Les dernières lectures

– décembre 2014  « Terre de promesses » d’Anne Guillou

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Dans les années 20, malgré les saignées de la Grande Guerre, les campagnes bretonnes restent surpeuplées. Autorités religieuses et notables s’en inquiètent, ils organisent alors la migration de familles entières, avec bétail et outillage, vers les nombreuses terres d’Aguitaine à l’abandon.

 

 

 

 

Anne Guillou : sociologue, écrivain … et membre de l’UTL de Morlaix

 

 

 

-le 18 Novembre 2014 : « Le dernier Lapon » d’Olivier Truc

le dernier laponle dernier lapon.jpgKautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante.

 

 

 

– le 21 octobre « L’île des oubliés » de Victoria Hislop

l'île des oubliésL’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux… et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d’Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets… Bouleversant plaidoyer contre l’exclusion

 

 

 

 

 

livre à la trame un peu trop manichéenne au goût des membres de l’atelier

– 17 juin 2014 :  » Prison avec piscine « de Luigi Carletti

prison avec piscine_Un universitaire en fauteuil roulant et son factotum Isidro, Péruvien stylé, voient arriver dans la Villa Magnolia, un nouveau résident, le dos couturé de trois cicatrices horribles. Qui est cet homme? Et comment en si peu de temps prend-il une telle importance dans le quotidien bien huilé des habitants? Ange exterminateur? Théorème pasolinien? Deus ex machina? Toujours est-il que l’avocat sicilien, le maître-nageur, les vieilles dames très dignes, chacun tombe sous le charme de l’Ingeniore. Enjôleur, son passé apparait vite trouble, trouble mais délicieusement dangereux pour pimenter l’existence morne et chlorée de cet espace aseptisé comme le bassin.

– LE 20 mai 2014  :  » Fanny Stevenson : entre passion et liberté »  d’Alexandre Lapierre

fanny stevensonLorsque, en 1876, Robert Louis Stevenson rencontre Mrs. Osborne, une Américaine de trente-cinq ans, séparée de son mari et mère de deux enfants, c’est le coup de foudre immédiat. Cette jeune femme joyeuse, sauvage, qui a derrière elle le passé rude et mouvementé d’une pionnière de l’ouest, incarne aux yeux du jeune Écossais un nouvel idéal féminin.
Entre ces deux êtres passionnés naît un amour extraordinaire, qui dédiera les conventions et frontières, de l’Angleterre à la Californie, jusqu’aux lointaines îles Samoa.

 

 

 

– le 15 avril 2014    : » la panse du chacal »

la panse du chacal_Au XVe siècle, Christophe Colomb avait baptisé les Antilles Indes occidentales . Cet archipel vit déferler une multitude de peuples : Amérindiens caraïbes remontant depuis les Guyanes, Européens ayant bravé la Mer des Ténèbres, Africains déportés dans les cales des bateaux négriers. Un monde nouveau s’édifia autour d’un nouveau dieu, la canne à sucre. Une fois l’esclavage aboli, il fallut faire appel à des travailleurs sous contrat de la Chine, du Congo, et surtout, les plus nombreux, de l’Inde : c’était la rencontre des Indes orientales et des Indes occidentales.
Raphaël Confiant retrace l’épopée de ces dizaines de milliers de Coolees ayant fui leur pays de misère avec l’espoir d’une terre promise. A travers deux générations de Dorassamy, transplantés à la Martinique pour y couper la canne. Ces Indiens, bien que voués aux gémonies par les Nègres et les Mulâtres, surent résister, inventant un art de la survie. A l’image d’Adhiyamân Virassamy,enfui du Madurai où ses parents furent dévorés par des chacals au cours d’une grande famine ; de Devi, sa jeune épouse avec laquelle il affronta les pires tempêtes pendant la traversée de l’Inde aux Antilles ; de Vinesh, leur fils aîné, fils de la plantation, partagé entre les valeurs indiennes et la frénésie du monde créole. Autres figures marquantes : celle de l’Ancêtre, gardien des textes sacrés, celle d’Anthénor, le syndicaliste nègre ou de Théophile, l’instituteur européen !
Un univers baroque admirablement servi par la langue métisse de Raphaël Confiant, nourrie de la poétique du créole et des mystérieuses sonorités du tamoul.

