la musique de films

 la « musique de films »

arruée du train lumière
arrivée du train filmée par les frères Lumière

par Hindi Hussam, directeur artistique.
La musique de film est la musique utilisée pour réalisateur et /ou le producteur. Il peut s’agir de musique pré-existante , ou de musique composée spécialement pour le film. La musique est dite « in » ou diégétique si elle fait partie du scénario, sinon elle est dite « off ».
Le cinéma est un art du spectacle qui a vu le jour 1895 . Les 1ères projections des Frères Lumière dans un café,La sortie de l’usine Lumière à Lyon, l’Arroseur arrosé se caractérisent ainsi : muet, sans musique , en noir et blanc, plans fixes, pas de sensation 640px-Safetylast harold lloyd-1de mouvement.

JazzSinger
jazz singer – film

À l’aube du cinéma donc, le son n’existait pas. Cependant, la projection de film dès 1908 était souvent accompagnée par un piano ou même par un orchestre, pour des raisons multiples : couvrir le bruit du projecteur, rassurer les spectateurs dans le noir, distraire l’oreille, renforcer le découpage mais aussi le lien entre les différentes scènes du film, prolonger la tradition des spectacles « audiovisuels » antérieurs au cinéma muet (spectacles de cirque, de magie, ballet, opéra, théatre…). Mais cet accompagnement renforçait aussi le rythme et l’émotion.
En 1926, le procédé Vitaphone, qui enregistre le son sur un disque et le synchronise avec le projecteur est un triomphe, tout comme le 1er film sonore américain le Chanteur de jazz (1927) qui impose par son succès le cinéma parlant. Cinéastes, producteurs et musiciens prennent conscience du rôle de la voix, des bruits et de la musique dans un film.

lle dictateur
Un illustre récalcitrant : au sommet de son art, Charlie Chaplin , dans « Les Temps Modernes » et « le Dictateur » se refuse à l’utilisation du « parlant »( ou du moins de la parole intelligible). Il faudra attendre 1945 pour que Chaplin avec le film « Monsieur Verdoux » se mette au cinéma parlant.
La fonction expressive de la musique se situe à plusieurs niveaux associés ou non, dramatique, lyrique, esthétique ou symbolique dans un rapport plus ou moins distancié avec ce qui se passe sur l’écran, que ce soit pour caractériser ou illustrer musicalement la scène, lui conférer un pouvoir émotionnel sur le spectateur, voire lui faire jouer le rôle d’un personnage ou un évènement symbolique (ex transition temporelle ou spatiale)par l’usage d’un thème, repris parfois de différentes manières au cours du film.
Petit à petit, la musique, de simple accompagnement sonore, dépasse son rôle d’illustration pour apporter une dimension ilawrence d arabiesupplémentaire chargée de sens. Au-delà de son apport esthétique, elle devient utile et participe au récit.
La musique devient indissociable de l’image et les réalisateurs y accordent une place croissante. Les thèmes musicaux de certains films deviennent de véritables succès populaires. Des collaborations durables s’installent entre metteur en scène et compositeur qui partagent le même univers, la même sensibilité : A. Hitchcock et B. Hermann, Sergio Leone et Ennio Morricone ,ou en France F. Truffaut et George Delerue.
Dans les films « classiques », la musique a pour fonction de supporter l’image et l’histoire, mais garde une fonction secondaire . Dans les films musicaux , au contraire, la musique est souvent un facteur prépondérant puisque c’est elle qui guide le rythme du film : la diction (chant) des acteurs, leurs mouvements, les mouvements de caméra…
Les réalisateurs et les producteurs sont conscients de son importance, notamment de l’émotion qu’elle peut susciter chez le spectateur, des pleurs associés aux violons à l’excitation d’une musique saccadée avec un son saturé, en passant par l’inquiétude, l’angoisse ou l’inconfort d’une musique dissonante .Par ailleurs des types de musique sont associés à des types de film.
Dans certains cas, le réalisateur est guidé par une musique, une chanson, un morceau qu’il a en tête, pouvant faire partie ou pas de la apocalypse nowmusique du film.