Vraies et fausses sciences

VRAIES ET FAUSSES SCIENCES

riobravotexte de M RIO

Le besoin de connaître et de comprendre.
Les différentes approches de la connaissance :
Les Mythes.
La Métaphysique.
La Méthode expérimentale

Le plus grand dérèglement de l’esprit est de croire que les choses sont ce qu’on voudrait qu’elles soient (d’après Bossuet, repris par Pasteur).
Peut-on distinguer ce qui est scientifique et ce qui ne l’est pas ?Ce n’est pas une querelle de mots, mais une question de méthode et d’authenticité des résultats, et on essaie ici d’y apporter quelques éclaircissements .Il doit être bien entendu que la science moderne a pour but exclusif la connaissance objective , ce qui implique qu’elle ne peut rien dire du bien et du mal, de la beauté dans la nature et dans les arts, des croyances invérifiables politiques, religieuses ou philosophiques, ce qui ne signifie pas que les scientifiques, en tant qu’hommes, ne puissent avoir aucune opinion subjective dans ces différents domaines.

Le besoin de connaître et de comprendre.

Chacun éprouve, plus ou moins, le besoin de connaître et de comprendre, et les sciences ont pour but de satisfaire ce besoin .Leur objectif peut donc être considéré comme une recherche plus ou moins désintéressée de la connaissance du monde extérieur et de nous- mêmes.
Qu’est-ce que connaître et comprendre L’instrument de la connaissance et de la compréhension est notre cerveau C’est un système qui traite l’information :il reçoit des perceptions, les analyse, s’en fait une représentation et les met en mémoire Comprendre est le sentiment subjectif de se faire une représentation cohérente et complète de la chose concernée.
Si le cerveau est un dispositif extraordinairement compliqué et perfectionné, il a aussi ses limites :nous vivons alternativement dans deux états de conscience différents, l’éveil et le rêve. Même éveillés, nous nous trompons fréquemment, d’autant que nous avons une tendance souvent irrésistible à prendre nos désirs pour des réalités, et l’affectivité l’emporte facilement sur la rigueur. Les sciences étant des créations humaines, on peut se demander dans quelle mesure elles correspondent à une réalité considérée comme indépendante de ses observateurs.

Les différentes approches de la connaissance.

Les Mythes .Tout dans le monde, supposé fonctionner comme l’Homme, a une âme, c’est à dire une pensée consciente, une volonté et le pouvoir d’agir .Si cette explication convient aux animaux évolués, on l’applique aussi à la Terre, aux arbres, au ciel, au vent, à la mer et à tout le reste. Cette façon de voir permet d’expliquer après coup n’importe quoi, mais il ne faut pas être exigeant sur la qualité de l’explication .On peut imaginer sur ce modèle un nombre illimité d’interprétations différentes, toutes puériles et invérifiables ;on ne peut jamais rien prévoir avec certitude .Il s’en faut cependant que cette façon de penser ait totalement disparu, même chez des gens considérés comme cultivés.

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les esprits veillent

 

La Métaphysique, ou le monde exprimé par le langage .L’Homme étant un animal raisonneur, sinon raisonnable, essaie de rationaliser sa pensée en s’efforçant de la rendre cohérente .Ne se satisfaisant plus de mythes puérils, les métaphysiciens, inspirés par la rigueur efficace des mathématiques , ont voulu interpréter le monde par une pensée logique qui ne laisse pas de place au doute .Malheureusement, la réalité concrète se prête difficilement à cette approche trop simpliste .Les tentatives ont abouti à créer des univers fictifs où tout parait parfaitement défini, où l’on prétend démontrer tout ce que l’on veut , mais qui n’ont pas grand-chose de commun avec le monde réel.
On n’expliquait rien par exemple en disant que l’opium possède une vertu dormitive, ce qui n’était qu’une autre façon plus abstraite de dire qu’il fait dormir .L’horreur du vide ne fait pas davantage comprendre le fonctionnement du baromètre à mercure ou de la pompe aspirante .Ces exemples peuvent paraître caricaturaux , et il est peut-être trop facile d’ironiser aujourd’hui sur les divagations qu’ont inspiré les propriétés supposées des quatre éléments :la terre, l’eau, l’air et le feu, dont nous savons maintenant que ce ne sont pas des éléments ,ou sur l’idée qu’on se faisait jusqu’au XVIIème siècle du chaud ou du froid, considérés comme des propriétés intrinsèques des matériaux ou des végétaux(par exemple le diamant est supposé toxique parce qu’il est froid par nature).
Tous les métaphysiciens n’étaient peut être pas aussi naïfs, mais leurs discours sont aussi vains .C’était sans doute une étape inévitable, et il fallait que l’échec soit flagrant pour qu’on pense à rechercher une autre voie qui devait d’ailleurs se révéler beaucoup plus ardue parce que beaucoup moins spontanée.
Si la raison raisonnante a paru triompher pendant longtemps, c’est parce qu’elle était considérée comme la manière noble d’atteindre à une connaissance rigoureuse, mais sa faiblesse est qu’elle n’est valable que si l’on connaît parfaitement les objets dont on traite, ce qui n’est rigoureusement le cas qu’en mathématiques, où l’on travaille sur des notions abstraites parfaitement définies .Dès qu’on aborde le monde matériel, la vie et la pensée consciente, elle perd une grande partie de son efficacité si elle dédaigne, comme les purs philosophes, de faire appel à une expérimentation rigoureuse et se contente de l’expérience banale de la vie courante .Ce dédain, soigneusement cultivé pendant des siècles, a abouti à une impasse.