Appréciation : Découverte de la part indienne de la créolité, de l’émigration des pays de l’Inde vers la Martinique. Nombreuses ont été celles qui ont aimé le livre pour son foisonnement , sa truculence

le mardi 25 mars     » la cravate » de Milena Michiko Flasar

la cravateRencontre de deux solitudes. Sur un banc. Rapprochement progressif de deux êtres en marge, pas pour les mêmes raisons. Le premier, jeune, est un hikikomori, il n’est pas sorti de sa chambre depuis deux ans ; le second, vieux, est un salaryman qui vient d’être licencié. Dans La cravate, symbole de l’appartenance à la société, Milena Michiko Falsar raconte les confidences qu’ils vont s’offrir, timidement puis sans complexes. Il y a forcément des raisons à leur mal être, des morts qui encombrent leur conscience. La romancière austro-japonaise livre un véritable récit nippon, tout en nuances et délicatesse, dans un style poétique simple et élégant. Le fil des deux existences et de leurs traumatismes se déroule de façon douce et implacable. A l’image de cette pression sociale qui caractérise la société japonaise. Un livre ciselé, touchant et secret.

– le 18 février 2014  « Journal intime d’un arbre  » de Didier Cauwelaert

journal intime d'un arbre« On m’appelle Tristan, j’ai trois cents ans et j’ai connu toute la gamme des émotions humaines. Je suis tombé au lever du jour. Une nouvelle vie commence pour moi – mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune de mes bûches, ou la statuette qu’une jeune fille a sculptée dans mon bois? Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune, j’essaie de comprendre pourquoi je survis. Ai-je une utilité, une mission, un moyen d’agir sur le destin de ceux qui m’ont aimé ? » Tristan, fruitier de 300 ans, gît à terre après un coup de vent, et révèle trois siècles d’histoire et d’Histoire. À la fois grave et légère, empreinte de poésie et d’espoir, cette aventure végétale dessine le portrait d’une humanité sur le point de perdre la sienne.

appréciation : petite merveille – grande imagination – problèmes inhérents aux périodes évoquées fort bien rendus.

– janvier 2014  « la liste de mes envies » de Grégoire Delacourt.

laliste de mes enviesJocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

appréciation : lecture agréable -empathie pour les femmes – lucidité sur le rôle de l’argent – en deçà du chef d’oeuvre

 

– déc 2013,  » les poissons ne ferment pas les yeux » d’Erri de Luca chez Gallimard.

les poissons ne ferment pas les yeux«À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge depoissons yeux_.jpg dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd’hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite.»
Comme chaque été, l’enfant de la ville qu’était le narrateur descend sur l’île y passer les vacances estivales. Il retrouve cette année le monde des pêcheurs, les plaisirs marins, mais ne peut échapper à la mutation qui a débuté avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et le pousse à remettre en question son ignorance du verbe aimer que les adultes exagèrent à l’excès selon lui.
Mais il découvre aussi la cruauté et la vengeance lorsque trois garçons jaloux le passent à tabac et l’envoient à l’infirmerie le visage en…

appréciation de lecture : le livre a suscité des avis différents mais unanimité sur la belle écriture et les pages poétiques.

– le 19 Novembre 2013 : « Le confident  » d’Hélène Grémillon

le confidentCamille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

 

 

 

– le 15 octobre 2013 :  » Grâce et dénuement » d’Alice Ferney

grâce et dénuementEn bordure d’une ville de province, des gitans ont trouvé refuge dans un potager. Ils vivent dans le plus sombre dénuement, sans eau courante ni électricité, mais reçoivent régulièrement la visite d’une femme, Esther Duvaux. Celle-ci s’est tout d’abord immiscée auprès d’Angelina, la matriarche qui règne sur ses cinq fils et leurs familles. Après un an de rendez-vous hebdomadaires, Esther décide de faire la lecture aux enfants que la société rejette

 

 

 

 

appréciation de l’atelier lecture : 5 / 5

– le 17 septembre 2013 : « du domaine des murmures » de Carole Martinez

du domaine des murmuresEn 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

 

Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein