les lectures d’été d’Annette M.

leon l'africain« Léon l’Africain » d’Amin Maalouf

Cette histoire se passe entre 1488 et 1527 entre Grenade et l’Afrique ; elle nous entraîne même à Rome.
Sous forme d’autobiographie, nous voilà emmenés dans les différents exils du héros. Entre de grandes peurs et de grands bonheurs, entre la pauvreté extrême et la richesse , nous le suivons dans ses divers voyages, voyage de jeune homme accompagnant son oncle, voyages de commerçant, voyages de diplomate, voyages de fuite….Cet homme connaît une vie mouvementée où les dangers ne lui sont pas épargnés, pas même la prison.
Bien sûr, l’amour participe à, ou même cause ses aventures . Le tout avec une vision du musulman de la Renaissance, musulman instruit, très cultivé, poète, qui sait exprimer la beauté, que ce soit celle d’un paysage, d’un corps, ou d’une œuvre d’art.
Beau voyage dans le temps et l’espace pour les vacances.
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« L’énigme du retour » de Deny Laferrière

l'enigme« Mon père vient de mourir ». L’auteur, parle, raconte à la première personne. Le narrateur retourne au pays : Haïti. Pourtant, il s’est installé et mène une vie d’écrivain depuis 30 ans qu’il est parti.
Son père, un exilé politique lui aussi, Sous les dictatures de Papa Doc et de Bébé Doc.
La femme, la mère subissent la solitude dans laquelle les laissent ces exils successifs. Le fils revient mais 30 ans d’exil ne s’effaceront pas pour des raisons de militantisme. Le neveu, il l’emmènera das ses différents périples au sein de l’île et cependant il ne revient pas vivre dans la maison des siens.
Il donnera à voir au neveu jamais sorti de sa ville les artistes, les jeunes filles mais aussi la misère, la faim au long de son parcours sur les traces de son père.
Ton grave, doux , rêveur, plein de charme, de mélancolie.
Forme : long poème en prose avec des strophes parfois.
On se laisse guider avec bonheur ( celui du lecteur) et hargne (celle de l’observateur de la société haïtienne et de ses malheurs).
Ce parcours, ce retour mènera document le personnage vers la mort.
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« Le héron de Guernica » d’Antoine Choplin

le héronBasilio est à Paris . C’est un peintre autodidacte. A Guernica, il avait peint un héron, puis le même blessé lors du terrible bombardement qui a anéanti le village. Le père Eusébio a admiré son œuvre, lui a conseillé d’aller à Paris voir l’œuvre de Picasso : Guernica. Peut-être pourrait-il rencontrer Picasso ? Qui sait? Peut-être que Picasso lui-même voudrait jeter un oeil sur ses toiles? Car peindre l’horreur de la guerre, représenter avec autant de force ce bombardement sans l’avoir vu de ses propres yeux, c’est ce qui interpelle Basilio au moment même où il vient à la rencontre du maître pour lui montrer ses propres peintures.

Basilio à Paris puis à Guernica. D’abord la vie , y compris Basilio peignant le héron le matin pour Célestine, puis la mort de Guernica rasé par le bombardement,… après toute cette mort, Basilio et le héron blessé, le sang du héron sur la toile ;
De magnifiques descriptions d’atmosphères, de paysages, des êtres vivants, puis de la mort répandue, des décombres, de l’horreur.
Pas d’épanchement. Des descriptions, des faits : l’horreur
L’art témoin. Touchant. Humain. Très beau.