Janvier 2015 – COLD IN JULY de Jim Mickle(2014)

COLD IN JULY

cold in julyde Jim Mickle (USA – 2014 – 1h49)

Avec Michael C. Hall, Don Johnson…
Interdit aux moins de 12 ans

1989 au Texas. Un rodeur veut pénétrer dans la maison de Richard Dane, un père de famille. Celui-ci ne se laisse pas faire et abat le cambrioleur. Alors qu’il culpabilise, les habitants de la petite ville où il vit le célèbre comme un héros. Il tente de reprendre une vie normale tandis que Russel, le père du voyou commence à le harceler, lui et sa famille. Bizarrement, ils s’associent quand ils découvrent que la police a modifié l’identité de la victime. Avec le détective privé, Jim Bob, ami de longue date de Russel, vient leur prêter main forte. Ensemble, ils mènent l’enquête…

2015-01-20 une terre d’ombre de Ron Rash

une terre d'ombreL’ombre de la falaise est si dense qu’elle s’infiltre dans le bois, les maisons et les champs. De toute la chaîne des Blue Ridge, dans les Appalaches, la terre de ce vallon est la plus noire, maudite et ­silencieuse. Hank et Laurel y habitent seuls depuis la mort de leurs parents. Hank va bientôt se marier mais Laurel, affublée d’une tache de naissance qui bleuit son bras et son cou, ne risque pas de trouver un époux. Au village, les habitants superstitieux l’évitent comme la peste. Dans ce coin, déserté par les Indiens cherokees eux-mêmes, et où se dessèchent les derniers châtaigniers, un nouveau venu vient secouer la torpeur ambiante. Un étranger mutique qui joue de la flûte. Nous sommes dans les derniers mois de la guerre de 14-18, qui, aux Etats-Unis aussi, divise les hommes, les envoie au casse-pipe et les restitue en morceaux à leurs familles.

Ron Rash reprend dans Une terre d’ombre quelques-uns de ses thèmes favoris : les séquelles irréversibles que portent les combattants de toutes les guerres, la puissance de la nature mais également celle de l’éducation, capable de sortir les hommes de la sauvagerie. Dans le décor indompté, le romancier installe une femme, une héroïne courageuse qui sait à la fois travailler dur à la ferme et rêver près de la rivière d’un destin meilleur. Dans ce roman rugueux comme les paysages, elle est un souffle généreux, incarnant une forme douce de rébellion contre la bêtise humaine.

Porté par une écriture descriptive, ample et d’un lyrisme mesuré, Ron Rash entreprend, comme dans chacun de ses livres, une fouille archéologique de son pays natal, la Caroline du Sud, pour en tirer une remarquable réfle­xion sociale et politique. Une terre d’ombre est aussi un conte noir, où le joueur de flûte vient secouer hommes et femmes, révéler leur vraie nature, pour s’éloigner finalement, laissant derrière lui la désolation.

Christine Ferniot – Télérama

Atelier Lecture = 5/5

La Bretagne et les Bretons dans la Grande Guerre

La Bretagne et les Bretons dans la Grande Guerre(1914-1918)

 

par Patrick GOURLAY – historien

La Grande Guerre à nos yeux est synonyme de souffrances, de pertes effroyables, de sacrifices de la part de tous : soldats, familles, économie…. La Bretagne est une région qui a fortement contribué à l’effort de guerre national. Quel impact aura eu cette guerre sur la société bretonne dans son ensemble ?

L’ENTREE EN GUERRE

le contexte général

1914_new_alliancesBien que les USA soient devenus le 1ère puissance économique mondiale ,en 1914, l’Europe domine encore le monde : elle représente la moitié de la production industrielle mondiale ,elle possède les 2/3 de la flotte de commerce mondiale.
Bien qu’elle ait connu 44 ans de paix, cette Europe est minée de l’intérieur. Outre l’ancienne rivalité franco-allemande résultant du sort réservé à l’Alsace Lorraine suite au conflit de 1870, l’Allemagne se sent lésée dans le partage « colonial »de l’Afrique, l’Angleterre et la France s’étant accaparés la part du lion.Les colonies sont un débouché pour les productions nationales et une source d’approvisionnement en colonie14matières premières.
Deux crises ( Tanger en 1905 – Agadir en 1911) avaient mené l’Europe au bord de la guerre.Les divers gouvernements fourbissent leurs armes :de vastes programmes de réarmement sont mis en oeuvre ; deux blocs sont prêts à en découdre . En effet ,la Triple Alliance ( Allemagne , Autriche- Hongrie, Italie) fait face à une Triple Entente entre la France , l’Angleterre et la Russie ( alliances de type défensif).
Par ailleurs, le inventions en matière militaire ( mitrailleuse, canon à tir rapide, sous marins, torpilleurs ) promettent une guerre « industrielle » dévastatrice, la Guerre mitrailleusede Sécession US en ayant été une pré-figuration.

La Bretagne en 1914

 

Avec ses 5 départements , la Bretagne compte 3,2 millions d’habitants en 1914 ; la natalité y demeure forte : 4 enfants par famille ; 41 % de la population ont – de 20 ans. L’exode rural y est important vers les villes littorales, Paris, voire l’Amérique,
La société bretonne reste sous l’influence de l’Eglise catholique et de l’aristocratie terrienne.
La Bretagne demeure rurale : 75 % de la population vit dans les campagnes contre 56% pour la France.( les grandes villes : Nantes 200 000 h – Brest 80 000 h – Rennes : 80 000 h – Lorient 50 000 h)
C’est une région peu industrialisée : les industries marquantes sont d’une part les arsenaux et d’autre part les industries liées au secteur de l’agriculture-pêche ( à Douarnenez par ex ; 26 usines de conserverie – 40 millions de boites produites par ans – 4 000 ouvriers)
La Région est acquise à la République depuis 1900 avec le ralliement de la hiérarchie catholique. Les Républicains sont aux commandes de mairies importantes à la veille du déclenchement des hostilités.

L’entrée en Guerre

L’assassinat de Sarajevo ne laisse pas présager une guerre au début du mois de juillet 1914.
Le 23 Juillet, l’Autriche Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie : la prise de conscience d’une conflagration générale se fait jour.
Les socialistes se mobilisent pour bloquer l’engrenage qui mène au conflit, sans toutefois évoquer la menace de grève générale que brandissait la IIème Internationale socialiste en cas de guerre .
Le basculement vers la guerre est manifeste après la mort de Jaurés : l’Union Nationale se profile et le gouvernement n’a pas besoin « d’appliquer le carnet B » qui prévoyait d’interner tout opposant à la guerre.
Le 1er Août , les affiches annonçant la mobilisation générale sont placardées sur les édifices publics. Le tocsin sonne à la campagne : l’ordre de mobilisation ….

POILU 1914Le départ pour le front

Loin de l’image d’Epinal ( « la fleur au fusil »)les sentiments qui prédominent sont la consternation, l’émotion , la tristesse et la résignation. Le Breton va au front pour défendre son pays attaqué, défendre les frontières ( patriotisme défensif).
L’Eglise catholique adhère immédiatement à l’idée de l’Union Sacrée. ( 600 religieux pour le diocèse de Quimper sont immédiatement mobilisés)
Entre les 4 et le 8 Août 1914, 350 000 bretons s’en vont par train rejoindre le front.Ces troupes sont engagées dès Aout 14.

 

 

 

LES BRETONS AU FRONT

aux frontières terrestres

bénédiction d'un mort au combatLes premiers affrontements des régiments bretons ont lieu en Belgique au cours des batailles de Maissin, de Charleroi et de la Sambre.
Les Bretons sont sur tous les théâtres d’opérations dans les tranchées mais aussi aux Dardanelles et en Salonique
Les bretons résistent avec des pertes considérables à Verdun : 50 % en une journée.
Leur héroïsme au combat modifie l’image du breton : de chouans, ils deviennent l’exemple du bon soldat courageux , craints par ses ennemis.
Autre aspect spécifique du soldat breton : le côté dévot

sur le front naval

Stöwer_U-Boot_TruppentransporterLa Bretagne est au coeur du front naval . Elle devient une des bases essentielles pour les Alliés. Dès le début du conflit, ses ports sont utilisés à plein :
en Août 14 , à St Nazaire débarquent 120 000 anglais accompagnés de 12 000 chevaux
en 1916, Brest accueille 30 000 russes qui s’en vont sur le front de Champagne

A Brest également transitent du matériel, des munitions, des matières premières essentielles à l’effort de guerre.

La Bretagne devient une cible majeure pour la Kaiserliche Marine. Les U-Boote traquent tous les navires et envoient par le fond entre 1915 et 1918 300 bateaux aux larges des côtes bretonnes , en ne faisant aucune distinction entre navires de guerre et bateaux de pêche : guerre totale.

La réplique ne se fait pas attendre : une lutte sous-marine s’engage avec des dirigeables, des hydravions et des navires spécialisés hydracvion penzedans la chasse aux sous-marins. La sécurisation des convois s’avère efficace : 300 victimes pour 300 000 militaires US débarqués par mois.( cf base hydravions de la Penzé)
8 millions de tonnes de marchandises sont acheminées vers la France au cours de ce conflit et débarquées essentiellement dans les ports bretons

 

La Bretagne tête de pont du débarquement US

St Nazaire pour le matériel, Brest pour les hommes ont joué un rôle essentiel comme tête de pont .
St Nazaire : 3 300 000 tonnes de matériel – 200 000 hommes après juin 1917
Brest : 800 000 hommes du contingent US passent par Brest soit le 1/3 de l’effectif engagé
La ville se transforme pour accueillir ces soldats : la longueur des voies de quai passe de 7 km à 33 km ; 9 camps de transit sont aménagés
Le camp de Pontanezen par exemple a une capacité d’accueil de 80000 soldats ; il couvre 700 ha, 700 baraques ;5300 tentes ; un hôpital de 2 000 lits., un parc automobile de 900 voitures…
La ville de Brest dont la population intramuros n’excède pas les 65 000 habitants s’américanise au contact de l’American Way of Life de ces dizaines de milliers de soldats ( jazz, film de Chaplin…).
wilson à brest _04En décembre 1918 d’abord,  puis en 1919 en route pour Versailles, le Président Wilson vient rendre hommage à la ville de Brest pour l’accueil que la ville a réservé à ses soldats.

 

 

 

 

 

LA GRANDE GUERRE :UN CHOC POUR LA SOCIETE RURALE BRETONNE

les ruines d'un villageD’une guerre imaginée en Août 14, la guerre devient réelle :
avec le départ des Bretons qui ont accepté le conflit pour défendre le sol national,
avec l’hécatombe des premiers combats où des milliers de jeunes sont fauchés.

Les conséquences sur l’activité économique

La guerre frappe directement le secteur agricole ( 55 % de la population active) et le désorganise.
Les hommes sont partis pour les champs de bataille et vont tomber au champ d’honneur, les femmes partent pour les champs…Les mairies mettent sur pied des crèches pour garder les enfants de – de 10 ans : leurs aînés rejoignent leurs mères et les anciens dans les champs. Le fonctionnement réel de l’économie repose sur le travail des femmes.
La réquisition des chevaux prive de plus le secteur ( peu mécanisé) de cette force de travail. Le monde agricole dans son ensemble est touché : le forgeron, le maréchal ferrant, le boucher, le boulanger sont aussi partis…L’entraide, l’utilisation des prisonniers ,les permissions de 15 jours pour les semailles pallieront partiellement ce manque de main d’oeuvre.
Dans le monde industriel , des mesures permettront le retour dans les usines de personnel qualifié ( techniciens, cadres ), les effectifs étant complétés là aussi par les femmes , des étrangers et des prisonniers. La poudrerie de Pont de Buis compta 3 000 ouvrières.
Par ailleurs des secteurs industriels se développent, portés par la guerre et les commandes publiques:le textile, la métallurgie, la sidérurgie et l’agroalimentaire.

La présence de la guerre en Bretagne

1) La Bretagne sert de base sanitaire pour 800 000 soldats blessés au cours d ela guerre. Ils sont répartis entre 273 hôpitaux . Appel au bénévolat pour s’occuper d’eux.
2) La Bretagne accueille également les réfugiés du Nord, de l’Est , de Belgique chassés par l’avancée allemande : en 1918, 167 000 réfugiés sont recensés en Bretagne.
3) Les prisonniers civils allemands , hongrois, autrichiens sont internés dans des camps pour éviter qu’ils ne deviennent an cas de retour dans leurs patrie des soldats qui affronteront les soldats de l’Entente.( camp de l’île de Sieck par ex.).
4) la correspondance entre le front et l’arrière
– lettres autocensurées et censurées mais qui permettent de converser entre le front et les familles .
– envoi de la presse régionale
5) l’envoi de colis alimentaires aux militaires
6) les permissions : en 1915, compte tenu du la prolongation de la guerre , un système de permission est rétabli , essentiel pour le moral des troupes et de l’arrière.
7) Mobilisation des enfants
– au niveau de l’école : l’instituteur reçoit des instructions pour traiter de la guerre dans le maximum de matières enseignées.
– quête pour des dons : la journée du poilu
– incitation au don : le sou des écoliers
– parrainage de soldats
– incorporation de jeunes n’ayant pas l’âge requis pour aller sous les drapeaux
( Jean Corentin Carré cité à valeur d’exemple)
8) organisation d’une journée spéciale du Finistère
– objectif : financer un centre de rééducation pour les mutilés ;
– 100 000 F sont recueillis
9) mobilisation des esprits
– l’Eglise met en avant le sacrifice des vies pour sauver la France
– les républicains évoquent plutôt les soldats de l’an II
– les intellectuels bretons sont également appelés pour galvaniser le peuple.

Le moral

Les préfets sont chargés de surveiller le moral de la population par des rapports mensuels transmis au gouvernement.
En 14 et 15 , la population accepte avec résignation la guerre bien que les deuils s’entassent sur les deuils.Mais pour financer la guerre , le gouvernement joue de la planche à billets et l’inflation s’installe, rognant le revenu des fonctionnaires, rentiers et retraités. Le réveil social débute donc en 1916 mais l’année 17 est marquée par une agitation revendicative liée à la baisse du pouvoir d’achat et la lassitude devant cette guerre sans fin.
Durant les 6 premiers mois de 1918, les Bretons redeviennent optimistes, du moins plus que les autres français.

Au 1152e jour de guerre, ( 11 novembre) l’armistice est signé : les empires centraux acceptent leur défaite.
La Victoire est ambiguë : l’immense joie collective est associée à la douleur du deuil.

L’EMPREINTE DE LA GRANDE GUERRE

le retour des soldats

ce retour s’effectue entre novembre 1918 et l’été 1919 souvent dans l’indifférence. Puis l’accueil s’organise : les fêtes du 14 Juillet et du 11novembre sont l’occasion de célébrer le retour des régiments( avec arc de triomphe).

En début 1919, les prisonniers reviennent également

le retour des morts : les morts sur les champs de bataille devaient rester sur les lieux de leur mort. Toutefois une loi votée en 1920 autorise le retour des corps et ceci à la charge de l’Etat.Morlaix devient le centre départemental d’accueil des cercueils En mars 1921, un premier convoi de 6 wagons contenant 160 cercueils arrive en gare : ils repartent vers 75 communes. 55 autres convois suivent.

Le « bilan humain »

necropole_de_douaumont_dia_02La Bretagne a payé un lourd tribut. Sur les 600 000 bretons engagés, 138 000 ont péri.Les régions rurales comme la Bretagne ont fourni l’essentiel des fantassins, ceux qui ont connu les plus lourdes pertes. Les paysans représentaient 40 % de la population active française en 1914 : ils constituent 50% des pertes.A cela s’ajoute le fait que la population bretonne est plus jeune que la population française. Le % de soldats bretons tués s’élève à 22% contre 16 % en moyenne pour l’ensemble du pays. Sans parler des invalides et des blessés.

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes monuments aux morts

l’hécatombe a fait naître avant la fin de la guerre le besoin d’organiser le souvenir des sacrifices pour la patrie.
A la fin de la guerre , les municipalités envisagent l’édification d’un monument à la gloire de leurs concitoyens morts pour la patrie. Le financement est assuré par une subvention communale, une aide de l’Etat et une souscription publique. Le choix du monument et son emplacement sont fortement marqués par les orientations politiques du lieu : les municipalités républicaines par exemple tentent de créer un axe civique : école publique-mairie – monument aux morts , elles mettent en valeur la notion d’égalité républicaine dans l’hommage et face à la mort : classement des noms par ordre alphabétique sans distinction d’ordre hiérarchique.

MEMORIAL SAT ANNE D4AURAYL’Eglise n’est pas en reste . Elle veut son monument religieux, futur lieu de pèlerinage :ce sera le mémorial des Bretons morts pendant la Grande Guerre à Saint Anne d’Auray dont la crypte est bénie en 1927 et qui sera inauguré en 1932 devant 120 000 fidèles.

Autre lieu de mémoire : le monument de la Pointe Saint Mathieu érigé en 1927 en hommage aux marins de la Royale et aux marins de commerce disparus, monument qui incarne la douleur et la tristesse de la mère ou de la veuve

Le 11 Novembre devient le moment majeur des associations d’anciens combattants pour rendre hommage à ceux d’entre eux morts au combat.
La Grande Guerre par le brassage des populations aura stimulé le sentiment d’appartenance à une même nation. Le conflit aura parachevé le projet de gommer les disparités régionales , projet initialement porté par l’école de Jules Ferry.

Les livres à votre disposition

Les plus récents

Roscanvel, chronique du 20ème siècle : 1900-1937 par Marcel Burel.

Du chène au roseau par Daniel Giraudon.

L’appel de Gaïa par Jan Claude Pierre.

La philosophie occidentale « de Platon à Descartes, Pascal » Vol.1.

Journal intime – Vol. 1 Etienne Manach.

Cadrans solaires en Bretagne par Jean-Paul Cornec.

Morlaix 1647-2009 par Marthe Le Clech.

Morlaix ou la chance qui passe par Marc Salmon.

Terre des vignes, terre de France par Charles Frankel.

L’énigme des enluminures par Stéphena Vincent.

Petits arrangements par Jean-Pierre Grégoire.

Mon petit bonhomme de pierre par Jean-Luc Le Nan.

En quête de mémoire, collectif UTL Morlaix-Brest, atelier de recherche UBO.

Roman

Les filles du Calvaire. Pierre Combescot.

Terre des prêtres. Yves Lefebvre.

Les voiles de deuil. Louis Pouliquen.

Un vaisseau du dernier millénaire. Dominique Le Roux.

Les marées d’équinoxe. Louis Pouliquen.

Le livre des guerriers d’or. Philippe Le Guillou.

Le passage de l’Aulne. Philippe Le Guillou.

Le Donjon de Lonveigh. Philippe Le Guillou.

Poésie

Une moitié de ciel suivi de Rives de soi. Jean-Albert Guénégan.

Histoire

Le paysan Breton en sa demeure – Tregor Finistérien

Les Juloded. Louis Elégoët.

Les catholiques et la question sociale. Vincent Rogard.

Catholiques en Bretagne au 20ème siècle. Yvon Tranvouez.

