Mars 2015 – Soumission de Michel Houellebecq

soumission houellebecqDans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.
Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

 

 

Appréciation : atmosphère passionnée autour de ce livre provocateur de 300 pages, apprécié par certains , peu goûté par d’autres…( snobisme de l’auteur , déréliction du personnage)

Crimes et chocolat par Chantal Pommier

le 09 avril 2015 à Langolvas

Crimes et chocolat

Quoi de plus sensuel, de plus festif que de siroter un chocolat mousseux ou de déguster une bouchée pralinée ? Qui soupçonnerait alors que le « nectar des dieux » pourrait sceller un pacte avec la mort ?
A la fin du Moyen Age, le port d’armes était interdit aux femmes, aux ecclésiastiques et aux gens de rien qui avaient alors fréquemment recours au poison pour se débarrasser de manière définitive des importuns.Le chocolat empoisonné pouvait paraître une arme idéale

1 le chocolat et les européens

 

Hernan Cortès découvre le breuvage chocolaté en 1519. Il est le premier à en rapporter en 1528 , à ses maîtres d’Espagne  . Dès le 17 ème siècle, le chocolat devient une boisson très appréciée de l’aristocratie et du clergé espagnol. Son commerce s’étend alors aux autres colonies espagnoles comme les Pays Bas.
L’arrivée du chocolat en France a commencé avec l’exil des juifs d’Espagne et du Portugal qui fuyaient l’Inquisition et qui sont venus se réfugier en transportant le chocolat dans leurs valises . De nombreux marranes s’installent notamment à Bayonne après 1609 ; ils sont à l’origine de l’introduction du chocolat en France.

2 les crimes associés au chocolat

Les annales judiciaires toutefois ne regorgent pas de procès retentissants alliant crime et chocolat
Don Bernard de Salazar, évêque mexicain, en 1630, aurait été empoisonné  par un verre de chocolat suite à la menace d’excommunication de toutes celles qui se gavaient de la boisson lors des offices religieux.
Antoine-François Desrue, épicier parisien qui, au lieu de payer une dette auprès de Mme de Lamotte l’empoisonna avec du chocolat, fit de même avec le fils mais échoua avec le père.
En 1774, le pape Clément XIV aurait été empoisonné avec du chocolat selon la lettre d’un diplomate. Doute sur la tentative d’empoisonnement sur Frédéric II

Une dernière affaire en  2008 : celle de la bouchée Mon chéri posée, avec un petit mot doux, sur le pare-brise d’un maire d’une petite ville touristique autrichienne, qui la mange imprudemment. La liqueur était lestée de sept-cent milligrammes de strychnine ! Le maire s’en sort mais dans quel état ! L’empoisonneur dont le geste s’expliquait par un refus de permis de construire a quant à lui tout le restant de ses jours pour méditer sur les bienfaits du chocolat, et ceci derrière les barreaux…
D’autre part, les « crimes par chocolat » inspirèrent aussi écrivains et cinéastes (Sade, Agatha Christie, Chabrol….) qui les mirent en scène dans leurs œuvres.
Dans « Chocolat » publié en 1921, destiné avant tout à l’édification politique et morale, mêlant intrigue policière et morale ,Alexandre Tarassov-Rodionov est allé trop loin en dévoilant certains tabous : les rouages du système policier qui se mettait en place et la misère du peuple.
Cette description conduisit son auteur au peloton d’exécution en 1938 .
Le chocolat peut également détruire indirectement, insidieusement, faire mourir à petit feu les enfants dans les champs de cacaoyers ( conditions de travail ) ou éliminer ceux qui s’intéressent de trop près à la « filière cacao ».

Professeur de lettres, comédienne, Chantal Pommier a d’abord écrit pour le théâtre et ensuite étudié les similitudes entre George Sand et Colette.

Mythique Irlande de Maria

Mythique Irlande

de   Maria Mens- Casas Vela

Et pourtant cela avait bien commencé.
Le voyage en Irlande, nous l’avons préparé depuis l’hiver, pour le mois d’août, avec toute la minutie que nous dictait notre enthousiasme. Grands et petits étions disposés à toute éventualité, comme à essuyer des tempêtes de vent et de pluie, à nous promener dans les landes humides, grimper dans les collines, parler aux habitants (dans la mesure du possible) écouter de la musique dans les « pubs » traditionnels… Bref, les clichés typiques des films irlandais, et l’envie de vivre la vie quotidienne dans ce mythique pays.
Nous avions les billets pour le bateau depuis plusieurs mois, et de la monnaie irlandaise. Nos trois derniers enfants qui nous accompagnaient, passablement survoltés, avaient préparé les planches-à-voile et mon mari marquait des sites sur les cartes et parlait de grands espaces à parcourir. Pour cela il y avait le camping-car, d’une marque italienne, dont le constructeur avait pensé à tout, pour notre commodité. C’était notre « maison de campagne » mobile, qui nous permettait de changer de paysage quand on voulait, vivre des aventures amusantes et visiter la famille sans trop déranger.
Mais pour la visite à Irlande on avait jugé plus prudent de louer à Connemara une petite maison, à cause du temps. Nous pourrions rayonner à partir de là, selon notre plaisir. Ah, l’Irlande! J’avais rêvé depuis des années de ses monuments préhistoriques, de ses moines de rite celtique qui christianisèrent l’Europe, de sa musique et de la fantaisie un peu extravagante des irlandais. Cela valait la peine d’avoir des courants d’air dans les oreilles.

