LES GIGOTS DE GIGIE de MARIA MENS-CASAS VELA

LES GIGOTS DE GIGIE  de MARIA MENS-CASAS VELA

Je ne comprends pas comment je suis arrivée là. A mon âge-canonique- me retrouver au Commissariat de Police-avec des majuscules- de la ville où j’habite avec des policiers goguenards qui connaissaient mon défunt époux ! Et lui? Qu’est -ce qu’il dirait? Je préfère ne pas y penser!

Par égard pour mon âge et parce que c’est la première fois « et j’espère la dernière »   a ajouté le commissaire, je suis seule dans ma cellule provisoire, en attendant qu’on décide de mon sort.

Si jamais on porte plainte je vais devoir payer une amende et c’est mon fils qui par chance n’habite pas ici, qui doit venir la régler et « me prendre en charge » comme si j’étais atteinte de folie sénile!

Comment tout cela a-t-il commencé? Dans l’alphabétisation et l’aide scolaire pour des enfants de 6 à 9 ans je me suis fait des vrais amis. On parle des choses sympathiques, mais je reçois parfois des confidences moins drôles ou on me demande un conseil. C’est facile de régler, il ne s’agit la plupart du temps que de quelques chamailleries ou conflits infantiles.

Mais dernièrement , la petite Anne est venue au cours avec les yeux rouges et si triste que cela m’a alertée. Cela ne semblait pas si léger, alors j’y suis allée avec tact.

-Ça va, Anne? La petite a éclaté en sanglots si déchirants et je me suis levée pour la conduire dans un endroit un peu plus intime et éviter les regards intrigués des autres. J’ai eu du mal à comprendre ses explications embrouillées entre deux hoquets, où le nom de Gigie revenait sans cesse.

En fin j’ai compris tout. Le papa d’Anne , un éleveur, avait eu des graves ennuis de travail et une partie des instruments et des animaux avait été saisie et vendue aux enchères, sur place.

Un boucher connu en ville, avait acheté le taureau et toutes les génisses, dont Gigie, que son père lui avait donnée en lui promettant qu’elle serai gardée pour la reproduction et jamais sacrifiée. On avait essayé de parlementer avec le boucher mais rien n’avait fait. Et Gigie fut embarquée avec les autres bêtes au grand désespoir d’Anne. Cela c’était passé la veille.

Mon sang n’a fait qu’un tour! Il était peut-être temps! Ah ! je me voyais en Don Quijote des génisses. Alors après une conversation avec la petite Anne nous ourdîmes un complot pour le lendemain matin , sans perdre du temps. Anne avec ses amis de l’école, préparerait des pancartes sans fautes d’orthographe et nous irions tous à la porte du boucher. Après j’alertais la presse.

Le lendemain je me suis retrouvée entourée d’enfants à la porte du boucher , tous munis d’une pancarte avec cet épitaphe: »Ci- gisent les gigots de la gentille génisse Gigie » Et pas une faute d’orthographe!

La presse a fait des gorges chaudes, le boucher a donne des ordres, Gigie est retournée chez Anne et je me suis retrouvée ici.

Et j’attends mon fils; en fin, je crois.

L’abeille et le frelon asiatique

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Source : Ouest France

L’abeille et le frelon asiatique

par Denis Jaffré, coprésident d’une association de lutte contre le frelon asiatique AAAFA,

La prolifération du frelon asiatique défraie la chronique régulièrement : elle menace les colonies d’abeilles sur notre territoire mais peut également être source de danger pour les humains.

A)L’ABEILLE ( apis mellifera & abeille noire apis mellifera mellifera)

a) un monde sans abeille ?

POLLINIQSTA MANUELLE
POLLINISATION MANUELLE SICHUAN Chine

aa) un constat
Le déclin des abeilles est un phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990. Globalement, la valeur économique du service de Lire la suite

Ploc, Ploc de Marcel Mescam

 

Ploc, Ploc

de Marcel Mescam (Décembre 2015)

Tout est calme, le robinet goutte comme toujours, on devine que je vais vite m’énerver. Et pourtant je suis si heureux de me plonger dans le poème « Ma Bohème », écrit par Arthur Rimbaud. Je suis assuré de ne pas être dérangé aujourd’hui, et d’ailleurs je m’inscris aux abonnés absents. Je vais essayer de comprendre, de décortiquer, et d’analyser ce texte. Je vais faire travailler mes méninges. Ploc ! Je suis bien calé entre deux coussins dans mon fauteuil, les pieds reposant sur la table basse. Ploc ! Je commence la lecture de ce poème datant d’octobre 1870.