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les raisonneurs

 

La méthode expérimentale. Les attitudes précédentes expliquent le monde uniquement par du discours ;c’est un verbiage stérile .La méthode expérimentale au contraire considère que pour connaître la réalité il faut l’observer et expérimenter .Il faut aussi et avant tout bannir toute idée préconçue : la recherche d’une connaissance authentique exige que l’on ne soit pas persuadé, pour des raisons de croyances ou de conformité intellectuelle, de connaître d’avance le résultat, ce qui entraîne à coup sûr à minimiser ou à écarter tout ce qui ne va pas dans le sens souhaité.
La querelle des générations spontanées au siècle dernier en est un exemple remarquable : face à des adversaires plus préoccupés de polémique que d’expérimentation rigoureuse Pasteur disait que sa motivation n’était pas de démontrer à tout prix qu’il n’y avait pas de générations spontanées, mais de parvenir à une conclusion, quelle qu’elle soit, au moyen de faits indiscutables .L’état de ses connaissances et ses résultats l’amenaient à penser que l’apparition subite et spontanée de la vie dans un milieu de culture stérile était une chimère, mais qu’il aurait considéré comme une découverte fondamentale d’en démontrer expérimentalement la réalité.
Les scientifiques doivent donc éviter absolument tout préjugé, sous peine de se laisser entraîner à justifier par des arguments douteux ou des faits équivoques des idées qu’ils voudraient à tout prix défendre .La méthode expérimentale exige donc à la fois de se salir les mains et de pratiques une ascèse intellectuelle rigoureuse.
L’expérimentation doit obéir à des règles strictes :les résultats doivent être reproductibles avec suffisamment de précision et s’exprimer autant que possible par la mesure de grandeurs définies ou de constatations indiscutables :le signal d’un détecteur, la coloration d’un réactif, l’observation visuelle ou photographique d’une structure caractéristique, etc.
Bien entendu, l’expérimentation est un métier délicat qu’il faut apprendre pour opérer correctement et éviter les multiples risques d’erreur. Il faut admettre, et l’expérience le confirme, que le monde est cohérent : les faits n’obéissent pas à des caprices imprévisibles comme dans les rêves sans quoi aucune interprétation ne serait possible En effet, la science n’est pas une simple accumulation d’observations et de recettes .Elle exige qu’on n’utilise que des notions bien définies, des grandeurs mesurables objectivement .Par exemple, pour connaître le poids d’un objet, on peut l’estimer en le soupesant ou le peser avec une balance .Dans le premier cas, c’est une appréciation subjective, imprécise ; dans l’autre, objective, la mesure est précise et indépendante des états d’âme de l’observateur . De même, dans une pièce froide, un morceau de métal sera jugé au contact plus froid qu’un morceau de bois, tandis que l’inverse se produira dans un lieu très chaud. Un thermomètre montrera qu’en fait les deux sont à la même température.
La méthode n’exclut pas l’imagination, bien au contraire : pour comprendre les faits, il ne suffit pas de les observer ; il faut imaginer des théories qui soient vérifiables (on dit aussi réfutables, traduction de l’anglais falsifiable qui suggèrent de nouveaux essais que l’expérience confirme ou non, mais le moindre point de désaccord avec les faits oblige à reconsidérer la théorie.
Il faut enfin donner la priorité aux explications les plus simples, et n’avoir recours aux plus extravagantes qu’en cas de nécessité absolue. L’interminable histoire des OVNI en est un bel exemple. Vers la même époque, un astronome soviétique qui étudiait le mouvement des satellites de Mars concluait de l’instabilité de leur trajectoire qu’ils devaient être très légers, donc creux, et par conséquent artificiels. L’observation directe par des sondes interplanétaires a montré par la suite que ce n’étaient en réalité que de vulgaires blocs rocheux.

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observer

observer

Mars, ses canaux et ses satellites
Il arrive cependant, mais exceptionnellement, qu’on soit obligé de bouleverser des notions universellement admises jusque là , et qui paraissaient fondamentales :c’est le cas de la relativité, qui ne considère plus le temps et l’espace comme des données absolues, et bien davantage encore de la physique quantique qui a dû renoncer à l’idée essentielle qu’était le déterminisme il y a dans les phénomènes quantiques des évènements imprévisibles par nature, et des objets quantiques comme les particules élémentaires ont des caractéristiques qui diffèrent profondément de celles des objets qui nous sont familiers.
Il ne faut pas en conclure que tout peut être constamment remis en question : il a fallu une somme considérable de travaux, de résultats indiscutables et de réflexions pour aboutir à ces révolutions, et si les théories évoluent, les faits expérimentaux, eux, restent.

Observer et expérimenter

 Suite VRAIES ET FAUSSES SCIENCES

 

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observer

Les différentes sciences :
Les Mathématiques.
Les sciences expérimentales : Physique, Chimie, Biologie .
Les sciences humaines : Psychologie, Sociologie.
Les sciences appliquées, les applications des sciences.

Les pratiques empiriques qui s’adressent au public
La Psychanalyse.
Graphologie, Morphopsychologie, Numérologie.
Les Médecines parallèles : Thermalisme, Acupuncture, Homéopathie.

Les différentes sciences.

Les mathématiques ne sont pas une science expérimentale, parce que leur objet est abstrait et leur méthode uniquement la logique . Leurs axiomes et leurs postulats de base sont cependant inspirés par la réalité ; le résultat des calculs peut se vérifier expérimentalement, mais il est possible, à condition de changer les règles du jeu, d’imaginer un monde où 2+2 serait différent de 4.On sait aussi que la géométrie euclidienne n’est pas la seule possible, même si c’est celle dans laquelle nous vivons.
Les sciences expérimentales (dites exactes, dures ou inhumaines) , la physique, la chimie et la biologie, sont les sciences où la méthode expérimentale triomphe actuellement.
La physique est la science des interactions : elle nous dit quoi peut agir sur quoi, et comment. Elle est passée par deux étapes bien distinctes : la physique classique concerne le monde à notre échelle. Elle est conforme à notre façon habituelle de penser ; elle considère qu’il existe une réalité extérieure indépendante des observateurs, que les évènements s’y enchaînent de façon rigoureuse, théoriquement prévisible sans aucune incertitude, selon des lois générales qui exigent en particulier qu’aucune action ne soit possible à distance sans un agent intermédiaire bien défini, onde ou particule par exemple.
La physique quantique a dû renoncer à cette rigueur absolue. Elle introduit une certaine incertitude dans les mesures et dans l’enchaînement des faits. Cette incertitude est toute relative et permet cependant d’obtenir des résultats d’une très grande précision : ainsi le moment magnétique de l’électron, calculé et vérifié jusqu’à la dixième décimale.

