l’atelier breton

–     Atelier Breton

L’atelier de langue bretonne se déroulera pendant l’année 2017-2018 les lundis, hors vacances scolaires,

entre 17 h00 et 18h30  , au local de l’UTL rue Poulfanc à Morlaix.

La date du 1er premier atelier sera précisée ultérieurement.
Cette année, les premières séances seront animées par Hervé RIVOALLON, le président de KLT Morlaix 
L’objectif est de permettre à des personnes bretonnantes, d’entendre du breton, de parler, de lire, de retrouver la langue, les intonations et les expressions particulières.

On parlera des expressions caractéristiques de la langue bretonne, de l’écriture et de grammaire
breizic

 

 

 

 

Bel Air de Lionel SALAÜN

Bel Air de Lionel SALAÜN

 

bel airUn quartier, un bistrot le Bel Air. Et l’histoire de Franck (ou Jacky) enfant d’un quartier pauvre et digne de banlieue. Il tient à sa liberté dont il ne sait que faire…

Comment s’appelle-t-il ? Franck bien sûr, mais aussi Jacky.

Qui va-t-il construire ? Qui va la construire ?

Son père, un vague souvenir. Sa mère toujours présente assure tout l’aspect matériel, affcetif même ; Elle est cependant incapable de l’aider à se définir un but. Un seul ami qui ne l’est plus. Il erre de travail minable en travail pénible. Son rayon de soleil : Cathy. Son amour partagé mais… La guerre d’Algérie qui pourrait l’anéantir, le tuer. Elle ne le tuera pas, certes mais l’anéantira. Il n’ira pas mais à cause de cette guerre, il perdra, non pas son amour mais elle-même malgré elle.

Quelle tristesse, quelle beauté. Le néant.

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

tout dort paisiblement_Régine, fiancée de Sören Kierkegaard . Ils s’aiment. Sören rompt les fiançailles. Grand chagrin de Régine, déstabilisation.

Elle comprendra que Kierkegaard a rompu non parce qu’il ne l’aimait plus, bien au contraire, mais parce qu’il se sentait incapable d’assumer une femme, puis une famille.

Régine se marie avec Frédérik. Tous deux liront les œuvres de Kierkegaard. L’auteur donne à découvrir la pensée du philosophe ainsi que sa vie. Régine restera la muse mais on ne se marie pas avec sa muse ?. Emouvant, agréable à lire.

Une certaine ambiance propre à Régine Pujade-Renaud.

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki MURAKAMI

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki Murakami

 

l'incolore tsurukiUn groupe de cinq jeunes lycéens très liés par l’amitié, très soudés.

Tsuruku expulsé du groupe sans en comprendre le motif. Il manque mourir de désespoir, arrive tout de même à se relever. Il en sortira transformé.

Bien des années plus tard, il trouve une femme, Sara, qui lui devient indispensable. Il comprend qu’il l’aime vraiment.

Elle lui conseille d’élucider le mystère de son adolescence, du moins d’aller voir ses anciens amis : cela lui pèse tant. Il comprend leur raison, se sent conforté dans son amour pour Sara. Il aimerait la garder mais il n’est pas seul à décider.

J’ai lu ce livre avec passion mais je dois dire que j’apprécie beaucoup cet auteur, que son livre « Kafka sur le rivage » m’avait tant enthousiasmé !

Beau roman d’apprentissage.

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

Si vous n’aimez pas les chats, s’abstenir.

LE CHAT MOUNEPour autant ne cherchez pas à imiter cette relation un peu particulière car vous devrez abandonner votre chat pendant que vous vous faites dorer au soleil des Baléares ou ailleurs puisque vous ne disposez pas forcément de voisins qui participent avec autant de vigilance.
Après toutes ces recommandations, vous pouvez lire sans retenue. Le livre est léger, les sentiments exprimés avec tant d’humour ne pèsent pas.

Sa majesté « Moune » indépendante et sympathique vous séduira comme elle m’a séduite et l’auteur qui s’amuse de lui-même nous fait passer un joli moment.