Femmes criminelles en Bretagne au 19ème siècle. Annick Le Douguet.

Histoire de Brest. Collectif sous la direction de Marie-Thérèse Cloître.

La poste aux chevaux en Côtes d’Armor. Dix chercheurs des Côtes d’Armor.

La grande aventure des Terre-neuvas de la Baie de Saint-Brieuc. Christian Quéré.

Magie Blanche en Armorique. Fanch Guillemin.

La manufacture des Tabacs : quatre siècles d’histoire. Anne Guillou.

Vécu et Biographie

Ça vous suivra dans votre carrière. (Préfet) Raymond Jaffrenou.

Médecin, passionnément. Louis Pouliquen.

Souvenirs d’un autre Monde : la vie quotidienne à Morlaix entre les deux guerres mondiales. Souvenirs recueillis et mis en forme par René Guyomarch.

Michel Le Nobletz, un missionnaire en Bretagne, 1577-1652.

Julien, Léonard : un résistant ordinaire, éditeur clandestin de « Libération ». Jules Meurillon.

De excidio Britanniae de Saint Gildas. Décadence de la Bretagne.

Louis Guilloux. Yves Loisel.

Ces Messieurs de Morlaix : Les Coëtenlem.

Nos ancêtres auvergnats : l’immigration auvergnate en Bretagne. Serge Digou.

Etienne Manach : journal intime de 1926 à 1939. Paris, Berlin, Moscou, Istanbul.

Guide, Dictionnaire, langue

Guide illustré des Algues de Bretagne. André Rio.

Dictionnaire des Femmes de Bretagne : les fondements de notre histoire. Sous la direction de Madame Urvoy.

Perles de banquiers. Le « Bretonnisme ». Hervé Lossec.

Les vitraux de la Cathédrale Saint Corentin à Quimper. Sous la direction de Tanguy Daniel.

Voyage

Le Gange : aux sources du Fleuve éternel. Mireille-Joséphine Guézennec-Himabindu.

Ouzbékistan : au cœur des routes de la soie. Serge Cozzi zr Didier Labouche.

Papy fait le tour du monde en vélo : Pakistan, Chine, Mongolie, Sibérie. Zef Jégard.

Recherche, Enquête, Etude

Sites, Signes, vies au centre de la Vallée de l’Aulne. Collectif.

Aujourd’hui, que sont devenus les relais de poste aux chevaux en France ? Premier colloque scientifique de l’UTLTA, septembre 1989.

Le plateau des Capucins à Brest. Collectif – Atelier de Recherche de l’UTL de Brest.

L’Alcide, corsaire de Saint-Malo : La guerre de course et l’histoire d’une corvette de 1745 à nos jours. D. Appriou et E. Bozellec.

Le développement local au défi de la mondialisation. Paul Houée.

Repères pour un développement humain et solidaire. Paul Houée.

Sexe et politique. Jacques Georgel.

Devenir parent de ses parents. Mémoire-étude. Jeanne Urvoy.

Programme du 1er trimestre 2014-2015

Ensemble des conférences : LANGO.
02 Octobre exposition : « Le goût des autres »

à l’Abbaye de Daoulas suivie d’une visite guidée de l’exposition « Dubuffet » à Landerneau

09 Octobre conférence : La Russie de Poutine

par Alain Colas, chargé d’enseignement à l’UBO

16 Octobre conférence : Le retour de la piraterie maritime

par l’Amiral Merer, préfet maritime, écrivain et conférencier

06 Novembre conférence : le peintre Chagall

par Béatrice Riou, guide conférencière

le 13 Novembre  conférence : la comète Chury et la sonde Philae

par Olivier Sauzereau, Dr ès Sciences , astrophotographe

le 27 Novembre conférence : Simone de Beauvoir

par Olivier Macaux, conférencier littéraire

le 04 Décembre conférence : Anne de Bretagne (1477-1514), un destin d’exception
les 11 et 18 décembre : visite guidée de 3 sites d’exception sur Morlaix
le mercredi 17 Décembre  conférence : La Bretagne et les Bretons dans la Grande Guerre

par Patrick Gourlay, historien

Décembre 2014

le lundi 15 décembre à 14h30.  séance Cinéma / UTL à La Salamandre

QUAND VIENT LA NUIT

Affiche quand vient la Nuitde Michael R, Roskam (USA – 2014 – 1h47)
Avec Tom Hardy, Noomi Rapace…
Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » – qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn.

Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé…

 
En suscitant l’empathie pour ses anti-héros fatigués, le cinéaste resserre son étau en nous perdant subtilement dans les méandres d’une intrigue-puzzle dont toutes les pièces finissent par s’agencer de façon aussi inattendue que jubilatoire.  Critikat

Novembre 2014

UNE NOUVELLE AMIE

nouvelleamiede François Ozon (France – 2014 – 1h47)
Avec Romain Duris…
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.

 

Ozon brasse tous ces questionnements, travestissements, hypothèses sexuelles, glissements d’identité, suspense sentimental, avec une virtuosité confondante. Les inrocks

Juin 2014

NIGHT MOVES

night-movesde  Kelly Reichardt(USA – 2014 – 1h52)
Avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard .
Josh travaille dans une ferme biologique en Oregon. Au contact des activistes qu’il fréquente, ses convictions écologiques se radicalisent. Déterminé à agir, il s’associe à Dena, une jeune militante, et à Harmon, un homme au passé trouble. Ensemble, ils décident d’exécuter l’opération la plus spectaculaire de leur vie…

 

 

Une version décalée du film à suspense […] où l’angoisse sourd d’une savante alchimie de sons, de couleurs et de durées.  Critikat.com

« Night moves » s’impose ainsi comme un grand film poétique, éthique et existentiel. Avoir-alire.com

Mai 2014

STATES OF GRACE

states_of_gracede Destin Cretton  (USA – 2014 – 1h36)
Avec Brie Larson…
Sensible et déterminée, Grace est à la tête d’un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.
Cette écriture, mêlant brillamment l’intime et la sphère publique, un montage précis, la fulgurance d’une mise en scène soignée et une interprétation magistrale font de ce « States of Grace », l’un des plus beaux films de ce printemps.   L’Humanité

Les dernières lectures

– décembre 2014  « Terre de promesses » d’Anne Guillou

Terre_de_promess_

Dans les années 20, malgré les saignées de la Grande Guerre, les campagnes bretonnes restent surpeuplées. Autorités religieuses et notables s’en inquiètent, ils organisent alors la migration de familles entières, avec bétail et outillage, vers les nombreuses terres d’Aguitaine à l’abandon.

 

 

 

 

Anne Guillou : sociologue, écrivain … et membre de l’UTL de Morlaix

 

 

 

-le 18 Novembre 2014 : « Le dernier Lapon » d’Olivier Truc

le dernier laponle dernier lapon.jpgKautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante.

 

 

 

– le 21 octobre « L’île des oubliés » de Victoria Hislop

l'île des oubliésL’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux… et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d’Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets… Bouleversant plaidoyer contre l’exclusion

 

 

 

 

 

livre à la trame un peu trop manichéenne au goût des membres de l’atelier

– 17 juin 2014 :  » Prison avec piscine « de Luigi Carletti

prison avec piscine_Un universitaire en fauteuil roulant et son factotum Isidro, Péruvien stylé, voient arriver dans la Villa Magnolia, un nouveau résident, le dos couturé de trois cicatrices horribles. Qui est cet homme? Et comment en si peu de temps prend-il une telle importance dans le quotidien bien huilé des habitants? Ange exterminateur? Théorème pasolinien? Deus ex machina? Toujours est-il que l’avocat sicilien, le maître-nageur, les vieilles dames très dignes, chacun tombe sous le charme de l’Ingeniore. Enjôleur, son passé apparait vite trouble, trouble mais délicieusement dangereux pour pimenter l’existence morne et chlorée de cet espace aseptisé comme le bassin.

– LE 20 mai 2014  :  » Fanny Stevenson : entre passion et liberté »  d’Alexandre Lapierre

fanny stevensonLorsque, en 1876, Robert Louis Stevenson rencontre Mrs. Osborne, une Américaine de trente-cinq ans, séparée de son mari et mère de deux enfants, c’est le coup de foudre immédiat. Cette jeune femme joyeuse, sauvage, qui a derrière elle le passé rude et mouvementé d’une pionnière de l’ouest, incarne aux yeux du jeune Écossais un nouvel idéal féminin.
Entre ces deux êtres passionnés naît un amour extraordinaire, qui dédiera les conventions et frontières, de l’Angleterre à la Californie, jusqu’aux lointaines îles Samoa.

 

 

 

– le 15 avril 2014    : » la panse du chacal »

la panse du chacal_Au XVe siècle, Christophe Colomb avait baptisé les Antilles Indes occidentales . Cet archipel vit déferler une multitude de peuples : Amérindiens caraïbes remontant depuis les Guyanes, Européens ayant bravé la Mer des Ténèbres, Africains déportés dans les cales des bateaux négriers. Un monde nouveau s’édifia autour d’un nouveau dieu, la canne à sucre. Une fois l’esclavage aboli, il fallut faire appel à des travailleurs sous contrat de la Chine, du Congo, et surtout, les plus nombreux, de l’Inde : c’était la rencontre des Indes orientales et des Indes occidentales.
Raphaël Confiant retrace l’épopée de ces dizaines de milliers de Coolees ayant fui leur pays de misère avec l’espoir d’une terre promise. A travers deux générations de Dorassamy, transplantés à la Martinique pour y couper la canne. Ces Indiens, bien que voués aux gémonies par les Nègres et les Mulâtres, surent résister, inventant un art de la survie. A l’image d’Adhiyamân Virassamy,enfui du Madurai où ses parents furent dévorés par des chacals au cours d’une grande famine ; de Devi, sa jeune épouse avec laquelle il affronta les pires tempêtes pendant la traversée de l’Inde aux Antilles ; de Vinesh, leur fils aîné, fils de la plantation, partagé entre les valeurs indiennes et la frénésie du monde créole. Autres figures marquantes : celle de l’Ancêtre, gardien des textes sacrés, celle d’Anthénor, le syndicaliste nègre ou de Théophile, l’instituteur européen !
Un univers baroque admirablement servi par la langue métisse de Raphaël Confiant, nourrie de la poétique du créole et des mystérieuses sonorités du tamoul.