Je m’en allais, les poings Ploc ! dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! Que Ploc ! d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon Ploci auberge était à la Grande Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de Ploc ! septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des Ploc ! lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Ploc !… Voilà ! Je suis un peu désappointé. Je pense que c’est une forme de sonnet de deux quatrains suivis de deux tercets en alexandrins, qu’affectionne tant mon ami Jean-Claude. Je m’aperçois que l’auteur utilise dès la première strophe le « je ». Il semble en colère « les poings dans mes poche crevées »… il s’en va… Ploc !… Je ne sais pas où, il erre, ce vagabond à « l’unique culotte au large trou ». Il s’identifie au Petit Poucet, mais pour lui, point de cailloux pour repères, mais les « étoiles au ciel ». Ploc !… Je commence à en avoir assez de ce robinet qui goutte !…Et d’Arthur qui n’arrête pas d’employer ce « je ». Ploc ! Moi aussi « je sens des gouttes » perler « à mon front » ; pas de « rosée », mais de sueur. Ploc ! Ça continue, Ploc ! Mon petit-fils, fidèle à son habitude, aura mal fermé le robinet de la cuisine. Ploc ! Je me trouve « au milieu des ombres fantastiques », j’estime que Rimbaud a pris quelques libertés dans les rimes des deux quatrains, et surtout le dernier vers que je ne comprends pas. Ploc ! Pour moi, « mes souliers » ne sont pas « blessés », mais mon cœur bat la chamade, au rythme des Ploc ! Ploc ! Ploc ! Je vais clore le bec de ce satané robinet.

ploc ploc

LA VIE ET L’EVOLUTION

LA VIE ET L’EVOLUTION

par M André RIO

M RIO
M RIO

D’où venons-nous ?

Le système solaire s’est formé il y a 5,5 milliards d’années par effondrement d’un immense nuage de gaz et de poussières, sous l’effet de sa propre masse. La plus grande partie des matériaux a constitué le Soleil, le reste les planètes, leurs satellites et autres objets célestes plus petits . La Terre, formée il y a 4,55 milliards d’années est seule à avoir toujours gardé de l’eau liquide à sa surface, ce qui a permis l’apparition de la vie il y a au moins 3,5 milliards d’années, son évolution et sa diversification depuis les premières cellules, bactéries, archées, puis eucaryotes et pluricellulaires jusqu’aux espèces actuelles.
Chaque cellule contient de l’acide désoxyribonucléique (ADN), une molécule géante, programme de synthèse des protéines, qui sont soit des constituants de la matière vivante soit des enzymes, catalyseurs et régulateurs de son activité, mais la plus simple est déjà un système très élaboré qui n’a pu apparaître qu’à la suite d’une longue macération entre des molécules préexistantes comme les acides aminés et les bases des acides nucléiques, qui peuvent se former spontanément et qu’on trouve même dans les météorites.
Deux sources d’information permettent de retracer les différentes étapes de l’évolution : les fossiles et la génétique. La fossilisation ne conserve que les parties dures des espèces , celles qui n’ont ni squelette ni carapace ne laissent presque pas de traces, et il faut des conditions exceptionnellement favorables pour conserver des vestiges des autres. Ce sont cependant ces vestiges qui ont permis, avant même la datation par radioactivité, d’établir la succession des différentes époques, chacune caractérisée par des fossiles spécifiques, les dépôts les plus récents au dessus des plus anciens, certains presque exempts de traces de vie correspondant à des extinctions massives.
La comparaison des ADN des espèces actuelles permet également d’établir leur généalogie et de situer leur ancêtre commun au départ d’une bifurcation. Le mécanisme de l’évolution a pour cause les mutations spontanées de l’ADN, favorables, indifférentes ou défavorables, qui permettent la survie des mieux adaptés aux conditions du moment et éliminent les autres, ce qui a provoqué l’apparition d’espèces de plus en plus évoluées, avec parfois des retours en arrière : perte des dents de tortues, des oiseaux et des baleines, atrophie des membres des mammifères marins. Les mécanismes fondamentaux de la vie sont apparus très tôt, avant même la séparation entre animaux et végétaux, et se retrouvent chez toutes les espèces actuelles, comme ceux qui commandent le développement d’un individu à partir d’une cellule reproductrice.

