LES GIGOTS DE GIGIE de MARIA MENS-CASAS VELA

LES GIGOTS DE GIGIE  de MARIA MENS-CASAS VELA

Je ne comprends pas comment je suis arrivée là. A mon âge-canonique- me retrouver au Commissariat de Police-avec des majuscules- de la ville où j’habite avec des policiers goguenards qui connaissaient mon défunt époux ! Et lui? Qu’est -ce qu’il dirait? Je préfère ne pas y penser!

Par égard pour mon âge et parce que c’est la première fois « et j’espère la dernière »   a ajouté le commissaire, je suis seule dans ma cellule provisoire, en attendant qu’on décide de mon sort.

Si jamais on porte plainte je vais devoir payer une amende et c’est mon fils qui par chance n’habite pas ici, qui doit venir la régler et « me prendre en charge » comme si j’étais atteinte de folie sénile!

Comment tout cela a-t-il commencé? Dans l’alphabétisation et l’aide scolaire pour des enfants de 6 à 9 ans je me suis fait des vrais amis. On parle des choses sympathiques, mais je reçois parfois des confidences moins drôles ou on me demande un conseil. C’est facile de régler, il ne s’agit la plupart du temps que de quelques chamailleries ou conflits infantiles.

Mais dernièrement , la petite Anne est venue au cours avec les yeux rouges et si triste que cela m’a alertée. Cela ne semblait pas si léger, alors j’y suis allée avec tact.

-Ça va, Anne? La petite a éclaté en sanglots si déchirants et je me suis levée pour la conduire dans un endroit un peu plus intime et éviter les regards intrigués des autres. J’ai eu du mal à comprendre ses explications embrouillées entre deux hoquets, où le nom de Gigie revenait sans cesse.

En fin j’ai compris tout. Le papa d’Anne , un éleveur, avait eu des graves ennuis de travail et une partie des instruments et des animaux avait été saisie et vendue aux enchères, sur place.

Un boucher connu en ville, avait acheté le taureau et toutes les génisses, dont Gigie, que son père lui avait donnée en lui promettant qu’elle serai gardée pour la reproduction et jamais sacrifiée. On avait essayé de parlementer avec le boucher mais rien n’avait fait. Et Gigie fut embarquée avec les autres bêtes au grand désespoir d’Anne. Cela c’était passé la veille.

Mon sang n’a fait qu’un tour! Il était peut-être temps! Ah ! je me voyais en Don Quijote des génisses. Alors après une conversation avec la petite Anne nous ourdîmes un complot pour le lendemain matin , sans perdre du temps. Anne avec ses amis de l’école, préparerait des pancartes sans fautes d’orthographe et nous irions tous à la porte du boucher. Après j’alertais la presse.

Le lendemain je me suis retrouvée entourée d’enfants à la porte du boucher , tous munis d’une pancarte avec cet épitaphe: »Ci- gisent les gigots de la gentille génisse Gigie » Et pas une faute d’orthographe!

La presse a fait des gorges chaudes, le boucher a donne des ordres, Gigie est retournée chez Anne et je me suis retrouvée ici.

Et j’attends mon fils; en fin, je crois.

L’abeille et le frelon asiatique

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Source : Ouest France

L’abeille et le frelon asiatique

par Denis Jaffré, coprésident d’une association de lutte contre le frelon asiatique AAAFA,

La prolifération du frelon asiatique défraie la chronique régulièrement : elle menace les colonies d’abeilles sur notre territoire mais peut également être source de danger pour les humains.

A)L’ABEILLE ( apis mellifera & abeille noire apis mellifera mellifera)

a) un monde sans abeille ?