Appréciation : Découverte de la part indienne de la créolité, de l’émigration des pays de l’Inde vers la Martinique. Nombreuses ont été celles qui ont aimé le livre pour son foisonnement , sa truculence

le mardi 25 mars     » la cravate » de Milena Michiko Flasar

la cravateRencontre de deux solitudes. Sur un banc. Rapprochement progressif de deux êtres en marge, pas pour les mêmes raisons. Le premier, jeune, est un hikikomori, il n’est pas sorti de sa chambre depuis deux ans ; le second, vieux, est un salaryman qui vient d’être licencié. Dans La cravate, symbole de l’appartenance à la société, Milena Michiko Falsar raconte les confidences qu’ils vont s’offrir, timidement puis sans complexes. Il y a forcément des raisons à leur mal être, des morts qui encombrent leur conscience. La romancière austro-japonaise livre un véritable récit nippon, tout en nuances et délicatesse, dans un style poétique simple et élégant. Le fil des deux existences et de leurs traumatismes se déroule de façon douce et implacable. A l’image de cette pression sociale qui caractérise la société japonaise. Un livre ciselé, touchant et secret.

– le 18 février 2014  « Journal intime d’un arbre  » de Didier Cauwelaert

journal intime d'un arbre« On m’appelle Tristan, j’ai trois cents ans et j’ai connu toute la gamme des émotions humaines. Je suis tombé au lever du jour. Une nouvelle vie commence pour moi – mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune de mes bûches, ou la statuette qu’une jeune fille a sculptée dans mon bois? Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune, j’essaie de comprendre pourquoi je survis. Ai-je une utilité, une mission, un moyen d’agir sur le destin de ceux qui m’ont aimé ? » Tristan, fruitier de 300 ans, gît à terre après un coup de vent, et révèle trois siècles d’histoire et d’Histoire. À la fois grave et légère, empreinte de poésie et d’espoir, cette aventure végétale dessine le portrait d’une humanité sur le point de perdre la sienne.

appréciation : petite merveille – grande imagination – problèmes inhérents aux périodes évoquées fort bien rendus.

– janvier 2014  « la liste de mes envies » de Grégoire Delacourt.

laliste de mes enviesJocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

appréciation : lecture agréable -empathie pour les femmes – lucidité sur le rôle de l’argent – en deçà du chef d’oeuvre

 

– déc 2013,  » les poissons ne ferment pas les yeux » d’Erri de Luca chez Gallimard.

les poissons ne ferment pas les yeux«À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge depoissons yeux_.jpg dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd’hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite.»
Comme chaque été, l’enfant de la ville qu’était le narrateur descend sur l’île y passer les vacances estivales. Il retrouve cette année le monde des pêcheurs, les plaisirs marins, mais ne peut échapper à la mutation qui a débuté avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et le pousse à remettre en question son ignorance du verbe aimer que les adultes exagèrent à l’excès selon lui.
Mais il découvre aussi la cruauté et la vengeance lorsque trois garçons jaloux le passent à tabac et l’envoient à l’infirmerie le visage en…

appréciation de lecture : le livre a suscité des avis différents mais unanimité sur la belle écriture et les pages poétiques.

– le 19 Novembre 2013 : « Le confident  » d’Hélène Grémillon

le confidentCamille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

 

 

 

– le 15 octobre 2013 :  » Grâce et dénuement » d’Alice Ferney

grâce et dénuementEn bordure d’une ville de province, des gitans ont trouvé refuge dans un potager. Ils vivent dans le plus sombre dénuement, sans eau courante ni électricité, mais reçoivent régulièrement la visite d’une femme, Esther Duvaux. Celle-ci s’est tout d’abord immiscée auprès d’Angelina, la matriarche qui règne sur ses cinq fils et leurs familles. Après un an de rendez-vous hebdomadaires, Esther décide de faire la lecture aux enfants que la société rejette

 

 

 

 

appréciation de l’atelier lecture : 5 / 5

– le 17 septembre 2013 : « du domaine des murmures » de Carole Martinez

du domaine des murmuresEn 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

 

Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein

Les « socialistes utopiques »

Les « socialistes utopiques »

 

Le titre de la conférence vient du distinguo qu’avait opéré Marx entre les penseurs du 19 ème siécle qui s’étaient penchés sur karll’amélioration ,voire la transformation de la société industrielle naissante :
le socialiste « scientifique », incarné par Marx
les autres, les socialistes  « utopiques »
Qui sont ces penseurs qui sont passés par la trappe de l’histoire ?
Certains d’entre eux d’ailleurs sont éloignés de la pensée « socialiste » : Fourier peut être considéré comme un précurseur de la psychanalyse ;Proudhon, par certains aspects de sa pensée, touche à l’anarchisme. Owen , l’entrepreneur, pense à l’humanisation du capitalisme.
Précision : ces penseurs n’ont aucun lien avec les grandes figures du socialisme : les Jaurès, Guesde, Blum ni avec celles d’aujourd’hui.

 

 

1. Babeuf – Owen – St Simon

a) Gracchus Babeuf (1760 – 1797 )
Ancien clerc de notaire,devenu journaliste et homme politique sous la Révolution, il crée , à la chute de Robespierre «  la conjuration des égaux » qui avait pour but l’égalité effective de tous les citoyens. Dénoncé , il meurt sur l’échafaud.
Sa grande idée : les producteurs apportent le fruit de leur travail dans un « Magasin général » qui redistribuerait les produits en fonction des besoins des citoyens au travers d’un troc généralisé.
b) Robert Owen (1771 – 1858).
Ouvrier anglais du textile, il gravit l’échelle sociale pour devenir directeur puis propriétaire d’une filature à New Lanark .Face à la misère ouvrière , il entreprend de transformer chaque ouvrier de son usine en un partenaire associé à la bonne marche de l’entreprise. Owen dans un 1er temps incarne une démarche philantropique permise par les bénéfices que dégage son entreprise en investissant dans l’instrument de production mais aussi dans l’amélioration des conditions de travail et d’existence de ses ouvriers :les salaires ,le Logement, l’hygiène, la santé , l’éducation, le temps de travail.
Une « vision nouvelle de la Société », publiée en 1813 théorise les pratiques de New Lanark où il propose un « système du bonheur ».
Comme legs : – à l’origine du mouvement coopératif et des Trade Unions ( et du Labour)
de_Saint-Simonc) Saint Simon( 1760 – 1825).
Il est le 1er penseur de la société industrielle française naissante. Sa pensée : se débarrasser de tous les improductifs, de tous les parasites ( prêtres,pairs du royaume, ….), pour que les productifs (capitaines d’industrie,….) puissent s’exprimer au maximum de leur capacité.
Son oeuvre sera reprise par 2 disciples :
Bazard qui approfondira l’aspect économique de sa pensée.
Enfantin , son aspect théologique.
Les idées de St Simon pénètreront l’Ecole Polytechnique et influencera des banquiers , des ingénieurs , des agronomes.
Les principaux axes de leurs réflexions porteront sur l’évolution des moyens de transport, le commerce international, la diffusion des idées , l’hygiène .
Comme traces de ce courant de pensée :
l’importance du Secteur des Grands Travaux Publics en France.
généralisation des sociétés par actions .
égalité homme/femme.
planification.
banque centrale à l’échelon européen et monnaie unique.

disciples ; Michel Chevalier initiateur du Traité de Libre-échange entre France et Angleterre./ Victor Considérant qui introduit la notion de droit au travail.
réalisation : percée du Canal de Suez .
influence : origine du catholicisme social .

2. FOURIER Charles ( 1775-1837)

Hw-fourierPartant de l’échec de l’age primitif , de l’âge des religions et de l’âge politique( royauté), Fourier trouve la réponse aux désordres de la Civilisation dans l’Harmonie.Son socle de pensée est donc les passions, contre-pied de 2 millénaires de morale ascétique . Toute passion est bonne , car créée par Dieu. Fourier se lance donc dans leur recensement .
le luxisme ( les 5 sens), les passions animiques ( amitié, ambition, amour et familisme,sériismes ( inconnues jusque lors , la cabaliste, la papillonne, la composite) .Douze passions donc qui s’épanouiront dans le Phalanstère qui regroupera les 817 combinaisons de passion( soit 817 hommes et 817 femmes). Il élabore un système collectif qui relève de la coopération agricole et du couvent laïc.
Disciple :En 1842, Godin découvre les théories de Fourier et .en 1846, il transfère à Guise sa manufacture d’appareils domestiques.
Sensible à l’idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque, et offrir aux ouvriers le confort dont seuls les bourgeois pouvaient alors bénéficier. À partir de 1859, il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère, dont le mode de fonctionnement peut être considéré comme précurseur des coopératives de production d’aujourd’hui. Il favorise le logement en construisant le Palais Social (logements modernes pour l’époque), des lavoirs et des magasins d’approvisionnement, l’éducation en construisant une école obligatoire et gratuite, les loisirs et l’instruction avec la construction d’un théâtre, d’une piscine et d’une bibliothèque.
Son legs : Fourier pressent des théories qui seront reprises par la psychanalyse :comme l’engorgement des passions source de névroses, le grand nombre de tempéraments affectifs ;

Proudhon13. PROUDHON

 

 

 

Autodidacte, il est dans sa jeunesse un disciple de Marx duquel il s’éloigne en raison de la théorie de la dictature du prolétariat préconisée par ce dernier.
Sa pensée servira plus tard de socle théorique à la Commune de 1871 ;
Pour éviter la dictature , Proudhon préconise le système fédératif , une pyramide par emboitement de fédérations jusqu’au sommet.
Ses idées donneront naissance aux sociétés mutuelles, aux scop, et à la monnaie unique.