Et le soir du départ arriva. Il y avait un bateau par semaine. Nous sommes arrivés au port de Roscoff avec deux heures d’avance, car nous avions l’expérience de la longueur de l’embarquement: camions, voitures, camping-cars; c’était très technique et interminable. Il y avait une foule de véhicules, mais le bateau était grand. Nous gardions la file et on nous demanda de nous grouper avec les autres camping-cars. C’était long et fastidieux pour tous mais surtout pour les enfants qui se chamaillaient sans cesse. Enfin on arriva devant le pont d’embarquement,-il était temps! et mon mari attendit le signal pour avancer.
Subitement, le pont du bateau se leva comme le pont d’un château-fort irlandais et nous vîmes, incrédules, le bateau s’éloigner du quai….On n’arrivait à croire ce qu’on voyait, stupéfaits, assommés, déçus.
Le moment qui suivit fut très animé. Les occupants des six camping-cars descendirent les uns après les autres, échangèrent des commentaires sur la compagnie navale appropriés aux circonstances, et chacun exposa sa situation : qui, retournait en Irlande, lieu de sa résidence , qui avait loué une une maison, qui, s’était donné rendez-vous avec des amis et ainsi de suite. C’est là que pour la première fois j’entendis le joli nom de « surbooking ». Quelques instants après, tous réunis dans le bureau du représentant de la compagnie, qui tenta des vaines explications et palabra pendant plusieurs heures pour chercher des solutions individuelles, nous acceptâmes -très à contre-cœur – un passage pour le pays de Galles et le dîner gratuits. L’assurance payait aussi la location de la maison irlandaise. Mon mari aurait préféré faire demi-tour et aller en Espagne, mais nous avions de vêtements inappropriés et la résolution de visiter un pays différent. Nous changeâmes la monnaie à perte, évidement.
Après une traversée mélancolique, nous arrivâmes en Cornouailles désireux de tirer le meilleur parti possible de la situation. Nous cherchâmes la côte et les plages , ce qui s’avéra difficile, surtout pour y accéder en voiture, pire encore, en camping-car. Celles que nous découvrions étaient au fond des criques, petites et coincées entre les rochers , où les gens s’entassaient sur un peu de sable.
Impossible de s’arrêter dans ces chemins étroits. Mais providentiellement, à l’entrée d’un champ en pente, fermé par une grille, un écriteau maladroit disait plus au moins: « La mer par là, derrière la colline. Pour passer par le haut des champs mettez 2 pennies dans la boite. »
Enfin! Les enfants déchargèrent leurs planches à voile, nous nous acquittâmes du droit de passage et allègrement, nous arrivâmes au sommet….pour trouver un deuxième grillage, devant un maquis sauvage et un ravin. Mais, oui, la mer était derrière, sans aucune doute! Ce fut la goutte de trop.

Nous décidâmes de visiter l’intérieur du pays et de chercher des lacs du Pays de Galles pour que les enfants puissent faire de la planche à voile, leur plus grand souhait. Nous sommes passés par quelques charmants villages avec des maisons fleuries et des ponts minuscules, sur des rivières aussi petites. Mais pour les grands espaces c’était plutôt maigre; il y avait de vertes collines et de magnifiques prairies…. pour les vaches! Celles-ci étaient protégées par des fils de fer et regardaient passer des files interminables de caravanes et voitures touristiques, que ne pouvaient pas s’arrêter dans les étroits chemins tournants, jusque l’arrivée à un village.
Comme nous avions besoin de recharger les batteries du véhicule et de prendre de l’eau, nous sommes rentrés dans un camping qui annonçait des jeux et une piscine entre autres avantages. Il était assez surpeuplé, pourtant il n’avait pas l’air brillant. Pour une nuit, ce n’était pas compliqué et de toutes façons notre « camping sauvage », depuis qu’on était en Grande-Bretagne, se limitait à des arrêts nocturnes sur la place d’un village, près des camionneurs qui passaient la nuit dans leur camion.
La visite du camping ne nous remonta pas le moral de prime abord. La piscine ressemblait à une immense marmite en plastique pas rassurante du tout, grouillant des nageurs , comme une marmite de lentilles en ébullition. Le bar convivial où se tenaient les jeux, c’était un vrai hall de gare avec un immense comptoir qui s’étendait tout du long de la pièce et qui en disait long sur les préférences du public; d’ailleurs il était plein.
Nos adolescents voulaient rester pour jouer au « baby-foot », pendant que nous continuerions l’exploration, trop heureux de trouver une distraction. Cela ne dura guère. Une demi-heure n’était passée qu’ils sont arrivés furieux au camping-car: un groupe de jeunes gallois étaient venus les empêcher de jouer, les avaient traités des noms variés avec l’intention de chercher la bagarre pour passer le temps, je pense.
Nous sommes partis assez vite pour contourner le mont Snawdon le plus haut du Pays de Galles, près des lacs. Nous étions seuls face à une étendue d’eau magnifique et nous nous installâmes au bord. Les planches à voile étaient prêtes à entrer en action, et nous commençâmes à apprécier, quand soudain, surgi de nulle parte, un garde forestier s’approcha et nous demanda si nous étions associés au club de voile de « ce » lac…
Nous reprîmes la route. Sans cesse, là ou il y avait des plages il y avait un hôtel qui en avait l’exclusivité, ou c’était un grand club de golf des plus chics, le tout convenablement encerclé de barrières . Mais les barrières morales pour les malheureux gallois sont pires. Ils peuvent regarder leur pays comme à travers une vitrine. Ce n’est pas le cas des écossais. Et c’est à partir de là que je me suis mise à chanter à tue-tête des chansons révolutionnaires pour soulager ma furie.
Je ne sait pas si depuis tout ce temps (vingt ans) les choses ont changé, mais j’ai des doutes. Les privilèges ont la vie dure dans certains pays.
Je préfère arrêter là. Nous sommes rentrés avec une semaine d’avance pour mettre les planches à voile dans nos libres côtes bretonnes, dont nous avons apprécié les grands espaces.
Mais avant je veux rendre hommage à un charmant gardien gallois d’un parc près de la mer très au nord du Pays de Galles. Nous sommes arrivés tard et il devait fermer à six heures ( comme tous les parkings des plages de là bas) en faisant sortir toutes les voitures, mais voyant notre déception il nous chercha un coin discret pour passer la nuit. Le matin un de mes fils put faire du footing dans la plage, pas loin d’un château fort en ruines. La mer était loin après une zone sablonneuse très accidentée. Ce n’est qu’après qu’il lut une affiche plantée au milieu qui disait :
ATTENTION, DANGER. SABLES MOUVANTS.