Le monde quantique nous parait tout à fait étrange . Il exige un gros effort d’abstraction, mais il est parfaitement cohérent et justifie les lois de la physique classique . La physique quantique ne prétend plus représenter le réel tel qu’il est mais tel que nous pouvons l’exprimer par un formalisme abstrait, donc créé par notre cerveau, mais efficace, et qui n’a jamais été mis en défaut jusqu’ici.
Classique ou quantique, la physique peut être divisée par commodité en quelques disciplines mécanique, thermodynamique, optique, électromagnétique, nucléaire, mais toutes sont plus ou moins interdépendantes, et la diversité des phénomènes s’interprète actuellement
par seulement quatre types d’interactions (gravité, électromagnétisme, interactions forte et faible que l’on s’efforce d’ailleurs de ramener à une seule.
Aucune autre science ne pose plus de questions aussi fondamentales que la physique, même celles de la vie et de la pensée consciente : pourquoi le monde est-il ce qu’il est et pas autrement ? Quelle réalité plus profonde se cache sous nos notions actuelles d’interaction, de particules, d’énergie, d’espace et de temps ?

La chimie a véritablement pris forme quand on a compris, à partir de Lavoisier, que la variété illimitée des matières minérales, végétales et animales était formée d’un petit nombre d’éléments(les métaux, l’hydrogène, le carbone, l’azote, l’oxygène, le soufre, etc ),et que les atomes de ces éléments se combinent selon des règles précises, dans des rapports et selon des configurations définis, comme les pièces d’un meccano, pour constituer les molécules.
La physique quantique a donné une interprétation plus profonde de ces règles, de ces structures et des mécanismes des réactions chimiques qui permettent de transformer ces assemblages que nous les observons : état physique, solide, liquide ou gazeux ; consistance, couleur, réactivité, etc, sont les conséquences directes de sa structure à l’échelle moléculaire.

La biologie a succédé à l’Histoire Naturelle, qui se contentait de décrire et de classer les espèces .Une connaissance de plus en plus précise de la composition chimique de la matière vivante, de son architecture et de son fonctionnement, a abouti à la biologie moléculaire qui a enfin expliqué la vie par les mécanismes physico-chimiques du fonctionnement de la cellule et de sa reproduction .Le génie génétique qui en découle dispose maintenant de techniques de plus en plus efficaces pour intervenir dans ces mécanismes .Cependant, bien que basée sur des phénomènes physicochimiques, la vie se situe à un niveau d’organisation très supérieur qui fait sa spécificité, en particulier dans la structure et le fonctionnement du système nerveux et du cerveau.

Il n’y a donc plus de frontières maintenant entre les sciences expérimentales, sauf celles qu’imposent les exigences pratiques des techniques et de la spécialisation.

Les sciences humaines (dites aussi sciences molles).
La psychologie concerne la pensée consciente. Elle se distingue de l’approche biologique, objective, du fonctionnement du cerveau. Elle a un caractère nettement empirique, car elle utilise des notions floues, subjectives, et par conséquent incertaines .Un exemple banal de ces notions est le coefficient intellectuel (QI, considéré habituellement comme une mesure de l’intelligence. En fait, il s’agit d’un test empirique, arbitraire, et le fait qu’il se traduit par un nombre ne doit pas faire illusion, car l’intelligence est une notion tout à fait ambiguë qui ne peut être définie de façon rigoureuse.
Sur des bases imprécises, on ne peut évidemment pas bâtir une science exacte, avec des lois rigoureuses, et capable de faire des prévisions précises Le cerveau est un système extraordinairement compliqué .Il n’existe pas deux individus identiques, et chaque individu n’est jamais deux fois exactement dans le même état .L’analyse du comportement est donc nécessairement très approximative, et aucune situation n’est reproductible.
A quelles conditions la psychologie pourrait-elle devenir une science précise ? Les psychologues se trouvent actuellement dans la situation d’un observateur qui étudierait un téléviseur ou un ordinateur en regardant l’écran, mais sans avoir la moindre idée de ce qui se passe à l’intérieur et sans trop s’en soucier.
Les neurobiologistes de leur côté, par une étude approfondie du cerveau et de son fonctionnement, ont acquis une masse considérable de connaissances, mais la complexité de leur sujet est telle qu’ils sont encore bien loin d’expliquer le détail de ce que les psychologues observent de l’extérieur, et il n’est pas évident qu’ils y parviennent un jour.
Comment imaginer l’avenir de la psychologie ? Restera-t-elle descriptive et empirique ? Sera-t-elle profondément transformée par les progrès de la neurobiologie moléculaire ? Si l’histoire naturelle a abouti à la biologie moléculaire, c’est parce qu’elle s’est rapprochée progressivement de la structure détaillée de la cellule vivante, et qu’elle y a trouvé les lois générales qui expliquent jusque dans le détail les mécanismes de la vie, ces lois étant les conséquences des lois plus générales de la physico-chimie.
Que la psychologie puisse réaliser une telle révolution ne parait pas absolument impensable, mais ce serait au prix de l’abandon de toutes les notions floues et des pratiques approximatives qu’elle utilise actuellement et leur remplacement par des concepts bien plus rigoureux, encore inimaginables, et des techniques empruntées à la biologie.
Quelles lois générales, quelles prévisions seraient possibles dans ce domaine qui nous parait encore si vague et si imprévisible ? Le métier de psychologue en serait profondément transformé et demanderait des connaissances et des aptitudes complètement différentes.
La sociologie et ses disciplines annexes (ethnologie, économie, etc) paraissent encore plus éloignées des sciences exactes. Si le comportement d’un individu est largement imprévisible, celui d’un groupe ne l’est sans doute pas moins, et l’avenir des sciences de la société parait plus problématique encore que celui de la psychologie. La vie d’une société paraissant faite de la rencontre aléatoire d’une multitude d’actions dispersées, on imagine mal aujourd’hui qu’on puisse en dégager mieux que des approximations grossières et incertaines. Par contre, leur aspect descriptif, la somme des observations recueillies par des méthodes empiriques mais objectives constitue un acquis déjà considérable, mais qui ne permet guère des prévisions sérieuses et précises. L’histoire politique ou économique ne s’écrit pas d’avance ; celle des sciences non plus d’ailleurs .C’est donc sans doute une erreur de penser que les sciences humaines doivent évoluer comme les sciences expérimentales. Par nature, elles ne semblent pas s’y prêter. Elles doivent peut-être rester descriptives et renoncer définitivement à devenir prédictives.

