Bel Air de Lionel SALAÜN

Bel Air de Lionel SALAÜN

 

bel airUn quartier, un bistrot le Bel Air. Et l’histoire de Franck (ou Jacky) enfant d’un quartier pauvre et digne de banlieue. Il tient à sa liberté dont il ne sait que faire…

Comment s’appelle-t-il ? Franck bien sûr, mais aussi Jacky.

Qui va-t-il construire ? Qui va la construire ?

Son père, un vague souvenir. Sa mère toujours présente assure tout l’aspect matériel, affcetif même ; Elle est cependant incapable de l’aider à se définir un but. Un seul ami qui ne l’est plus. Il erre de travail minable en travail pénible. Son rayon de soleil : Cathy. Son amour partagé mais… La guerre d’Algérie qui pourrait l’anéantir, le tuer. Elle ne le tuera pas, certes mais l’anéantira. Il n’ira pas mais à cause de cette guerre, il perdra, non pas son amour mais elle-même malgré elle.

Quelle tristesse, quelle beauté. Le néant.

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

Tout dort paisiblement sauf l’amour de Claude PUJADE-RENAUD

tout dort paisiblement_Régine, fiancée de Sören Kierkegaard . Ils s’aiment. Sören rompt les fiançailles. Grand chagrin de Régine, déstabilisation.

Elle comprendra que Kierkegaard a rompu non parce qu’il ne l’aimait plus, bien au contraire, mais parce qu’il se sentait incapable d’assumer une femme, puis une famille.

Régine se marie avec Frédérik. Tous deux liront les œuvres de Kierkegaard. L’auteur donne à découvrir la pensée du philosophe ainsi que sa vie. Régine restera la muse mais on ne se marie pas avec sa muse ?. Emouvant, agréable à lire.

Une certaine ambiance propre à Régine Pujade-Renaud.

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki MURAKAMI

L’incolore Tsuruku Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haruki Murakami

 

l'incolore tsurukiUn groupe de cinq jeunes lycéens très liés par l’amitié, très soudés.

Tsuruku expulsé du groupe sans en comprendre le motif. Il manque mourir de désespoir, arrive tout de même à se relever. Il en sortira transformé.

Bien des années plus tard, il trouve une femme, Sara, qui lui devient indispensable. Il comprend qu’il l’aime vraiment.

Elle lui conseille d’élucider le mystère de son adolescence, du moins d’aller voir ses anciens amis : cela lui pèse tant. Il comprend leur raison, se sent conforté dans son amour pour Sara. Il aimerait la garder mais il n’est pas seul à décider.

J’ai lu ce livre avec passion mais je dois dire que j’apprécie beaucoup cet auteur, que son livre « Kafka sur le rivage » m’avait tant enthousiasmé !

Beau roman d’apprentissage.

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune de Philippe RAGUENEAU

Si vous n’aimez pas les chats, s’abstenir.

LE CHAT MOUNEPour autant ne cherchez pas à imiter cette relation un peu particulière car vous devrez abandonner votre chat pendant que vous vous faites dorer au soleil des Baléares ou ailleurs puisque vous ne disposez pas forcément de voisins qui participent avec autant de vigilance.
Après toutes ces recommandations, vous pouvez lire sans retenue. Le livre est léger, les sentiments exprimés avec tant d’humour ne pèsent pas.

Sa majesté « Moune » indépendante et sympathique vous séduira comme elle m’a séduite et l’auteur qui s’amuse de lui-même nous fait passer un joli moment.

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

pas pleurer1936 et les années suivantes en Espagne
La guerre d’Espagne
Le récit par trois personnes

le côté droite politique honnête : Georges Bernanos qui a milité à l’Action Française mais qui ne peut plus cautionner les exactions des fascistes avec la bénédiction de l’Eglise.

La mère de la narratrice se rappelle ce que fut pour elle l’été 1936, ses merveilles : la ville (elle qui était campagnarde), la liberté jusque dans l’amour. Puis …les suites : la grossesse, le mariage avec résignation, l’exil. Elle était fille de paysans pauvres, donc côté gauche. Mas de ce côté également , il y avait des excès.
Donc des désespoirs des 2 cotés
La narratrice complète le récit lacunaire de la mère : « deux scènes d’une même histoire, deux expériences… »

Hérétiques de Leonardo PADURA

Hérétiques de Leonardo Padura

hérétiquesLe sujet : un tableau de Rembrandt, de sa création à sa redécouverte.(de 1643 à 2007 en passant par 1939)

Le récit se déroule en grande partie à La Havane. Pour le XVIIè siècle, nous nous retrouvons à Amsterdam.
Le martyre des juifs, à toutes les époques, leurs errances, leurs fuites mais aussi les contraintes qu’ils s’imposaient ou du moins qu’ils imposaient à ceux qui partageaient leur foi.
Les hérétiques sont ceux qui, tout étant juifs, n’en respectaient par obligatoirement toites les lois.
Le livre fint par « Tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartienT, c’est ta liberté de choix… »
Tout le livre découle de cette liberté de choix. Si tu veux être libre, alors il faut en accepter les conséquences, car, en fait, la liberté est une une longue suite de sacrifices délibérément choisis.
Une très belle fresque de 714 pages.
Surtout ne pas sauter une ligne, ce serait dommage. Bien repérer tous les personnages, cela facilitera la lecture. Votre patience sera récompensée.
L’écriture est très belle. L’histoire aussi même si elle est souvent cruelle. L’amour est présent avec ses beautés. Il faut savoir aimer pour créer les merveilles que j’y ai savourées. Courage, vous avez le temps , ce sont les vacances.
Peut-être pas à la plage mais chez soi, au frais…

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

Madame Perfecta d’Antonine MAILLET

 

madame perfectaLe narrateur conte l’histoire de Perfecta, l’espagnole venue l’aider dix-sept ans durant dans les taches quotidiennes.