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

pas pleurer1936 et les années suivantes en Espagne
La guerre d’Espagne
Le récit par trois personnes

le côté droite politique honnête : Georges Bernanos qui a milité à l’Action Française mais qui ne peut plus cautionner les exactions des fascistes avec la bénédiction de l’Eglise.

La mère de la narratrice se rappelle ce que fut pour elle l’été 1936, ses merveilles : la ville (elle qui était campagnarde), la liberté jusque dans l’amour. Puis …les suites : la grossesse, le mariage avec résignation, l’exil. Elle était fille de paysans pauvres, donc côté gauche. Mas de ce côté également , il y avait des excès.
Donc des désespoirs des 2 cotés
La narratrice complète le récit lacunaire de la mère : « deux scènes d’une même histoire, deux expériences… »

Hérétiques de Leonardo PADURA

Hérétiques de Leonardo Padura

hérétiquesLe sujet : un tableau de Rembrandt, de sa création à sa redécouverte.(de 1643 à 2007 en passant par 1939)

Le récit se déroule en grande partie à La Havane. Pour le XVIIè siècle, nous nous retrouvons à Amsterdam.
Le martyre des juifs, à toutes les époques, leurs errances, leurs fuites mais aussi les contraintes qu’ils s’imposaient ou du moins qu’ils imposaient à ceux qui partageaient leur foi.
Les hérétiques sont ceux qui, tout étant juifs, n’en respectaient par obligatoirement toites les lois.
Le livre fint par « Tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartienT, c’est ta liberté de choix… »
Tout le livre découle de cette liberté de choix. Si tu veux être libre, alors il faut en accepter les conséquences, car, en fait, la liberté est une une longue suite de sacrifices délibérément choisis.
Une très belle fresque de 714 pages.
Surtout ne pas sauter une ligne, ce serait dommage. Bien repérer tous les personnages, cela facilitera la lecture. Votre patience sera récompensée.
L’écriture est très belle. L’histoire aussi même si elle est souvent cruelle. L’amour est présent avec ses beautés. Il faut savoir aimer pour créer les merveilles que j’y ai savourées. Courage, vous avez le temps , ce sont les vacances.
Peut-être pas à la plage mais chez soi, au frais…

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

 

madame perfectaLe narrateur conte l’histoire de Perfecta, l’espagnole venue l’aider dix-sept ans durant dans les taches quotidiennes.

Près de deux décennies ne se passent sans qu’une forme d’intimité ne s’instaure.

Ces deux portraits se déclinent avec discrétion, respect réciproques et donc l’affection qui en découle, subrepticement, insensiblement, (insidieusement?).

Madame Perfecta est un livre tout en nuances, en finesse, très riche et bien écrit.

Que sais-je ?

Que sais-je ?

 

M RIO
M RIO

Très tôt, j’ai répudié les mythes qu’on avait imposés à mon enfance, n’y trouvant que naïveté et incohérence, fétichisme et asservissement. J’attendais de la philosophie une révélation ; j’ai été déçu par sa suffisance et son verbiage obscur qui masque généralement son inanité, mais j’y ai trouvé le goût de l’analyse des idées et du sens des mots. J’étais surtout attiré par les sciences, qui, elles, ne m’ont pas déçu. A la fin de mon adolescence, les sciences de la vie étaient surtout descriptives : botanique et zoologie constituaient l’essentiel de l’enseignement ; les mécanismes de la cellule vivante étaient encore totalement incompris.

Les sciences physiques étaient en pleine maturité ; La physique classique semblait n’avoir plus grand-chose à découvrir ; la relativité générale s’imposait et la physique quantique , celle de l’infiniment petit, avait établi les lois paradoxales des constituants de base de la matière, électrons, protons et neutrons. Elle découvrait de nouvelles particules exotiques dont on ne savait trop que penser et qui attendaient un nouveau Mendeleïev pour y mettre de l’ordre.

La chimie, qui avait ma préférence, savait synthétiser une variété illimitée de molécules nouvelles et commençait à découvrir un nouveau domaine, celui des molécules géantes ou macromolécules, constituants des matières plastiques, des fibres synthétiques, mais aussi de la matière vivante ; cependant, elle restait encore très évasive sur les protéines.

En astronomie, on savait peu de choses des planètes, et encore moins de leurs satellites, qui n’étaient que des points brillants dans le ciel. On avait découvert qu’il existait de nombreuses galaxies , mais un voyage dans la Lune paraissait bien utopique.

A la fin des études secondaires, je ne savais pas encore grand-chose de tout cela. La littérature y jouait le rôle principal, et j’en ai retenu le goût des classiques et du siècle de Louis XIV. Les études supérieures au contraire allaient être dominées par trois disciplines, les mathématiques, la physique et la chimie, et je rêvais de faire de cette dernière ma profession .

Que de progrès en un demi siècle ! Que de questions résolues ,et combien d’autres imprévues qui se posent aujourd’hui. Le système solaire tout entier visité, tout l’univers appréhendé jusqu’à son origine datée précisément à 13,7 milliards d’années, grâce au rayonnement fossile, image de sa jeunesse, quand il n’avait que 380 000 ans, et les phénomènes cataclysmiques qui s’y déroulent : vie et mort des étoiles, supernovae, étoiles à neutrons, trous noirs. Mais qu’est-ce que la matière noire qui agit sur le mouvement des étoiles et des galaxies mais que rien ne permet de détecter. Est-ce une particule encore inconnue. Et l’énergie sombre, qui semble accélérer l’expansion de l’univers, en contradiction avec nos connaissances actuelles en physique.

Les particules élémentaires qui constituent la matière et leurs interactions sont maintenant classées et hiérarchisées. Elles ont été observées, leurs propriétés mesurées et conformes aux prévisions théoriques, en particulier celles de l’interaction faible. Reste à détecter l’hypothétique boson de Higgs qu’on espère pour bientôt, et l’insaisissable graviton responsable de l’attraction universelle.

Les propriétés des particules sont exactement telles qu’elles permettent l’existence de la matière, juste assez stable pour que la vie soit possible. Est-ce un hasard , le résultat d’une évolution ? L’idée d’un dessein intelligent n’est qu’une façon d’escamoter le problème par un mythe. Si le souci principal dans ce dessein était l’existence des hommes sur la Terre, à quoi bon les milliards d’années et de galaxies, sauf s’il n’était vraiment pas possible de faire autrement. La physique échafaude là dessus des hypothèses qui, si elles paraissent encore très hasardeuses , sont peut-être à l’origine d’une nouvelle compréhension du monde.

L’univers est un immense laboratoire de physique où l’on trouve les conditions les plus extrêmes. Faute de pouvoir y expérimenter, son observation nous apporte des données essentielles. Si nous connaissons maintenant son age, et qu’il est né d’une gigantesque explosion, nous ne pouvons nous empêcher de nous demander s’il y avait quelque-chose avant, s’il n’est qu’un épisode local dans un ensemble beaucoup plus vaste et plus ancien. Une loi fondamentale de la physique, constamment vérifiée, est que l’énergie ne peut être ni créée ni détruite. Puisque l’univers : rayonnement, matière, agitation de la matière, n’est qu’énergie, d’où vient cette énergie ? Peut-elle se créer spontanément dans des conditions qui nous échappent totalement ? La physique quantique admet qu’on peut emprunter de l’énergie au vide, à condition de la restituer aussitôt, mais la concentration de cette réserve d’énergie divise profondément astronomes et physiciens, et aucun résultat concret ne justifie encore les uns ou les autres.

Les propriétés des particules élémentaires laissent entrevoir que l’espace, qui nous paraît homogène, pourrait être finement structuré et que ces particules seraient les différents modes de vibration de cette structure. Plus nous apprenons et plus de nouvelles questions fondamentales se posent. A une époque où les connaissances étaient encore très rudimentaires, Spinosa prétendait que les atomes ne pouvaient pas exister, considérant que devant nécessairement occuper un certain volume, ce volume pouvait être divisé en volumes plus petits ; les atomes n’auraient donc pas été insécables, contrairement à leur définition. Nous savons maintenant que les atomes sont sécables, puisqu’ils sont composés de particules élémentaires, et qu’ils occupent bien un certain volume. Si l’on applique l’argumentation simpliste de Spinosa à une particule élémentaire comme l’électron, la physique quantique nous apprend qu’il est réellement insécable : on ne coupe pas un électron en deux ; ce n’est pas une petite bille.