Les sciences appliquées ; les applications des sciences.

Un certain nombre de disciplines s’intéressent à des sujets plus particuliers, parfois uniques, tout en faisant appel aux sciences plus fondamentales. C’est le cas de la géologie, qui étudiant la Terre, utilise la minéralogie, la chimie, les différentes branches de la physique, et la biologie pour l’étude des fossiles. L’astronomie est également pluridisciplinaire, surtout depuis qu’elle a entrepris l’exploration directe du système solaire. L’histoire elle -même, qui consiste essentiellement dans la recherche et l’étude de documents, utilise aussi des techniques qui permettent par exemple l’identification et la datation d’objets.
Il existe ainsi toute une gamme de disciplines dont les buts peuvent être la connaissance, mais aussi les applications utilitaires. On peut les considérer comme scientifiques dans la mesure où elles pratiquent avec rigueur et objectivité les méthodes et les techniques des sciences fondamentales.

Les pratiques empiriques qui s’adressent au public.

Les pratique empiriques n’obtiennent de résultats que par tâtonnement et ne peuvent les expliquer et surtout les prévoir par des théories cohérentes .Cependant, ces pratiques ne sont pas nécessairement contraires à la méthode scientifique qui bien souvent les utilise, en particulier quand il s’agit de mettre au point un procédé et que les mécanismes mis en jeu sont trop embrouillés ou insuffisamment connus pour que la théorie permette d’en préciser les meilleures conditions.
Il en va tout autrement de certaines pratiques qui n’ont aucune base solide et qui prétendent se justifier par un verbiage équivoque, caricature d’une théorie, et par des résultats en réalité très aléatoires. Elles ont pour cible habituelle un public peu averti.

La psychanalyse. Son créateur, le neurologue Freud, avait souhaité établir sa discipline sur des bases scientifiques rigoureuses. Il espérait que ses observations et ses méthodes pourraient s’appuyer un jour sur les données biologiques du fonctionnement cérébral. Ce souhait n’a pas encore été exaucé. Ses successeurs semblent s’en être peu souciés et ont souvent sombré dans un galimatias pseudo scientifique.
La graphologie, la morphopsychologie et la numérologie. Il n’est pas invraisemblable que l’écriture ou la physionomie d’un individu aient quelque relation avec sa personnalité, et nous tirons intuitivement et plus ou moins inconsciemment de l’aspect d’un visage que nous rencontrons pour la première fois des conclusions qui ne sont pas nécessairement fausses. Mais une personnalité ne se décrit qu’en termes flous, ambigus, et subjectifs. Essayer d’établir des règles sûres alors que rien n’est bien défini, ni les termes par lesquels nous décrivons un tempérament, ni les caractères physiques retenus, et que les rapports qu’on établit entre les deux sont arbitraires, simplistes et naïfs ne présente aucune garantie, et il peut être extrêmement risqué de prêter foi aux conclusions de ces pratiques.
Il y a bien pire encore, c’est la numérologie. Si son origine remonte à des penseurs grecs, ce n’est nullement une caution valable. Il y a longtemps que leur autorité n’a plus cours .Attribuer à des nombres arbitrairement définis et choisis une influence quelconque sur des évènements et sur des personnes, plus que de la naïveté, c’est une sottise et un manque de discernement qu’aucune explication, aucun résultat sérieux ne justifie.
Le plus grave est l’application que l’on fait depuis quelques temps de ces pratiques aberrantes pour le choix de candidats à des postes professionnels qui exigent des aptitudes précises, mais ce n’est peut-être qu’un moyen cynique de justifier des décisions prises pour des motifs inavouables.
Les médecines parallèles .La médecine officiellement enseignée et reconnue est une pratique qui utilise les acquis de la biologie, et aussi des autres sciences et techniques. Il n’en est pas de même de certaines autres pratiques actuellement en vogue, d’origine souvent ancienne, remèdes imaginaires pour malades imaginaires, danger pour les vrais malades. L’effet d’un traitement n’est pas toujours facile à démontrer, à moins qu’il soit spectaculairement efficace (vaccins, antibiotiques, greffes, etc.) ; tous les individus ne réagissent pas nécessairement de la même façon, et l’administration d’un médicament factice (placebo) donne souvent des résultats inattendus.
Le thermalisme, héritage des Romains et des sources miraculeuses, doit certainement plus à l’ambiance dans laquelle il s’applique qu’à la minéralisation des eaux, d’ailleurs parfaitement connue et généralement banale.
L’acupuncture doit beaucoup de son succès à ses origines exotiques . Il n’est pas exclu qu’elle apporte des résultats, mais on n’aura de certitude que si l’on parvient un jour à en comprendre le mécanisme.
L’homéopathie a été imaginée au XVIIIème siècle à partir d’idées complètement périmées de la médecine ancienne. Ses remèdes n’ont jamais été testés sérieusement, contrairement aux médicaments actuels qui doivent subir des essais rigoureux, et les quelques tentatives effectuées ont été négatives. On a tenté plus récemment de la justifier par des arguments qui tiennent plus de la publicité que de la science, mais, ne disposant ni de résultats indiscutables établis dans des conditions rigoureuses ni d’une interprétation théorique en accord avec les connaissances actuelles, elle ne peut en aucune façon prétendre à une justification scientifique.

Il est inutile d’insister davantage sur les pratiques des innombrables guérisseurs, leurs remèdes extravagants et leurs théories délirantes, qui exploitent la crédulité de leurs clients. Malheureusement, aucune mise en garde ne détrompera ceux qui veulent absolument y croire.