4 . Autres penseurs

Louis_Blanc_b_Carjat_1848
Louis Blanc

Etienne CABET.
Dans son livre « Voyage en Icarie », il donne une vision d’une société « communiste » basée sur :
l ‘égalité homme/femme.
toute activité est collective.
la nature est soumise à la volonté des hommes.
La dérive totalitaire d’une telle société est facilement imaginable.
Louis BLANC, quant à lui, préconise pour lutter contre la sauvagerie du capitalisme naissant l’intervention d’un Etat « neutre » qui inciterait par des aides financières initiales à la création de coopératives.( expérience des Ateliers Nationaux 1848) .

La Chine et ses problèmes économiques

La Chine et ses problèmes économiques et politiques

 

par Alain COLLAS , proviseur, chargé de cours à l’U.B.S. ,chercheur associé au CERHIO (centre de recherches historiques de l’Ouest)
Plan de l’intervention
1. Introduction
2. Rappels historiques
3. la croissance économique de la Chine
4. les difficultés du modèle chinois et leurs raisons
5. conclusion
chine carte politiqueEn raison des délocalisations, du déferlement des produits chinois, la Chine est devenu un sujet particulièrement sensible depuis une décennie en Occident , un sujet mal abordé ou de façon tronquée.
La Chine a toujours impressionné. « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera » : cette affirmation prophétique est attribuée à Napoléon, après la lecture de « la relation du voyage en Chine et en Tartarie » de Lord Macartney.

 

En 1973, Alain Peyrefitte, homme politique français et connaisseur de la Chine en a fait le titre de l’un des ses ouvrages.

3 remarques liminaires
1.- la Chine est un « empire » stricto sensu  qui contrôle  militairement certaines zones à l’intérieur de ses frontières ( ex Tibet)
La Chine : 1,4 Milliard d’habitants soit 20 % de la population de la planète
14 pays à ses frontières ,longues de plus de 22 000 km
en superficie, le 3 ème pays au monde derrière la Russie et le Canada-
2 un pays renaissant :la Chine ne fait pas partie de Bric.Jusqu’à la fin du 18ème siècle, la Chine était le pays le plus prospère de la planète et veut retrouver cette place dans ce 3ème millénaire.
3.- un pays inscrit dans la mondialisation mais restant une dictature contrôlée par le Parti Communiste Chinois (PCC) de plus de 60 millions d’adhérents

1 – RAPPELS HISTORIQUES

La vision du monde héritée de Confucius perdure :
. un noyau central la Chine : le pays ( Empire du Milieu)
. 1er cercle constitué des pays dont la culture a été influencée par la culture chinoise et qui doivent rester tributaires de la Chine ( Corée, Japon, Vietnam…)
. 2nd cercle : les barbares ( le reste du monde) qui n’ont d’intérêt que pour leurs débouchés commerciaux.
La Chine se sent entourée par 2 ennemis potentiels : au Nord la Russie et à l’Est les USA. (l’Europe morcelée  , compliquée à leurs yeux n’a guère de poids pour les chinois).
Au 14 ème siècle , la Chine se lance dans des expéditions maritimes le long des côtes arabiques et africaines et ceci avant les expéditions européennes. Par décision impériale, ces expéditions prennent fin avec la destruction de leur flotte, La raison de cet arrêt est double : une menace en provenance du Nord demandant une grande mobilisation de ressources ainsi que des contacts avec d’autres cultures jugés inutiles.
sun yat tsenLa Chine , à la fin du 18ème siècle, était la 1ère puissance mondiale , représentant 28% de la production manufacturière mondiale (22 % en 2010). La Chine inondait déjà le marché européen par ses porcelaines et ses textiles.
La fermeture de la Chine au monde, le sentiment de supériorité des Chinois font que la Chine ne prend pas part à la révolution industrielle initiée en Europe. En 1842, la Chine découvre l’écart technologique qui s’est creusé avec l’Europe quand 8 pays s’approprient le littoral chinois . Les traités inégaux donnent naissance aux comptoirs commerciaux contrôlés par les Ocidentaux . Cette présence étrangère est mal vécue par le peuple chinois qui dépose l’empereur en 1911 pour donner naissance à la république de Sun Yat Sen.
Suit une guerre civile de près de 40 ans entre d’une part le Kuomingtang dirigé par Tchang Kai Chek qui avait pour modèle de développement le modèle occidental et d’autre part le PCC dirigé par Mao dont le modèle de développement était de type soviétique en s’appuyant sur les masses rurales.
Mao_ZedongEn 1949 , la République Populaire de Chine est proclamée . Les 1ères années sont marquées par de faibles réformes économiques mais qui vont s’accélérer en 1958 par le Grand Bond en avant et par la Révolution Culturelle entre 1964 et 1969 , qui entraineront le pays dans le chaos( famines et désorganisation industrielle)

 

 

Dans les années 1977-1978, les dirigeants maoistes et leurs successeurs ayant été écartés du pouvoir, Deng Xiao Ping et son équipe décident de moderniser  la Chine en l’ouvrant au monde.
deng4 ZES (zone d’économie spéciale) basées sur les principes d’économie capitaliste sont ouvertes sur le littoral chinois aux capitaux étrangers. Devant le succès de cette expérience, 7 autres ZES sont créées, enclenchant le processus de décollage industriel.  La « libéralisation économique » est en marche.
Parallèlement, en 1989 , une révolte étudiante demandant la démocratie politique, au départ soutenue par quelques dirigeants se développe entre le 15 avril et le 4 juin. Deng mate cette révolte dans un bain de sang sur la place Tien an Men, et renforce le pouvoir du PCC. La libéralisation économique sans la libéralisation politique se poursuit depuis cette date.

 

 

2 LA PLACE ECONOMIQUE DE LA CHINE

chinese factoryLa Chine est à ce jour la 2nd puissance économique de la planète derrière les USA, elle est la 1 ère puissance exportatrice mondiale.
Elle est le leader de la production mondiale de charbon, d’acier , d’engrais ,de téléviseurs, d’électronique ….
Quels sont ses atouts :
1 .Une capacité de mobilisation de la population impressionnante
dans le cadre d’une mobilisation nationale pour le développement économique
contrairement aux ouvriers soviétiques, les ouvriers chinois ont une forte productivité
des projets gigantesques peuvent voir le jour sans rencontrer de fortes oppositions
( barrage des 3 gorges : destruction de villages – déplacement forcé des populations)
2 .un coût de la main-d’oeuvre extrêmement bas
En 1978, le coût de la m.o. chinoise était extrêmement bas par rapport au niveau des salaires US et européens. En 2010 , l’écart demeure élevé ( salaire 10 fois inférieur au salaire français par ex).Ces bas salaires avec un potentiel de m.o . pléthorique et qualifiée ont attiré les investisseurs étrangers qui ont délocalisé à tour de bras entre 1990 et 2010 .
3 .une durée du travail non encadrée
Cette flexibilité permet de répondre instantanément aux variations de la demande.
4 . innovations technologiques
.une longue tradition d’innovations technologiques ( poudre, papier..)
.une capacité à assimiler les innovations technologiques
Dans les contrats d’achats d’avions à l’étranger, une clause prévoit un transfert de technologies qui sont très rapidement intégrées dans le process industriel.Là où 80 années avaient été nécessaires à l’Angleterre et à la France pour assimiler les différentes technologies de la révolution industrielle , 15 ans ont suffi à la Chine pour faire sa révolution industrielle .De cette rapidité, découle l’impression de rouleau compresseur que donne l’économie chinoise.
5 l’importance de la diaspora chinoise ( 35 millions de par le monde)
A la fin du 19 ème , le déclin de la Chine a entrainé une 1 ère vague d’émigration , essentiellement vers l’Asie et la cote ouest des USA.
Cette vague a été renforcée par de nouveaux migrants chargés d’assurer l’essor commercial chinois . Par ex. Singapour, le 1er commercial au monde est peuplé de plus de 75% de chinois qui contrôlent le système politique.Cette diaspora, restée très attachée au pays d’origine constitue un formidable relais pour la politique commerciale et internationale de la CHINE
. l’ensemble des coûts de fabrication n’est pas totalement incorporé dans les prix à l’export, la collectivité prenant en charge une partie. Comme par ailleurs, le Trésor chinois qui contrôle sa monnaie et la sous-évalue systématiquement, cette sous évaluation du yuan et une politique de prix agressive dopent les exportations.
. la Chine a défini depuis quelques années une nouvelle ligne stratégique consistant à sécuriser ses achats en s’implantant hors ses frontières notamment pour le pétrole ( constructions d’oléoducs traversant plusieurs pays pour arriver sur sa zone littorale), , les métaux ( ex terres rares pour son industrie électronique), les produits alimentaires ( acquisition de terres en Afrique)