J.J. AUDUBON

« J.J. Audubon (1785-1851), ornithologue, naturaliste, peintre : le breton le plus célèbre des U.S.A.

par Serge DUIGOU

Jean-Jacques Fougère Audubon , né Jean Rabin, est sans doute avec La Fayette le Français le plus célèbre et le plus admiré aux États-Unis.
Né à Saint-Domingue en 1785, il est le fils illégitime d’une immigrée bretonne, Jeanne Rabin et d’un capitaine au long cours, Jean Audubon qui possédait dans cette île plantations et esclaves. À la mort de sa mère, trois ans plus John_James_Audubon_1826tard, le père ramena en France, à Nantes, l’enfant et sa demi-sœur Rose. Ils furent accueillis tous les deux par l’épouse de Jean Audubon qui les éleva comme ses propres enfants. L’un et l’autre furent d’ailleurs adoptés par le couple qui possédait à Couëron une propriété « La Gerbetière » située non loin des bords de Loire. Dans les marais qui bordent le fleuve le jeune garçon observe, identifie et croque ses premiers oiseaux. Cette passion naissante va s’enrichir au contact de Charles-Marie d’Orbigny, médecin de famille, féru de sciences naturelles ;

En 1803, Jean Audubon père envoie son fils en Pennsylvanie sur sa propriété Mill Grove pour échapper à la conscription . Délaissant le développement de la propriété, celui-ci se consacre à la chasse, à la pêche, au dessin et à la musique.
white John-James-Audubon-001De retour de France, en 1806, Jean-Jacques Audubon demande la citoyenneté américaine. qu’il obtient en 1812 et devient John James Audubon.

En 1808 , il se marie avec Lucy Bakewell : deux fils naîtront de leur union.
Il publie de 1827 à 1839, « Birds of America », 435 planches de grand format dit « double éléphant folio » gravées et colorées, représentant les oiseaux grandeur nature (103 cm x 69 cm). Premier illustrateur à les dessiner dans le détail et à restituer leurs comportements, il a su faire évoluer, de manière fondamentale, le regard porté sur le monde animal.
Pour dessiner ou peindre les oiseaux, il doit d’abord les abattre avec du petit plomb pour ne pas les déchiqueter. Il utilise ensuite du fil de fer pour les maintenir et leur rendre une position Brooklyn_Museum_-_Green_Heron_-_John_J._Audubonnaturelle. Ses oiseaux sont représentés de façon vivante dans leur habitat naturel.
Il adjoint à ses « Birds of America » les Biographies ornithologiques (5 volumes in-8), qui contiennent la description de la vie de chaque espèce représentée.

Audubon poursuit ses expéditions en Amérique du Nord et achète une propriété sur l’Hudson, aujourd’hui Audubon Park. En 1842, il publie aux États-Unis une édition populaire des Oiseaux d’Amérique.
Audubon meurt à New-York le 27 janvier 1851, à l’âge de soixante six ans.
L’œuvre d’Audubon est aujourd’hui l’une des plus recherchées et des plus chères sur le marché de l’art. : en 2010, un exemplaire original de Birds of America est adjugé à 8 600 000€.

Français le plus connu aux USA après La Fayette, son portrait est à la Maison Blanche ; des villes, un comté, un sommet des Rocheuses portent son nom. Symbole de l’écologie américaine, il a donné son nom à l’une des plus Plate-431-American-Flamingo-finalimportantes sociétés de protection de la nature aux USA, « The Audubon Society » créée en 1886, dont le siège est situé au cœur de Manhattan et qui réunit plus de 500 000 membres.
En France :
– en 1996 les marais de la commune de Couëron sont baptisés marais Audubon.
– depuis 2002 la maison d’enfance d’Audubon « La Gerbetière » est propriété de la Ville Couëron.

audubon lesothoaudon aigrette neigeuse

les conférences

lebrun agnès UTL DEC12Les conférences ont lieu le jeudi après-midi , trois fois par mois, voire quatre, à 13 h 40 dans un amphithéâtre indiqué au programme trimestriel ( Langolvas essentiellement) et ce d’octobre à juin.

Elles sont animées par des conférenciers et des prestataires spécialistes.

La présentation de la carte d’adhérent est demandée à l’entrée de l’amphithéâtre.

Responsable conférences : Eliane GUIVARCH

AGT AFUTL IIIIILes thèmes : Histoire, Sciences, Sciences Humaines, Arts, Géopolitique, Actualités.

Avertissement

Les comptes rendus  tirés des conférences  sont basés sur des notes prises à titre personnel  . Ils visent à vous remémorer ces conférences, sans prétendre à une reproduction exacte et totale.