 VRAIES ET FAUSSES SCIENCES

La science et les scientifiques :
L’attitude scientifique.
Les intégristes, les marginaux, les erreurs de bonne foi, les grandes compétences hors de leur domaine.
Les tricheurs, les charlatans et les naïfs. Le scientisme.

La science et les scientifiques.

L’attitude scientifique. Le domaine de la science est limité, la compétence des scientifiques aussi. Ils ne sont pas spécialement qualifiés par exemple en matière de politique, d’esthétique, d’éthique, mais par leur formation, leurs connaissances, ils sont entraînés à plus d’objectivité que d’autres, ce qui peut éclairer leur jugement. Leur sens des choses concrètes les prévient contre les discours nébuleux, mais peut aussi les rendre quelquefois moins sensibles à la contagion de certaines émotions. Tout ceci souffre bien entendu de nombreuses exceptions.
Cependant, la science est une entreprise humaine. Ni les savants du siècle passé, espèce aujourd’hui disparue, ni les scientifiques actuels n’ont pu échapper à quelques faiblesses.

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représentation du scientifique au XIXème

Un savant au XIXème siècle

Personne ne peut garder constamment une attitude scientifique rigoureuse qui exige :
Un besoin intense de comprendre.
L’honnêteté intellectuelle : la tricherie ne paie pas.
Le bon usage de la subjectivité : il faut savoir être tour à tour subjectif et objectif : laisser libre cours à l’imagination qui est la source de l’inspiration et en critiquer ensuite impitoyablement les produits.
Il ne faut pas se croire obligé de tout expliquer tout de suite ; il faut savoir attendre de disposer d’informations suffisantes . On peut avoir des opinions, une intime conviction, mais à condition d’être bien conscient que ce sont des positions provisoires qui peuvent être remises en question.
Il faut savoir apprécier le degré de vraisemblance d’une proposition, sans oublier que la certitude absolue n’existe pas. Par exemple : Demain il fera jour ; demain il fera beau, n’ont pas le même degré de vraisemblance. A la limite, tout peut être remis en question De même qu’on a contesté l’existence d’Homère, celle de William Shakespeare ou des chambres à gaz, on peut toujours prétendre que Napoléon n’a jamais existé, que l’Amérique n’existe pas : l’existence des atomes, encore hypothétique il y a un siècle, est aussi certaine maintenant que celle de l’Amérique.
Les intégristes. Toutes les grandes idées ont été contestées au nom des croyances du moment où d’idéologies, véritables infirmités de l’esprit : le mouvement de la Terre, la circulation du sang, les vaccinations, ne se sont pas imposés sans combats. Au siècle dernier aussi, en réaction contre des siècles de métaphysique stérile, certains ont manifesté un excès de méfiance envers des notions nouvelles. Un certain nombre de physiciens et de chimistes éminents n’ont pas voulu admettre l’existence des atomes.
L’Evolution est encore combattue par des sectes religieuses aux Etats-Unis .La génétique a longtemps été proscrite en URSS comme Science bourgeoise sous l’influence de Lyssenko, et la Relativité refusée par les Nazis qui la qualifiaient de Science juive .La mécanique quantique, considérée un temps, toujours en URSS, comme contraire à la dialectique matérialiste, a ensuite été tolérée parce qu’indispensable à l’utilisation de l’énergie nucléaire, et Einstein lui même, qui avait largement contribué à sa création, ne s’est jamais résigné à en accepter toutes les conséquences, pourtant vérifiées expérimentalement, parce qu’elles étaient contraires à sa façon d’envisager le monde :Dieu ne joue pas aux dés.

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Malgré Einstein, Dieu joue aux dés

Les marginaux .Souvent solitaires, parfois autodidactes, les chercheurs qui échappent à la critique de leurs collègues ou qui la refusent ont souvent tendance à prendre leurs désirs pour des réalités .Leur œuvre est souvent un mélange de résultats authentiques et contestables ou erronés . Il arrive même que des scientifiques soutiennent des théories délirantes. Il n’y a pas si longtemps, un professeur de chimie d’une grande école prétendait réaliser des transmutations d’éléments simplement en faisant germer des graines, .Quelques charlatans, toujours à l’affût de sensationnel, surtout quand il s’agit de contester la science authentique, s’étaient empressés de renchérir sur ses résultats . On n’en parle plus guère, et pour cause, et c’est ainsi que se terminent habituellement les affaires de cette sorte.

Les erreurs de bonne foi.
L’affaire des rayons N :Au début du siècle, Blondlot, physicien célèbre pour ses travaux sur les rayons X, crut détecter un nouveau rayonnement qu’il observait dans une salle obscure, Abusé par un assistant trop dévoué qui ne voulait pas le peiner, il alla jusqu’à mesurer la longueur d’onde de ces rayons que d’autres physiciens trop naïfs commençaient à détecter un peu partout, jusqu’au jour où l’un d’eux, Blondlot se jugea déshonoré et mourut peu après.