3 AMPLEUR DES DEFIS QUE DEVRA AFFRONTER LA CHINE

3.1 une mise en perspective
la croissance économique du PIB doit être relativisée
barrages des trois gorgesle développement n’a quasiment touché que la bande littorale profonde de 200 km qui regroupe environ 400 millions d’habitants.Celle-ci en effet concentre 62% du PIB et reçoit 85% des investissements étrangers. (seule exception à la règle Chongqing, agglomération-champignon de 32 millions d’habitants, porte de l’ouest de la Chine, situé près du barrage dit des 3 gorges, centre industriel et commercial en plein boom);Quid du 1 milliard restant ?
Si d’autres critères que le PIB sont pris en compte, la réalité est plus nuancée
. IDH ( indice de développement humaine regroupant la santé, l’éducation et le PIB)
la Chine , 2nde puissance mondiale se retrouve 116 ème sur 132 près de la Roumanie
. Indice environnemental établi par la Yale U. : la Chine se retrouve à la 116 ème place sur 132
PIB/hab          Chine 7500 $ ppa /  France 34 000 $ ppa  /USA 48 000 $ ppa
2010                Brésil 11 000 $ ppa  /Afrique du Sud 7000 $ ppa
la Chine est un pays très inégalitaire dans la distribution des revenus, la plus inégalitaire en Asie
un club de quelques milliardaires affiliés à la nomenklatura communiste;
agriculture chinoiseune classe moyenne supérieure émergente depuis les années 80 estimée à 200 millions d’individus; 1 milliard de chinois dans le dénuement
3.2  les principaux problèmes
a) fossé entre 2 Chines
Jusqu’à quand le milliard d’habitants délaissé par la croissance économique tolérera la prospérité toujours croissante d’une minorité ? D’où un risque d’implosion pour le pays.
pékin polluéQuelques craquements se font entendre, bien qu’étouffés par la censure : des grèves surgissent avec comme revendication des hausses de salaires , qui ont été accordées.(moindre compétitivité avec  délocalisation en Ethiopie par exemple)

 

 

 

b) la pollution
les problèmes liés à l’environnement en Chine figurent parmi les plus graves de tous les pays et ne cessent d’empirer : pollution de l’air, réduction de la biodiversité, diminution des terres arables en raison de l’urbanisation massive, érosion des sols due à une déforestation massive, accumulation d’ordures, pollution et pénurie d’eau.Cette dégradation de l’environnement se traduit déjà par une prolifération de cancers dont les coûts de traitement exploseront dans les années à venir.
évolution dem chinoisec. le vieillissement de la population chinoise et l’évolution des moeurs
l’âge médian est passé de 20 ans en 1970 à 34 ans en 2010
Par ailleurs, le déclin de l’ancienne coutume des ménages mutigénérationnels qui faisait cohabiter 3 générations sous le même toit entraine une urbanisation accélérée et anarchique .Quid des anciens ? De 1953 à 2001 , alors que la population ne faisait que doubler, le % de population urbaine a triplé passant de 13 % à 38%.
3.3 Problématique immédiate pour le pouvoir politique
a) bâtir en urgence un système de retraite
Depuis 2009, 235 milliards USD / an sont injectés pour mettre en place un système de retraite
b) bâtir un système de santé
en zones fortement urbanisées , exposées à une pollution extrême , la médecine traditionnelle chinoise ne peut plus faire face: urgence là aussi de construire un système de santé adapté aux nouveaux besoins.Depuis 2009, 120 milliards USD / an servent à financer de nouvelles infrastructures de santé.
c. la crise économique de 2008
Cette crise en provenance des USA a affecté à la baisse la demande des produits chinois et donc directement impacté le taux de croissance.
Les spécialistes économiques estiment que pour équilibrer ses comptes a besoin d’un taux de croissance de 8% l’an . Entre 2000 et 2010 , ce taux caracolait entre 9% et 11%.Depuis 2011, est en-dessous de la barre des 8%.

Le gouvernement chinois injecte dans son économie 400 milliards de $ par an pour tenter d’atteindre ces objectifs.Jusqu’à quand le gouvernement pourra trouver ces quelques 750 milliards de $ annuels ?

d. le chômage
La part de la population improductive serait de 30 % environ soit plus de 300 millions de personnes. Ce chômage larvé retarde la modernisation de l’agriculture.( tout en constituant un réservoir de m.o.)
Ce retard agricole pèse également la collectivité.
3.4 quelles voies pour le pouvoir politique ?
xi_Jinping presLa démocratie de type occidental n’étant pas d’actualité en Chine, seules les orientations définies par le PCC peuvent avoir cours.
L’arrivée au pouvoir en 2013 du nouveau président Xi Jinping et du nouveau 1er ministre Li Yuanchao entrainera-t-elle un cours nouveau ?
Ces 2 personnages représentent le courant du développement de l’économie chinoise centré sur les exportations (et donc l’absence de rupture avec la ligne suivie depuis 1977). Toutefois, les « débats politiques »pré-électoraux ont été plus animés que ne l’imaginaient les observateurs.En effet , une autre tendance préconisant une croissance économique axée sur le développement intérieur menée par Bo Xilai avait des partisans jusqu’au Politburo du PCC. La manière forte et brutale utilisée pour écarter Bo Xilai du BP montre le danger que représentait cette tendance pour la fraction « exportatrice ».
Comment contenir une éventuelle explosion sociale ?
développer des zones intérieures en regroupant les populations afin de mieux les contrôler
s’appuyer sur l’armée , épine dorsale du régime en la renforçant
se lancer dans des opérations de revendications territoriales pour tenter d’unifier le pays par le sentiment patriotique
développer une marine moderne pour rendre crédible ces revendications

Conclusion

L’expansion chinoise suppose une demande croissante de l’Occident. Si tel n’est pas la cas( demande défaillante,politiques de ré-industrialisation), risque de panne.
Les limites du déséquilibre entre 200 millions d’habitants «  riches » et le milliard dans le dénuement
Au niveau international, quelles seront les orientations des dirigeants chinois ?
.fuite en avant, expansion vers son « pré carré », vers des zones riches en minerai
La Chine pratique une politique de partenariat avec plusieurs pays étrangers : avec l’Iran pour son gaz et son pétrole, avec des pays africains pour l’achat de terre, avec des pays européens pour l’acquisition d’entreprises considérées comme stratégiques.Cette politique néo – colonialiste pourra-t-elle se poursuivre ?
La détention d’une part importante de la dette publique américaine, soit 350 milliards de dollars en bons du Trésor, par les investisseurs chinois permet d’ores et déjà aux chinois d’influer sur l’économie américaine ….
Sous la pression d’évènements sociaux, verra-t-on la politique de développement du ‘tout » export céder la place à un mix ( développement marché intérieur / export) ?
De toute manière, les futures orientations de la politique économique chinoise, compte tenu de l’importance de l’économie chinoise , impacteront inévitablement l’ensemble de l’économie mondiale.
………………………………………………

Les malgré-nous

Les « MALGRE NOUS »

 

par Andrée PORTE, enseignante e.r.
Andrée Porté, en se basant sur sa propre histoire  familiale a évoqué le sort des « Malgré Nous », et plus largement du sort de la population alsacienne et mosellane sur la période 1870 – 1956

1 – Rappel des contextes historiques

-BismarckRoonMoltkea) affrontement militaire franco-allemand
La défaite des armées françaises à Sedan signe la fin du 2nd empire et donne  naissance à l’Allemagne. Un traité de paix, signé à Francfort le 10 mai 1871, ampute la France de l’Alsace sauf Belfort, d’une partie de la Lorraine et des Vosges. Une somme de cinq milliards de francs or est demandée à titre de dommages de guerre .
En 1911,est adoptée de une Constitution d’Alsace-Lorraine dans le cadre de l’autonomie alsacienne décidée par l’empire allemand .
En 1919 , l’Alsace redevient française, à la suite de la ratification du traité de Versailles .
Quand est signé l’armistice du 22 juin 40 , le cas de l’Alsace n’est pas évoqué. Le régime nazi l’annexe de fait en y nommant un gauleiter dès le 20 juin sans en faire la proclamation officielle.
En 1944 ,la 2e DB du général Leclerc libère Strasbourg le 23 novembre , respectant ainsi le serment de Koufra; la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny libère Mulhouse le 21 novembre . Et l’Alsace redevient française.
b) les conséquences pour les territoires alsaciens et mosellans
b1 . Les 2 premiers conflits
En 1871 dès l’annexion, se met en place une politique visant à éliminer la francisation menée depuis les traités de Westphalie et de Ryswick datant de la fin du 17ème siècle . Après une épuration qui chasse de ces territoires les français jugés « indécrottables » , la langue allemande devient obligatoire entre autres ( les noms de famille sont germanisés…)
1919 Le retour de la région dans le giron de la France ne s’est pas fait sans douleur ni maladresse de la part de l’administration française.
Les autorités françaises mettent en place une politique d’épuration. 110 000 personnes sont expulsées, au printemps 1919 par des commissions de triage « Tous les Allemands devront évacuer le pays, sauf de nombreuses exceptions ; tous les Alsaciens et Lorrains pourront rester sauf de rares exceptions ».Tous les fonctionnaires allemands sont mis à la porte.
Sur le plan culturel l’administration tente de développer l’usage du français ; le nom des habitants est francisé : les fonctionnaires s’expriment en français. L’ordre est donné d’utiliser la méthode d’enseignement directe dans les écoles, qui consiste à utiliser le français sans transition. Les habitants de l’Alsace en 1918 sont divisés en quatre classes de citoyens en fonction de l’ascendance et d’enquêtes, plus ou moins fiables dans un climat de délation, sur le degré de francophilie.
b2 . la 2nde Guerre Mondiale
alsace 2nds WWLa ligne Maginot est située à l’Ouest de l’Alsace ; en cas de conflit armé avec son voisin de l’Est, la région est donc « sacrifiée » par les stratèges français.
De ce fait, pendant la drôle de guerre les autorités françaises demande à la population civile d’évacuer les lieux : s’en suit un exode vers le Sud Ouest
La Blitzkrieg , qui met à genoux l’armée française, s’achève par un armistice signé à Rethondes :
l’Alsace est annexée de fait au III Reich et forme avec le pays de Bade , le Gau Oberrhein dont la capitale administrative est Strasbourg. La région est administrée par un Gauleiter, Wagner. Il est interdit de parler alsacien ou français et obligatoire de ne parler qu’allemand dans la région.
gauleite wagnerUne vague d’épuration s’en suit : les français de souche , les étrangers sont priés de quitter le territoire ; les tziganes, les juifs, les communistes sont dirigés vers des camps de concentration.
Toute trace de la langue française disparaît : nom de rue , nom des boutiques, nom des habitants , les administrations,qui sont de nouveau germanisés.
PROPA NAZIE ALSACELa germanisation est accompagnée par une nazification ( port de la croix gammée, le salut hitlérien, le serment au führer)avec une incorporation de la population dans un réseau d’associations hitlériennes.
Le système pour parvenir à fonctionner s’est appuyé sur des opérations de séduction dans un 1er temps ( Grandes manifestations de masse), par des promesses ( de non incorporation dans l’armée allemande) non tenues et pour finir par la terreur ( Camps de Schirmeck ( transit de prisonniers) et surtout du Struthof : Nacht und Neubel)
La vie quotidienne des Alsaciens a ressemblé à celle des autres citoyens restés français ( rationnement, vie économique désorganisée, peur, bombardements)
Un mouvement de Résistance y a vu le jour ( tracts ,faux papiers, filière d’évasions, sabotages, renseignements militaires…)