Les premières étapes de l’évolution.

Toutes les espèces actuelles ou disparues semblent avoir un ancêtre commun : LUCA (Last Universal Common Ancestor) , sorte de bactérie primitive qui aurait émergé parmi d’autres tentatives avortées. Les eucaryotes unicellulaires, plus élaborés, avec leur ADN isolé dans un noyau et une reproduction sexuée possible, considérés comme beaucoup plus récents, auraient , selon des découvertes récentes, émergé il y a 3,2 milliards d’années . De même, des fossiles de pluricellulaires encore discutés auraient plus de 2 milliards d’années. Plus prés de nous, on a établi l’existence d’une grande glaciation entre 650 et 635 millions d’années. Des animaux primitifs, les éponges et les cnidaires (hydres, anémones, méduses et coraux) apparaissent entre 635 et 542 millions d’années.
La faune d’Ediacara, de 635 à 542 millions d’années, se retrouve en Australie, au Canada, en Namibie et en Chine. Elle renferme des espèces plus variées, mais dont la plupart semblent avoir disparu sans laisser de descendants. Avec la faune de Burgess au Cambrien (542-480 millions d’années) , c’est une explosion du nombre et de la variété des espèces animales parmi lesquelles les ancêtres des espèces actuelles : arthropodes, mollusques, échinodermes, chordés, la plupart caractérisés par une symétrie bilatérale (un côté droit et un côté gauche) . On y trouve aussi du zooplankton . La plupart de ces espèces, herbivores ou carnivores, vivaient sur le fond, fixés ou rampants. A cette époque, presque tous les continents se trouvaient dans l’hémisphère sud. Après le Cambrien, l’Ordovicien se termine il y a 444 millions d’années par une extinction massive.

La sortie de l’eau.

Au Dévonien (411-353 millions d’années) se produit la sortie de l’eau d’espèces animales et végétales. Des poissons vivant à faible profondeur commencent à ramper sur le sol. Le premier, découvert récemment en Pologne est âgé de 395 millions d’années. Il est suivi de Tiktaalik âgé de380 millions d’années, trouvé dans l’île d’Ellesmere au Canada près du pôle nord qui possédait alors un climat tropical. C’est encore un poisson, mais avec quatre pattes et les yeux sur le sommet du crâne. Ichthyostega (360 millions d’années) est un batracien avec des pattes postérieures munies de doigts, des vertèbres différenciées et une longue queue. Le Dévonien se termine par une nouvelle extinction. Il est suivi par le Carbonifère au climat chaud et à la végétation abondante à l’origine de la houille.
Au cours du Permien (299-251 millions d’années) tous les continents se sont rassemblés en un bloc, la Pangée, désertique au centre et traversée par la chaîne Hercynienne déjà bien érodée, avec un climat chaud et sec. La faune comporte des reptiles mammaliens herbivores et carnivores, ancêtres des mammifères. Le Permien se termine par la plus massive des extinctions qui fait disparaître plus de 90% des espèces, et s’étale sur 200 000 ans. La cause la plus probable est un volcanisme intense avec une série d’épisodes actifs dont on retrouve les traces dans les trapps de Sibérie , immenses coulées de lave. Avec cette extinction se termine l’ère primaire.

Le secondaire et les dinosaures.