Programme du 2nd trimestre 2014-2015

Programme Janvier, Février et Mars 2015

Le 08 Janvier à Langolvas Conférence : la violence dans les villages finistériens au 19ème siècle (1815-1914)

par Annick Le Douguet , greffier au Tribunal de Quimper

le 15 Janvier Visite guidée « Jacques Monory, le peintre de la vie moderne »

exposition aux Capucins , FHEL à Landerneau ( sur inscription : 14€/pers) départ du Pouliet 14H40 Géant 14h50

le 22 janvier à Langolvas Conférence : « L’évolution, la biologie et le comportement des coelacanthes »

par Gaël Clément , Professeur en Paléontologie au Muséum national d’Histoire Naturelle

le 29 Janvier à Langolvas Conférence : « Du volcan à l’atoll » : origine des îles de la Polynésie française »

par Sylvain Blais, enseignant chercheur en Géologie, e.r.

Le mercredi 04 Février Langolvas Conférence : « Bouëstard de le Touche (1730-1810) : médecin , fondateur de la 1ère école de sage-femmes à Morlaix

par Anne Guillou, sociologue – écrivain

le jeudi 05 Février Inscriptions au local pour le concert « Le Messie » de Haendel

concert du 28 Mars au Quartz à Brest

le 26 Février à Langolvas Conférence : « Aspect de la vie théâtrale à Morlaix avant l’inauguration du Théâtre Ange de Guernisac

par Corinne Le Noan, guide conférencière

le mardi 03 Mars  à Langolvas  Conférence : « La mémoire des landes de Bretagne »

par François de Beaulieu, historien naturaliste, ethnologue, écrivain

inscriptions à la sortie figures d’enfant + photos Agence Magnum

le 12 Mars à Langolvas Conférence : « La guerre de la Ligue en Bretagne ( 1588-1598)

par Hervé Le Goff , professeur de lettres et historien

inscriptions à la sortie « figures d’enfant »  = 13€/pers

le 18 Mars à l’Auberge de Jeunesse de Morlaix « L’art Russe à l’épreuve de la révolution (1913-1939)

Voir affiche ci-dessous – inscription : 60€/pers, déjeuner compris

le 19 Mars au Roudour   Conférence : « J.J. Audubon (1785-1851), ornithologue, naturaliste, peintre : le breton le plus célèbre des U.S.A.)

par Serge Duigou , guide conférencier

le 26 Mars à Langolvas Conférence : « Peut-on comprendre le cerveau ? »

par Jean-Pierre Henry, directeur de recherche au CNRS

le 02 Avril Visite guidée au Musée de Morlaix « Figures d’enfant dans les collections » +  Photo Agence Magnum

La Guerre de la Ligue en Bretagne (1588-1598)

 La guerre de la Ligue en Bretagne ( 1588-1598)

par Hervé Le Goff , professeur de lettres et historien

Quand le sort de l’Europe se jouait en Bretagne (1588-1598)
Guerre civile et conflit international

Cette période troublée, connue, et en même temps mal connue est le fruit d’une construction historique élaborée à des fins politiques. Les conflits qualifiés de « religieux » sont en effet, au 16ème siècle, essentiellement d’ordre politique.

1 Rappels historiques généraux

Les guerres de religion qui ont ravagé le royaume de France où se sont opposés catholiques et protestants, (les huguenots) commencent en 1562 et se suivent (8 au total), entrecoupées de périodes de paix jusqu’en 1598

Henri_III_VersaillesEn 1588, la dynastie française est dans une situation particulière : elle n’a pas de successeur en ligne directe et le futur roi, issu d’une ligne collatérale, Henri de Navarre est protestant.
Les Guise, branche cadette de Lorraine, représentant l’aile ultra-catholique prennent la tête d’une rébellion contre le pouvoir royal à laquelle s’associe une ligue des villes (d’abord Paris, puis des villes en Touraine, Champagne, Bourgogne ).Le roi doit abandonner la capitale aux ligueurs après la journée des barricades du 12 mai 1588.
Le roi profite de la réunion des États généraux à Blois pour faire assassiner les chefs de la Ligue, le duc de Guise et son frère le cardinal de Lorraine en décembre 1588.
En réaction à cet assassinat, toutes les provinces tenues par la Ligue dirigée par le duc Charles de Mayenne, frère de Henri de Guise.(essentiellement la Champagne, le Midi, la Bourgogne, la région de Paris…) se soulèvent contre le « tyran » Henri III. Celui-ci s’allie au roi de Navarre, et leur armée met le siège devant Paris. Henri III est assassiné le 1er août 1589 par Jacques Clément, un dominicain membre de la ligue.
Henri de Navarre, chef des protestants, devient le nouveau roi de France réactivant la guerre civile. Comprenant HENRI IVqu’il ne sera accepté comme roi que s’il est catholique, il annonce sa conversion au catholicisme et abjure pour la 2ème fois, à la cathédrale de Saint-Denis le 25 juillet 1593. Cette conversion lui ouvre les portes de Paris en 1594. Il est sacré à Chartres le 27 février 1594. Le 7 décembre 1595, le pape reconnait la légitimité de la succession. Les ralliements (contre finances) au roi légitime s’accélèrent.Il déclare officiellement la guerre à l’Espagne et entame une campagne en Bourgogne qui débouche sur l’écrasement des dernières forces armées de la Ligue à la  bataille de Fontaine-Française. Mayenne vaincu, la Ligue nobiliaire cesse peu à peu d’exister L’Edit de Nantes, en 1598, met un terme définitif à la Guerre de la Ligue.