Personne n’ignore l’extraordinaire développement de l’électronique et de l’informatique que rien ne semble pour le moment limiter. Les progrès de la chimie ont été beaucoup moins spectaculaires, car elle ne pose plus de questions aussi fondamentales que la physique. Des atomes, elle ne fait intervenir que les électrons superficiels, et pas les noyaux, qui ne sont pas affectés par leurs réactions. Les différentes liaisons entre atomes qui constituent les molécules, fortes ou faibles, sont dues uniquement à leurs électrons.

La chimie macromoléculaire, née dans les années 20, a connu un grand développement industriel vers le milieu du siècle avec l’apparition d’une grande variété de matières plastiques et de fibres synthétique, mais elle s’est bientôt heurtée à l’hostilité des adorateurs d’une Nature divinisée. Est-ce la nature qui produit spontanément des vêtements de laine ou de coton, ou une industrie textile hautement mécanisée et tout à fait artificielle ? Ces fibres, produites dans des conditions très peu naturelle, n’avaient pas pour destination première de nous vêtir, mais de protéger l’existence des espèces dont elles sont issues.

La plupart de nos contemporains sont persuadés qu’il existe une différence fondamentale entre les produits dits naturels et ceux de l’industrie chimique. Les cellules vivantes fabriquent toutes sortes de molécules, en présence d’eau et à température ambiante, grâce à des catalyseurs très efficaces, les enzymes. L’industrie chimique emploie des conditions plus variées, solvants, température, pressions et catalyseurs, ce qui lui permet d’obtenir des produits en grande quantité et en peu de temps, et de les obtenir purs alors que le vivant opère lentement et obtient le plus souvent des mélanges d’un grand nombre de substances diluées. Cependant, isolées et purifiées, elles sont identiques aux molécules de synthèse, formées des mêmes atomes disposés exactement de la même façon, et possèdent exactement les mêmes propriétés, ce qui n’empêche pas la publicité d’abuser du mythe du naturel et d’entretenir des préjugés fondés sur l’ignorance.

Qu’est-ce que la vie ? Pendant longtemps, on pouvait seulement dire que les êtres vivants sont des systèmes organisés qui naissent, croissent, se reproduisent et finalement meurent. Depuis quelques dizaines d’années, on peut définir la vie de façon beaucoup plus précise, et son origine n’est plus un mystère total. J’ai assisté au cours de ces années aux découvertes qui se sont succédées : structure de l’ADN, support du patrimoine génétique, rôle d’intermédiaire de l’ARN dans la synthèse des protéines, structure des enzymes, déchiffrement progressif du code génétique qui fait correspondre les bases de l’ADN aux acides aminés constituant les protéines ; rôle des différents organites de la cellule : noyaux, ribosomes, mitochondries ; manipulations génétiques. La théorie de l’évolution s’est trouvée confirmée et précisée. Nos gènes sont un héritage de toutes les espèces dont nous descendons, vertébrés, invertébrés et même des bactéries. Les mécanismes fondamentaux de la vie sont les mêmes pour tous, le code génétique unique, et la vie sur Terre a une origine unique, un ancêtre commun ; si d’autres formes primitives ont pu apparaître, elles ont avorté.

La compréhension de l’origine de la vie commence dans les années 50 avec l’expérience de Miller. A partir de petites molécules très répandues, eau, méthane, ammoniac, et sous l’effet de rayons UV ou de décharges électriques, se forment spontanément les molécules fondamentales de la vie, acides aminés et bases des acides nucléiques. On en trouve dans les météorites, dans les nuages de gaz et de poussières des galaxies, et bien entendu sur Terre. Il ne faut pas en conclure que la vie nous vient de l’espace. Entre ces molécules et les cellules les plus primitives il y a un énorme fossé. Seule la Terre (ou des planètes qui lui ressemblent) , avec l’eau liquide de ses océans, de ses lacs ou de ses mares, offrait un milieu favorable à l’élaboration des mécanismes délicats qui ont abouti aux premières cellules vivantes.