Près de deux décennies ne se passent sans qu’une forme d’intimité ne s’instaure.

Ces deux portraits se déclinent avec discrétion, respect réciproques et donc l’affection qui en découle, subrepticement, insensiblement, (insidieusement?).

Madame Perfecta est un livre tout en nuances, en finesse, très riche et bien écrit.

Que sais-je ?

Que sais-je ?

 

M RIO
M RIO

Très tôt, j’ai répudié les mythes qu’on avait imposés à mon enfance, n’y trouvant que naïveté et incohérence, fétichisme et asservissement. J’attendais de la philosophie une révélation ; j’ai été déçu par sa suffisance et son verbiage obscur qui masque généralement son inanité, mais j’y ai trouvé le goût de l’analyse des idées et du sens des mots. J’étais surtout attiré par les sciences, qui, elles, ne m’ont pas déçu. A la fin de mon adolescence, les sciences de la vie étaient surtout descriptives : botanique et zoologie Lire la suite

La Chute des Princes de Robert Goolrick

La Chute des Princes

la chute des princes_L’Amérique et l’argent
Ces jeunes traders qui gagnent tant d’argent dans les banques : des princes, oui, mais des princes éphémères. Choisis sur un coup de poker,…puis la chance passe à d’autres.
Parce que l’argent et le travail d’abruti pour le gagner mènent aux fêtes, à la drogue, à l’alcool, au sexe pour décompresser , « Profiter » pour se faire valoir ? Et puis le Sida.
Beaucoup meurent ( suicide parfois) , d’autres se retrouvent d échus par un excès, parce qu’ils dépassent la mesure, ou simplement parce qu’ils ont fait leur temps.
Comment vivent-ils cette déchéance ?
Style sobre, précis , efficace.
La beauté et la force des sentiments trouvent aussi une place, d’autant plus émouvante dans ce monde froid et et cruel de l’argent.

Nuits tranquilles à Belem de Gilles Lapouge

Nuits tranquilles à Belem

Au Brésil, à Belem, un historien voyageur a rendez-vous avec un autre historien à propos d’un géographe : Blaise de Pagan
nuits tranquilels à belem_Surgit un gamin qui lui crie : «  tu es revenu papa, tu es revenu » et il lui saute au cou.
L’historien délaisse son r-d-v et suit l’enfant. Il sera père de cet enfant. Comment il doit tout apprendre de sa nouvelle vie, qui il était, qui il est . Il s’accommode d’ailleurs assez bien de « sa femme » mais ce n’est pas forcément réciproque. Etre un autre dont on ignore tout et cependant rester soi-même par la force des choses. Fiare son trou dans la vie de l’autre jusqu’à devenir l’autre ?
Il y bien des limites ?

Petit Piment d’Alain Mabanckou

Petit Piment

petit pimentUn orphelinat près de Pointe Noire. Aussitôt né, Piment est déposé à la porte de l’orphelinat. Il s’y fait un ami Bonaventure Kolsolo qui, lui, attend que s amère vienne le chercher.
Vie d’un orphelinat avec les élèves dominants qui exercent leur autorité sur les condisciples ; le directeur cruel et caméléon.
Eclate la révolution socialiste qui bouleverse la vie. Le personnel ancien quitte l’établissement et arrivent les nouveaux : le directeur se sent remis en question en haut lieu.
L’enfant Petit Piment s’enfuit avec d’autres mais laisse son ami…
Après bien des vicissitudes, il se trouve une maman, mère maquerelle : maman Fiat 500 et ses dix « filles ». Dix ans de vie heureuse et équilibrée ( mais oui!) pour Petit Piment. Malheureusement, tout a une fin.
Description de la vie africaine, de ses spécificités, domination blanche, misère des enfants, des jeunes.
Le ton n’est pas misérabiliste mais humoristique, le constat lugubre.
L’humour, léger, grinçant ; lucidité, descriptions « en toute naïveté » où la cruauté est mise en évidence

La mémoire d’un philosophe.

La mémoire d’un philosophe.

 

 

M RIO
M RIO

Je reçois de temps en temps la revue d’un organisme universitaire où j’ai enseigné autrefois la chimie macromoléculaire, dans un institut qui formait des ingénieurs chimistes et physiciens. J’y ai connu des physiciens, des chimistes, des biologistes, des botanistes, des géologues, mais aussi des théologiens et des philosophes qui remplissent cette revue d’articles généralement à peu près illisibles à force d’abstraction. Cette fois, c’est un philosophe qui a entrepris de traiter de la mémoire et de l’oubli. D’un philosophe il ne fallait évidemment pas attendre un exposé technique sur le fonctionnement du cerveau, mais des considérations plus générales inspirées des connaissances actuelles.
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