Struthof entrée
entrée Struthoff

2 – Les « MALGRE NOUS »

Le terme « malgré-nous » désigne les Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande durant la 2nde Guerre Mondiale, que ce soit dans la Wehrmacht , l’armée régulière allemande, dans la Luftwaffe, dans la Kriegsmarine, ou encore dans la malgré nous uniformesWaffen SS .
Le terme « malgré-nous » apparaît déjà en 1920 , après la 1ère Guerre Mondiale , lorsque des associations d’anciens combattants alsaciens et lorrains de la Grande Guerre employèrent cette formule pour mettre en avant le fait qu’ils avaient dû se battre « malgré eux » dans l’armée allemande contre la France.
Dès avril 41, le « RAD devient obligatoire pour tous les jeunes de 17 à 25 ans (garçons et filles) ,sorte de service civil avec musique de parade, défilés, serment d’allégeance à Hitler et travaux des champs. Le symbole en est la bêche….
L’hécatombe sur le front russe contraint Hitler à introduire dès 1942 le service militaire obligatoire en Alsace : 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans se retrouvent, principalement sur le front de l’est ( en sus des 14 classes d’âge appelées, sont enrôlés des anciens de l’armée française ainsi que des écoliers soldats qui serviront par exemple dans la flak en Yougoslavie)
Par ailleurs , le régime nazi fait également appel à des « malgré elles » soit pour le service au Travail avec départ pour l’Allemagne, soit pour les Services auxiliaires de la Wehrmacht ou même dans la SS féminine .
tambovA l’Est, beaucoup d’incorporés furent fait prisonniers par l’armée soviétique durant la débâcle allemande. Ils connurent, comme les militaires de l’Axe les camps de détention soviétiques. Le camp de Tambov regroupa une grande partie des prisonniers Alsaciens et Mosellans .
Nombre d’entre eux ont cependant vécu les combats de Normandie comme les « malgré-nous » de la 2nde division SS Das Reich , dans la poche de Falaise, division qui s’était illustrée auparavant par des représailles sur la population française.
Certains « malgré-nous » ont déserté pour rejoindre la Résistance ou la Suisse ; leurs familles furent parfois déportées dans des camps de travail ou de concentration en vertu de la responsabilité collective de la famille en cas de délit .Le choix de la désertion était d’autant plus difficile qu’ils apparaissaient comme traitres à la patrie française, collaborateurs.
Le 10 juin 1944 un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Fuhrer appartenant à la Waffen SS perpètre le massacre d’Oradour sur Glane ( 642 victimes civiles- village détruit), une pratique courante sur le front de l’est .
Ces événements marquèrent profondément les consciences ; leurs conséquences judiciaires suscitèrent une vive polémique, notamment à la suite de l’amnistie accordée en 1956 aux 14 « Malgré nous » qui avaient participé au massacre( aucun SS allemand ni responsable SS n’ayant comparu au procès.)
L’alternance de la domination franco-allemande, le fait pour la région d’être toujours en première ligne de l’affrontement de ces deux grandes puissances européennes, la crainte permanente de la guerre, les mesures prises par les Français et les Allemands pour « assimiler » la population alsacienne, les répressions, épurations, incorporations de force, déportations, pénuries en temps de guerre, ayant rythmé l’histoire de la région, ont laissé des traces profondes, encore perceptibles chez une partie de la population. La quasi-totalité de la population compte dans sa famille des victimes de la dernière guerre. Le sujet est souvent tabou, surtout en ce qui concerne les incorporés de force : les malgré- nous, qui mènent toujours un combat pour reconnaître leur statut et faire réparer le préjudice qu’ils ont subi…..(130 000 incorporés : ,40 000 tués ou portés disparus ,30 000 blessés et 10 000 invalides, )
Quatre Malgré-nous ont participé pour la première fois aux cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement allié, le 6 juin 2014 en Normandie…
…………………………….
Illustration  : La famille d’Andrée Porté
le grand père Auguste, né français en 1870 devient allemand en 1871, puis redevient français en 1919, puis allemand en 1940 pour mourir français en 1956. (5 changements de nationalité dans une vie !!! ou comment perdre son identité….)
un oncle portant l’uniforme allemand mort sur le front russe au cours de la 1ère guerre mondiale .
un cousin germain sous uniforme allemand qui déserte en Grèce au cours de la 2nde guerre mondiale.

Un bilan sur l’Atelier Science de l’UTL

LA CULTURE SCIENTIFIQUE

riobravoA L’UNIVERSITE DU TEMPS LIBRE DE MORLAIX

par André Rio – Président d’honneur de l’UTL
Ingénieur ENSIC
Docteur es Sciences Physiques
Septembre 2002

Introduction

En 1982, je suis depuis peu en préretraite et j’ai rejoint ma ville natale après le long exil que m’a imposé ma profession. J’adhère à l’Université du Troisième Age qui devient ensuite Université du Temps Libre (UTL) et qui vient d’être créée, avec l’intention d’y trouver de nouvelles activités. J’inaugure bientôt une série d’exposés scientifiques et forme un groupe qui va se passionner pour la connaissance des algues marines.
En 1983, je tombe dans un traquenard : soumis à une forte pression, je dois accepter la présidence de l’UTA. L’aspect administratif me répugne, mais je trouve de l’aide, et j’y vois l’occasion de créer d’autres groupes de travail dont un groupe d’initiation à la culture scientifique que je prends en charge.
J’ai constaté que si les thèmes littéraires et historiques ont la faveur des participants, les sujets scientifiques les laissent plus réticents. Pour beaucoup, les sciences expérimentales sont considérées comme rebutantes et d’accès difficile. L’enseignement secondaire, trop scolaire, trop abstrait, est une bonne préparation pour de futurs scientifiques, mais ne laisse aux autres que des souvenirs mal assimilés.
Aux membres de l’UTA, il faut apporter autre chose : des idées plus générales, des explications qualitatives, peu ou pas de formules qui rebutent, moyennant quoi on peut attirer l’intérêt et exciter la curiosité.
Le manque de culture scientifique a une conséquence désastreuse : la croyance au paranormal, aux pseudosciences, aux guérisseurs. Les exposés que je fais de temps en temps à l’ensemble des adhérents, et qui constituent la matière du présent recueil, essaient de combattre quelques préjugés tenaces, mais ne permettent pas de dialogues prolongés. Un groupe plus restreint de 10 à 20 personnes plus motivées qui se réunit fréquemment permet des échanges d’idées et des discussions souvent animées prenant souvent pour thème des ouvrages de vulgarisation de bon niveau, parmi lesquels :
Le Hasard et la nécessité (J. Monod).
Patience dans l’Azur (H. Reeves).
L’Aventure du Vivant (J. de Rosnay).
Introduction à une Histoire Naturelle (C.Allègre).
Le cantique des Quantiques (S. Ortoli ; J.P. Pharabod).
Penser la science (B.d’Espagnat).
Une brève Histoire du temps (S.Hawking).
Matière à Pensée (J.P. Changeux ; A.Connes).
L’Homme neuronal (J.P.Changeux) ;
EN 1993, je laisse la présidence de l’UTL, tout en continuant à assurer les activités scientifiques. Le groupe fonctionne maintenant depuis une vingtaine d’années. L’assistance s’est en partie renouvelée, mais un noyau de fidèles est toujours présent depuis l’origine. Souvent, les sujets présentés à l’ensemble des adhérents ont fait d’abord l’objet de nombreuses séances plus approfondies avec le groupe restreint.
Toute cette activité n’a touché qu’un nombre limité de personnes qui paraît dérisoire devant l’immensité de l’ignorance et du refus de la culture scientifique. Il existe heureusement des ouvrages de large diffusion comme :
Devenez sorcier, devenez savant De G. Charpak et H.Broch, qui démystifie bien des croyances puériles, mais qui fait aussi un bilan consternant de leur implantation dans un public qui se prétend cultivé.