Le règne des dinosaures s’étend de 225 à 65 millions d’années, soit une durée de 160 millions d’années. Dès 235 millions, on trouve un fossile proche de leur ancêtre : Marasuchus ou lapin-crocodile. C’est un reptile de moins de 50 centimètres, bipède, dressé sur ses pattes postérieures et non rampant comme les crocodiles, ce qui favorise la marche et la course. C’est l’époque de la Pangée. La végétation comprend des fougères et des conifères. Parmi les autres espèces présentes, on trouve des reptiles mammaliens, des reptiles marins et des crocodiles. Les dinosaures sont exclusivement terrestres et deviennent vite dominants en nombre et en espèces. Tandis que les mammaliens disparaissent, les dinosaures, bipèdes et quadrupèdes, croissent en taille. Le fractionnement de la Pangée et la dispersion des continents favorisent la diversification des espèces. Le climat est chaud et il n’y a pas de calottes glaciaires . La flore se diversifie également . Il y a 65 millions d’années, une extinction massive fait disparaître les dinosaures, mais aussi 75% de toutes les espèces. Elle semble avoir eu des causes multiples et s’être étalée sur une longue période. L’une de ces causes serait la chute d’une météorite localisée au Yucatan, mise en évidence par l’existence d’une couche de sédiments très étroite enrichie en iridium, mais à la même époque se produisent trois phases successives d’éruptions volcaniques intenses dont on retrouve la trace dans les trapps du Deccan aux Indes. Sur des centaines de milliers d’années on observe aussi des extinctions d’invertébrés marins et une chute de la température. Les dinosaures sont peut-être aussi victimes de leur gigantisme qui entraîne une insuffisance de nourriture, alors que les crocodiles et les serpents survivent, ainsi que les oiseaux, leurs descendants directs.

L’évolution des végétaux.

Contrairement aux animaux, les végétaux peuvent synthétiser la matière vivante à partir de substances minérales, grâce à la photosynthèse au moyen de la chlorophylle. Il existe également des bactéries qui fixent l’azote atmosphérique nécessaire à la production d’acides aminés constituants des protéines. Des algues rouges, vertes puis brunes sont apparues il y a environ un milliard d’années, et les premières plantes terrestres vers 450 millions d’années, issues de la descendance d’algues vertes, des plantes à spores comme les mousses et les hépatiques. De 416 à 359 millions d’années apparaissent les plantes à feuilles et racines, fougères et lycopodes, puis de 359 à 299 des fougères arborescentes et des conifères (gymnospermes) . Les plantes à fleurs apparaissent il y a 145 millions d’années et représentent actuellement plus de 90% de la végétation, avec un nombre d’espèces évalué entre 350 000 et 400 000 contre 956 pour les gymnospermes.

La revanche des mammifères.

Issus des reptiles mammaliens, les premiers mammifères vivant il y a 225 millions d’années sont contemporains des premiers dinosaures mais encore discrets. Eomania scansoria ; le plus ancien placentaire connu, vivait il y a 125 millions d’années et mesurait quelques centimètres. Le marsupial Sinodelphys szalayi découvert prés de Pékin qui vivait à la même époque était une espèce grimpante munie de griffes et probablement insectivore. Cependant, on a découvert récemment un mammifère carnassier qui leur était contemporain, long d’un mètre et pesant 14 kg dont l’estomac renfermait un jeune dinosaure. On a trouvé également un piscivore nageur et une espèce de planeur muni d’une membrane entre les pattes . Dès cette époque il y avait donc déjà une grande diversité de mammifères. L’extinction des dinosaures a aussi touché les mammifères, en particulier les marsupiaux, mais les survivants se sont diversifiés et ont augmenté en taille et en masse.

L’origine des primates.

En 2009 on découvre un primate fossile Ida ou Darwinius masillae âgé de 47 millions d’années, mais ce n’est pas l’ancêtre des anthropoïdes, plutôt celui des lémuriens. Aucune trace de primate anthropoïde en Europe ni en Amérique du nord. Les premières trouvailles remontent à 1909-1910 en Egypte, au sud du Caire. Les fouilles sont reprises entre 1960 et 2000 et font découvrir une très grande diversité de primates anthropoïdes datés de 38 à 30 millions d’années. De 1980 à 1995, on découvre au Maroc et en Algérie des fossiles datés de 50 à 58 millions d’années. Plus récemment, (1990-2010) on trouve de nouveaux fossiles en Chine orientale, en Birmanie, Thaïlande, au Pakistan et aux Indes, des espèces petites mais nombreuses. L’origine des anthropoïdes est-elle africaine ou asiatique ? Il y aurait eu au Tertiaire des migrations d’Asie en Afrique, tandis que des singes asiatiques sont revenus d’Afrique en Asie. De nouvelles trouvailles apporteront sans doute de nouvelles informations. Quoi qu’il en soit, le genre Homo, beaucoup plus récent, est bien apparu en Afrique.

