La Beat Generation : un mouvement artistique contestataire et visionnaire

La Beat Generation : un mouvement artistique contestataire et visionnaire

olivier34par Olivier Macaux

En 1945, les USA sortent grand vainqueur de la 2nde Guerre Mondiale. Ils dominent le monde dans tous les domaines : économique, militaire et culturel. L’ American Way of Life triomphe.
Après les difficultés de la Grande Dépression, une ère nouvelle s’ouvre : la société de consommation. La société américaine est pourtant restée figée sur certaines valeurs : un Lire la suite

Vie et mort des Templiers : de la Réalité au Mythe

Vie et mort des Templiers, de la Réalité au Mythe

francois-ars-par François ARS, professeur d’histoire à l’UBS

Fondé au moment des Croisades, l’Ordre du Temple a fait couler beaucoup d’encre. Ces moines soldats, chargés de protéger les pèlerins ainsi que les lieux saints, suscitent la curiosité et l’interrogation. Qui sont ces hommes dont la Règle tranche tellement avec celle de saint Benoît ?

1) De l’origine des Templiers

a) de l’importance des pèlerinages au Moyen Âge
La pratique du pèlerinage est très répandue au Moyen Âge :une visite à un petit sanctuaire local ou régional, réputé pour ses reliques, ou l’un des grands pèlerinages de la Chrétienté comme Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Jérusalem entrepris en général qu’une fois dans sa vie.
Le pèlerinage pour Jerusalem, le centre du monde spirituel terrestre. pouvait durer plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied, ainsi qu’en bateau pour la traversée de la mer Méditerranée
Le pèlerinage en Terre Sainte valait une indulgence plénière à qui l’entreprenait Lire la suite

Atelier « Aimons la musique ensemble »

En mai 2016, nous avons écouté l’air le plus connu de la Norma de Bellini (1831) chanté par

1 Maria Callas

2 Monserrat Caballé

3 Renata Scotto

puis l’air « O mio babbino caro » de Giani Schicchi de Puccini (1918) chanté par

1 Inva Mula

2 Renata Tebaldi

3 Diana Damrau

4 Mirella Freni

Puis nous en avons discuté suivant notre plaisir ou notre réticence.

La prochaine séance du 13 juin sera consacrée à l’écoute de plusieurs soprani chanter de la musique française

AM

ADRESSE AUX LITTERAIRES PURS ET DURS

AUX LITTERAIRES PURS ET DURS

M RIO
M RIO

qui ne veulent pas entendre parler de sciences

Vous n’aimez pas les sciences, et vous êtes bien excusables, car vous avez gardé un mauvais souvenir de l’enseignement secondaire, qui donne les bases pour faire des scientifiques, mais en laisse aux autres une idée fausse et rébarbative, comme si en littérature on ne considérait dans un texte que l’orthographe et la grammaire.
Vous n’aimez pas les mathématiques, leur abstraction et leur rigueur impitoyable, et votre aversion s’étend naturellement aux formules de la physique et de la chimie, mais derrière ces formules il y a toujours des idées que vous pourrez comprendre si vous daignez vous les faire expliquer. Votre répugnance s’étend-t-elle aussi aux sciences de la vie, dont une bonne partie n’utilise pas de formules ?
Vous êtes cependant curieux de comprendre le monde, la vie et la pensée, et vous préférez les philosophes qui eux aussi s’y sont attachés, mais s’il n’y avait pas eu les scientifiques on croirait encore :
Aux 4 éléments d’Aristote, qui ne sont justement pas des éléments.
A la Terre immobile au centre du monde.
A Spinoza, qui a démontré de façon péremptoire que les atomes n’existent pas.
A la médecine d’Hippocrate et de Galien, avec ses humeurs, mais qui ignore la circulation du sang, les microbes, les antibiotiques et les médicaments de synthèse que vous utilisez.
Comme Heidegger, qui lui aussi n’aimait pas les sciences, vous croyez peut-être que la science ne pense pas. L’histoire des sciences prouve largement le contraire : non seulement les scientifiques pensent, et leur pensée est bien plus claire, cohérente et constructive que celle des philosophes, mais ils se font leur propre philosophie des sciences de leur domaine où les philosophes s’empêtrent, et leurs idées progressent avec le progrès des connaissances :
Connaissance de l’Univers, de son origine, de son histoire.
Exploration des planètes du système solaire et de leurs satellites
Compréhension des mécanismes fondamentaux de la vie avec le rôle des acides nucléiques, supports de l’hérédité, programme spécifique des espèces.
Exploration du cerveau et de son fonctionnement : un cerveau est une espèce d’ordinateur chimique, mais beaucoup plus souple qu’un ordinateur électronique, ce qui lui permet de reconnaître immédiatement un visage et de comprendre ce qu’il lit.
A côté de toutes ces découvertes, l’imagination est une pauvresse, y compris celle des auteurs de science-fiction.