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La découverte des rayons N

L’eau polymérisée : Plus récemment, des physiciens soviétiques remarquèrent que des gouttelettes d’eau emprisonnées dans des tubes de verre très fins acquéraient des propriétés nouvelles, et en particulier une densité plus élevée. On alla même jusqu’à craindre que, la réaction se propageant, toute l’eau de la planète polymérise, ce qui ne pouvait manquer d’entraîner des catastrophes, jusqu’au jour où l’on s’aperçut que cette eau avait simplement dissous des sels minéraux du verre, ce qui expliquait ses propriétés anormales. Avant qu’on en termine sur cette conclusion banale, de nombreuses publications savantes sur le sujet avaient paru dans des revues scientifiques.
Les anomalons : A la même époque aussi, on avait cru déceler, à la suite de chocs entre particules dans des accélérateurs, des noyaux d’atomes devenus géants, qu’on avait appelés anomalons années.
Les grandes compétences hors de leur domaine.
Les plus grands scientifiques étant les plus imaginatifs, il leur arrive parfois d’être trop indulgents dans l’autocritique de leurs propres idées, surtout quand ils abordent des sujets qui ne sont pas de leur compétence. Les plus anciens ont l’excuse d’avoir vécu à une époque où la méthode expérimentale était encore dans l’enfance, et les plus récents, parfois, d’être de purs théoriciens auxquels peut manquer le contact avec les choses concrètes.
Ainsi, Kepler était à la fois astronome par vocation et astrologue par nécessité : c’était son gagne-pain, et on ne sait pas trop dans quelle mesure il y croyait .Descartes, grand mathématicien, fut un piètre biologiste, et Newton a consacré vainement plus de temps à l’alchimie qu’à la physique et aux mathématiques.
Au siècle dernier, Chasles, mathématicien célèbre, a été dupé par le faussaire Vrain-Lucas, qui lui vendait à la demande, et très cher, des faux grossiers, telle une lettre de Pascal à Newton lui suggérant la loi de l’attraction universelle (qui devenait ainsi une découverte française) .Chasles n’avait pas même réalisé qu’à la date de la lettre Newton n’était encore qu’un jeune enfant tout à fait inconnu. Profitant de la naïveté de sa victime, ’escroc fabriqua des documents de plus en plus fantaisistes, jusqu’à ce que la fraude soit découverte, mais Chasles eut bien du mal à convenir qu’on l’avait trompé.
Plus prés de nous, Linus Pauling, qui avait établi les bases de la chimie sur la physique quantique, se fit le champion de la vitamine C et lui attribuait des vertus bien exagérées.
Il y a quelques années aussi, le célèbre congrès de Cordoue réunit des théoriciens de la physique et des adeptes du spiritisme. Il en sortit quelques propositions ahurissantes, par exemple l’idée de particules élémentaires douées de conscience.
Il y a quelques années encore, deux autres affaires ont fait beaucoup de bruit:
La mémoire de l’eau, annoncée à grand fracas comme une justification de l’homéopathie. Cette affaire tout à fait invraisemblable, qui prétendait remettre en question les bases mêmes des sciences physiques, ne reposait en fait que sur un test biologique peu fiable Il en faudrait beaucoup plus pour justifier une pareille révolution.

 

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la mémoire de l’eau

La mémoire de l’eau

La fusion froide faisait espérer une source d’énergie facile et presque gratuite. Annoncée par des chercheurs probablement de bonne foi, mais dont la spécialité était loin des phénomènes nucléaires, elle n’a pas tenu des promesses qui paraissaient bien aléatoires.
En conclusion, on n’est jamais assez méfiant envers les nouvelles trop spectaculaires qui prétendent remettre en question les connaissances les plus solides.

 

 

La fusion froide
Les tricheurs.
La tentation est quelquefois grande pour certains chercheurs d’arranger les résultats afin de les rendre plus présentables ou plus convaincants, mais cette pratique ne passe pas inaperçue des lecteurs critiques. Ainsi, Mendel, le père de la génétique, a publié des RIO9résultats trop parfaits pour être tout à fait authentiques .Il ne s’agit toutefois dans son cas que d’une faute mineure qui n’altère pas la valeur de ses conclusions.
Plus grave actuellement, la nécessité de publier à tout prix pour obtenir des crédits ou de l’avancement a conduit à de véritables fraudes :il y a quelques années, un biologiste américain avait annoncé un procédé révolutionnaire pour éviter le rejet des greffes .Il présentait des souris blanches sur lesquelles on pouvait voir des greffes de souris grises parfaitement tolérées, mais on s’aperçut bientôt que les greffes en question n’étaient en réalité que des taches d’encre de Chine . Cette tricherie a coûté à son auteur beaucoup plus cher que s’il n’avait rien publié.

 

 

Greffe à l’encre de Chine

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greffe à l’encre de Chine

Si la falsification des résultats a quelque chance de passer inaperçue quand le sujet n’a qu’un intérêt très limité et ne remet pas en question les connaissances du moment, l’annonce d’une découverte sensationnelle entraîne immédiatement des vérifications nombreuses qui ne peuvent manquer tôt ou tard de révéler la fraude.
Les charlatans et les naïfs.
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On a beaucoup parlé en son temps d’un prestidigitateur professionnel qui prétendait tordre à distance des cuillers et autres objets métalliques. Il fût assez habile pour duper le directeur scientifique d’une importante société française qui engagea des recherches sur le sujet .Il fallut l’intervention d’un autre prestidigitateur pour déceler la supercherie.

 

L’effet Uri Geller

Peu après, ce fût l’affaire des avions renifleurs qui mystifia la direction d’une autre grande société .Les prétendus inventeurs avaient su faire écarter des négociations les techniciens compétents qui n’auraient pas manqué d’éventer l’escroquerie.
Chaque fois, moins de naïveté et une enquête sur les antécédents et la compétence des mystificateurs auraient épargné aux victimes un préjudice financier et le ridicule.

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modèle d’avion renifleur français

 

Les publicités tapageuses qui utilisent des arguments pseudo scientifiques sont une autre façon d’exploiter la crédulité et l’ignorance du public .Un de leurs thèmes favori est le mythe du naturel .Les personnes qui n’ont aucune connaissance scientifique sont toutes disposées à croire qu’il existe une différence fondamentale entre les produits dits naturels et les produits de synthèse, les premiers étant évidemment bénéfiques et les autres d’affreux poisons .Il leur parait inconcevable qu’on puisse reproduire exactement un arôme, un colorant, un médicament ou toute autre substance d’origine végétale, et encore plus que la reproduction puisse être plus pure que le modèle, ce qui est pourtant généralement le cas.
C’est abuser encore de la crédulité des clients que de proclamer qu’un produit est d’origine entièrement naturelle, puisque les produits de synthèse sont aussi obtenus à partir de matières premières naturelles .Il faut de toutes façons faire subir des traitements quelquefois très sophistiqués à la plupart de ces produits dits naturels avant de les livrer à la consommation ;on ne trouve pas dans la nature de la pâtisserie, de la charcuterie, des boissons en bouteilles, ni aucun autre produit ménager, ni presque aucun matériau directement utilisable.
Il est bien difficile aussi de faire comprendre aux mêmes personnes que les engrais dits naturels apportent aux végétaux, quoique sous un aspect différent, exactement les mêmes éléments que les engrais de synthèse .C’est en grande partie sur cette confusion que s’est établie la mode de l’agriculture dite biologique .Il serait plus judicieux de juger les différentes techniques agricoles sur la qualité de leurs produits, leurs prix et leur effet sur l’environnement, plutôt que sur une distinction factice due à l’ignorance.