Il est remarquable que la vie soit apparue sur une Terre encore très jeune, quelques centaines de millions d’années, alors qu’elle est maintenant âgée de plus de 4 milliards d’années, dès que les conditions ont été favorables. Par contre, il a fallu beaucoup plus de temps pour qu’apparaissent les cellules eucaryotes pourvues d’un noyau, puis les premiers organismes pluricellulaires, il y a à peine 600 millions d’années. C’est alors que sont apparues les premières ébauches d’un système nerveux et d’un cerveau, mais notre espèce (Homo sapiens) n’existe que depuis 200 000 ans ; l’agriculture et l’élevage ont quelques milliers d’années, l’origine de la science moderne à peine quatre siècles , la physique quantique et les engins spatiaux quelques dizaines d’années. S’il paraît vraisemblable que la vie ait pu apparaître sur d’autres planètes favorisées au cours de l’histoire de l’univers, l’existence de civilisations ayant atteint ou dépassé notre niveau de connaissances doit être beaucoup plus rare, et nous avons très peu de chances de les rencontrer un jour, ne serais-ce que par l’immensité de temps et d’espace qui nous en sépareraient.

Au cours de son histoire, la Terre a connu bien des péripéties, tantôt plus chaude, tantôt plus froide, ses océans gelés ; la dérive des continents qui n’a jamais cessé et entraîne des changements de climat ; la composition variable de l’atmosphère, le volcanisme, les impacts d’astéroïdes . La vie s’est maintenue malgré des destructions massives, sources de renouveau, mais la plupart des espèces du passé ont disparu, et la nôtre, si récente, n’est pas à l’abri d’un cataclysme ou d’une dégénérescence, quelles que soient ses connaissances et l’efficacité de ses techniques. Aurait-elle un remplaçant ?

Le Diben, août 2009

La Chute des Princes de Robert Goolrick

La Chute des Princes

la chute des princes_L’Amérique et l’argent
Ces jeunes traders qui gagnent tant d’argent dans les banques : des princes, oui, mais des princes éphémères. Choisis sur un coup de poker,…puis la chance passe à d’autres.
Parce que l’argent et le travail d’abruti pour le gagner mènent aux fêtes, à la drogue, à l’alcool, au sexe pour décompresser , « Profiter » pour se faire valoir ? Et puis le Sida.
Beaucoup meurent ( suicide parfois) , d’autres se retrouvent d échus par un excès, parce qu’ils dépassent la mesure, ou simplement parce qu’ils ont fait leur temps.
Comment vivent-ils cette déchéance ?
Style sobre, précis , efficace.
La beauté et la force des sentiments trouvent aussi une place, d’autant plus émouvante dans ce monde froid et et cruel de l’argent.

Nuits tranquilles à Belem de Gilles Lapouge

Nuits tranquilles à Belem

Au Brésil, à Belem, un historien voyageur a rendez-vous avec un autre historien à propos d’un géographe : Blaise de Pagan
nuits tranquilels à belem_Surgit un gamin qui lui crie : «  tu es revenu papa, tu es revenu » et il lui saute au cou.
L’historien délaisse son r-d-v et suit l’enfant. Il sera père de cet enfant. Comment il doit tout apprendre de sa nouvelle vie, qui il était, qui il est . Il s’accommode d’ailleurs assez bien de « sa femme » mais ce n’est pas forcément réciproque. Etre un autre dont on ignore tout et cependant rester soi-même par la force des choses. Fiare son trou dans la vie de l’autre jusqu’à devenir l’autre ?
Il y bien des limites ?

