Le réchauffement climatique par Laurent Labeyrie

Le réchauffement climatique

laurent labeyrie par Laurent Labeyrie, co-Président de l’association “Clim’actions Bretagne Sud”
1 le constat : le réchauffement climatique

a) généralités sur le climat

effetdeserre_naturelLe climat est d’abord une moyenne des paramètres météorologiques à un endroit donné, mais c’est aussi l’ensemble de tous les éléments terrestres qui participent, d’une manière ou d’une autre, à son équilibre énergétique d’ensemble : les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le rayonnement des sols (visible et infra rouge), le déplacement des océans, les surfaces englacées… Ces composantes influent les unes sur les autres, et toutes sur le climat, à différentes échelles de temps. C’est cela qui rend l’étude des changements climatiques (qu’ils soient passés, présents ou futurs) si complexe. A chaque variation du climat, la Terre a connu des changements du niveau de la mer et les crises environnementales se sont multipliées. L’évolution du vivant s’est construite sur ces crises.

b)des modifications liées à l’activité humaine ( l’industrialisation)

Au début du XXième siècle, la Température moyenne  globale était de +15°C, maintenant elle est voisine +16°C. Ce réchauffement ne se fait pas uniformément ( fortes disparités régionales) et s’ accompagne d’une montée du gaz carbonique dans l’atmosphère de 30% (de 280 à 400 ppm), et du niveau moyen des océans de plus de 30 cm. De plus en plus d’indices semblent montrer, en parallèle, une augmentation des fréquences (et peut-être de l’intensité) des évènements météorologiques extrêmes, l’augmentation des dégâts étant en grande partie liée à l’expansion humaine sur tous les territoires.

Tous les modèles montrent que le réchauffement et la fonte des glaces ne peuvent que s’accentuer dans le futur, avec la poursuite continue des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les climatosceptiques appuyés par les lobbies du pétrole et du charbon se font de plus en plus rares…

2 la prise de conscience par la communauté internationale

a) la création du GIEC

Conscients du problème, les pays membres des Nations Unis ont initié en premier lieu (1988) un suivi exhaustif des progrès scientifiques sur le sujet. C’est le rôle du GIEC (Groupe International des Experts sur le Climat), qui produit une synthèse des progrès les plus récents tous les 5 ans environ. Une « convention cadre sur le climat » a été créée à la suite (1992), convention qui se réunit chaque année (la Conférence des Parties : COP ) pour travailler sur la construction d’un accord mondial sur la modération des changements climatiques et de leurs conséquences, en particulier pour les pays pauvres.

b) les différents scenarii en fonction du niveau de ce réchauffement

Les travaux suscités par le GIEC ont montré qu’avec l’effort de tous le réchauffement global pourrait être limité à +2°C, soit le climat du dernier interglaciaire il y a 120 000 ans. Les conséquences sociales et économiques resteraient gérables.

Par contre, poursuivre la tendance actuelle conduirait à un réchauffement de 3 à 5°C, s’approchant dangereusement des températures moyennes que la Terre n’a pas connu depuis 70 millions d’année, ce qui serait une catastrophe pour l’ensemble des éléments naturels sur lesquels l’économie et les sociétés des hommes s’appuient.( désertification de zones entières de la planète, submersion de terres et de villes, migration des populations,etc)

c) l’implication de tous

Mais l’avenir ne dépend pas que de nos gouvernants et des accords internationaux. Ce sont les acteurs de la vie civile, les citoyens, nous tous, qui créeront notre avenir et l’avenir des générations futures. Nous devons agir, chacun, à titre personnel et collectif. Tant de choses sont possibles, tant du coté de l’énergie que de l’habitat, du transport, de l’agriculture, de la gestion de notre environnement, de la biosphère…