Le scientisme.
C’est une croyance excessive en la science, à laquelle il ne faut pas demander plus qu’elle ne peut donner, et c’est bien mal la comprendre que de vouloir en faire une religion, d’en attendre des règles de conduite et des réponses à toutes les questions.

 Suite Vraies et fausses sciences

Les sciences imaginaires.
Origines et motivations.
Les hommes et les méthodes.
Les thèmes :Les objets ont une âme ;Les actions à distance ;Action sur les symboles.
L’Astrologie, exemple type d’une science imaginaire.
Les autres sciences imaginaires Magie, Alchimie, Radiesthésie.

Les sciences imaginaires et la méthode expérimentale.
Les mots et le langage.
La cohérence.
Le consensus.
Efficacité et progrès.
Et s’il y avait tout de même quelque chose ?

Conclusions.

Les sciences imaginaires.

Origines et motivations.

A côté des sciences du réel, d’autres ont pour seule origine l’imagination .Beaucoup plus anciennes pour la plupart, elles sont souvent la survivance de vieux mythes, mais aussi l’imitation grossière de la science expérimentale .Celle-ci n’est pas d’un accès facile .Sa pratique exige un gros effort de réflexion, une grande rigueur de la pensée et l’apprentissage de ses techniques.
Les sciences imaginaires sont plus conformes aux tendances spontanées de l’esprit :elles laissent la place à la fantaisie, à l’à peu près, au goût du merveilleux, de l’extraordinaire ;elles se satisfont d’explications simplistes et promettent d’accomplir tous les rêves :santé, amour, fortune, puissance et connaissance de l’avenir.
Méritent elles vraiment le nom de sciences ?Elles le revendiquent souvent en prétendant apporter elles aussi leur contribution à la connaissance .Toute la question est de savoir si cette revendication est légitime ou non.
L’imagination n’est pas en soi une chose condamnable, bien au contraire .C’est une composante essentielle de la pensée consciente ;elle a une importance considérable dans l’édification des idées ;tout dépend de l’usage qu’on en fait, et son rôle est fondamental dans la méthode expérimentale, où elle est sévèrement contrôlée.
Quand ce contrôle n’est pas accepté, ni même envisagé, quand on ne se soucie pas de rechercher une vérité objective, qu’on n’en a pas le désir, ni les moyens intellectuels d’en payer le prix, qu’on n’a pour but véritable, sinon avoué, que de satisfaire ses croyances et ses fantasmes, on aboutit facilement à ce qu’on appelle l’irrationnel ou le paranormal.
Ces deux termes sont à prendre dans le sens qu’on leur donne habituellement ;car ils ne signifient pas exactement le contraire de ce qui est rationnel(logique) ou normal (à quelle norme fait-on référence?).Il semble plus jute de parler d’imaginaire.
Les activités de cette sorte ont en effet pour caractéristique de donner la priorité à l’imagination sans contrôle, et de ne pas se soucier, délibérément ou par ignorance, des acquis fondamentaux de la science expérimentale faits.

 Suite VRAIES ET FAUSSES SCIENCES

Le bilan de la science expérimentale.
Du XVIIIème au XXème siècle :l’explosion des connaissances.
Répercussion sur le mode de vie et les idées.
La science moderne est-elle la représentation du réel ?
La science a-t-elle des dogmes ?
La science moderne et le public.

Le bilan de la science expérimentale.

L’explosion des connaissances.
On peut faire remonter à Galilée(1564-1642) l’origine de la méthode expérimentale .Il s’agissait d’une véritable révolution dans la manière d’aborder les sujets étudiés .Les débuts furent lents et difficiles :les plus grands penseurs comme Descartes, Newton et même Pascal n’étaient pas encore dégagés de la métaphysique .Peu à peu prennent forme les premiers aspects de la science moderne :l’astronomie, la mécanique, ’hydrostatique et l’optique .En biologie, Harvey découvre la circulation du sang, et l’invention du microscope révèle l’existence de structures jusque là insoupçonnées qui conduiront plus tard à la découverte de la cellule vivante.
Le progrès s’accélère dès la fin du XVIIIème siècle .La chimie devient enfin une science cohérente avec Lavoisier .Les lois fondamentales de l’électricité, du magnétisme, de l’optique physique sont établies ;la notion d’atome commence à se préciser .Un peu plus tard, Pasteur montre le rôle et l’importance des microorganismes, tandis que Claude Bernard établit les bases de la physiologie. Entre temps, la science, de passe temps d’amateur, est devenue un métier.
Le début de notre siècle est un nouveau départ :la physique, qui semblait presque achevée, après un grand développement au siècle dernier, va se renouveler avec la Relativité et la mécanique quantique La chimie classique, minérale et organique, se complète avec la chimie physique qui établit un pont entre ces deux sciences ,et trouve ses bases dans la physique quantique. La chimie macromoléculaire ne démarre que vers 1930 et la biologie moléculaire vers 1950.
La deuxième moitié du siècle connaît une explosion des connaissances :le développement des applications entraîne une augmentation considérable du nombre des chercheurs qui se répercute sur la recherche fondamentale .Les progrès essentiels concernent les particules élémentaires et l’énergie nucléaire, l’astrophysique, avec l’exploration directe du système solaire et la compréhension des phénomènes stellaires et de l’évolution de l’univers ;l’électronique, avec le transistor, les circuits intégrés et l’informatique ;en chimie, les méthodes physiques d’analyse et la connaissance des mécanismes des réactions accroissent considérablement l’efficacité ;la biologie moléculaire explique enfin la vie et l’Evolution et donne naissance aux biotechnologies.