2 La Bretagne et la Guerre de la Ligue (1588-1598)

a) clarifications préliminaires

Le 16 éme siècle est pour la Bretagne le siècle d’or, contrairement aux idées reçues . La Bretagne, en expansion démographique (2,4 millions d’habitants) est une province prospère qui commerce avec tous ses voisins : 65% des entrées sorties de l’avant port d’Amsterdam sont enregistrées sous «pavillon breton». Par ses ports très actifs, les idées nouvelles pénètrent sur son territoire.
«On ne peut laisser tomber aux mains des Espagnols une province aussi riche que la Bretagne» dixit Elisabeth I d’Angleterre
La Guerre de la Ligue n’est, en Bretagne, ni une guerre de religion ni une guerre séparatiste, ni une simple mise à sac de villes (La Fontenelle)

b) son déroulement

b1 une guerre civile

Après l’assassinat des Guise, passé le moment de sidération, la Bretagne ne bouge pas contrairement à d’autres provinces françaises. Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et beau-frère -mercoeur_(détail)d’Henri III, dit Mercoeur se range finalement, sous l’influence des ordres religieux, du coté des ligueurs prenant la tête d’une révolte armée :
-paralysant le Parlement de Bretagne en emprisonnant son président
-en provoquant un coup d’état municipal à Nantes
-en investissant Rennes en tant que représentant du roi mais établissant aussitôt des comités ligueurs
-en marchant sur Fougères pour contrôler «l’entrée» de la Bretagne
Puis dans un 2ème temps en1589-1590, la Bretagne est secouée par des insurrections de type rural
-siège de Vitré qui compte 20 % de protestants (peur d’une St Barthélémy à rebours)
-pillage de Tréguier contraignant à la fuite l’Evêque fidèle au roi ainsi que le lieutenant général
-sédition populaire anti-seigneuriale et conflits locaux (de Boiséon) à Kérouzéré dans le Léon
-pillage de Carhaix
-blocus de Brest de février à août 1591 assiégé par des léonards
En dehors du cas de Vitré, la religion n’intervient pas dans ces troubles.
Le commandement militaire royal, après le défection de son gouverneur est désemparé. Aussitôt nommé, le nouveau gouverneur de Bretagne, le comte de Soissons est fait prisonnier par Mercoeur. Le Duc de Montpensier lui succède.
Se poursuit une guerre de type médiéval sans objectifs bien précis. L’organisation rebelle s’appuie essentiellement sur les villes : conseils des ligueurs ou conseils de l’Union (cf archives de Morlaix, Nantes, Guingamp) et offre une résistance au pouvoir royal.
Au final la Bretagne est divisée en 2 , non par des axes géographiques, mais par petites zones géographiques (en fonction des influences nobiliaires et des intérêts économiques) constituant un véritable patchwork. Vont coexister 2 administrations parallèles avec 2 parlements (Nantes et Rennes), 2 chambres régaliennes, 2 chambres d’Appel…

b2 un conflit  international

l’affrontement de 2 puissances
PHILIPPE 2La Bretagne est coincée entre 2 impérialismes et est l’objet de convoitise :
& l’Espagne et Philippe II
Pour rallier les Flandres, l’Espagne recherche des bases pouvant servir d’escale à ses bateaux : elle lorgne vers les ports bretons
Pour contrer l’Angleterre, elle a également besoin de ces ports
Cf : l’Invincible armada
Par ailleurs, Philippe II a des prétentions pour l’Infante : la couronne de Bretagne, mais également la couronne de France et il passe des accords et traité avec les ligueurs.
& l’Angleterre et Elisabeth Ière
Avec une population de 4 millions d’habitants à la fin du 16 ème, l’Angleterre dispose de peu de moyens mais sa reine Elisabeth ne veut à aucun prix que la Bretagne ne tombe aux mains des Espagnols. ( et pire encore la couronne de France…)
Elle lâche ses « chiens de mer »Hawkins, Raleigh,Drake.Ils coupent la route des galions espagnols en provenance d’Amérique du Sud, les délestant de leurs précieuses cargaisons, et ce faisant  mettent à mal les finances espagnoles qui étaient déjà à leur 3ème banqueroute.
L’Angleterre tient également à protéger ses voies de communications avec la Guyenne ( fourniture de sel, de vin)
Le comte d’Essex en 1595 se permet de piller dans le port de Cadix un convoi chargé d’or et de saccager le port.
Par ailleurs Philippe II a été chassé d’Angleterre à la mort de son épouse, reine d’Angleterre.Vieux contentieux personnel.
« Qui commande la mer, commande le commerce, qui commande le commerce commande les richesses du monde » Cette devise anglaise résume l’affrontement entre les 2 puissances, …tandis que les troupes d’Henri IV qui n’a aucune politique maritime font le siège de Montcontour, Josselin, Abbeville…..

la guerre sur le terrain
Les deux camps, de force égale, ne peuvent prétendre l’emporter sans le renfort de forces étrangères. Le duc de Mercoeur fait alors appel à Philippe II d’Espagne qui lui envoie en octobre 1590 une armée de 7 000 soldats, commandée par Don Juan del Aguila et bientôt installée à Blavet (Port-Louis). Puis ils construisent un fort à Roscanvel pour contrôler l’entrée de la rade de Brest, menace directe pour les intérêts anglais.