Les époques de la vie.

-650-635 millions d’années Glaciation
Protérozoïque -600-542
Paléozoïque Cambrien –542-488
Ordovicien –488-444 Extinction
(primaire) Silurien –444-416
Dévonien –416-359 Extinction
Carbonifère –359-299
Permien –299-251 Extinction
Mésozoïque Trias 251-201 Extinction
Jurassique –201-145
(secondaire) Crétacé –142-65 Extinction

Cénozoïque (tertiaire) –65-2,4
Eocène
Oligocène
Miocène
Pliocène

Bibliographie.

Les dossiers de la Recherche, mai 2010. La valse des espèces.
La Recherche, novembre 2010  p. 14. L’origine virale du placenta.
Pour la science, novembre 2010 p. 102 .Les horloges de l’évolution.
Le Monde, 20 août 2010. Une nouvelle histoire de la vie.

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PALEOANTHROPOLOGIE

A LA DECOUVERTE DE NOS ANCETRES.

Extraits du Dossier Pour la Science, octobre/ décembre 2007.

Les principaux fossiles connus actuellement, leur localisation et leur datation en millions d’années.(Ma).

Miocène : 22 à 5 Ma
Proconsul . 4 espèces ; Afrique de l’est ; 25 à 19 Ma.
Nombreuses autres espèces de singes en Afrique de 22 à 17 Ma
Migration vers l’Eurasie ; 16,5 Ma
Héliopithecus en Arabie.
Sivapithecus et Ramapithecus ( femelle du précédent) en Indes ; 16 Ma.
Ouranopithecus en Grèce ; 14 Ma
Dryopithecus ; nombreuses espèces dont une dans les Pyrénées ; 14 à 7 Ma.
Chororapithecus. Ethiopie ; 10Ma. , et Samburupithèque ; Kenya ; 9,5 Ma.
Oréopithecus en Italie ; 7 à 5 Ma .
Sahelanthropus tchadensis (Toumaï) Tchad 7 Ma .
Orrorin tugenensis , Kenya ; 6 Ma ;
Pliocène : 5 à 1 Ma.
Refroidissement ; disparition des singes en Europe. En Asie, après Sivapithecus, migration vers le sud aboutissant à l’orang-outan. En Afrique :
Ardipithecus ; Ethiopie ; 4,4 Ma.
Australopithecus ; nombreuses espèces :
A A.anamensis Kenya ; 4,2 Ma.
A. afarensis, de l’Ethiopie à la Tanzanie ; 3,8 à 3 Ma. dont Selam( femelle de 3 ans), 3,3 Ma, et Lucy, 3,2 Ma.
A. bahrelghazali, (Abel) ; Tchad ; 3,5 à 3 Ma.
A. garbi ; Ethiopie ; 2,5 Ma.
Paranthropus aethiopius ; Kenya ; 2,5 Ma.
P. boisei ; Afrique de l’est ; 2,2 Ma.
P. robustus ; Afrique du sud ; 1,6 Ma.
Homo habilis ; Afrique de l’est et du sud ; 2,5 à 1 ;8 Ma.
H. rudolfensis, mêmes sites et mêmes dates.
H. ergaster ; Kenya ; 1,9 à 1,8 Ma.
Pléistocène : 1 Ma.
H. erectus ; Chine et Java; 1 Ma à 400 000ans.
H. ancestor ; Europe ; 800 000 ans.
H. heidelbergensis ; Afrique ; 600 000 ans ; Europe ; 500 000 à 200 000 ans.
H. neanderthalensis ; Europe et Proche Orient ; 200 000 à 30 000 ans.
H. sapiens ; Afrique ; 200 000 à 150 000 ans ; Israël ; 100 000 ans ; Europe ; 40 000 ans.

