégagées. Diverses activités y ont été identifiées : filage et tissage de la laine, métallurgie du cuivre, production d’huile et de parfums. Les opérations d’enfleurage d’huile étaient en cours au moment du tremblement de terre : quatorze petites fosses contenaient des cruches qui auraient servi à la macération des matières premières odorantes dans l’huile d’olive et, autour, se trouvaient des pilons, des tasses à bec latéral, des entonnoirs, des louches, des cruches et des flacons à parfums en céramique.

 

3 ateliers ont été étudiés par des archéologues français(Jean Pierre Brun) :
– Pompéi (champs de roses à proximité)
– Paestum
– Delos
Un parfum est composé de 3 éléments
– un excipient( huile d’olive verte, d’amandes, graisse animale)
– des arômes (plantes méditerranéennes ou exotiques)
 – un fixatif conservateur
Bien que d’un usage courant, aucun atelier n’a été retrouvé en Gaule.

A partir du 8ème siècle avant JC,l’utilisation du parfum sous l’influence de la Grèce se répand en Europe occidentale,: en attestent les flacons de tous formats retrouvés dans les tombes, dans les villas,dans les monuments funéraires…
a3 L’usage des parfums

L’Antiquité classique hérita des civilisations de l’âge du bronze du bassin oriental de la Méditerranée toute une tradition d’usages et de procédés de fabrication de parfums et de cosmétiques qui se différencièrent et se complexifièrent
– à l’âge du bronze, un rôle principalement rituel en rapport avec le culte divin

Puis, les huiles parfumées remplirent progressivement des fonctions bien plus étendues, dépassant la sphère religieuse pour couvrir l’essentiel des besoins du corps.

Ces principaux emplois sont :
-les rituels divins.
-les funérailles
-les soins du corps/la médecine
-les sports
-la séduction
-le marqueur social
-la guerre
Ce modèle culturel d’usage des parfums pour les femmes et pour les hommes a été largement diffusé par la colonisation grecque et phénicienne. Les Phéniciens, parmi les premiers marchands de parfums de la Méditerranée, ont joué un grand rôle non seulement commercial mais aussi de diffuseur culturel pour l’emploi des parfums, dans toute la bordure méridionale du bassin méditerranéen,

En Italie, les Grecs des colonies et les Étrusques furent les vecteurs de la pénétration des parfums qui accompagnaient les fêtes.

Lorsque les parfums sont devenus plus abordables pour la majorité des citoyens une hiérarchie des parfums s’est créée, fondée sur la rareté des ingrédients(ex : encens, myrrhe) et la complexité des recettes. La spécialisation et la complexification grandissantes des fabrications ont nécessité des réseaux d’échanges importants
La divergence entre parfums communs et parfums de luxe incorporant des substances importées de grand prix se manifeste dans la littérature (Théophraste et Pline l’Ancien notamment) et dans la documentation archéologique.

b) le contenu

b1 axes de la recherche :
– provenance du contenant
– type de vase permettant une datation
– analyse des échanges entre lieu de fabrication et lieu d’utilisation
– usage du vase et statut du contenu
b2  les  disciplines
Si la littérature donne les recettes des parfums les plus précieux et les plus réputés de l’Antiquité, ces parfums luxueux étaient réservés à la plus haute aristocratie.
Pour connaître les parfums les plus communs 2 moyens :

– la paléogénétique(ADN)
– l’archéologie organique (recherches des marqueurs)

b3 les contenus observés ( ex vase de Dinan)
– base grasse (huile d’olive et de lin, graisses animales de non-ruminants fortement chauffées)
– substances aromatiques (laurier, myrrhe, thym, camphre, résine de pin, la rue, lait de femme ou d’ânesse, bile animale,…)
Plutôt que de parfum, il s’agirait plus d’…huiles parfumées, très éloignées des parfums chimiques actuels.

 

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Réf CY-JIII09

 

 

 

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