En réponse à l’appel à l’aide du roi de France , Elisabeth Ière fait débarquer en mai 1591 à Paimpol, seul port resté royaliste , un corps expéditionnaire de 2400 hommes qui restera jusqu’en février 1595 commandé par John Norris, et qui comptera jusqu’à 15 000 hommes
La guerre de faible intensité prend une autre tournure quand débarquent ces troupes étrangères.
Des batailles rangées s’engagent : ,Merdrignac, Craon (1592) où les royalistes associés aux anglais accusent une cuisante défaite.( 5000 morts du coté anglais)
Les anglais reviennent alors vers l’Ouest , reprennent avec des forces royalistes  Quimper, Morlaix et s’emparent du fort de Crozon en nov-déc1594. Leur objectif est atteint : ils ont neutralisé les espagnols et s’en retournent en Albion …
(Les espagnols restent jusqu’en 1598 , date du Traite de Vervins.)
Après le départ des Anglais, alors que les ralliements au roi sont nombreux , la guerre s’éternise en Bretagne. Pour quelles raisons ? Mercoeur poursuit la lutte pour obtenir un bon prix de son ralliement ( 2 800 000 écus soit le tiers du budget du royaume) : membre de la maison de Lorraine, il a des prétentions sur la couronne (car le roi à cette époque n’a pas de successeur en ligne directe) et  en continuant à guerroyer, il reste entouré d’anciens ligueurs pouvant l’appuyer dans ses desseins.

Henri IV , le bon roi, qui s’était engagé à payer le contingent anglais, à apporter à ce contingent l’aide d’une troupe équivalente, à donner un port fortifié à la couronne anglaise renie tous ses engagements mais il met les bretons à contribution : paiement des soldes des soldats étrangers, paiement du retour des troupes espagnoles dans leur pays.
A Nantes,ex-ville rebelle où il refuse une entrée solennelle, il prend l’Edit de Nantes en 1598, qui est présenté comme un modèle d’expression de la liberté religieuse, qui en fait organise un « apartheid » religieux : la religion catholique retrouve sa place de religion officielle tandis que les protestants sont cantonnés dans des régions réservées…
Elisabeth I  a , quant à elle, préservé les intérêts de son royaume à peu de frais, sauvant le trône d’Henri IV vacillant, influençant en cela le sort de l’Europe.

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Mars 2015 – AMOUR FOU de Jessica Hausner

le lundi 16 mars 2015 à la Salamandre

AMOUR FOU de Jessica Hausner (Autriche – 2015 – 1h36)

Avec Birte Shoeink…
amour fouBerlin, à l’époque romantique. Le jeune poète tragique Heinrich souhaite dépasser le côté inéluctable de la mort grâce à l’amour : il tente de convaincre sa cousine Marie, qui lui est proche, de contrer le destin en déterminant ensemble leur suicide, mais Marie, malgré son insistance, reste sceptique. Heinrich est déprimé par le manque de sensibilité de sa cousine, alors qu’Henriette, une jeune épouse qu’Heinrich avait également approchée, semble soudainement tentée par la proposition lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable. Une « comédie romantique » librement inspirée du suicide du poète Heinrich von Kleist, 1811.
Par le rire, par la grâce d’un sourire, « Amour fou » opère une conversion délicate, magique: transformer la mort en vie. Transfuge
Frais, constamment étonnant, sans cynisme mais parfois malicieux, cet Amour fou, présenté à Un certain regard à Cannes mais passé inaperçu, est une très belle surprise. Les inrocks

l’art russe à l’épreuve de la Révolution d’Octobre 1917

affiche-propaganda l’ Art Russe à l’épreuve de la Révolution (1913-1939)
Informations pratiques

le mercredi 18 mars 2015 à l’Auberge de Jeunesse , voie d’accès au port  près du « Télégramme » à Morlaix

– 9h00 -9H30 : accueil ( café, thé,…)

– 9h30-12h30  avec une courte pause à 10h45

conférence à 3 voix (Art, Littérature, Musique) sur la période 1913-1939

– 12h30 : repas pris sur place

– 14h15 – 17h00 : 3 ateliers d’analyse uni-disciplinaire : focus sur une oeuvre

( chaque adhérent participera aux 3 ateliers d’environ 45 minutes)

– 1700 – 17h30 : conclusion

Présentation du stage

La Révolution russe surgit en plein coeur de la 1ère Guerre Mondiale en deux temps : février et octobre17. Le tsarisme bascule soudainement dans le bolchevisme. Lénine, figure de proue du nouveau régime prend les rênes du pays et proclame la paix avec l’Allemagne et la dictature du prolétariat, alors même qu’une guerre civile fait rage entre les Rouges et les Blancs.

octobreComme souvent, l’art anticipe ces changements politiques radicaux. Grâce aux brillants collectionneurs Chtchoukine et Morosov, les artistes russes étaient depuis longtemps sensibilisés aux nouvelles tendances de l’art occidental. Gagnés par la frénésie créatrice, ils s’organisent en groupes d’avant-gardes, cherchant à dépasser non seulement les canons académiques mais aussi les limites de la représentation. Poètes, peintres et musiciens travaillent de concert, comme en témoigne leur première oeuvre commune – l’Opéra Victoire sur le soleil jouée en 1913 à St Pétersbourg.

Les évènements  scandales se succèdent : en 1915, lors de la Dernière Exposition Futuriste, Malevitch et Tatline jettent les bases de nouvelles esthétiques originales que sont le suprématisme et le constructivisme. Nombreux artistes, hommes et femmes, soutiennent avec grand enthousiasme la Révolution d’Octobre, mettant sans réserve leur talent au service du peuple ( Maïakovski, Rodtchenko, Stepanova) et s’engagent dans la propagande du régime communiste à _Anna_Akhmatova._1922l’étranger (El Lissitzky). Depuis la fin du XIXe siècle, de Moussorgski à Tchékhov, la la culture russe fascine l’Occident. Les scènes européennes accueillent des artistes d’exception comme ceux des Ballets Russes , ou encore Stravinski et Scriabine. Après la Révolution, une nouvelle diaspora ( Nabokov,Berdiaev, Tsvetaïeva, Chagall, Rachmaninov) porte souvent un regard critique sur la destinée de l’ancien Empire.