POLLINIQSTA MANUELLE
POLLINISATION MANUELLE SICHUAN Chine

aa) un constat
Le déclin des abeilles est un phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990. Globalement, la valeur économique du service de Lire la suite

Ploc, Ploc de Marcel Mescam

 

Ploc, Ploc

de Marcel Mescam (Décembre 2015)

Tout est calme, le robinet goutte comme toujours, on devine que je vais vite m’énerver. Et pourtant je suis si heureux de me plonger dans le poème « Ma Bohème », écrit par Arthur Rimbaud. Je suis assuré de ne pas être dérangé aujourd’hui, et d’ailleurs je m’inscris aux abonnés absents. Je vais essayer de comprendre, de décortiquer, et d’analyser ce texte. Je vais faire travailler mes méninges. Ploc ! Je suis bien calé entre deux coussins dans mon fauteuil, les pieds reposant sur la table basse. Ploc ! Je commence la lecture de ce poème datant d’octobre 1870.

Je m’en allais, les poings Ploc ! dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! Que Ploc ! d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon Ploci auberge était à la Grande Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de Ploc ! septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des Ploc ! lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Ploc !… Voilà ! Je suis un peu désappointé. Je pense que c’est une forme de sonnet de deux quatrains suivis de deux tercets en alexandrins, qu’affectionne tant mon ami Jean-Claude. Je m’aperçois que l’auteur utilise dès la première strophe le « je ». Il semble en colère « les poings dans mes poche crevées »… il s’en va… Ploc !… Je ne sais pas où, il erre, ce vagabond à « l’unique culotte au large trou ». Il s’identifie au Petit Poucet, mais pour lui, point de cailloux pour repères, mais les « étoiles au ciel ». Ploc !… Je commence à en avoir assez de ce robinet qui goutte !…Et d’Arthur qui n’arrête pas d’employer ce « je ». Ploc ! Moi aussi « je sens des gouttes » perler « à mon front » ; pas de « rosée », mais de sueur. Ploc ! Ça continue, Ploc ! Mon petit-fils, fidèle à son habitude, aura mal fermé le robinet de la cuisine. Ploc ! Je me trouve « au milieu des ombres fantastiques », j’estime que Rimbaud a pris quelques libertés dans les rimes des deux quatrains, et surtout le dernier vers que je ne comprends pas. Ploc ! Pour moi, « mes souliers » ne sont pas « blessés », mais mon cœur bat la chamade, au rythme des Ploc ! Ploc ! Ploc ! Je vais clore le bec de ce satané robinet.

ploc ploc

LA VIE ET L’EVOLUTION

LA VIE ET L’EVOLUTION

par M André RIO

M RIO
M RIO

D’où venons-nous ?

Le système solaire s’est formé il y a 5,5 milliards d’années par effondrement d’un immense nuage de gaz et de poussières, sous l’effet de sa propre masse. La plus grande partie des matériaux a constitué le Soleil, le reste les planètes, leurs satellites et autres objets célestes plus petits . La Terre, formée il y a 4,55 milliards d’années est seule à avoir toujours gardé de l’eau liquide à sa surface, ce qui a permis l’apparition de la vie il y a au moins 3,5 milliards d’années, son évolution et sa diversification depuis les premières cellules, bactéries, archées, puis eucaryotes et pluricellulaires jusqu’aux espèces actuelles.
Chaque cellule contient de l’acide désoxyribonucléique (ADN), une molécule géante, programme de synthèse des protéines, qui sont soit des constituants de la matière Lire la suite

Les origines du vin en Méditerranée occidentale et en Gaule

dom frère

Les origines du vin en Méditerranée occidentale et en Gaule

par Dominique Frère, maître de conférences en histoire ancienne et en archéologie à l’UBS .

AMPHORE GRECQUE
AMPHORE GRECQUE

Les historiens considéraient, jusqu’à une époque récente, que la fabrication du vin était le fait des Grecs, les populations protohistoriques de l’Europe occidentale n’ayant eu à leur disposition que de la bière, boisson typique du monde barbare. Des données récentes, fournies en particulier par l’archéo-botanique et la chimie moléculaire, nous fournissent des informations qui permettent de répondre à des questions demeurées sans réponse Lire la suite