Aspects de la vie théâtrale à Morlaix avant 1888

Morlaix-borne-michelin-thtre-iAspects de la vie théâtrale à Morlaix avant 1888

par Corinne Le Noan, guide conférencière

 

La ville a un théâtre privé sur son territoire, sans doute depuis la fin du XVIIIème. Il est aujourd’hui bien caché à la vue des passants mais semble-t-il encore présent dans les mémoires , même si personne n’a pu le connaître dans sa fonction : c’est un vrai mythe dont j’ai pris conscience lorsque j’ai commencé à faire des Lire la suite

Février 2015 – American Sniper de Clint Eastwood

le lundi 23 février à 14h30 à La Salamandre

AMERICAN SNIPER

de Clint Eastwood (USA – 2015 – 2h12)
Avec Bradley Cooper…
american sniperAvertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Les Algues Marines

Les algues marines, des végétaux mal connus.

riobravoTexte de M RIO

Si chacun connaît et peut nommer des centaines, des milliers de plantes terrestres, ceux même qui vivent au bord de la mer sont généralement incapables de reconnaître plus d’une demi douzaine d’algues tout au plus et parfois pas une seule. ,gluante et peu appétissante.
La langue française ne dispose pour les désigner que d’un lexique très restreint emprunté au latin : fucus, laminaire…Le breton, beaucoup plus riche, car c’était la langue des goémoniers, ne possède lui-même qu’un vocabulaire très approximatif et disparate, et seul le latin des algologues est capable de rendre compte de la diversité de la végétation marine.
Il faut avoir la curiosité d’aller l’examiner sur place pour apprécier la variété de formes, de couleurs, et la beauté de cette flore méconnue. .

Que sont les algues?

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Jean-Jacques BOUESTARD DE LA TOUCHE (1780-1810)

Jean-Jacques Bouestard de la Touche (1730-1810), médecin, philosophe, franc-maçon, créateur de la première École de Sages-Femmes à Morlaix en 1774.

 

Ce médecin né à Angers y fit ses études de médecine et aurait pu demeurer dans cette ville où son frère était apothicaire. Mais, marié en 1758 à Anne Serbert, il choisit de s’installer à Morlaix avec son épouse et sa fille Charlotte qui vient de naître.

À cette époque, la ville de Morlaix exerce une véritable attraction auprès des gens d’affaires par son port très actif, sa manufacture qui compte 1000 ouvriers, ses orfèvres, ses artisans, ses commerçants. On vient s’installer à Morlaix de toutes les régions françaises et aussi d’Irlande, d’Écosse, de Lombardie. Mais cette ville industrieuse cache bien des failles : la mortalité y est élevée, spécialement celle des enfants. Les épidémies, venant souvent des campagnes, atteignent la ville et y font des dégâts considérables.

Arrivé à Morlaix, Bouestard de la Touche cherche à se faire une clientèle dans la ville, mais ses débuts de médecin (il est aussi chirurgien et accoucheur) sont difficiles. Pour améliorer ses revenus, il ouvre au moulin de Kervaon une usine de tissage d’ « indiennes » (toiles de coton peintes), grâce à une aide des États de Bretagne.

À l’arrivée de Bouestard, en 1759, l’Hôpital de la Charité de Morlaix, construit à flanc de colline au-dessus du Queffleuth (l’ancien, situé place de Viarmes, a brûlé en 1731), abrite les pauvres, les malades, les filles « perdues » et les enfants trouvés. La guerre de Sept Ans prend fin en 1763 et une partie des marins et soldats malades et blessés, débarqués à Brest, est dirigée vers l’Hôpital de la Charité de Morlaix pour y être soignée. Bouestard s’y présente et se met au service de ces troupes souffrantes.

En qualité de médecin-chirurgien-accoucheur, il met un pied à l’hôpital et c’est alors qu’il conçoit la création d’une École de Sages-Femmes dans l’enceinte de l’Hôpital, dont ce n’est pourtant pas la vocation. Les États de Bretagne l’autorisent, sans l’aider financièrement, à mettre sur pied cette école. Jusque-là, les campagnes surtout et aussi le petit peuple des villes s’en remettent aux matrones traditionnelles pour les accouchements. Vieilles femmes ignorantes de l’anatomie, de l’hygiène, ces dernières provoquent bien des méfaits sur les fœtus comme chez les jeunes mères. Les États de Bretagne ont mis en place des cours d’accouchement dans les villes épiscopales (Tréguier, Quimper, Vannes) assurés par le chirurgien Jacques Dubois. Madame Du Coudray qui parcourt la France avec son phantom, la machine à accoucher (un automate reproduisant l’anatomie de la femme) sillonne aussi la Bretagne. Mais Bouestard de la Touche a d’autres ambitions et conçoit une École de Sages-Femmes moderne, non initinérante, située à l’Hôpital.

Le 1er mai 1774, la première promotion d’écolières, désignées par les recteurs du Léon et du Trégor, séduits par la modernité du projet de Bouestard, commence sa formation : cours magistraux (les bons usages devant une parturiente), les travaux pratiques sur le phantom (il en a fait fabriquer un à Morlaix), et la pratique de l’accouchement réel sur des femmes venues à l’hôpital à la fin de leur grossesse.

L’originalité de l’École de Bouestard se résume ainsi : L’École est située à l’Hôpital, les écolières sont de jeunes femmes recrutées par le recteur de la paroisse, et réunissent les qualités physiques et morales exigées par leur future mission. L’enseignement est dispensé en français et en breton, Bouestard ayant fait l’effort d’apprendre le breton et de traduite le livre des Conseils destinés aux jeunes diplômées. Il fait pratiquer de vrais accouchements par les élèves sages-femmes, sous son regard, ce qui était la principale nouveauté de son enseignement.

Cinq promotions d’une trentaine d’écolières chacune se succéderont dans cette École qui fermera ses portes en 1779, Bouestard ne disposant plus des ressources nécessaires pour la faire perdurer. Plus d’une centaine de jeunes femmes y auront obtenu leur certificat officiel et elles seront protégées par un statut que le médecin-professeur d’accouchement veut leur donner.

Le médecin morlaisien ne s’est pas focalisé, pendant tout ce temps, sur l’école qui fonctionne 3 ou 4 mois par an. Il demeure, depuis 1764, le médecin des épidémies et parcourt les campagnes chaque fois qu’un fléau s’y déclare.

La Révolution passionnera le médecin-chirurgien-accoucheur et il se fera le meilleur propagateur des idées révolutionnaires et le pédagogue de l’esprit républicain.

Il a eu 6 enfants, 4 garçons qui mourront en bas âge, et deux filles. Seule la benjamine, Anne, survivra et lui donnera une descendance. Il meurt à 80 ans dans sa maison de la rue des Fontaines et les contre-révolutionnaires du 19ème siècle s’appliqueront à effacer sa mémoire. Un passage modeste dans le quartier de la Vierge Noire porte son nom, ainsi qu’une plaque de cuivre à l’entrée de la Maternité de Morlaix qu’il parraine depuis 1989.