En URSS, la vie culturelle est rapidement réorganisée sous la tutelle du Commissariat du peuple à l’instruction : diverses écoles, associations officielles et syndicats exercent le contrôle sur les artistes, maikovskipoètes et musiciens. La Révolution est interprétée de deux manières diamétralement opposées : les défenseurs d’un art radical et révolutionnaire (Mossolov, Vertov, Maïakovski, Akhmatova) se heurtent à ceux qui prônent l’éducation du peuple avec des messages simples et  intelligibles.

ieisensteinL’accès de Staline au pouvoir fera déchanter la plupart des artistes d’avant-garde. Le Congrès de Kharkov en 1930 marque la mise au pas des écrivains placés désormais sous l’égide du Réalisme socialiste. Cette nouvelle esthétique sera également imposée au monde artistique et musical ( Eisenstein, Prokofiev). En 1936, Staline fustige violemment Lady MacBeth de Mzensk, poussant Chostakovitch à abandonner l’opéra au profit de la musique instrumentale soutenant la propagande d’Etat. Si certains auteurs reconnus comme Gorki ou Cholokov adhèrent aux thèses d’une littérature prolétarienne, d’autres , à l’image de 640px-Bulgakov1910sBoulgakov ou de Mandelstam, oeuvrent dans la clandestinité au risque parfois de perdre la vie.

En 1939, au moment de la signature du pacte germano-soviétique, les élans révolutionnaires sont définitivement Boris_Pasternak_croppedbrisés et les artistes se voient contraints de célébrer le culte de la personnalité.

 

quelques oeuvres abordées

Kasimir Malevitch  : Portrait de Matiouchine 1913

El Lissitzki : Avec le coin rouge bats les blancs ! 1921

Alexandre Rodtchenko et Varvara Stepanova : Les parachutistes 1935

Igor Stravinski Sacre du Printemps  1913

Alexandre Mossolov Les fonderies d’acier  1927nous autres

Serge Prokofiev  Alexandre Nevski  1939

 

Evgueni Zamiatine Nous autres 1920

 

Vladimir Maïakovski  A pleine voix  1923

cavalerie rougeIsaac Babel  Cavalerie rouge 1926

 

 

les intervenants :

Sonia de Puineuf , conférencière en Histoire de l’Art

Guillaume Kosmicki, conférencier en musicologie

Olivier Macaux , conférencier littéraire

date et lieux

le mercredi 18 Mars 2015 – Auberge de Jeunesse – Morlaix prix = 60 € / pers déjeuner compris

 

RODTCHENKO-ALEXANDER-STEPANOVA-VARVARA-ROSEMBAUM-M.-PETROUSSOV-G.-STERENBERG-&HELLIP-

La mémoire des landes par François de Beaulieu

« La mémoire des landes de Bretagne »

par François de Beaulieu, historien naturaliste, ethnologue, écrivain

références  : les peintures de Lucien Pouëdras
1 Généralités

800px-View_along_Monts_d'Arrée_1Paysage si caractéristique de la Bretagne, les landes sont composées de graminées, de bruyères , d’ajoncs et de plantes diverses. Elles ne se développent que sur des sols très pauvres (qu’appauvrissent les bruyères) que sous des climats venteux et pluvieux.
Deux types de landes se distinguent :
– celles façonnées par le vent , sur les falaises littorales et les dunes = les landes primaires , le vent empêchant les arbres de s’implanter
– les landes secondaires issues de la déforestation dues aux animaux et aux hommes . Elles se situent à l’intérieur des terres et sont diverses en fonction de l’emploi recherché.

La Bretagne était couverte de près d’1 million d’ha de landes vers 1800, soit le 1/3 de la surface régionale ( 66% de la surface autour de Morlaix) contre 20 à 30 000 environ en 2000.

Il y a 10 000 ans , la forêt ( chêne , tilleul, frêne, noisetier )recouvrait la Bretagne. Puis la glaciation , le feu et les troupeaux d’herbivores ont modifié le paysage

Les landes secondaires se sont vraiment développées après les premiers défrichements initiés il y a près de 6000 ans et qui se sont accélérés il y a 3000 ans à la fin de l’âge de bronze, pour faire place à des cultures de céréales et au pâturage.

2 Un système agricole spécifique
21 développement et particularités

Peu avant le Moyen Âge tardif , les moines exploitaient directement les terres. Puis, pour défricher, ils cherchèrent à attirer des gens.
Les moines instaurèrent alors un mode de tenure : « la quévaise ». Ils proposaient aux paysans défricheurs l’emplacement d’une maison, d’un courtil et d’une petite étendue de terre contre le paiement d’une rente annuelle, une partie en argent, une partie en nature.
– Le droit de propriété était partagé entre le seigneur et le tenancier.
– Le tenancier perdait sa tenure s’il l’avait abandonné plus d’un an.
– Le plus jeune des enfants en héritait.et les aînés étaient dans l’obligation de partir « coloniser »  un autre site .

Les landes est ce « commun » où la communauté fait pâturer ses bêtes, vient chercher de la litière pour les animaux de la ferme ,tandis qu’en parallèle les paysans cultivent individuellement les meilleures terres.

