lectures d’été d’Annette n°4

Homesman de Glendon Swarthout

 

homesmanLes grandes plaines au cœur des USA au XIXème siècle. Cet année l’hiver a été si rude que 4 femmes de ce village près du Loup, la « ville » la plus proche(45km) ont sombré dans la folie. Le village décide de les renvoyer vers l’Est dans leurs familles respectives. Toutes les quatre mariées, trois ont des enfants. Mary Bee célibataire, femme forte , ancienne institutrice , qui a monté sa ferme et qui en vit se charge de les accompagner.
Malgré son courage, elle prend conscience qu’elle ne pourra mener à bien sa tâche seule. Elle engage un vagabond, un voleur pour la seconder . Elle le rétribuera à la fin du voyage.
Le convoi se met en route. Que de difficultés ! Mary Bee sent son énergie péricliter. Parviendra-t-elle au bout de son entreprise ? Quant à l’homme qui l’accompagne, que devient-il ? Comment évolue-t-il ? Sur quoi, sur qui compter ?
L’écriture est belle. Beauté des paysages, le printemps, les grands espaces. Rudesse de la vie, rudesse des humains et leur égoïsme.

Contes d’un matin de Jean Giraudoux

11 contes et un appendice
Contes fantaisistes racontés sur un ton sérieux révélant un humour aussi sérieux. Parfum d’autrefois. Pas de gaieté, plutôt fataliste mais extravagant.
Giraudoux fait appel à une logique qui semble, dès l’abord, rigoureux mais dérape au gré de son imagination.
L’appendice m’a semblé différent dans l’esprit plus éloigné de la réalité. Pour les 10 autres, j’ai envie de dire : c’est la vie ! En fin…peut-être.

Femmes d’Alger d’Assia Djebar

femems d alger_quelques nouvelles( quelques poèmes )
Les femmes d’Alger mutilées, englouties dans les coutumes, les interdits de la religion. Elles naissent, subissent, se taisent, enfantent et meurent. Les hommes, lointains que l’on attend, proches qui parfois torturent. Femmes infantilisées, qui travaillent toujours cachées, toujours à l’intérieur.
Beauté poétique de ce livre. Tragédie de la colonisation qui n’émancipe pas, mais resserre l’étau. Et aussi solitude,misère.

Eldorado de Laurent Gaudé

eldoradoL’émigration. Un commandant de bateau à la recherche des épaves sur la mer chargées d’émigrés, abandonnés dans leur épave à la dérive. Des émigrés qui rêvent de rejoindre l’Europe : leur Eldorado.
La misère des émigrés. Leurs tentatives de parvenir à leur but. Nombreux sont ceux qui meurent en route. Moins nombreux sont ceux qui arrivent. Histoire de Soleïman qui réussit grâce à son amitié avec Boubakar et réciproquement. Le commandant écœuré, désespéré, après avoir redonné de l’espoir, trouve enfin le bonheur dans la mort.
Lugubre et beau

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

americanah _En Afrique, Ifemelu et Obinze s’aiment intensément, profondément. Obinze rêve de partir étudier en Amérique mais n’obtient pas ce droit.
Ifémélu l’obtient et part. Les difficultés matérielles qu’elle éprouve en Amérique la mène à un compromis tel quelle n’ose pus entretenir ses relations avec Obinze, qui lui ne pourra partir que pour l’Angleterre d’où il reviendra piteusement.
De retour au pays, il trouve le moyen de s’enrichir. Ifémélu, études brillamment terminées rentre également au pays, trouve du travail et conquiert son indépendance.
Sauront-ils se retrouver ?
Bois II d ‘Elisabeth Filhol

Une usine qui va fermer, comme tant d’autres de nos jours. Une usine déclarée « non rentable » après diverses ventes ; les salariés au chômage.
Dernière entrevue , longuement préparée par les travailleurs avec le directeur pour fixer les indemnités.
Un directeur « réquisitionné »
Son endurance, son mépris, son inflexibilité, son indifférence.
Les ouvriers, leurs affres, leur détermination, leur peur. Cette discussion longuement préparée mais l’inégalité entre les deux adversaires….
Pendant tout cela, la vie autour de l’usine, les paysages, l’histoire et aussi les problèmes du chômage qui ne se résument pas au manque d’argent.

lectures d’été d’Annette n°3

Truismes de Marie Darrieussecq

truismes_« Je sais à quel point cette histoire pourra semer de trouble et d’angoisse, à quel point elle perturbera de gens ».
C’est la première phrase de ce livre. Le style, l’écriture n’en sont pas le principal intérêt. Le narrateur est le personnage du livre. Il cherche un travail. Celui qu’il (elle) trouve dans une parfumerie lui convient très bien.

 

Vous avez vite compris qu’il s’agit d’une parfumerie… spéciale. Personnes pudiques s’abstenir. Cependant pas de vulgarité : un chat est un chat. Ce livre aurait pu porter un sous-titre : loufoque ( cf vers la fin du livre).

 

Amusement de l’auteur ? Humour ? Bizarre assurément.
Ne pas s’imaginer ce livre sans intérêt, sans rapport avec la vie actuelle. En vacances, on peut tout se permettre.
P.S. : Marie Darrieussecq est romancière et psychanalyste.

Timimoun de Rachid Boudgedra

timimounLe personnage principal raconte son histoire durant un périple au cœur du Sahara. Il conduit un vieux car qu’il a acheté très bon marché. Sa carcasse, vieille, s’avère très solide mais passée de mode. Il refait le moteur à neuf lui-même. Il a 40 ans, n’a jamais été amoureux. Voilà que, durant ce voyage où il guide un groupe de touristes, il est attiré par Sarah. Il connait pour la première fois les affres de l’amour, lui, si grand, si laid, alcoolique de surcroît.

Les descriptions de ce désert tiennent une grande place. C’est un personnage important, avec ses dangers, ses beautés fabuleuses, ses changements selon l’heure du jour et de la nuit, au gré des vents. Importance du car et aussi de ses deux amis. Il se remémore son frère aîné écrasé par un tramway, sa vie passée. Il décrit sa peur récurrente, ses angoisses.
Tout cela dans une ambiance d’attentats terroristes horribles, lus dans les journaux, entendus à la radio, seulement énoncés sous forme de communiqués.
Pour moi, c’est un très beau livre.