La prison en France : historique, état des lieux, utilité

lavocat-reste-actif-pendant-sa-retraiteLa Prison en France

par Alain GUILLOUX  , avocat pénaliste Vannes
1 Histoire de la Prison

Dans l’Antiquité, point de prison. Le prévenu pouvait être mis en dans un lieu de rétention avant sa présentation devant le juge. La sentence , s’il était jugé coupable : esclavage, exil, travail dans les mines , galères ;
Au Moyen Âge, la prison n’existe toujours pas. Seule existe la rétention pour s’assurer de la présentation du prévenu devant le juge .La condamnation : peines corporelles,pilori, carcan…
Exception : les tribunaux ecclésiastiques ne pouvant condamner à mort invente la peine d’enfermement:
-condamnation au « murus largus » ( possibilité de recevoir, de sortir…) voisin de l’assignation à résidence
-condamnation au « murus durus » enchainement pieds et mains au mur vertical avec isolement total
cachotAncien Régime : la prison arrive de manière insidieuse. Le Roi par lettre de cachet peut isoler selon son bon vouloir , et pour une durée de son choix tout individu  à la Bastille et dans d’autres lieux sur le territoire . Par exemple l’intendant Fouquet ,Voltaire , le Marquis de Sade y goûteront.
La hiérarchie sociale se retrouve dans les prisons ( anciens pensionnats ou monastères) qui comprennent deux quartiers, le quartier du commun et le quartier de la pistole (riches payant des frais de geôlage pour disposer d’une chambre à part et autres commodités : vivres, boissons, livres)
Particularité : jusqu’en 1837 , une condamnation d’emprisonnement pour dettes. Lire la suite

Georges Bernanos : un écrivain du libre par Yves Goulm

Georges Bernanos : un écrivain du libre

par Yves Goulm, écrivain-conférencier

Auteur controversé de son vivant, scrutateur de la condition humaine, polémiste clairvoyant lors de la montée du fascisme en Europe (sacrifier la liberté à la sécurité, c’est à terme perdre les deux), il verra son étoile pâlir bien vite après la Libération, à l’inverse de celle d’un Camus ou d’un Sartre

_Georges-Bernanos_4245Né à Paris en 1888, Georges Bernanos passe sa jeunesse en Artois. Cette région du Nord marquera profondément son enfance et son adolescence, et constituera le décor de la plupart de ses romans.
Son père, Émile Bernanos, est un tapissier décorateur ; sa mère est issue d’une famille de Lire la suite

Éternels par J-C Le Scour

Éternels

(Nouvelle écrite à partir de textes précédents)

de J-C Le Scour

C’est aujourd’hui, 25 février 2015, qu’est prévu le rendez-vous dans la salle panoramique. Le repas sera suivi du Grand Bal.
Albert, le chef d’orchestre, arrive le premier. Il pose avec mille précautions son accordéon sur la petite table de coin. Il enlève son manteau qu’il remplacera, le moment venu, par sa veste dont le bleu tranche avec le rose de celle de ses partenaires. Il adresse un pâle sourire teinté de nostalgie à Pierre, le Maître de cérémonie qui, attentionné, courtois, lui propose de s’asseoir et lui demande si les autres convives le suivent. « Ils ne tarderont pas » répond Albert, un tantinet mystérieux. « J’ai donné le la, ils en prendront bonne note ».
Jeannot se présente bientôt. Il connaît la partition sur le bout des doigts, des doigts qui tant de fois ont manié l’archet pour caresser les cordes du violon jusqu’à fendre son âme et le cœur des danseurs. Il prend place près d’Albert. Une mèche libre et rebelle lui barre le front. La fine moustache renforce son petit air goguenard, frondeur, gentiment moqueur. Bon vivant, Jeannot aime la valse et la java.
Fernando ouvre la porte, trompette sous le bras. Racé, élégant comme aux plus beaux jours, le fils d’immigré espagnol qui avait fui le franquisme pour la France, s’installe en chantonnant. Sa voix venue d’ailleurs apporte à l’orchestre une savoureuse touche d’exotisme.
Georges est le quatrième. Personne ne l’a vu venir. Il est si discret en toute chose. Il se déplace toujours sur le mode piano-pianissimo-incognito.
François, la joie faite homme, sourire magnifique, franc et direct, salue à la cantonade. Il n’a pu se résoudre à choisir entre le bandonéon et l’accordéon. Il les pose délicatement sur la table où repose déjà l’instrument de son frère Albert. Il sait tirer de son bandonéon d’admirables sons plaintifs et lancinants. Il interprète des tangos inoubliables, à faire pleurer. Chacun, tour à tour, reçoit son amicale accolade.
Roger surgit un peu plus tard, d’humeur maussade. Il maugrée, comme souvent. Pas étonnant qu’il sache si bien faire pleurer son trombone à coulisse. C’est ça, l’ami Roger, un écorché vif, un révolté de chaque instant, mais un homme attachant, un touche-à-tout capable de troquer son trombone pour le violon ou de chanter des slows langoureux.
Il ne manque plus que l’autre Roger et sa guitare. Elle est swing, il est slow, jamais pressé. Il accompagne ses amis virtuoses vers des Everest de la musique, aussi discrètement qu’efficacement. Fidèle parmi les fidèles, son retard surprend et inquiète ses amis. Pourquoi n’est-il pas là ?
C’est le moment de passer à table. Roger les rejoindra plus tard. Le dîner se déroule dans une ambiance potache. Tous savourent les mets délicats, le potage aux perles de pluie, les fruits de la mer galaxie, les nuages de glace nappés de flocons de neige fine et sucrée, les croissants de lune aux lumières diaprées, sans négliger les divins nectars qui accompagnent la succession de plats pour le bonheur de tous.
Dieu que c’est bon ! L’absence de Roger le guitariste est le seul grain de sable. Pourquoi diable se fait-il attendre ? Faut-il prier pour le faire venir ? Les danseurs piaffent d »impatience. De là à souhaiter sa mort il n’y a qu’un pas que tous franchissent allègrement.
Rien n’échappe au grand Ordonnateur, il y va de sa réputation. Il pense d’ailleurs qu’un peu de détente en musique le sortira de la routine et de l’ennui qui se sont subrepticement installés au fil des siècles. Il juge, en son âme et conscience, qu’il est l’heure de rappeler Roger à lui. Roger a donc rendu l’âme et l’ascenseur céleste le conduit directement à la porte du paradis des musiciens. Il paraît à la fois triste d’avoir dû quitter ceux qu’il aimait sur terre et ravi de revoir ses amis qui ont quitté le bas monde avant lui.
Feu l’orchestre Scouarnec est maintenant au complet. En avant la musique, vive la danse ! Les musiciens s’installent sur l’estrade enfumée d’un halo de brume ouatée. Dès les premières notes la foule des danseuses et danseurs, aux anges, envahit la piste. Ils pourraient se croire en Argentine lorsque l’orchestre entame La Cumparsita, Violetta ou Adios muchachos. Nul ne risquera un malicieux « place aux jeunes ». En ce lieu il n’y a plus d’âge.
Le bal des éternels ne fait que commencer.

la Syrie et l’Etat Islamique

 

La Syrie et l’Etat Islamique  ( oct.2015)

par M COLLAS, professeur à l’UBSplusieurs-conferences-avec-luniversite-du-temps-libre

La guerre civile syrienne est un condensé des problèmes vécus par le monde arabe actuellement.
-une lutte entre chiites et sunnites
-un modèle occidental laïc qui cède la place à une ré-islamisation
-la fin d’un monde hérité du partage effectué à la fin de la 1ère WW
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