Les landes avaient deux fonctions principales :
– par ses mottes fournir du feu à combustion lente pour usage domestique ou pour la ferronnerie, –
– assurer l’alimentation et la litière pour les animaux.
Par écobuage ensuite, le paysan pouvait également faire pousser pendant 4 ans du seigle ou du blé noir sur les hache landecendres des landes répandues sur des billons, les landes revenant sur ces parcelles tous les 20 ans env. Au fil des ans , le développement d’outils spécifiques pour le tranchage des mottes ,de la récolte d’ajonc témoignent de cette activité agricole ( faucilles, étrèpes , hache-lande ….)
Pendant près de 8 siècles, la société rurale bretonne vivait harmonieusement entre terres cultivées , prairies et landes jusque dans les années 1930.L’équilibre apporté par la culture des landes a donné une résilience à la société rurale bretonne qui , selon toute vraisemblance,lui a permis d’échapper aux famines frappant d’autres régions françaises : au pire en défrichant un bout de lande , du blé noir pouvait être semé ….Les excédents de production en période « normale » étaient écoulés sur les marchés régionaux.

22 le déclin des landes1 landes de bretagene

De son voyage en France en 1780 , Arthur Young décrit la Bretagne comme arriérée et misérable. : il n’y voit que landes , landes et landes entre Nantes et Vannes.
Partie d’Angleterre, la révolution fourragère atteint la Bretagne . Elle est initiée principalement par des agronomes, qui créent des écoles et stations d’expérimentation en agriculture.
Une Princesse Napoléone-Elisa Bacciochi émue par la misère des paysans bretons qui, sur ces landes ingrates de Lanvaux, vivent chichement de la culture du seigle et du blé noir,  va se consacrer à améliorer leur sort.
Dans les années 1860 ,elle expulse 400 « « bohémiens » qui iront grandir les rangs du prolétariat urbain et qui vivaient sur ces 525 hectares de terre  , à Colpo, à dix-neuf kilomètres au nord de Vannes, pour installer des colons Elle fait défricher.. drainer…
A partir de 1830 , l’agronome alsacien Jules Rieffel, fondateur de l’école nationale d’agriculture de Grand-Jouan. fait défricher 400 ha sur Nozay et développe l’emploi de nouvelles techniques
De 1846 à 1873, les premiers ingénieurs agronomes du Finistère sont formés sur la ferme de Trévarez
En 1851, Théophile de Pompéry publie un premier ouvrage qui a la particularité d’être bilingue, Quelennou var labour pe gonnidègues an douar, ou le nouveau guide du cultivateur breton.
Il expérimente les assolements et amendements en systématisant l’introduction des plantes fourragères et le drainage des terres.Il soutient activement les projets de dragage du maërl .Il pense qu’une industrialisation de l’agriculture bretonne nécessite la maîtrise des assolements et des défrichements : les cultures fourragères sont le socle du développement de l’agriculture bretonne .
Par un lobbying efficace, l’Association Bretonne fait voter une loi obligeant aux partages des communs , qui reviennent dans certains cas aux paysans ayant la capacité financière d’acheter ( situation inchangée en ce cas), soit à de riches propriétaires qui y installent des colons.( L’élite commerciale nantaise dont le commerce négrier s’est épuisé se réoriente vers le développement agricole par exemple)
Cette nouvelle agriculture va dévorer au fil des ans ces landes façonnées et entretenues par l’homme ,modifier en profondeur le paysage breton et bouleverser le mode de vie des ruraux.

3 Les landes : quel intérêt de nos jours

Les landes ne représentent plus que 20 à 30 000 ha de nos jours
1 valeur agricole : la lande dont la récolte peut être totalement mécanisée est une litière de bonne qualité ( 1500 ha de fauche dans les Monts d’Arrée)
2 valeur paysagère ( et donc touristique) cf Crozon et les Monts d’Arrée
3 un refuge pour certaines espèces animales ( courlis , papillons) qui suppose des surfaces importantes de landes d’un seul tenant.

L’introduction de résineux inadaptés, certains incendies importants, l’assèchement de zones humides ont porté atteinte ces dernières décennies aux surfaces couvertes de landes . Une loi votée en 2014 qui fait obligation de reboiser systématiquement après déforestation ( ou versement compensatoire) ne va pas dans le sens d’une gestion pérenne de ces espaces ..

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Le 5. – Montauban. Les pauvres ici le sont tout à fait ; les enfants terriblement déguenillés, et plus mal peut-être sous cette couverture que s’ils restaient tout nus ; quant aux bas et aux souliers, c’est un luxe hors de propos. Une charmante petite fille de six à sept ans, qui jouait avec une baguette et souriait, avait sur elle de tels haillons, que mon cœur s’en serra : on ne mendiait pas, et quand je donnai quelque chose, on me parut plus surpris que reconnaissant. Le tiers de ce que j’ai vu de cette province me paraît inculte et la presque totalité dans la misère. Quel terrible fardeau pour la conscience des rois, des ministres, des parlements, des états, que ces millions de gens industrieux, livrés à la faim et à l’oisiveté ; Arthur Young. Extrait.

la mamoire des landes

La radioactivité et l’énergie nucléaire

LA RADIOACTIVITE ET L’ENERGIE NUCLEAIRE

riobravoArticle de M RIO

1.L’atome avant l’ère nucléaire.

2.La classification périodique des éléments.

3.Les grandes étapes de l’ère nucléaire.

4.Structure de l’atome.

5.Radioactivité et réactions nucléaires.

6.La fission de l’uranium.

7.Les applications.

8.La fusion thermonucléaire.

9.Conclusions.

1.L’atome avant l’ère nucléaire.

Au début du XIXème siècle, on sait que toute matière est formée à partir de quelques dizaines d’éléments dont le carbone, l’hydrogène, l’azote, l’oxygène, le soufre, le phosphore…et les métaux, et que ces éléments ne peuvent être transformés les uns dans les autres .On commence à penser qu’ils sont formés de particules, les atomes, car ils se combinent entre eux selon des proportions définies et discontinues.
(suite…)