« L’orchestre » de J-Claude Guichen

L’orchestre.

de J-C Guichen

Il y a parfois de petits textes que des amis soumettent à votre jugement : pouvez-vous y trouver un imparfait qui trouble votre présent, une strophe, un paragraphe
Qui alourdit les arpèges de votre petite musique écrite en rondes, en noires, en double- croches sur la portée de vos souvenirs ?
Moi, quand le récit me touche je ne suis pas un bon lecteur, il en appelle à ma mémoire et au diable les virgules, je vogue par delà les violons et lis avec le cœur.
Pendant que les corrections, la plupart du temps justifiées et pertinentes, vont bon train, je me souviens des dimanches à Pont-l’Abbé salle Kerloc’h de ces petits bals qui s’appelaient, qui s’appelaient…
Certes il y avait une fois ou deux dans l’année un grand du musette : Aimable ou Verschueren mais leur notoriété rendait difficile l’invitation à la valse sur une piste envahie par la foule.
Fort heureusement de plus petites affiches, proposaient des formations dont je n’ai retenu ni le nom, ni l’habit des musiciens, mais le charme des paso-doble, des tangos, des rumbas opérait toujours. Bien sûr j’aurais aimé moi aussi, porté par les trilles de l’accordéon, l’âcreté du bandonéon ou le sirop d’un saxophone, dessiner des pas pour éblouir ma cavalière.
Hélas un vilain petit canard ne se change pas en cygne d’un coup de baguette magique, fût-elle celle du chef d’orchestre.

Moi de ce passé qui s’estompe
Reste un accord de guitare
Qui peut-être me trompe.
Défaillante mémoire.

Pourtant, de résonances en résonances
Il y a là toute la gamme des souvenances.