Culture et Sciences

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Anne de Bretagne

Le 04 décembre à Langolvas :

Anne de Bretagne (1477 – 1514), un destin d’exception

par Jean Kerhervé, professeur d’Histoire médiévale à l’UBO .

blason d'Anne de Bretagne
blason d’Anne de Bretagne

Anne de Bretagne dont le nom est passé à la postérité est entourée de mythes, tantôt présentée en reine parfaite , symbolisant l’union et la paix entre le royaume de France et le duché de Bretagne, tantôt comme une duchesse bretonne contrainte à un mariage forcé et attachée à l’indépendance et au bonheur de son duché . Les historiens donnent également une vison contrastée de sa personnalité, « bornée, vindicative » pour l’un, « riche et positive » pour l’autre … Les sources narratives manquent pour discerner la réalité : les chroniqueurs bretons sont muets sur le sujet, les chroniqueurs français donnent une vision stéréotypée d’une reine.
500 ans après sa mort, elle représente dans l’imaginaire breton l’identité bretonne . Les publicitaires de tout poil se sont servis et se servent encore de cette image dans la promotion de leurs produits.
« Trois mariages et deux enterrements » résument le destin exceptionnel de cette duchesse qui , du fait de son statut d’héritière d’une principauté de rang royal , fut l’enjeu central dans les luttes d’influence  qui aboutirent à l’union de la Bretagne à la France…, en cette fin du Moyen – Age où la France des Princes allait faire place à la France du Prince.

a) une héritière – un héritage contesté.

portarait anna breizh-Anne de Bretagne est née en 1477 à Nantes. Elle est l’héritière de la lignée des Montfort , apparentée aux grandes familles de l’époque ( Navarre, Aragon, Visconti, famille royale française..) qui a assis son pouvoir sur la Bretagne depuis plus d’un siècle.
A sa naissance, son père François II est à la tête de la principauté de Bretagne, l’équivalent d’un état actuel, qui a la particularité de s’être autocréée (sui generis) : en effet, la Bretagne ne procède pas d ‘une concession de l’Empire Carolingien auquel elle n’a jamais fait partie. Le Duc, fait par la grâce de Dieu à l’image du Roi de France, possède tous les pouvoirs : fiscalité, pouvoir militaire, justice, émission de monnaie.. L’autorité du roi de France s’arrête au Couesnon…
A cette époque , la prospérité économique de la Bretagne dépasse celle de la France.Par ailleurs , le « centre de gravité » du monde bascule : la Méditerranée encombrée par les sarrazins perd de son intérêt , les yeux se tournent vers l’Atlantique ( découverte des Amériques : 1492)
Le Roi de France ne peut donc que convoiter cette pointe dans l’Atlantique , et de surcroît riche.
-une héritière à l’héritage contesté
En 1365, le traité de Guérande, signé de son grand-père, prévoyait une succession de mâle en mâle dans le famille des Montfort en priorité, puis dans celle des Penthièvre. Coté Montfort, Anne, coté Penthièvre , Nicole de Penthièvre.Impasse .
En 1480, le roi de France Charles VIII achète à dessein le droit des Penthièvre pour 50 000 écus : il se pose en héritier.
La réplique bretonne ne se fait pas attendre :
. François II et son entourage s’emploient à lui trouver un mari à même de sauvegarder l’indépendance du duché. Sont pressentis : le Prince de Galles, Henri VII d’Angleterre, Maximilien d’Autriche, Alain d’Albret, Louis , duc d’Orléans, Jean de Chalon, le vicomte de Rohan.
. en février 1486, François II fait légitimer le droit de sa fille Anne à régner devant les Etats de Bretagne à Rennes , en faisant jurer solennellement ses membres de servir loyalement l’une des 2 filles qui lui succèdera.

b) sa défaite , son humiliation et sa marginalisation dans la France royale : un destin subi

Tomb_of_Francis_II,_Duke_of_BrittanyMais François II met son duché en s’alliant avec les Princes Rebelles( rebelles à l’autorité royale française) dans une situation militaire désespérée. Non content de s’allier avec ces derniers ils les accueillent sur son territoire ; ils font de l’ombre à une partie de la noblesse bretonne qui font appel au roi de France , qui n’attendait que cela , pour intervenir dans la querelle dynastique.

En 1488, les armées bretonnes sont mises en déroute à Saint Aubin du Cormier. La « guerre folle » prend fin avec le traité du Verger dont une clause stipule que François II ne pourra marier ses filles qu’avec le consentement du roi de France.François II meurt peu après.
En décembre 1490, Anne , devenue duchesse, épouse à Rennes et par procuration Maximilien 1er. Provocation pour le camp français, car ce mariage introduit un ennemi de la France à sa frontière Ouest. De plus il est conclu au mauvais moment ; les alliés de la Bretagne sont occupés sur d’autres fronts.
Au printemps 1491, Charles VIII met le siège devant Rennes où réside Anne afin de la faire renoncer à son mariage non consommé avec Maximilien.

charles viiiCharles VIII fait son entrée dans la ville en novembre et signe le traité de Rennes, mettant fin à la 4ème campagne des troupes royales en Bretagne.Sur les conseils des Etats de Bretagne , Anne accepte le mariage avec le roi de France.
Le 6 Décembre, au château de Langeais le roi de France épouse discrètement mais officiellement Anne, dont le mariage a été annulé par Innocent III . Le 2nd contrat de mariage comprend une clause de donation mutuelle au dernier vivant de leurs droits sur le duché de Bretagne, et stipule qu’en cas d’absence d’héritier mâle, Anne ne pourra épouser que le successeur de Charles VIII.
Par son mariage , elle devient reine consort de France. Elle est sacrée et couronnée à Saint Denis. Par contre, elle perd son titre de duchesse de Bretagne.Vivant dans les châteaux royaux de la Loire ou dans les grandes villes françaises, elle est chargée d’assurer le descendance de son noble roi ( de préférence mâle) : tous ses enfants meurent en bas âge .
Le duché est mis sous l’éteignoir : les libertés et privilèges de la Bretagne disparaissent ; la justice devient royale, les impôts français .

c.    la réassurance d’une duchesse reine : un destin assumé

La mort inopinée en 1498 de Charles VIII permet à Anne, en l’absence d’héritier mâle de recouvrer sous ses droits sur le duché .Elle reprend son titre de duchesse.
De retour en Bretagne, elle se comporte en souveraine : rétablissement de la chancellerie de Bretagne , convocation des Etats de Bretagne, émission d’un monnayage à son effigie bretonne…

louis xIIMais selon son 1er mariage, elle doit épouser le successeur de Charles VIII. Le pape annule un autre contrat de mariage, celui de Louis XII, En 1499, elle est sacrée une nouvelle fois reine, mais en négociant un contrat de mariage favorable ( l’enfant vaincue est devenue reine et duchesse souveraine, titre qu’elle conserve cette fois ): les privilèges et libertés de la Bretagne sont préservés , des précautions sont mises afin que le duché ne revienne pas à l’héritier du trône de France.
Mais quoique les décisions soient prises au nom de la duchesse, le prince consort qui n’est autre que le roi de France gouverne habilement en sous main  .
En 1505, elle effectue un bref « pèlerinage » dans ses terres bretonnes qu’elle n’a pas foulées enfant et qui la mène jusqu’au Folgoët.Ce périple dure 3 mois au final. A chaque étape, elle convoque les hauts dignitaires de l’endroit : noblesse , bourgeoisie, affirmant ainsi sa souveraineté.

Jusqu’à sa mort en 1514 au château de Blois, elle s’oppose au mariage de son ainée Claude de France avec le futur François 1er.
CLAUDE DE frANCEElle est inhumée dans la nécropole des rois dans la basilique de Saint Denis, après des funérailles d’une ampleur exceptionnelle mais son coeur, selon ses dernières volontés ,repose en la chapelle des Carmes à Nantes ,près de son père François II de Bretagne.
Quel est le bilan de sa vie ?
Elle voulait conserver « sa Bretagne » ; contrainte et forcée, elle a fait allégeance au roi. Elle voulait un fils : elle n’en a pas eu qui soit resté en vie. Elle est inhumée à St Denis, loin de ses terres natales..
Toutefois, son règne marque un tournant : autour du faste qui lui est réservé pour ses couronnements et de son inhumation, la France marque l’importance de la réunion de la Bretagne à son royaume. Son règne a également permis de faciliter la transition vers le rattachement de la Bretagne  à la France, en préservant des institutions qui ne disparaîtront qu’à la Révolution, de maintenir une Bretagne différente du reste de la France.
Sur le plan personnel, bien que sa vie ait été jalonnée de morts, son nom est passé à la postérité  Quel singulier parcours !.Peu de reines ont échappé à l’oubli : Blanche de Castillle, Catherine de Médicis, Marie Antoinette. Pour quelle autre reine de France a-t-on organisé une commémoration nationale, 500 ans après sa disparition ?
Jean KERHERVE
Agrégé d’histoire (1969), docteur ès lettres (1986)
Professeur émérite de l’UBO ; Spécialiste d’histoire médiévale et de civilisation de la Bretagne
(thèse d’état : L’État breton aux 14e et 15e siècles. Les ducs, l’argent et les hommes, 2 vol., Maloine, 1987. )
Ses travaux portent sur l’histoire de la France au bas Moyen Âge (Histoire de la France. La naissance de l’État moderne 1180-1492, Paris, Hachette, 1998), l’État ducal de Bretagne au temps des Montforts (1364-1491), la construction politique, les structures administratives et les gestionnaires, le sentiment identitaire en Bretagne au Moyen Âge, la société et l’économie bretonnes à la fin du Moyen Âge.