Cet état actuel des connaissances doit être considéré avec beaucoup de prudence : les fossiles découverts ne représentent qu’une infime partie des espèces qui se sont succédées pendant plus de 20 millions d’années, et consistent le plus souvent en quelques dents, quelques débris d’os, rarement un crâne, et exceptionnellement un squelette presque complet. Définir des espèces dans ces conditions paraît aventuré ; les hypothèses du moment peuvent être remises en question par de nouvelles trouvailles comme celle de Toumaï au Tchad, là où on croyait qu’il n’y avait rien, ou plus récemment celle du Chlororapithecus en Ethiopie, alors qu’on pensait que les grands singes avaient disparu d’Afrique entre 14 et 7 millions d’années avant de revenir d’Eurasie.
Dans ce foisonnement d’espèces, il est impossible actuellement de dire lesquelles ont abouti à l’Homme et aux grands singes actuels, et à quelle époque s’est faite la séparation.

Les données de la génétique.

Elles concernent essentiellement le génome des espèces actuelles, et particulièrement l’ADN mitochondrial transmis par les mères et le chromosome Y par les pères. Des fossiles relativement récents comme ceux de Neandertal ont pu aussi être exploités, ce qui a montré qu’il est nettement différent de H. sapiens.
Le génome de l’homme est très proche de celui du chimpanzé, soit 98 à 99% en moyenne ; mais varie selon les gènes. Le gorille est statistiquement plus éloigné, et l’orang-outan encore plus. Selon les estimations les plus récentes, l’orang-outan aurait divergé il y a 17 à 20 millions d’années, l’homme et le chimpanzé 7,6 millions et ce dernier du gorille à une date voisine.
Deux scénarios s’opposent sur l’origine de l’homme moderne : Selon le premier, H. sapiens serait apparu en Afrique il y a environ 200 000 ans, se serait répandu dans tous les continents et aurait remplacé progressivement les espèces plus anciennes. Le second , beaucoup moins vraisemblable, suppose que les différentes espèces anciennes auraient évolué simultanément vers une espèce unique, la notre.
On remarque que les distances géographiques sont corrélées aux distances génétiques et aussi, en Afrique, aux distances linguistiques. Les premières migrations de H. sapiens vers l’Eurasie, il y a environ 50 000 ans, auraient été suivies de migrations en sens inverse ; et c’est en Afrique que la diversité génétique est la plus grande.
Au total, une masse de données assez confuses, tirées essentiellement du génome des espèces actuelles, suggèrent un passé très compliqué, mais vont dans le sens des données paléontologiques.

Comment l’homme se distingue-t-il des singes ?

La bipédie. Seul l’homme est exclusivement bipède, ce qui se caractérise par la position du trou occipital à la verticale du corps et par la conformation du fémur et du genou. Toumaï et Orrorin semblent avoir été bipèdes, ainsi que les australopithèques, mais il semble avoir existé des variantes dans la bipédie, et il y a encore beaucoup d’incertitudes, les restes dont on dispose étant très fragmentaires.
Les performances intellectuelles. Celles de l’homme sont évidemment très supérieures à celles grands singes, mais s’agit-il seulement d’aptitudes plus développées ou d’un avantage spécifique ? La première hypothèse paraît la plus vraisemblable. Les grands singes, le chimpanzé en particulier, sont parmi les rares animaux capables de se reconnaître dans un miroir, de programmer l’emploi d’outils de pressentir ce que pense un partenaire et de lui transmettre des apprentissages.
Les espèces qui ont précédé H. sapiens étaient évidemment beaucoup plus évoluées et savaient utiliser le feu depuis 400 000 ans ; Neandertal enterrait parfois ses morts, mais aucune n’a survécu à la concurrence du dernier venu.

Les origines du vin en Méditerranée occidentale et en Gaule

dom frère

Les origines du vin en Méditerranée occidentale et en Gaule

par Dominique Frère, maître de conférences en histoire ancienne et en archéologie à l’UBS .

AMPHORE GRECQUE
AMPHORE GRECQUE

Les historiens considéraient, jusqu’à une époque récente, que la fabrication du vin était le fait des Grecs, les populations protohistoriques de l’Europe occidentale n’ayant eu à leur disposition que de la bière, boisson typique du monde barbare. Des données récentes, fournies en particulier par l’archéo-botanique et la chimie moléculaire, nous fournissent des informations qui permettent de répondre à des questions demeurées sans réponse Lire la suite