Petit Piment d’Alain Mabanckou

Petit Piment

petit pimentUn orphelinat près de Pointe Noire. Aussitôt né, Piment est déposé à la porte de l’orphelinat. Il s’y fait un ami Bonaventure Kolsolo qui, lui, attend que s amère vienne le chercher.
Vie d’un orphelinat avec les élèves dominants qui exercent leur autorité sur les condisciples ; le directeur cruel et caméléon.
Eclate la révolution socialiste qui bouleverse la vie. Le personnel ancien quitte l’établissement et arrivent les nouveaux : le directeur se sent remis en question en haut lieu.
L’enfant Petit Piment s’enfuit avec d’autres mais laisse son ami…
Après bien des vicissitudes, il se trouve une maman, mère maquerelle : maman Fiat 500 et ses dix « filles ». Dix ans de vie heureuse et équilibrée ( mais oui!) pour Petit Piment. Malheureusement, tout a une fin.
Description de la vie africaine, de ses spécificités, domination blanche, misère des enfants, des jeunes.
Le ton n’est pas misérabiliste mais humoristique, le constat lugubre.
L’humour, léger, grinçant ; lucidité, descriptions « en toute naïveté » où la cruauté est mise en évidence

La mémoire d’un philosophe.

La mémoire d’un philosophe.

 

 

M RIO
M RIO

Je reçois de temps en temps la revue d’un organisme universitaire où j’ai enseigné autrefois la chimie macromoléculaire, dans un institut qui formait des ingénieurs chimistes et physiciens. J’y ai connu des physiciens, des chimistes, des biologistes, des botanistes, des géologues, mais aussi des théologiens et des philosophes qui remplissent cette revue d’articles généralement à peu près illisibles à force d’abstraction. Cette fois, c’est un philosophe qui a entrepris de traiter de la mémoire et de l’oubli. D’un philosophe il ne fallait évidemment pas attendre un exposé technique sur le fonctionnement du cerveau, mais des considérations plus générales inspirées des connaissances actuelles.
Il n’en est rien : l’existence du cerveau est à peine mentionnée et son rôle ignoré. Sa référence principale, c’est Aristote, celui qui a fourvoyé la pensée occidentale dans une impasse pour des siècles. C’était certainement un esprit brillant qui a eu le mérite d’essayer d’expliquer le Monde et la Vie autrement que par des mythes puérils, mais il a été bien présomptueux en bâtissant une synthèse factice devenue complètement caduque. Ses idées s’accordaient avec ce qu’on pouvait observer à son époque, et un contradicteur n’aurait rien eu de solide à lui opposer, mais s’il avait disposé d’un télescope et d’un microscope, sa vision en aurait été complètement transformée.
En se référant à Aristote, notre philosophe ignore-t-il délibérément les connaissances actuelles ? Est-ce mépris des sciences ou manque d’information difficile à admettre chez un homme cultivé, ou une vision complètement dépassée de la nature humaine, un refus de tout ce qui est matériel ? A lire son texte, il semble que pour lui la pensée et la mémoire sont les caractères d’un esprit immatériel qui ne doit rien aux neurones et aux neurotransmetteurs. Pour Aristote aussi le cerveau n’était qu’un organe subalterne.
L’article est essentiellement une compilation d’opinions favorables à celle de l’auteur. Parmi ses références, il cite aussi Platon, quelques théologiens et philosophes du passé, Descartes, Bergson, tous persuadés que la pensée et la mémoire sont des phénomènes immatériels, et même Heidegger connu pour son obscurité. Est-ce là la marque d’un esprit replié sur lui-même, dédaigneux des connaissances concrètes. Faut-il en déduire que la philosophie n’est qu’un jeu stérile, une mystification intellectuelle, un discours dont il ne reste pas grand-chose quand on essaie de le traduire en clair. Est-ce au mieux de la littérature, au pire du galimatias.
Il existe heureusement des philosophes plus ouverts qui acceptent de prendre en compte les réalités tangibles, mais qui oserait aujourd’hui soutenir les doctrines des médecins du dix-septième siècle, inspirés eux aussi par Aristote.

Le Diben, août 2012