La science est elle matérialiste ? Qu’en est-il de la matière et de l’esprit ? Par un curieux retournement des idées, la matière , étudiée dans ses ultimes constituants , n’est plus qu’une abstraction, une vibration du vide, alors que votre pensée la plus éthérée, vos émotions, sont l’effet de l’activité de vos neurones, des charges électriques et des neurotransmetteurs qu’ils renferment—des produits chimiques, quelle horreur !

Autant que les arts et les lettres, la science aussi est une culture, une activité de l’esprit. Comment l’avenir jugera-t-il le vingtième siècle ? Le dix septième a été l’apogée du classicisme, le dix huitième celui des lumières, le dix neuvième celui du romantisme, puis du réalisme, et le début d’une prodigieuse épopée scientifique.
Le vingtième se caractérise dans les arts par un affranchissement de toute règle, pour le meilleur ou pour le pire, mais dans les sciences c’est une extraordinaire explosion des connaissances qui se produit. Plus que les arts, plus que son histoire souvent atroce, c’est probablement ce qui le marquera le plus pour nos lointains successeurs.
Voulez-vous ignorer cet acquis ou le tenir pour négligeable, vous qui en utilisez tous les jours les retombées : les transports, l’électronique, la médecine ? Vous pouvez très bien laisser la technique aux techniciens, mais les idées et les connaissances fondamentales ?
Si vous ne voulez pas rester dans l’ignorance, essayez de surmonter votre répugnance, vous ne le regretterez sûrement pas, mais, si je ne vous ai pas convaincu, faites comme il vous plaira.

L’HOMME,UN ANIMAL RAISONNABLE ?

M RIO
M RIO

L’HOMME,UN ANIMAL RAISONNABLE ?

L’homme est- il un animal raisonnable ? Un animal, sans doute, héritier par son corps, ses organes, son cerveau, de toutes les espèces qui l’ont précédé depuis l’origine de la vie. Il voit, il entend, il sent, il marche et il court, mais ses performances sont assez modestes, d’autres animaux font beaucoup mieux. S’il sait nager, il ne peut pas rester très longtemps dans l’eau, et il peine à grimper aux arbres.
Cependant, il a appris depuis longtemps à semer et à récolter, à domestiquer des animaux rendus dociles. Il a édifié des temples, des palais, construit des navires. Plus récemment, il a fabriqué des machines volantes, il a inventé l’électronique et l’informatique. Il est allé sur la Lune et au fond des océans et a déchiffré les mécanismes fondamentaux de la vie. Tout cela grâce à la raison ? Est-il raisonnable ou raisonneur ?
Les auteurs anciens ont sous-estimé l’importance du cerveau considéré comme un organe subalterne. Ils étaient persuadés que la pensée, la conscience, étaient des phénomènes immatériels, que si l’âme est rattachée au corps elle peut s’en dégager et avoir une vie autonome plus heureuse, qu’elle seule réfléchit, décide, est douée de raison, c’est à dire qu’elle sait déduire les conséquences logiques de données préalables. Malheureusement, on peut raisonnes juste sur des idées fausses. C’est ainsi que sont nées des sciences aujourd’hui caduques : les astronomes n’ont que faire de l’astrologie, les chimistes de l’alchimie, les physiciens de la métaphysique, et les théologies ne reposent que sur des mythes. Comment la raison s’est elle ainsi égarée ?
Au départ, il y a donc eu des idées fausses ou trop simplistes : la Terre immobile au centre du Monde, le ciel tout près, immatériel, et l’homme but ultime de la création. Des notions floues, subjectives, comme le vrai, le beau, le bien, le juste et leurs contraires- le bien de l’un peut être le mal de l’autre- l’ignorance du monde microscopique qui conditionne le monde visible, l’intime conviction considérée comme source de la connaissance, et une apparence de logique conduisant à l’erreur.
Peut-on cependant raisonner juste ? oui sans doute dans des domaines où tout est parfaitement défini comme en géométrie. Dans les choses concrètes, le raisonnement est beaucoup moins créatif et moins efficace que l’intuition et l’imagination , si elles ont sévèrement contrôlées. Le contact avec la réalité matérielle est plus enrichissant que de vaines spéculations : les sciences expérimentales sont bâties sur des grandeurs mesurables : masse, longueur, temps …ce qui leur confère toute leur efficacité.
Dans le même temps où les philosophes du passé accumulaient erreurs et non-sens, les hommes de métier créaient et perfectionnaient des techniques de plus en plus efficaces, avant même que les sciences expérimentales bouleversent les connaissances. Ils créaient des merveilles d’architecture, de peinture, de sculpture pour glorifier des mythes, mai aussi des armes pour tuer et faire des guerres où personne ne gagnait.
Vrai et faux s’entremêlent. Nous vivons dans un océan d’idées fausses et de préjugés, les uns anciens, d’autres apparus en opposition aux nouvelles conditions d’existence, produits nouveaux, techniques nouvelles mœurs nouvelles. Sont-ils indéracinables ? Le cerveau est programmé pour la survie de l’individu et de l’espèce. Avant d’agir, il tient compte de la situation et réfléchit, mais pas toujours. Les animaux aussi ont du bon sens. Ils n’ont pas inventé la machine à vapeur, fierté du dix neuvième siècle, mais ce ne sont pas des automates et ils agissent selon les circonstances.
Où est l’animal raisonnable quand un seul coup de pied dans un ballon soulève l’enthousiasme d’une foule en délire et plonge les autres dans un profond désespoir ?