Répercussions sur le mode de vie et les idées.
La quantité de connaissances acquises depuis le milieu du siècle est énorme .On en apprend beaucoup plus en un an qu’autrefois en un siècle .Il y a plus de scientifiques vivants qu’il n’y en a eu au cours de toute l’histoire passée, et les moyens dont ils disposent dépassent de très loin ceux de leurs prédécesseurs.
En conséquence, il n’est plus possible pour chacun de tout connaître de façon approfondie, ni de travailler isolément. Il n’y a plus de savants, mais des scientifiques limités à des domaines et à des techniques très spécialisées .Pour ne pas être débordé par la masse des connaissances, il faut acquérir une culture scientifique générale qui, sans pouvoir accéder à tous les détails de chaque discipline, en retienne tout au moins les bases, les acquis fondamentaux et les limites .Une telle démarche est facilitée par le fait que tous les domaines de la connaissance se rejoignent, qu’ils reposent sur un fondement commun, une même méthode, et qu’il n’y a plus de frontières entre eux.
Il faut s’habituer à vivre avec des idées et des techniques qui évoluent constamment .Les connaissances nouvelles modifient complètement la façon de voir le monde et l’Homme dans le monde :ce monde que nous révèle la science moderne ne marche pas du tout comme on l’avait imaginé autrefois .Les nouvelles conceptions bouleversent notre culture tout imprégnée par des siècles de mythologie et de métaphysique, mais il s’en faut qu’elles soient assimilées par l’immense majorité de nos contemporains, y compris ceux qui se chargent de nous administrer ou de nous informer.

La science moderne est-elle la représentation du réel?

Qu’est ce que le réel ?Pour un scientifique, c’est tout ce qui est observable ou qui se manifeste d’une façon quelconque accessible à l’expérimentation .Il s’oppose donc à l’imaginaire, pure création de notre esprit .On considère donc plus ou moins explicitement qu’il existe une réalité extérieure indépendante de nous, et l’expérience concrète va dans ce sens, à quelques nuances près ;et si les mathématiques sont efficaces, malgré leur nature abstraite, c’est que leurs notions fondamentales sont inspirées du monde physique.
Cependant, la science n’est pas achevée, et peut-on imaginer qu’elle le soit un jour ? On ne peut donc exclure, bien au contraire, qu’il existe des domaines encore insoupçonnés .La science ne peut prétendre tout savoir et tout expliquer tout de suite .Elle n’apporte pas une vérité absolue et définitive, mais un acquis progressif de connaissances et d’efficacité .Le progrès se fait par l’apport de faits nouveaux, d’idées nouvelles, et de techniques de plus en plus efficaces.
L’efficacité est une bonne mesure de la validité des idées .Dans les domaines bien consolidés de la science, elle laisse peu de place à l’imprévu et aux spéculations extravagantes. Avant l’ère de la méthode expérimentale, on ne savait pas distinguer ce qui est vraisemblable et ce qui ne l’est pas, tout paraissait possible, par exemple de s’approprier les vertus d’un autre en mangeant sa cervelle .Actuellement, les limites de l’invraisemblable sont assez bien connues pour qu’on puisse sans grand risque faire table rase de tous les anciens mythes, quitte à faire ensuite amende honorable s’il s’y trouve quelque soupçon de réalité.

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ou comment devenir intelligent

Comment devenir intelligent

Les progrès de la connaissance du réel ainsi défini vont dans le sens d’une cohérence de plus en plus grande : abolition des frontières entre les différents domaines du savoir, interprétation de la variété infinie des phénomènes observables par des lois de plus en plus générales : quelques particules élémentaires constituent toute la variété de la matière ;quatre types d’interaction fondamentale expliquent toutes ses transformations.

La science a-t-elle des dogmes?

Les lois de la science sont une création humaine :une météorite n’a pas besoin de calculer sa trajectoire, ni une cellule vivante d’organiser son existence :elles n’ont pas le choix .On reproche quelquefois à la science de faire de ces lois des dogmes intouchables .Ce reproche vient de gens qui n’ont aucune idée de la méthode expérimentale .Il peut sans doute s’adresser à certains scientifiques personnellement, ceux qu’on peut qualifier d’intégristes, mais certainement pas à la communauté scientifique dans son ensemble, qui ne craint pas de remettre en question les idées reçues chaque fois que le besoin s’en fait sentir, et c’est ainsi qu’elle progresse, mais il n’est pas question de contester à tout moment ce qui a été solidement établi pour des motifs futiles.
Beaucoup de philosophes et intellectuels contemporains ont tendance à considérer les théories de la physique comme une espèce de métaphysique pas plus valable que les autres .Ce qui leur échappe, parce que c’est étranger à leur façon de penser, c’est que la science est avant tout expérimentale .Elle ne vise pas une vérité absolue et définitive, mais s’efforce d’interpréter les faits et de les prévoir au moyen de théories vérifiables et sans cesse vérifiées.
Les lois scientifiques ne sont qu’une représentation approximative et simplifiée des phénomènes réels, exprimée dans un langage aussi précis que possible qui prend le plus souvent en physique une forme mathématique propre au calcul.

La science moderne et le public.
Jusqu’au XVIIIème siècle, la science était l’affaire de quelques amateurs et n’avait pas de répercussions notables sur la vie courante .Par la suite, les applications concrètes ont rendu la science populaire :on croyait au progrès et à ses bienfaits .La connaissance était accessible à l’honnête homme.
Au milieu de notre siècle, un changement s’est produit .La science inquiète et rebute :les dangers, réels ou imaginaires, les bavures du nucléaire, de la pollution, les manipulations génétiques, font peur .La connaissance scientifique est considérée comme une affaire de spécialistes, inaccessible et incompréhensible .On accepte, quelquefois avec réticence, les avantages acquis ;on a oublié ce qu’était la vie sans eux ;on s’en passerait de plus en plus difficilement, mais on en refuse souvent les conséquences matérielles et intellectuelles.
Les réponses de la science ne sont pas celles qu’on attendait On accepte mal, ou pas, que l’Homme ne soit qu’un produit de l’Evolution, avec un cerveau juste assez perfectionné pour se poser des questions, pas toujours assez pour comprendre et accepter les réponses, et les plus ignorants sont les plus obstinés à se cramponner aux idées dépassées .Bref, la science est bien souvent méconnue ou ignorée.