Le chat râleur mais fidèle de Maria Mens

Le chat râleur mais fidèle

Maria Mens

Et tous les jours c’est la même chose! – Mon gros minou, mon chaton à moi, le petit chéri de mémé et tout le tralala de bêtises! Mais elle ne voit pas que je suis un chat adulte et responsable?

Heureusement qu’elle a cessé de vouloir me faire jouer avec le fil qui pendouille, la p’tite pelote de laine, ou le grelot gagné dans un paquet de lessive. J’en ai par dessus la tête, « frito »! comme dit d’habitude le chien des voisins qui est d’origine espagnole, un épagneul noir et blanc qui a gardé un accent et le goût des aboiements en flamenco. Le pire c’est que son maître croit qu’il hurle à la mort, et le fait se taire immédiatement.

« Je suis en train de perdre ma voix! On ne me laisse pas pratiquer », m’a-t-il dit l’autre jour, car nous nous faisons des confidences. C’est pour cela que nous sommes tous les deux au courant des secrets de famille des deux voisins. Nous nous racontons tout et quand je dis tout, c’est tout.

Nous savons quand arrive la belle-mère des voisins car la belle-fille astique la maison, en disant des gros mots (qu’elle interdit à son fils) cache les souliers neufs que son mari trouvait si chers et se demande sans cesse quand sa belle-mère va partir, alors que elle n’est pas encore arrivée.

Quant à ma maîtresse, à l’annonce de la venue de sa famille, elle cache la bouteille du sirop pour la toux qu’elle boit avec ses copines tous les après-midis, quand elles ont finit de jouer aux cartes. Je dois vous dire qu’il est drôlement efficace, car un jour elles ont renversé la bouteille, j’ai lapé un peu et quelque chose à changé en moi : je me suis senti devenir un tigre qui poussait des rugissements et bondissait, semant la terreur dans la jungle- je veux dire dans la pièce-. Toutes les copines sont parties en moins de trois minutes.

Pendant quelques jours, ma maîtresse me regardait d’une drôle de façon….

Mais le pire , ce sont les secrets lourds à porter: nous savons tous les deux où nos maîtres gardent ce qu’ils appellent « le magot », qu’ils visitent régulièrement en secret, avec des mines mystérieuses. « C’est ça que le Fisc aura en moins », se délecte le voisin. Quant à la mienne c’est pareil. Un jour, à l’arrivée de sa fille, elle l’a fait entrer en grand secret dans la buanderie. -Viens voir « le magot », si le Fisc le savait ! Je regardais aussi, et j’ai vu des pièces jaunes très jolies dans une boîte en carton et vous savez où ? à l’intérieur de la machine à sécher le linge! On n’a pas d’idée ! Moi, si j’étais un voleur c’est là où j’irais voir en premier.

Mon copain et moi nous ne savons pas qui est ce Fisc, mais c’est sûrement un individu redoutable. Même s’ils nous embêtent, nos maîtres nous donnent à manger et nous caressent et nous grattent le dos et derrière les oreilles. Nous sommes décidés à défendre leur « magot», contre ce monsieur le Fisc. Pour le cas où il viendrait par ici, nous prendrons le « magot » et nous le cacherons le mieux que nous pourrons et personne le trouvera; nous avons pensé à un endroit sûr que je connais très bien. C’est un égout près d’ici, dans la campagne environnante, où je suis tombé il y a quelques années. Je dois la vie à un gamin qui m’a entendu et m’a repêché avec un filet à crevettes, car le trou est profond et glissant.

Avec mon copain, c’est décidé: pour que nos maîtres soient tranquilles une bonne fois, cet après-midi nous allons cacher là bas le « magot » qui les préoccupent tellement. Ah! j’ai hâte de voir leur tête, quand elles verront qu’elles n’ont rien à redouter de ce monsieur Fisc de malheur !